{"id":8966,"date":"2026-02-27T08:45:13","date_gmt":"2026-02-27T07:45:13","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=8966"},"modified":"2026-03-10T13:56:43","modified_gmt":"2026-03-10T12:56:43","slug":"les-evolutions-demographiques-et-leurs-consequences-economiques-anciennes-et-nouvelles-questions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=8966","title":{"rendered":"Les \u00e9volutions d\u00e9mographiques et leurs cons\u00e9quences \u00e9conomiques : anciennes et nouvelles questions"},"content":{"rendered":"<p><em>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: A partir des ann\u00e9es 1990, le d\u00e9bat sur la retraite a surtout mis l\u2019accent sur l\u2019accroissement de la long\u00e9vit\u00e9 et le vieillissement d\u00e9mographique \u00ab\u00a0par le haut\u00a0\u00bb qui en d\u00e9coule inexorablement. La France apparaissait relativement prot\u00e9g\u00e9e d\u2019un vieillissement \u00ab\u00a0par le bas\u00a0\u00bb qui aurait \u00e9t\u00e9 d\u00fb au non-renouvellement des g\u00e9n\u00e9rations. Les derni\u00e8res \u00e9volutions de la f\u00e9condit\u00e9 sugg\u00e8rent que cette deuxi\u00e8me forme de vieillissement pourrait maintenant s\u2019ajouter \u00e0 la premi\u00e8re. Ceci conduit \u00e0 rouvrir la question des effets \u00e9conomiques, favorables ou d\u00e9favorables, de la croissance d\u00e9mographique. Leur analyse doit tenir compte des dynamiques en partie interd\u00e9pendantes du capital humain \u2013 dans ses dimensions quantitative et qualitative \u2013 du capital productif au sens usuel du terme, du capital technologique immat\u00e9riel, et des ressources naturelles.<\/em><\/p>\n<h3><strong>La d\u00e9mographie et la question des retraites\u00a0: l\u2019importance d\u2019un bon diagnostic<\/strong><\/h3>\n<p>Tout au long des ann\u00e9es 1970-1980 la question d\u00e9mographique dominante avait \u00e9t\u00e9, en France, celle du non-remplacement des g\u00e9n\u00e9rations, sur un mode souvent dramatis\u00e9 et tr\u00e8s \u00e0 rebours de la pens\u00e9e n\u00e9o-malthusienne qui dominait alors le monde anglo-saxon<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Ces craintes franco-fran\u00e7aises avaient des racines anciennes. C\u2019est \u00e0 la pr\u00e9cocit\u00e9 de sa transition d\u00e9mographique et \u00e0 la d\u00e9natalit\u00e9 de l\u2019entre-deux guerres qu\u2019\u00e9taient imput\u00e9s beaucoup des reculs dont le pays avait souffert sur la premi\u00e8re moiti\u00e9 du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Ceci avait conduit en 1945 \u00e0 l\u2019adoption d\u2019une politique familiale g\u00e9n\u00e9reuse dont la vis\u00e9e nataliste \u00e9tait totalement assum\u00e9e. Qu\u2019il ait en partie ou pas du tout r\u00e9sult\u00e9 de cette politique, le baby-boom avait ensuite mis cette pr\u00e9occupation en veilleuse. Mais, amorc\u00e9 au milieu des ann\u00e9es 1960, le retournement \u00e0 la baisse de la f\u00e9condit\u00e9 avait raviv\u00e9 les craintes. Il l\u2019avait fait avec un motif d\u2019inqui\u00e9tude suppl\u00e9mentaire, l\u2019importance prise par un syst\u00e8me de retraite tr\u00e8s tributaire du dynamisme de la population. Avec une f\u00e9condit\u00e9 devenant inf\u00e9rieure au seuil de remplacement des g\u00e9n\u00e9rations, il allait bient\u00f4t ne plus y avoir personne pour payer ces retraites, selon une formule beaucoup entendue \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Engag\u00e9 sous cette forme simpliste et radicale, le d\u00e9bat sur les retraites n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s bien parti, car l\u2019argument du non-remplacement s\u2019est vite av\u00e9r\u00e9 contreproductif. Il a souvent fait croire qu\u2019il suffisait de revenir au seuil de remplacement pour que le probl\u00e8me des retraites disparaisse, que ce retour soit spontan\u00e9 ou provoqu\u00e9 par une modeste r\u00e9activation de la politique familiale. L\u2019\u00e9cart \u00e0 combler n\u2019\u00e9tait, de fait , pas si massif que cela. Le combler pouvait \u00e9galement se faire par des flux migratoires relativement mod\u00e9r\u00e9s. Par rapport \u00e0 un flux annuel de naissances d\u2019environ 800 000 observ\u00e9 tout au long du baby-boom, une f\u00e9condit\u00e9 ayant d\u00e9croch\u00e9 d\u2019environ 0,2 point par rapport \u00e0 un seuil de remplacement de 2,1 enfants par femme, c\u2019\u00e9tait un d\u00e9ficit de naissances d\u2019environ 80 000 personnes par an, compensable par un solde migratoire net de m\u00eame ampleur.<\/p>\n<p>En quoi cette vision \u00e9tait-elle simpliste\u00a0? Le probl\u00e8me est que c\u2019\u00e9taient des ajustements de bien plus grande ampleur qu\u2019il fallait envisager si on voulait totalement contrer l\u2019effet, par ailleurs bienvenu, de l\u2019allongement de la dur\u00e9e de vie. Les projections montraient qu\u2019il fallait revenir \u00e0 des niveaux de f\u00e9condit\u00e9 bien plus \u00e9lev\u00e9s que les tot\u00e9miques 2,1 enfants par femme, encore plus \u00e9lev\u00e9s que ceux qu\u2019on avait connu \u00e0 l\u2019acm\u00e9 du baby-boom. Et il fallait pouvoir le faire de mani\u00e8re permanente avec fuite en avant dans la croissance d\u00e9mographique perp\u00e9tuelle. Il en allait de m\u00eame pour l\u2019id\u00e9e de compenser l\u2019allongement de la dur\u00e9e de vie par la politique migratoire.<\/p>\n<h3><strong>\u00ab\u00a0Cro\u00eetre ou vieillir\u00a0\u00bb\u00a0: avait-on vraiment le choix\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Pourquoi cela\u00a0? Quand la mortalit\u00e9 baisse aux \u00e2ges \u00e9lev\u00e9s, la pyramide des \u00e2ges s\u2019\u00e9largit \u00e0 son sommet\u00a0: les d\u00e9mographes parlent d\u2019un vieillissement \u00ab\u00a0par le haut\u00a0\u00bb. On peut y rem\u00e9dier soit par une hausse de la f\u00e9condit\u00e9 qui \u00e9largit la population \u00e0 sa base, comme l\u2019avait permis le baby-boom, soit par son \u00e9largissement en son centre, c\u2019est ce que permettent les migrations de travail. Mais ces suppl\u00e9ments de population vieillissent \u00e0 leur tour et leur mont\u00e9e vers le sommet de la pyramide des \u00e2ges g\u00e9n\u00e8re un nouveau suppl\u00e9ment de vieillissement par le haut. Il doit \u00eatre compens\u00e9 par des \u00e9largissements encore plus cons\u00e9quents de la base ou du c\u0153ur de la pyramide, <em>a fortiori<\/em> si la mortalit\u00e9 a continu\u00e9 de baisser entre temps, et ainsi de suite.<\/p>\n<p>Tout ceci avait \u00e9t\u00e9 parfaitement pos\u00e9 d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1950 par A. Sauvy, sous forme du dilemme \u00ab\u00a0cro\u00eetre ou vieillir\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. La croissance g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par le baby-boom avait temporairement permis \u00e0 la population de ne pas vieillir, en tout cas beaucoup moins qu\u2019elle ne l\u2019e\u00fbt fait \u00e0 natalit\u00e9 stationnaire. Mais la croissance d\u00e9mographique ind\u00e9finie n\u2019est pas une option dans un monde fini, il fallait donc bien que ceci s\u2019arr\u00eate. Quand ce moment arrive, on doit r\u00e9absorber \u00e0 rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 tout le vieillissement qui avait \u00e9t\u00e9 temporairement neutralis\u00e9. C\u2019est ce qui a commenc\u00e9 \u00e0 se produire autour de 2005 avec l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 la retraite des premiers boomers et continuera tant que ce sont des boomers qui continueront d\u2019alimenter le flux de nouveaux retrait\u00e9s, jusque vers 2035.<\/p>\n<p>C\u2019est pour faire ressortir ce que tout ceci avait d\u2019in\u00e9luctable que l\u2019accent a progressivement bascul\u00e9 du non-remplacement des g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 ces deux questions de l\u2019allongement de la dur\u00e9e de vie et du contrecoup du baby-boom. On pouvait en escompter deux autres avantages. D\u2019une part de porter un message plus positif sur le vieillissement, \u00e0 rebours des discours d\u00e9clinistes\u00a0: vivre plus longtemps est un progr\u00e8s en soi, m\u00eame si de nouveaux co\u00fbts en d\u00e9rivent. Et d\u2019autre part de faire passer l\u2019id\u00e9e que la meilleure fa\u00e7on de faire face \u00e0 ce co\u00fbt est de le payer en travaillant un peu plus. Si c\u2019est la dur\u00e9e de vie plus longue qui est l\u2019explication principale du vieillissement, y r\u00e9pondre par la hausse de l\u2019\u00e2ge de la retraite peut se faire sans pour autant que la dur\u00e9e de retraite ne baisse.<\/p>\n<p>Tel est le discours sur lequel on s\u2019est plus ou moins stabilis\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 une date r\u00e9cente. Mais la f\u00e9condit\u00e9 est maintenant descendue bien plus significativement en dessous du seuil de remplacement, ce qui fait \u00e9voluer la donne. Le risque d\u2019un vieillissement suppl\u00e9mentaire par le bas invite \u00e0 rouvrir le d\u00e9bat sur les effets de la croissance d\u00e9mographique, car les m\u00e9canismes en jeu ne sont pas exactement les m\u00eames que ceux qui interviennent en cas de modifications de la dur\u00e9e de vie.<\/p>\n<h3><strong>Les effets d\u2019une d\u00e9mographie trop ou trop peu dynamique\u00a0: un vieux d\u00e9bat <\/strong><\/h3>\n<p>Ce d\u00e9bat-l\u00e0 est aussi ancien que la science \u00e9conomique. N\u2019y-a-t-il de richesse que d\u2019hommes selon la formule de Jean Bodin \u00e0 la fin du 16<sup>eme<\/sup> si\u00e8cle, formule que les populationnistes ont souvent repris pour laisser entendre qu\u2019il fallait \u00eatre le plus nombreux possible\u00a0? Est-ce plut\u00f4t le trop plein de population qui est \u00e0 redouter comme le voulait Malthus\u00a0? A moins que ce soit Malthus lui-m\u00eame le seul homme qu\u2019il y ait jamais eu en trop sur terre, comme l\u2019aurait affirm\u00e9 Proudhon. On se doute que la r\u00e9alit\u00e9 est plus nuanc\u00e9e que ces trois points de vue extr\u00eames.<\/p>\n<p>N\u2019est-il de richesse que d\u2019hommes en particulier\u00a0? Cette formule a beaucoup trop servi d\u2019argument d\u2019autorit\u00e9. A l\u2019\u00e9poque o\u00f9 elle avait \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9e, elle visait \u00e0 r\u00e9futer la croyance mercantiliste na\u00efve que la richesse c\u2019\u00e9tait avant tout l\u2019accumulation de m\u00e9taux pr\u00e9cieux. Il fallait expliquer que cette forme-l\u00e0 de richesse ne servait de rien s\u2019il n\u2019y avait personne pour produire. Et voir dans la force de travail la forme principale de richesse \u00e9tait tout \u00e0 fait justifi\u00e9 dans des \u00e9conomies essentiellement agricoles avec peu de progr\u00e8s technique.<\/p>\n<p>Mais la vision contemporaine de la richesse est devenue bien plus multidimensionnelle et on ne peut plus se permettre de ne zoomer que sur l\u2019une de ses composantes en ignorant ses interactions avec toutes les autres. Il y a toujours le capital humain bien s\u00fbr, pour employer cet \u00e9quivalent moderne de la formule de Bodin, mais aussi le capital productif au sens usuel que lui donne la comptabilit\u00e9 nationale, puis le capital immat\u00e9riel que constitue l\u2019ensemble des technologies dont on dispose pour produire, et pour finir, mais pas des moindres, les diverses formes de capital naturel. Il faut analyser les interactions entre les dynamiques de toutes ces formes de capital et tenir compte de ce que, <em>in fine<\/em>, l\u2019effectif de la population doit intervenir \u00e0 la fois au num\u00e9rateur et au d\u00e9nominateur de l\u2019\u00e9quation globale\u00a0: la population est un facteur de production, c\u2019est \u00e0 ce titre qu\u2019elle doit figurer au num\u00e9rateur, mais c\u2019est bien le niveau de vie par t\u00eate qui est l\u2019objectif final et non pas la masse totale de la production, il faut donc qu\u2019elle apparaisse aussi au d\u00e9nominateur.<\/p>\n<h3><strong>Des arguments \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer<\/strong><\/h3>\n<p>Soulevons juste quelques exemples de questions qui en d\u00e9coulent, et d\u2019abord l\u2019interaction entre <em>K<\/em> et <em>L<\/em>, le capital productif des comptables nationaux et le nombre des actifs qui s\u2019en servent pour produire. Dans le mod\u00e8le de croissance usuel des manuels, le mod\u00e8le de Solow, une croissance d\u00e9mographique plus rapide p\u00e9nalise le niveau de vie plut\u00f4t qu\u2019elle ne l\u2019am\u00e9liore, via ce qu\u2019on appelle l\u2019effet de dilution du capital <em>K<\/em>. Lorsque la croissance d\u00e9mographique est rapide, une part plus forte de l\u2019investissement a pour seule fonction d\u2019\u00e9quiper les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de travailleurs d\u2019un capital par t\u00eate au moins \u00e9gal \u00e0 celui des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes. L\u2019intensit\u00e9 capitalistique <em>K\/L<\/em> qui est soutenable en r\u00e9gime permanent est donc une fonction d\u00e9croissante du taux de croissance d\u00e9mographique et le produit par t\u00eate est r\u00e9duit d\u2019autant.<\/p>\n<p>Pendant que la France se pr\u00e9occupait du risque de d\u00e9natalit\u00e9, ce genre d\u2019argument a beaucoup aliment\u00e9, dans le reste du monde, la crainte n\u00e9o-malthusienne inverse, celle des effets n\u00e9gatifs du fort dynamisme d\u00e9mographique des pays en d\u00e9veloppement. L\u2019argument pesait d\u2019autant plus si on ajoutait \u00e0 ce mod\u00e8le de Solow une hypoth\u00e8se de rendements d\u2019\u00e9chelle d\u00e9croissants ou une probl\u00e9matique d\u2019\u00e9puisement des ressources naturelles.<\/p>\n<p>\u00c9tait-ce \u00e0 dire pour autant qu\u2019on avait \u00e9t\u00e9 dans l\u2019erreur de laisser historiquement croitre la population comme elle l\u2019a fait, et qu\u2019il faudrait maintenant se r\u00e9jouir du fait qu\u2019elle se mette \u00e0 d\u00e9croire\u00a0? Pour ce qui est du pass\u00e9, il \u00e9tait l\u00e9gitime d\u2019en douter, les pr\u00e9dictions malthusiennes de la fin du 18<sup>eme<\/sup> si\u00e8cle ne s\u2019\u00e9tant pas non plus concr\u00e9tis\u00e9es. Des arguments de type croissance endog\u00e8ne sont venus, dans les ann\u00e9es 1980-1990, rationnaliser ce doute. On a fait valoir que l\u2019innovation avait aussi \u00e9t\u00e9 boost\u00e9e par la pression d\u00e9mographique, que ce soit par n\u00e9cessit\u00e9 \u2013 cette pression oblige \u00e0 produire mieux \u2013 ou par g\u00e9n\u00e9ration spontan\u00e9e \u2013 davantage de cr\u00e9ateurs pour alimenter la destruction cr\u00e9atrice \u2013.<\/p>\n<p>Qu\u2019en est-il maintenant\u00a0? Est-ce encore la d\u00e9mographie <em>stricto sensu<\/em> qui est le moteur de ce processus\u00a0? L\u2019innovation n\u2019est pas qu\u2019une affaire de nombre, il a aussi une dimension qualitative, le niveau de la formation. Si c\u2019est cette deuxi\u00e8me dimension qui pr\u00e9domine d\u00e9sormais, un nouvel effet de dilution du capital peut apparaitre. A volume total de l\u2019investissement \u00e9ducatif donn\u00e9, vaut-il mieux qu\u2019il soit ventil\u00e9 sur un grand nombre d\u2019individus \u00e0 former, ou concentr\u00e9 sur un nombre plus restreint\u00a0? Faut-il ainsi arbitrer entre \u00ab\u00a0r\u00e9armements\u00a0\u00bb d\u00e9mographique et \u00e9ducatif, ou essayer d\u2019avoir l\u2019un et l\u2019autre\u00a0?<\/p>\n<p>Ou alors esp\u00e9rer se dispenser de l\u2019un comme de l\u2019autre gr\u00e2ce \u00e0 une innovation qui aurait de moins en moins besoin de l\u2019intervention humaine, comme l\u2019imaginent les sc\u00e9narios les plus optimistes en mati\u00e8re d\u2019intelligence artificielle<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>\u00a0? Est-ce cette innovation auto-entretenue qui financera de longues ann\u00e9es de vie sans besoin de travailler davantage et malgr\u00e9 le moindre soutien d\u2019une population active en d\u00e9croissance tendancielle ? Ce sc\u00e9nario-l\u00e0 peut-il \u00eatre sans co\u00fbt en termes de pression sur les ressources naturelles\u00a0? Car substituer \u00e0 la pression du nombre des hommes la pression de technologies de plus en plus gourmandes en ces ressources ne ferait que d\u00e9placer la question n\u00e9o-malthusienne des limites \u00e0 la croissance. Malthus n\u2019avait sans doute pas raison sur toute la ligne, loin s\u2019en est fallu, mais la question des limites \u00e0 la croissance ne peut \u00eatre \u00e9lud\u00e9e.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Sur cette sp\u00e9cificit\u00e9 fran\u00e7aise, voir \u00e0 l\u2019\u00e9poque Teitelbaum M.S et Winter J.M. (1985) <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/book\/monograph\/9780126851908\/the-fear-of-population-decline\"><em>The fear of population decline<\/em><\/a><\/span><\/span>, Academic Press.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> A. Sauvy (1958) \u00ab\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/pop_0032-4663_1958_num_13_3_5668\">Quelques vues sur l&rsquo;\u00e9conomie et la population dans le monde<\/a><\/span><\/span>\u00a0\u00bb, <em>Population<\/em>,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/issue\/pop_0032-4663_1958_num_13_3?sectionId=pop_0032-4663_1958_num_13_3_5668\">13(3<\/a>)\u00a0: 365-372<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Aghion P. et S Bunel (2024), \u201c<span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"http:\/\/rbsf.org\/wp-content\/uploads\/AI-and-Growth-Aghion-Bunel.pdf\">AI and growth: Where do we stand?<\/a><\/span>\u201d, policy note.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h6><\/h6>\n<h6>Dossier D\u00e9mographie &#8211; Sommaire :<\/h6>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=9017\">\u00c9ditorial<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=8983\">\u00c9volutions r\u00e9centes de la d\u00e9mographie en France : plus de d\u00e9c\u00e8s que de b\u00e9b\u00e9s, une premi\u00e8re depuis 80 ans<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=8968\">Vouloir relancer la natalit\u00e9 pour sauver notre mod\u00e8le social est paradoxal<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=8958\">La d\u00e9mographie : composante cl\u00e9 du pilotage du syst\u00e8me \u00e9ducatif<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=8953\">La naissance de la science d\u00e9mographique<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=8966\">Les \u00e9volutions d\u00e9mographiques et leurs cons\u00e9quences \u00e9conomiques : anciennes et nouvelles questions<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=8973\">Quand la d\u00e9mographie rattrape la solidarit\u00e9 \u2013 Retraites et d\u00e9mographie : un mod\u00e8le con\u00e7u pour un autre monde<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=8964\">L\u2019Agirc-Arrco ou la dette impossible<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=8970\">D\u00e9mographie et retraites : Entretien avec Antoine Levy<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<li><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=9026\">Moins de naissances, plus de personnes d\u00e9pendantes : des mutations de nos soci\u00e9t\u00e9s \u00e9clair\u00e9es par les recherches de l\u2019Ined<\/a><\/span><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: A partir des ann\u00e9es 1990, le d\u00e9bat sur la retraite a surtout mis l\u2019accent sur l\u2019accroissement de la long\u00e9vit\u00e9 et le vieillissement d\u00e9mographique \u00ab\u00a0par le haut\u00a0\u00bb qui en d\u00e9coule inexorablement. La France apparaissait relativement prot\u00e9g\u00e9e d\u2019un vieillissement \u00ab\u00a0par le bas\u00a0\u00bb qui aurait \u00e9t\u00e9 d\u00fb au non-renouvellement des g\u00e9n\u00e9rations. 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