Les questions et critiques adressées à la comptabilité nationale sont nombreuses : pas seulement le reproche classique d’ignorer de nombreux déterminants du bien-être, mais aussi les interrogations sur sa capacité à toujours bien mesurer ce qu’elle est supposée mesurer le mieux – la production – dans des économies aux chaines de valeur de plus en plus internationalisées et dématérialisées. Dans un billet de fin 2019, j’avais introduit l’idée qu’une partie de ces questions seraient mieux abordées en acceptant d’interroger la place qu’on donne à ce concept faussement évident de « production », au profit d’une représentation plus modeste et plus juste de ce que les comptables sont en mesure de faire : quantifier des flux de revenus, revenus principalement associés à des productions bien sûr, mais qui ne sont qu’une façon parmi d’autres d’approcher la notion plus large et plus complexe de production. Cette position avait suscité des réactions de F. Lequiller et F. Ecalle, défendant la nécessité de continuer à promouvoir le PIB en tant qu’indicateur de la production agrégée. Le sujet mérite qu’on y revienne et qu’on clarifie ce qu’était la proposition, en y ajoutant quelques enseignements de la crise. Il ne s’agit pas de nier l’importance de mesurer « les » productions en volume. Ce qui pose question est le concept de volume agrégé de cette production et ses déclinaisons par pays. Le choix des termes n’est pas neutre : il n’y a pas les mêmes attendus derrière les termes de production et de revenu, pas la même capacité à les satisfaire et donc pas les mêmes risques d’incompréhensions. Faire évoluer la façon dont on parle des comptes peut être une rubrique supplémentaire à ajouter à la déjà longue liste de chantiers proposée aux comptables dans un autre billet de F. Meunier.

D’abord un bref retour sur l’affaire du PIB irlandais

Dans le billet précédent, c’est surtout à propos de la mondialisation qu’on avait mis en avant l’intérêt de la distinction entre approches production et revenu de la comptabilité nationale. Le point de départ était la croissance irlandaise hors norme de l’année 2015, un bond de plus d’un quart, résultat de purs mouvements comptables au sein d’une ou de multinationales sans contrepartie en termes de production effective sur le territoire irlandais. Le problème perdure : en 2020, c’est le même type de phénomène qui a permis à l’Irlande d’échapper facialement à la récession, alors que l’activité n’y a pas été spécialement épargnée.

Face à cela, la proposition avait été que ce choc de 2015 aurait bien moins affecté la crédibilité des comptes nationaux si on avait eu l’habitude de caractériser le PIB comme indicateur de flux de revenus plutôt que comme indicateur de la production. Un bond de 25 % n’était clairement pas compréhensible pour un indicateur de production au sens quasi-physique que continue de véhiculer ce terme, il l’était davantage pour un indicateur de revenus de la production générés ou bien transitant par un petit pays dont le PIB pèse relativement peu face aux chiffres d’affaires de multinationales qui choisissent d’y localiser leurs profits.

À cette proposition, F. Lequiller a opposé la référence à la notion de fonction de production des économistes, supposée nous éclairer sur la bonne façon de ventiler la production des multinationales entre les différents pays où elles ont des implantations. Mais cette référence aide bien moins qu’on aurait pu croire, elle vient même plutôt en appui de la thèse qu’on avait avancée. Sans rentrer dans des détails techniques, il est facile de voir que la fonction de production Y = f(x1, x2) d’une multinationale combinant des facteurs x1 et x2 implantés dans deux pays ne nous dit pas ce que chaque facteur produit isolément depuis chacun de ces deux pays, car leurs contributions y sont entremêlées d’une façon qui interdit de les redissocier[1]. Ce qui vaut pour des facteurs physiques parfaitement localisables vaudra a fortiori pour des facteurs immatériels ayant le don d’ubiquité. C’est uniquement le passage au revenu pY de la vente de Y qui permet la décomposition : c’est ce revenu qui est fractionnable en autant de rémunérations qu’il y a de parties prenantes rémunérées, et on est obligé d’admettre que la localisation de celles qui sont immatérielles peut être très flottante, en pratique surtout déterminée par les comportements d’optimisation fiscale.

Est-ce une invitation à faire son deuil de données centrées sur l’activité véritable de chaque pays, au profit d’indicateurs que les comportements des multinationales rendent totalement volatils ? C’était la crainte exprimée par F. Lequiller et F. Ecalle, mais telle n’était pas la proposition. Elle était d’avoir les deux. Il faut des indicateurs mesurant les revenus générés par la véritable base productive du pays, ce qu’on avait l’habitude d’attendre du PIB et qu’il faut donc chercher à préserver. Mais il est également intéressant de rendre compte de cette part des revenus de la production que la mondialisation et la dématérialisation rendent extrêmement mobile, en la laissant apparaitre dans les comptes des pays où ces revenus sont déclarés. Cette réalité des économies contemporaines a aussi besoin d’être mesurée. L’affaire irlandaise a davantage fait pour le débat sur la taxation des multinationales que si on avait choisi d’ignorer cet afflux de revenus vers l’Irlande, si étrange qu’il puisse apparaitre à qui raisonne en termes stricts de production.

Une fois ceci posé, presque tout reste à faire évidemment, car il faut des critères permettant de séparer les deux types de revenus, dans l’esprit de ce qui est actuellement fait par la distinction entre PIB et revenu national brut. Mais on aborde mieux ce problème en posant qu’il s’agit dans les deux cas de flux de revenus, en cohérence avec ce que la notion de fonction de production dit qu’il est possible de quantifier. Ce faisant, rien n’est perdu par rapport aux usages actuels des comptes. C’est déjà en ces termes de revenu qu’on appréhende les comparaisons des niveaux de PIB entre pays, même quand les processus de production sont tous strictement nationaux, car on ne compare pas en niveau les volumes de productions de pays qui n’ont pas les mêmes spécialisations, on peut juste comparer les revenus qu’ils en tirent, exprimés en parités de pouvoir d’achat. Et la lecture revenu est tout aussi adéquate pour le pilotage des finances publiques considéré par F. Ecalle. Quand le PIB apparait au dénominateur des ratios dette/PIB et déficit/PIB des différents pays, c’est comme mesure de revenus taxables, pas en tant qu’indice composite des productions de biens et services qui est ce qu’évoque le terme de production en volume.

Production veut dire production, mais qu’est-ce qu’un « volume » de production agrégée [2] ?

Mais laissons de côté l’Irlande et, même fictif, concentrons-nous maintenant sur le cas d’économies n’échangeant que des biens de consommation finale pour lesquelles on serait sûrs que tout ce qui est mis dans le PIB est à 100 % produit sur place. Ce cadre est-il plus propice à une communication facile sur la notion d’agrégat de la production ? La réponse doit à nouveau être très circonstanciée, pour des raisons qu’a bien illustré le débat d’avant crise sur le mismeasurement de la croissance, qui était l’autre sujet de mon billet de 2019.

Le premier problème que ce débat a remis sur le devant de la scène est celui de ce que les comptables appellent la frontière de la production. L’exemple banal est l’exclusion des services autoproduits par les ménages. On s’en accommode pour un indicateur surtout dédié au pilotage des politiques macroéconomiques, pour lequel compter ou pas ces activités domestiques n’est pas un sujet fondamental, mais c’est tout de même une première raison d’éviter de dire qu’on mesure « la » production : on n’en mesure qu’une partie. Et, dans le cadre du débat sur le mismeasurement, il est apparu gênant que risque d’y échapper une part importante de l’activité d’acteurs majeurs de l’économie de marché, ceux qui mettent à disposition des services gratuits sur le web. Le débat n’était plus circonscrit aux cas du travail domestique ou du bénévolat.

En second lieu, même pour la part de la production dont on est sûr qu’elle est bien suivie dans le PIB se pose la question de comment on arrive à la résumer en un chiffre unique. Additionne-t-on les quantités totales de tout ce qui sort des usines, des bureaux et des autres lieux de production de services ? On voit mal comment on le ferait et, de fait, la comptabilité nationale ne le fait pas. F. Lequiller rappelait bien dans son texte en quoi la démarche est plus modeste, puisqu’on se contente d’agréger les variations de ces quantités. L’exercice est moins surprenant, mais il reste néanmoins abstrait et il suppose des pondérations adéquates. Ce sont les prix ou les coûts relatifs qui sont mobilisés, avec l’argument qu’ils correspondent aux utilités marginales relatives de ces différentes productions. C’est effectivement la meilleure façon de les justifier : à quelle aune pondérer les suppléments – ou les disparitions – de biens et services qui sont produits d’une année sur l’autre si ce n’est à celle des satisfactions qu’ils peuvent – ou auraient pu – procurer ?

Mais on voit aussitôt l’ambiguïté qui en découle. Les comptables ont l’habitude de dire que le sujet du bien-être est trop large et trop mal défini pour être dans leur champ, que c’est pour cela qu’ils se centrent sur la notion plus robuste de production. Or ils se retrouvent à la définir en référence à la notion d’utilité des économistes, qui n’est certes pas le bien-être dans sa globalité, mais qui y est étroitement liée. La problématique du bien-être leur revient ainsi en boomerang. Ceci a constitué un autre grand aspect du débat sur le mismeasurement. La question était bien celle du surcroit d’utilité apporté par les productions de l’économie numérique, mais elle a montré l’absence d’un langage partagé sur la façon de l’aborder, entre des économistes enclins à complètement l’exprimer en ces termes d’utilité, des comptables expliquant qu’aller jusque-là était trop s’aventurer sur le terrain du bien-être, mais pas très à l’aise, du coup, pour bien caractériser ce qu’il s’agit de mesurer. Est-ce toute la production ? On a vu que non. Est-ce une mesure d’un accroissement de production physique au sens que peut avoir le dénombrement d’objets homogènes ? Non plus. Est-ce une forme de contribution à la croissance de l’utilité ou du bien-être ? On est bien obligé d’aller dans ce sens en effet, mais les comptables le font à reculons et moyennant l’hypothèse que les valeurs de marché sont représentatives de l’utilité des différents types de biens. Là, ils se trouvent pris dans une autre tension. Un de leurs principes est de se garder de tout a priori sur le bon ou le mauvais fonctionnement de l’économie. Ce principe est ici en défaut, car supposer que les prix sont les bons signaux de la valeur de toutes choses, c’est faire une hypothèse forte sur la complétude et le bon fonctionnement des marchés.

Au total, plutôt que comme « la » mesure de « la » production, le PIB en volume se présente plutôt comme une certaine façon d’évaluer une certaine partie de ce qu’on peut qualifier de production, chargée d’un certain nombre d’hypothèses, qui ne se formalise bien qu’en variation et pas en niveau, et qui ne peut pas éviter toute interférence avec la question plus large de la mesure du bien-être. Tout cela fait un nombre significatif de handicaps pour une communication centrée sur ce concept.

Ce sont les revenus qu’on sait agréger

D’où la proposition de mieux valoriser sa lecture sous l’angle des revenus. Parler de revenus n’évitera pas d’avoir à aborder les questions de partage entre volumes et prix : elles reviendront via celle du pouvoir d’achat du revenu et, poste par poste, pour la quantification de toutes les productions dont les volumes peuvent et doivent être quantifiés, dans les unités de compte appropriées à chacune d’entre elles, donc autant de déclinaisons possibles de la problématique du mismeasurement. Mais, plutôt que d’attaquer cette problématique en devant assumer le PIB comme agrégat hétéroclite d’une multitude de biens et services dont on ne sait pas trop quel sens lui donner, on se met dans la situation plus confortable d’expliquer que, en nominal, il est d’abord la somme des revenus monétaires qui sont associés à toutes ces productions. Au passage, on s’allège du débat sur le caractère conventionnel de la frontière de la production, car le revenu est un concept dont on comprend qu’il est monétaire par nature, et tout ceci n’interdit pas de conserver le terme de « produit » dans l’expression « produit intérieur brut », en l’utilisant au même sens de revenu monétaire qu’il a en comptabilité privée, lorsque celle-ci parle de « produits et charges ».

Peut-on objecter à tout cela que le distinguo entre « revenu » et « produit » d’un côté et « production de l’autre » est certes pertinent en toute rigueur, mais qu’il s’agit d’un détail technique qu’on peut se permettre d’ignorer, en posant que c’est par convention qu’on choisit d’abréger « revenus de la production » en « production ». On peut en débattre en effet et accepter cette facilité de langage au cas par cas, mais en étant conscient que le vocabulaire n’est pas neutre.

Il y a d’abord le fait que le vocabulaire du revenu parle mieux. Peu de gens savent mettre un chiffre sur la quantité de ce qu’ils produisent dans la journée, c’est à juste titre qu’on peut se demander comment les comptables prétendent le faire pour l’ensemble de l’économie. En revanche, chacun peut mettre un chiffre sur ce que son activité lui rapporte de revenu en fin de mois, et rien ne heurte dans l’idée que le PIB fasse masse de tout cela et de la rémunération des autres facteurs de production.

Il y a ensuite ce sous-entendu normatif que véhicule la confusion des termes, l’idée que la valeur monétaire des choses et les revenus qui en découlent seraient la bonne mesure de tout ce qui est produit. Même pour qui croit aux vertus de l’économie de marché, il s’agit d’une position très extrême. La crise a donné de nouvelles raisons de s’en démarquer, avec la montée en première ligne de fonctions dites « essentielles » et la question de savoir si elles étaient bien rémunérées à hauteur de leur utilité sociale. Il est plus simple et plus juste de dire que ce sont ces valeurs monétaires elles-mêmes qui sont l’objet de la mesure et qu’on se permet d’agréger, sans position sur les vraies valeurs sociales des productions correspondantes, sur lesquelles il est d’ailleurs difficile d’avoir des jugements univoques, exactement comme pour la mesure du bien-être. Dire qu’on se centre sur la quantification des revenus est d’autant mieux venu que nul ne peut contester l’utilité de mesurer leur mesure. On reproche au PIB de ne pas assez mesurer ce qui compte vraiment ou de ne pas le faire au bon niveau mais qui peut prétendre que les revenus sont quelque chose qui ne compte pas ?

Faire parler les chiffres de la crise : « les » productions et les revenus plutôt que « la » production

Les utilisateurs des chiffres durant la crise ne s’y sont du reste pas trompés. Les chiffres ont été très attendus. Mais, s’ils l’ont été, ce n’est pas pour ce qu’ils allaient pouvoir dire de la moyenne abstraite entre des « volumes » de repas au restaurant ou de billets d’avion en moins et des litres de gel hydroalcoolique ou des nombres de masques en plus, a fortiori pondérés par des prix relatifs d’avant crise plus du tout représentatifs des utilités de ces biens en phase de crise. Plus abstraite encore la combinaison de tout cela avec des chutes de nombres de voitures et d’Airbus sortant des chaines de montage ou avec l’évolution du nombre d’heures d’enseignement en présentiel ou en télé-enseignement assurées par l’Éducation nationale, et carrément problématique l’idée de leur combinaison finale avec la hausse de la « production » de séjours en soins intensifs.

En réalité, pour ce qui est du marchand, ce qui était attendu des chiffres était surtout ce qu’ils allaient dire des évolutions de chiffres d’affaires des entreprises et, grâce à cela, sur les salaires qu’elles pouvaient verser, leur capacité à honorer leurs créanciers et donc à poursuivre leur activité ou la reprendre en sortie de crise, donc la lecture revenu. Et, sur les deux derniers postes de l’éducation et de la santé non marchandes, l’agrégation au sein du PIB total a certes été faite pour la continuité des séries, mais en apportant davantage de questions que de réponses. Il a d’abord fallu expliquer que le fait que la production de services publics soit essentiellement mesurée par leurs coûts n’était vrai qu’en nominal et qu’il y a bien, autant que faire se peut, des mesures distinctes pour les volumes. Mais ces dernières ont malheureusement nui à la comparabilité internationale des chiffres, faute de calculs bien harmonisés entre pays[3]. Et surtout, là encore, se pose la question du sens à donner à l’agrégation. C’est avant tout pour leur intérêt propre et leur contribution au bien-être présent ou futur de la population que santé et éducation importent et que leur mesure doit être affinée, bien plus que pour les vertus de leur agrégation avec les autres postes de production et son apport au diagnostic conjoncturel[4].

Tout-cela doit-il aller jusqu’à renoncer à une mesure de la production globale ? Certainement pas : comme dans tous les autres domaines, il y a sur ce sujet une demande d’indice synthétique, le PIB est une façon d’y répondre, sur le champ qui est le sien. Et on se voit mal renoncer complètement au raccourci commode de « production » pour ce qu’il est plus rigoureux de qualifier de revenus ou de valeur monétaire de la production. Mais il faut admettre que la notion de production agrégée pose davantage de problèmes qu’elle n’en a l’air. Mettre en avant « les » productions plutôt que « la » production et insister sur la dimension des revenus est une façon plus robuste de promouvoir les comptes. « Les » productions sont davantage objectivables que « la » production. Et c’est sur le terrain des revenus que les comptes nationaux peuvent le plus prétendre à la précision et à l’exhaustivité, à partir de la matière comptable collectée dans les données d’entreprise ou les données administratives. Ce matériau statistique est parfaitement additif, en niveau aussi bien qu’en variation, puis redivisible entre autant de catégories de revenus et selon autant de catégories d’agents qu’on souhaite en isoler, y compris au niveau microéconomique le plus fin, et d’une façon qui peut aider à mieux aborder les épineuses questions que soulèvent la mondialisation et la dématérialisation croissantes des économies.

 

Cet article a été initialement publié le 12 mai 2021.

 

Mots-clés : comptabilité nationale – PIB – revenu – macroéconomie – croissance – statistique


[1] Sauf si elle pouvait s’écrire comme somme de deux composantes distinctes f1(x1) et f2(x2), i.e. deux usines produisant chacune le même output final de manière autonome. Ce n’est qu’un cas très particulier : les fonctions de production servent en général à rendre compte d’interactions plus complexes que ce genre de juxtaposition.

[2] Voir sur cette même question les développements d’A. Vanoli, Histoire de la comptabilité nationale, La Découverte, pages 512-518 de l’édition de 2002.

[3] Comme pointé par A. Mirlicourtois dans un autre billet. Sur l’ensemble de cette question du chiffrage de l’activité des APU durant la crise, voir les explications détaillées de G. Houriez sur le blog de l’Insee.

[4] On peut l’illustrer d’un exemple stylisé. Supposons deux pays qui auraient fait face à des vagues épidémiques d’ampleurs inégales ayant impliqué un plus fort supplément de soins dans le second, que les comptables de ce pays auraient su bien répercuter, à raison, dans leur chiffrage d’activité du secteur public. Supposons par ailleurs que ce second pays aurait néanmoins réussi, avec des mesures adéquates ou du fait de sa spécialisation, à avoir un choc pas plus marqué pour le reste de son économie. On n’ira pas dire pour autant que ce pays a connu un moindre choc global, or c’est ce que dira l’agrégat de son activité marchande et non marchande.  Cet exemple est une variante de l’exemple classique d’une catastrophe naturelle qui profite au PIB, il grossit le trait, mais il montre en quoi vouloir trop agréger n’est pas forcément utile à de bons diagnostics.