{"id":8837,"date":"2025-10-23T07:15:47","date_gmt":"2025-10-23T05:15:47","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=8837"},"modified":"2025-11-19T10:04:44","modified_gmt":"2025-11-19T09:04:44","slug":"finances-publiques-analyse-de-la-singularite-francaise-face-a-la-zone-euro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=8837","title":{"rendered":"Finances publiques : analyse de la singularit\u00e9 fran\u00e7aise face \u00e0 la zone euro"},"content":{"rendered":"<p><em>Depuis les ann\u00e9es 2000, la trajectoire des finances publiques fran\u00e7aises s\u2019est progressivement \u00e9cart\u00e9e de celle de la zone euro, puis ce d\u00e9crochage s\u2019est accentu\u00e9 depuis la crise inflationniste, amenant les march\u00e9s \u00e0 revoir leur appr\u00e9ciation sur le statut de la dette fran\u00e7aise. Ce document propose une lecture approfondie des ressorts de cette d\u00e9rive structurelle.<\/em><br \/>\n<em>Un focus est ensuite port\u00e9 sur le d\u00e9crochage r\u00e9cent du d\u00e9ficit, \u00e0 rebours des autres pays de la zone euro. L\u2019\u00e9volution d\u00e9favorable des recettes fiscales (TVA, CVAE, DMTO notamment) a pes\u00e9 sur le d\u00e9ficit, alors que les d\u00e9penses ont \u00e9t\u00e9 mieux contr\u00f4l\u00e9es qu\u2019en zone euro depuis 2019.<\/em><\/p>\n<p><strong>Le changement de statut de <\/strong><strong>la dette fran\u00e7aise s\u2019inscrit en r\u00e9alit\u00e9 dans un temps long de d\u00e9rive des finances publiques. La dette a progress\u00e9 plus qu\u2019ailleurs \u00e0 partir des ann\u00e9es 2000 et cette d\u00e9rive s\u2019est accentu\u00e9e \u00e0 partir de 2013. \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Entre 2000 et 2009, le ratio de dette publique a augment\u00e9 de 22,6 points de PIB contre 8,4 points (not\u00e9 ensuite pt(s) ) dans l\u2019ensemble de la zone euro (graphiques 1 et 2). Depuis 2012, cette disparit\u00e9 s\u2019est accentu\u00e9e. Entre 2013 et 2019, le taux d\u2019endettement fran\u00e7ais a progress\u00e9 de 3,6 pts alors que la zone euro, sous l\u2019influence allemande, s\u2019est d\u00e9sendett\u00e9e de 9,1 pts. Depuis l\u2019occurrence de la crise covid, la France a vu son ratio progresser de 15,0 pts contre seulement 3,8\u00a0pts dans la zone euro. Nous constatons ainsi (cf. graphique 2) que, m\u00eame s\u2019il existe des divergences nombreuses entre pays, la France se singularise par un recours historique plus important \u00e0 l\u2019endettement public depuis les ann\u00e9es 2000 que le reste de la zone euro et qui s\u2019est accentu\u00e9 depuis 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphiques 1 et 2<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Ratio de dettes des principaux pays de la zone euro et \u00e9cart du ratio de dette publique<br \/>\nentre la France et la zone euro depuis 1999<\/p>\n<div id=\"attachment_8838\" style=\"width: 2036px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-8838\" class=\"size-full wp-image-8838\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g1.png\" alt=\"\" width=\"2026\" height=\"587\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g1.png 2026w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g1-300x87.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g1-1024x297.png 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g1-600x174.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g1-1536x445.png 1536w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g1-1080x313.png 1080w\" sizes=\"(max-width: 2026px) 100vw, 2026px\" \/><p id=\"caption-attachment-8838\" class=\"wp-caption-text\">Note : Graphique \u00e0 droite : \u00e9cart entre la valeur du ratio dette publique fran\u00e7aise et celui de la zone euro entre 1999 et 2024<\/p><\/div>\n<p>Entre 2000 et 2019 (cf. graphique 3), la France a accumul\u00e9 des d\u00e9ficits primaires (i.e sans les paiements d\u2019int\u00e9r\u00eats) aussi importants que l\u2019Espagne et le Portugal qui ont pourtant \u00e9t\u00e9 plus fortement affect\u00e9s lors de la crise de la dette souveraine. Le d\u00e9ficit primaire moyen observ\u00e9 en France fut de -2,2 pts de PIB contre -0,4 pt en zone euro entre 2008 et 2019.\u00a0 A l\u2019inverse, l\u2019Italie a su g\u00e9n\u00e9rer des exc\u00e9dents primaires importants entre 2000 et 2019<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> alors qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 aussi au c\u0153ur de la crise de la dette. Le solde structurel moyen hors charge d\u2019int\u00e9r\u00eat &#8211; qui permet d\u2019appr\u00e9cier la situation des finances publiques ind\u00e9pendamment de la position dans le cycle \u00e9conomique et des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats \u00e0 payer &#8211; fut en moyenne de -1,6 pt de PIB en France entre 2010 et 2019, contre &#8211;\u00a00,3\u00a0pt en Espagne et des exc\u00e9dents de 1,9 pt et 2,6\u00a0pts respectivement en Allemagne et en Italie<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Ainsi, la d\u00e9rive des finances publiques ne peut \u00eatre attribu\u00e9e \u00e0 une situation \u00e9conomique plus d\u00e9favorable ou \u00e0 une charge d\u2019int\u00e9r\u00eat plus importante.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique 3 :<\/strong> Cumul historique des d\u00e9ficits primaires<\/p>\n<p><strong> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-8839\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g3.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"403\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g3.png 742w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g3-300x201.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g3-600x403.png 600w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/strong><\/p>\n<p><strong>Cette d\u00e9rive est principalement attribu\u00e9e \u00e0 un accroissement des d\u00e9penses sup\u00e9rieur \u00e0 celui des autres pays de la zone euro, notamment pour les retraites qui ont nettement plus <\/strong><strong>progress\u00e9 depuis 2000.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019accumulation des d\u00e9ficits fran\u00e7ais, notamment au regard de la zone euro, \u00e9mane principalement d\u2019un accroissement tendanciel des niveaux de d\u00e9penses sup\u00e9rieur en d\u00e9pit d\u2019une pression fiscale, certes plus forte, mais qui n\u2019a pas suivi la hausse des d\u00e9penses (cf. graphique 4).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique 4 :<\/strong> Recettes et d\u00e9penses publiques de la France en \u00e9cart \u00e0 la zone euro.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-8840\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g4.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"345\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g4.png 795w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g4-300x172.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g4-600x345.png 600w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>La singularit\u00e9 dans l\u2019orientation des d\u00e9penses publiques fran\u00e7aises \u00e9mane principalement du poids croissant du syst\u00e8me des retraites. La part des retraites a progress\u00e9 plus fortement en France\u00a0:\u00a0 +3,5\u00a0pts contre +1,6 pts en zone euro entre 1999 et 2019 (cf. graphique 5). D\u00e8s 2000, le poids de la charge de la dette a certes diminu\u00e9, mais moins que dans la zone euro, contribuant ainsi au d\u00e9crochage des d\u00e9penses fran\u00e7aises en relatif (+0,6\u00a0pt). A partir de 2014, le poids des politiques \u00e9conomiques p\u00e8se significativement sur les d\u00e9penses (contribution de +0,8 pt en 2018) en raison de la mise en place du CICE (Cr\u00e9dit d\u2019imp\u00f4t pour la comp\u00e9titivit\u00e9 et l\u2019emploi\u00a0) alors que le poids de ce poste est stable sur la m\u00eame p\u00e9riode en zone euro. Les politiques publiques dans les transports ont aussi contribu\u00e9 \u00e0 hauteur de +0,4\u00a0pt.<\/p>\n<p><strong>Pour limiter cette d\u00e9rive, trois postes ont vu <\/strong><strong>leurs poids relatifs diminuer : les frais en services g\u00e9n\u00e9raux, ceux dans l\u2019\u00e9ducation et la recherche, <\/strong>qui sont deux domaines pourtant source de croissance \u00e0 long terme.\u00a0 Ainsi, alors que le poids des d\u00e9penses totales a progress\u00e9 de 3,5 pts de PIB entre 2000 et 2019, celui dans l\u2019\u00e9ducation et la recherche (R&amp;D et fondamentale) a diminu\u00e9 de 0,5 pt, tandis qu\u2019il est rest\u00e9 stable en zone euro.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphiques 5 :<\/strong> \u00c9volution du poids des d\u00e9penses en \u00e9cart \u00e0 la zone euro\u00a0:<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-8841\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g5.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"392\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g5.png 935w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g5-300x196.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g5-600x392.png 600w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p><strong>Depuis 2022, le d\u00e9crochage marqu\u00e9 des finances publiques \u00e9mane presque totalement de la faiblesse des recettes publiques, alors que les d\u00e9penses ont \u00e9t\u00e9 mieux maitris\u00e9es que dans le reste de la zone euro. <\/strong><\/p>\n<p>La volont\u00e9 publique, \u00e9videment l\u00e9gitime, de pr\u00e9server au mieux le tissu \u00e9conomique face \u00e0 la crise du Covid puis \u00e0 celle inflationniste a impliqu\u00e9 un creusement marqu\u00e9 des d\u00e9ficits de la zone euro. Mais, alors que la majorit\u00e9 des grandes \u00e9conomies de la zone euro ont continu\u00e9 d\u2019am\u00e9liorer leur situation apr\u00e8s la crise inflationniste de 2022, la France s\u2019est distingu\u00e9e par un nouveau creusement du d\u00e9ficit primaire en 2023 et 2024, ce qui en fait l\u2019un des plus d\u00e9grad\u00e9s de la zone euro (-3,5 pts et -3,7 pts resp.\u00a0; cf. graphique 6).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique 6 :<\/strong> \u00c9volution du d\u00e9ficit primaire des principaux pays de la zone euro\u00a0depuis 2019<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8843\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g6-1.png\" alt=\"\" width=\"474\" height=\"317\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g6-1.png 474w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g6-1-300x201.png 300w\" sizes=\"(max-width: 474px) 100vw, 474px\" \/><\/p>\n<p>En 2023, les recettes publiques fran\u00e7aises se d\u00e9gradent nettement avec un d\u00e9ficit de recette de 1,5\u00a0pt par rapport \u00e0 l\u2019avant-crise Covid (cf. graphiques 7&amp;8) creusant ainsi nettement le d\u00e9ficit. Notons que, \u00e0 l\u2019inverse, la France a moins augment\u00e9 ses d\u00e9penses hors int\u00e9r\u00eat que la zone euro\u00a0: +1,2 pt de PIB en France contre +2,4 pts en zone euro.<\/p>\n<p>En 2024, la situation se d\u00e9grade de nouveau en France alors que le reste de la zone euro voit son solde budg\u00e9taire s\u2019am\u00e9liorer. Les finances publiques fran\u00e7aises se singularisent avec un d\u00e9ficit de 3,4 pts par rapport \u00e0 l\u2019avant crise sanitaire, contre 2,6 pts en zone euro, soit une d\u00e9gradation relative de 0,9 pt, alors que l\u2019activit\u00e9 n\u2019y est pas plus faible. \u00a0Le principal facteur de cet \u00e9cart est la moindre croissance des recettes publiques en comparaison \u00e0 la zone euro, pesant pour -1,6\u00a0pt dans le creusement du d\u00e9ficit de 2024 en comparaison \u00e0 2019, tandis que la part des recettes a retrouv\u00e9 son niveau de 2019 en zone euro. Plus marginalement, ce d\u00e9crochage s\u2019explique aussi par l\u2019accroissement de la part de la charge de la dette \u00e0 hauteur de -0,3\u00a0pt. En revanche, l\u2019effort a \u00e9t\u00e9 plus important sur les d\u00e9penses primaires que dans le reste de la zone euro, avec un \u00e9cart \u00e0 2019 de -1,3 pt de PIB en France contre -2,3 pts dans la zone euro.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphiques 7 et 8 :<\/strong> D\u00e9composition des d\u00e9ficits\u00a0en \u00e9cart au niveau de 2019<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8869\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/7_8.png\" alt=\"\" width=\"1797\" height=\"693\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/7_8.png 1797w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/7_8-300x116.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/7_8-1024x395.png 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/7_8-600x231.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/7_8-1536x592.png 1536w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/7_8-1080x416.png 1080w\" sizes=\"(max-width: 1797px) 100vw, 1797px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Depuis 2023, les recettes publiques fran\u00e7aises sont singuli\u00e8rement atones. L\u2019\u00e9lasticit\u00e9 au PIB est historiquement basse et refl\u00e8te les effets des mesures fiscales et des comportements \u00e9conomiques qui freinent le redressement des recettes.<\/strong><\/p>\n<p>Une approche classique pour appr\u00e9cier la dynamique agr\u00e9g\u00e9e des recettes est de la comparer \u00e0 la croissance de l\u2019activit\u00e9 nominale. Nous avons recours \u00e0\u00a0l\u2019\u00e9lasticit\u00e9<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> des recettes publiques au PIB : c\u2019est le rapport entre le taux de croissance des recettes au taux de croissance du PIB nominal.<\/p>\n<p>Nous observons qu\u2019\u00e0 partir de 2023 (cf. graphique 9), l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 pour la France chute \u00e0 un tr\u00e8s bas niveau, bien en-dessous de l\u2019unit\u00e9 et environ deux fois plus faible qu\u2019en zone euro. L\u2019\u00e9lasticit\u00e9 observ\u00e9e augmente en 2024 mais demeure toujours nettement inf\u00e9rieure \u00e0 celle en zone euro. Sur cette p\u00e9riode, <strong>la croissance des recettes a ainsi \u00e9t\u00e9 nettement plus limit\u00e9e en France qu\u2019en zone euro pour un rythme de croissance donn\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique 9 :<\/strong> Elasticit\u00e9 des recettes publiques en zone euro et en France<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8845\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g9.png\" alt=\"\" width=\"525\" height=\"332\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g9.png 525w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g9-300x190.png 300w\" sizes=\"(max-width: 525px) 100vw, 525px\" \/><\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9crochage des recettes publiques entre 2019 et 2024 (cf. graphique 10) provient pour grande partie d\u2019une \u00e9volution des imp\u00f4ts de production, y contribuant \u00e0 hauteur de -1,3\u00a0pt de PIB.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique 10 :<\/strong> D\u00e9composition de la part des recettes publiques en pts de PIB.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8846\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g10.png\" alt=\"\" width=\"644\" height=\"433\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g10.png 644w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g10-300x202.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g10-600x403.png 600w\" sizes=\"(max-width: 644px) 100vw, 644px\" \/><\/p>\n<p><strong>Selon nos estimations, les rentr\u00e9es de TVA<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> y contribuent \u00e0 hauteur de -0,4 pt de PIB<\/strong><a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. La TVA est pay\u00e9e <em>in fine<\/em> \u00e0 70% par la consommation finale des m\u00e9nages. Pour autant, la reprise de la consommation en valeur au regard du PIB nominal aurait d\u00fb soutenir cette rentr\u00e9e fiscale et ce, plus qu\u2019en zone euro (cf. graphique 11). Les donn\u00e9es de collecte de la DGFIP<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> mentionnent des arbitrages possibles de consommation qui ont pes\u00e9 sur le taux global implicite de la TVA\u00a0: r\u00e9duction de l\u2019assiette assujettie au taux normal (20%) dans l\u2019industrie, le commerce et pour les produits p\u00e9troliers et hausse dans l\u2019alimentation \u00e0 taux r\u00e9duit (5,5%).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique 11 :<\/strong> Poids de la consommation des m\u00e9nages dans le PIB nominal<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8847\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g11.png\" alt=\"\" width=\"470\" height=\"258\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g11.png 470w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g11-300x165.png 300w\" sizes=\"(max-width: 470px) 100vw, 470px\" \/><\/p>\n<p>La modification du comportement des m\u00e9nages avec une propension plus forte \u00e0 \u00e9pargner par rapport \u00e0 l\u2019avant-crise sanitaire a eu des implications importantes sur les recettes fiscales. La hausse de l\u2019\u00e9pargne financi\u00e8re de 5,0 pts de revenu disponible brut a, en miroir, r\u00e9duit implicitement la consommation de 92 Mds d\u2019euros en 2024. En conservant le m\u00eame taux de TVA implicite qu\u2019observ\u00e9 de 2024, ce changement de comportement de consommation r\u00e9duit implicitement les recettes de TVA de 0,4 pt de PIB. Ce comportement n\u2019est pas sp\u00e9cifique \u00e0 la France mais il y est tout de m\u00eame plus marqu\u00e9\u00a0que dans le reste de la zone euro. Si les m\u00e9nages fran\u00e7ais avaient augment\u00e9 leur taux d\u2019\u00e9pargne comme en zone euro, les recettes de TVA auraient \u00e9t\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9es de\u00a0 0,2 pt de PIB.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique 12 : <\/strong>Evolution du taux d\u2019\u00e9pargne des m\u00e9nages en France.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8848\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g12.png\" alt=\"\" width=\"326\" height=\"234\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g12.png 326w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/g12-300x215.png 300w\" sizes=\"(max-width: 326px) 100vw, 326px\" \/><\/p>\n<p>La suppression de la CVAE (Cotisation sur la valeur ajout\u00e9e des entreprises) participe aussi au d\u00e9crochage des recettes \u00e0 hauteur de -0,3 pt. Enfin, les recettes de droits \u00e0 mutations \u00e0 titres on\u00e9reux (DMTO) ont souffert du repli du march\u00e9 de l\u2019immobilier (-0,3 pt).<\/p>\n<p>L\u2019autre partie est imputable \u00e0 la moindre progression des\u00a0imp\u00f4ts sur les revenus et le patrimoine, \u00e0 hauteur de -0,6 pt de PIB par rapport \u00e0 2019. La progression de l\u2019exc\u00e9dent net d\u2019exploitation en France en comparaison \u00e0 la zone euro expliquerait pour moiti\u00e9 la baisse de -0,4 pt de PIB de la part de l\u2019imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s, le reste \u00e9tant potentiellement imputable \u00e0 la baisse tendancielle du taux d\u2019IS implicite<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. La part des recettes sur l\u2019imp\u00f4t sur le revenu des m\u00e9nages recule de -0,3\u00a0pt de PIB, la suppression progressive de la taxe habitation y joue pour -0,1 pt.<\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Le changement de statut de la dette fran\u00e7aise s\u2019inscrit en r\u00e9alit\u00e9 dans un temps long de d\u00e9rive des finances publiques\u00a0: le ratio d\u2019endettement a progress\u00e9 plus qu\u2019ailleurs \u00e0 partir des ann\u00e9es 2000 et cette tendance s\u2019est accentu\u00e9e \u00e0 partir de 2013. Le cycle \u00e9conomique ne saurait \u00eatre invoqu\u00e9, car c\u2019est bien l\u2019accroissement de la part des d\u00e9penses, en particulier celles li\u00e9es retraites, qui explique cette situation. <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Les deux derni\u00e8res ann\u00e9es ont ent\u00e9rin\u00e9 ce nouveau statut\u00a0: alors que la plupart des pays de la zone euro ont assaini leurs finances publiques en 2023 et 2024, la France a vu son d\u00e9ficit se creuser \u00e0 nouveau, en d\u00e9pit d\u2019une conjoncture favorable. Ce d\u00e9crochage s\u2019explique principalement par l\u2019arbitrage des m\u00e9nages en faveur de l\u2019\u00e9pargne qui se traduit par une \u00e9volution d\u00e9favorable des recettes publiques, notamment les imp\u00f4ts de production (TVA, CVAE, DMTO), alors m\u00eame que les d\u00e9penses ont \u00e9t\u00e9 mieux ma\u00eetris\u00e9es qu\u2019en moyenne dans la zone euro depuis 2019.<\/em><\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> A l\u2019exception de 2009 au c\u0153ur de la crise des dettes souveraines<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Donn\u00e9es Ameco Spring Forecast 2025<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Sur longue p\u00e9riode, l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 tend vers 1 pour les pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires traduisant ainsi la proportionnalit\u00e9 constante entre croissance \u00e9conomique et l\u2019\u00e9volution des pr\u00e9l\u00e8vements.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Les recettes en TVA sont incluses dans les imp\u00f4ts de production dans la norme comptable SEC 2010.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Calculs de l\u2019auteur sur la base des statistiques de collecte de la DGFiP et de consolidation l\u2019Insee en comparant les recettes observ\u00e9es et celles obtenues \u00e0 partir de l\u2019\u00e9volution spontan\u00e9e de la consommation finale en valeur.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> DGFiP Statistiques N\u00b0 37<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Cf. Le taux d&rsquo;imposition implicite des profits entre 2016 et 2022 est plus \u00e9lev\u00e9 pour les PME que pour les grandes entreprises \u2013 Arnal et al. -Insee sept. 2025<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis les ann\u00e9es 2000, la trajectoire des finances publiques fran\u00e7aises s\u2019est progressivement \u00e9cart\u00e9e de celle de la zone euro, puis ce d\u00e9crochage s\u2019est accentu\u00e9 depuis la crise inflationniste, amenant les march\u00e9s \u00e0 revoir leur appr\u00e9ciation sur le statut de la dette fran\u00e7aise. Ce document propose une lecture approfondie des ressorts de cette d\u00e9rive structurelle. 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