{"id":8802,"date":"2025-07-31T08:28:49","date_gmt":"2025-07-31T06:28:49","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=8802"},"modified":"2025-07-31T08:28:49","modified_gmt":"2025-07-31T06:28:49","slug":"un-monde-de-violences-et-apres-critique-du-livre-de-jean-herve-lorenzi-et-mickael-berrebi-juin-2025","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=8802","title":{"rendered":"\u00ab Un monde de violences. Et apr\u00e8s ? \u00bb <br>Critique du livre de <br>Jean-Herv\u00e9 Lorenzi et Micka\u00ebl Berrebi <br>Juin 2025"},"content":{"rendered":"<p>Avec la parution d\u2019\u00ab <em>Un monde de violences. Et apr\u00e8s ?<\/em> \u00bb aux \u00e9ditions Eyrolles*, Jean-Herv\u00e9 Lorenzi et Micka\u00ebl Berrebi, n\u2019en sont pas \u00e0 leur coup d\u2019essai puisqu\u2019il d\u2019agit de la 3<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition du livre paru pour la premi\u00e8re fois en 2014. Cette nouvelle \u00e9dition apporte de nombreux \u00e9l\u00e9ments nouveaux et s\u2019appuie sur une actualit\u00e9, malheureusement, riche en violences de toutes sortes. Disons-le d\u2019embl\u00e9e, ce livre est rare car il allie \u00e0 la fois une tr\u00e8s riche connaissance th\u00e9orique et historique structurante de l\u2019\u00e9conomie mondiale actuelle, c\u2019est la premi\u00e8re partie du livre, avec des propositions souvent concr\u00e8tes, parfois audacieuses, toujours int\u00e9ressantes, qui visent \u00e0 apporter des r\u00e9ponses aux d\u00e9fis actuels.<\/p>\n<p>Pour Lorenzi et Berrebi, notre monde subit six contraintes majeures dont il faut r\u00e9ussir \u00e0 s\u2019extraire.<\/p>\n<p>D\u00e8s l\u2019introduction, on comprend que ni la vision de la \u00ab\u00a0fin de l\u2019histoire\u00a0\u00bb, port\u00e9e de mani\u00e8re diff\u00e9rente par Fukuyama ou par Yuval Noah Harari, ni une approche m\u00e9canique de Schumpeter ou de Durkheim, m\u00eame revisit\u00e9e par Bourdieu, ne satisfont les auteurs.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re contrainte porte sur la grande panne des gains de productivit\u00e9 que nous traversons. Sans am\u00e9lioration de la productivit\u00e9, nous nous heurterons \u00e0 l\u2019absence de croissance avec sa cohorte d\u2019effets n\u00e9gatifs sur l\u2019emploi et les revenus. Corolaire \u00e9vident, nous ne disposerons pas des outils pour r\u00e9pondre aux trois grandes transitions\u00a0: d\u00e9mographique, climatique et num\u00e9rique. En lisant ces chapitres, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser \u00e0 Karl Polanyi qui a si bien d\u00e9crit \u00e0 la fois le processus de d\u00e9sencastrement de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 et la construction sociale de l\u2019\u00e9conomie. Certes nos soci\u00e9t\u00e9s connaissent de nombreuses innovations de rupture mais cela ne se traduit pas par des bonds dans la productivit\u00e9.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me contrainte est \u00e0 la fois humaine et soci\u00e9tale\u00a0: le vieillissement. Pour le dire rapidement, le vieillissement de la population se traduit par trois ph\u00e9nom\u00e8nes cumulatifs\u00a0: des d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires, une moindre prise de risques dans l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9pargne et une innovation en berne. Si le vieillissement est un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial, il n\u2019est pas \u00e9quitablement r\u00e9parti sur la plan\u00e8te. Cette disparit\u00e9 au sein des pays et entre les pays, est source de nombreux conflits potentiels aussi bien g\u00e9n\u00e9rationnels que g\u00e9ographiques. D\u2019un point de vue global, le vieillissement se traduit automatiquement par un allongement de la dur\u00e9e de vie au travail qui ne compense cependant pas l\u2019augmentation, tout aussi m\u00e9canique, des d\u00e9penses. Plus dramatiquement, ces nouveaux \u00e9quilibres remettent en cause les fondements de l\u2019Etat-Providence car ce ne sont plus 3 g\u00e9n\u00e9rations qui coexistent mais souvent 4 et parfois 5.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me contrainte est le constat de l\u2019accroissement des in\u00e9galit\u00e9s de toutes sortes. Les travaux de Piketty ont montr\u00e9 le caract\u00e8re vertigineux de l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des in\u00e9galit\u00e9s sur la p\u00e9riode tr\u00e8s courte que nous connaissons. Tout indique que la courbe de Kuznets, selon laquelle les in\u00e9galit\u00e9s se r\u00e9duisent avec le d\u00e9veloppement, est remplac\u00e9e par celle \u00ab\u00a0de l\u2019\u00e9l\u00e9phant\u00a0\u00bb qui montre que les in\u00e9galit\u00e9s repartent ensuite \u00e0 la hausse dans le cadre de la mondialisation financi\u00e8re que nous avons connue. Ces in\u00e9galit\u00e9s r\u00e9sultent d\u2019un double mouvement, bien document\u00e9, d\u2019une part, les divergences de trajectoires entre le patrimoine et les revenus et, d\u2019autre part, la constitution d\u2019une classe sociale ultra-riche devenue un horizon inatteignable pour l\u2019essentiel de la population \u00e0 commencer par les classes moyennes. Ce cocktail explosif est un risque majeur pour la coh\u00e9sion sociale et le risque d\u2019anomie se d\u00e9veloppe au sein des pays et entre les nations elles-m\u00eames, comme le montre la multiplicit\u00e9 des conflits actuels\u00a0! Lorenzi et Berrebi insistent sur ce point, l\u2019accroissement des in\u00e9galit\u00e9s co\u00fbte cher et n\u2019est pas durablement soutenable sans convulsions soci\u00e9tales.<\/p>\n<p>La quatri\u00e8me contrainte porte sur un th\u00e8me cher aux politiques\u00a0: la d\u00e9sindustrialisation. Apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 utilement que le ph\u00e9nom\u00e8ne se traduit par une moindre production et une r\u00e9duction de la cr\u00e9ation, les auteurs indiquent l\u2019\u00e9vidence\u00a0: les emplois n\u00e9cessitent \u00e0 la fois investissements et R&amp;D. Difficile de ne pas se souvenir du \u00ab\u00a0th\u00e9or\u00e8me\u00a0\u00bb de l\u2019ancien Chancelier allemand, Helmut Schmidt, selon lequel \u00ab\u00a0les profits d\u2019aujourd\u2019hui sont les investissements de demain et les emplois d\u2019apr\u00e8s-demain\u00a0\u00bb. Le probl\u00e8me est qu\u2019aujourd\u2019hui, les profits ne se transforment pas en investissements et que les emplois tardent \u00e0 venir. Cela est d\u2019autant plus flagrant que la r\u00e9industrialisation ne peut pas consister \u00e0 reconstruire l\u2019industrie d\u2019hier. Fort justement, les auteurs font le lien entre la d\u00e9sindustrialisation et la vision court-termiste dont la financiarisation est l\u2019expression. Cela est d\u2019autant plus pertinent, que la d\u00e9sindustrialisation qui \u00e9tait interpr\u00e9t\u00e9e comme une captation de la valeur ajout\u00e9e par les pays du nord ne fonctionne plus comme telle. En 2020, pour la premi\u00e8re fois, les courbes de la contribution \u00e0 la valeur ajout\u00e9e de l\u2019industrie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale se croisent. L\u2019effet de ciseaux va s\u2019accroissant entre les pays dits d\u00e9velopp\u00e9s et ceux qualifi\u00e9s d\u2019\u00e9mergents sous l\u2019effet de la mont\u00e9e en puissance de la Chine. En partant de l\u2019exemple de la Grande-Bretagne \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle, les auteurs montrent les effets d\u2019une telle d\u00e9sindustrialisation, \u00e0 laquelle on peut cependant objecter que celle-ci s\u2019inscrivait dans ce que l\u2019on pourrait appeler \u00ab\u00a0une mondialisation nationale\u00a0\u00bb car elle reposait largement sur l\u2019Empire britannique\u00a0! Toujours est-il qu\u2019une \u00e9conomie bas\u00e9e sur des investisseurs uniquement financiers entre dans une spirale o\u00f9 les innovations financi\u00e8res prennent le pas sur toutes les autres. Ce chapitre se conclut en rappelant le trilemne de Dani Rodrik selon lequel la mondialisation, les \u00e9tats-nations et les institutions d\u00e9mocratiques ne sont compatibles que par paire de deux. Une derni\u00e8re mise en garde, vient nous rappeler que la paix mon\u00e9taire est indispensable pour assurer la paix entre la puissance des Nations.<\/p>\n<p>Dans l\u2019avant-dernier chapitre portant sur les contraintes, Lorenzi et Berrebi dissipent nos illusions, si nous en avions, sur le processus de d\u00e9financiarisation de nos \u00e9conomies. Ils d\u00e9crivent ainsi la mont\u00e9e inexorable des liquidit\u00e9s qui ne se traduit ni en financement de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle ni en investissement de long terme mais principalement en\u2026 produits financiers. A cela s\u2019ajoutent les ph\u00e9nom\u00e8nes r\u00e9cents de \u00ab\u00a0shadow banking\u00a0\u00bb sans parler des potions qui \u00e0 force de vouloir rendre le secteur bancaire et assurantiel plus sain risquent de le faire mourir en bonne sant\u00e9 ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment de le dissuader de financer l\u2019\u00e9conomie. On notera, au passage, que dans cet accroissement des liquidit\u00e9s r\u00e9sultant du shadow banking, les institutions financi\u00e8res publiques restent tr\u00e8s marginales alors que, par nature, elles pourraient apporter des instruments financiers orient\u00e9s vers l\u2019investissement de long terme. Nous rappelant les mises en garde, depuis de longues ann\u00e9es, de Jacques de La Rosi\u00e8re sur l\u2019accroissement de la dette, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment, des dettes publiques et priv\u00e9es, les auteurs soulignent l\u2019importance de ne pas confondre la r\u00e9duction de la dette globale et celle du d\u00e9ficit public. Diminuer ce dernier est atteignable au prix d\u2019efforts de toutes sortes alors que faire disparaitre la dette apparait comme utopique. Un seul chiffre illustre cela, la France, dans les conditions optimales des \u00ab\u00a0Trente Glorieuses\u00a0\u00bb a mis 30 ans pour r\u00e9duire d\u2019un quart seulement sa dette globale. Le tout, dans un contexte de forte croissance et d\u2019inflation\u00a0! Pour ajouter \u00e0 la difficult\u00e9 du financement de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle, Lorenzi et Berrebi constatent que le secteur bancaire offre une rentabilit\u00e9 des fonds propres largement inf\u00e9rieure aux entreprises mais, et c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 le b\u00e2t blesse, il convient de distinguer entre les diff\u00e9rentes activit\u00e9s du secteur bancaire. La banque de d\u00e9tail n\u2019offre qu\u2019une rentabilit\u00e9 de fonds propres finalement assez m\u00e9diocre alors que la banque d\u2019investissement et les acteurs de la gestion d\u2019actifs proposent des retours tout \u00e0 fait significatifs. Comme le d\u00e9veloppement de l\u2019industrie financi\u00e8re est in\u00e9luctable, il convient de savoir comment assurer \u00ab\u00a0un financement de l\u2019\u00e9conomie qui suppose une \u00e9pargne abondante, des investissements \u00e0 long terme, une capacit\u00e9 \u00e0 prendre des risques (et) des produits de financement d\u00e9volus au syst\u00e8me productif\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est justement l\u2019\u00e9pargne qui est identifi\u00e9e comme la sixi\u00e8me contrainte. Elle est au c\u0153ur des interrogations mais un paradoxe monstrueux est devant nous, il y a beaucoup de liquidit\u00e9s et d\u2019\u00e9pargne mais si peu d\u2019\u00e9pargne utile. C\u2019est-\u00e0-dire celle qui est disponible pour \u00eatre plac\u00e9e sur le long terme dans des investissements risqu\u00e9s. Dans nos soci\u00e9t\u00e9s de masse, d\u00e9crites par Kornhauser, le politique a perdu de sa l\u00e9gitimit\u00e9 et donc de sa capacit\u00e9 \u00e0 agir, or cette \u00e9pargne utile a besoin d\u2019\u00eatre orient\u00e9e\u00a0dans des directions claires\u00a0! L\u00e0 aussi le constat est criant, nous avons eu une \u00e9pargne en exc\u00e8s et un investissement trop faible. Une des explications est peut-\u00eatre \u00e0 rechercher dans \u00ab\u00a0la trag\u00e9die de la bancabilit\u00e9\u00a0\u00bb. Derri\u00e8re ce terme se cachent des obstacles de toutes sortes, techniques, juridiques, environnementaux\u2026 qui peuvent aboutir \u00e0 ce que des projets \u00ab\u00a0rentables\u00a0\u00bb ne soient pas finan\u00e7ables. Au niveau mondial, nous sommes confront\u00e9s \u00e0 un d\u00e9salignement entre une \u00e9pargne des pays \u00e9mergents qui est sup\u00e9rieure aux capacit\u00e9s d\u2019investissements dans ces pays alors que la situation est inverse dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s. Le constat, a priori contre intuitif, retrouve la rationalit\u00e9 quand on parle d\u2019\u00e9pargne utile. Dans ce monde changeant et vieillissant, les besoins de couverture sociale vont aussi en augmentant. Bref, la guerre de l\u2019\u00e9pargne de l\u2019utile aura bien lieu d\u2019autant plus que les uns en ont besoin pour leurs infrastructures et les autres pour leur appareil productif.<\/p>\n<p>Le constat \u00e9tabli, Lorenzi et Berrebi n\u2019en restent pas l\u00e0 et proposent, dans la deuxi\u00e8me partie de leur ouvrage une s\u00e9rie, quatorze pour \u00eatre pr\u00e9cis, de ruptures \u00e0 mettre en place. Conscients que seule une approche holistique permettrait de r\u00e9pondre aux contraintes examin\u00e9es dans la premi\u00e8re partie, les auteurs abordent une vaste \u00e9tendue de domaines qui peuvent s\u2019articuler autour de trois grands th\u00e8mes\u00a0: les populations, les technologies et l\u2019argent. La premi\u00e8re priorit\u00e9 est de faire de la jeunesse l\u2019avenir d\u2019un monde vieillissant et notamment en reconstruisant un mod\u00e8le d\u2019immigration. Evidemment, cela ne pourra pas se faire sans une r\u00e9partition nouvelle des ressources qu\u2019elles soient naturelles, la question de l\u2019eau est, \u00e0 cet \u00e9gard, pr\u00e9gnante, mais aussi des ressources financi\u00e8res qui ne peuvent, \u00e0 long terme, reposaient principalement sur l\u2019h\u00e9ritage. Sur ces bases, il est aussi propos\u00e9 de revoir fondamentalement le partage salaires\/profits qui est entr\u00e9 dans un cercle vicieux qu\u2019il convient de rompre par des mesures politiques fortes. Nous abordons l\u00e0, la deuxi\u00e8me priorit\u00e9 des auteurs, comment r\u00e9orienter la valeur cr\u00e9\u00e9e dans l\u2019\u00e9conomie vers les secteurs essentiels. Pour cela, il faut \u00ab\u00a0dompter la dette\u00a0\u00bb tout en reconstruisant un r\u00e9el partage des risques. Le paradoxe est que l\u2019accroissement de la dette entraine une moindre capacit\u00e9 \u00e0 prendre des risques et donc \u00e0 cr\u00e9er de la valeur ajout\u00e9e. Les auteurs insistent aussi sur l\u2019importance de l\u2019investissement d\u2019abord dans les trois transitions essentielles\u00a0: d\u00e9mographique, climatique et num\u00e9rique. Ils soulignent aussi le r\u00f4le crucial que le continent africain doit jouer comme r\u00e9ceptacle massif d\u2019investissements. Tout cela n\u2019est possible que si l\u2019\u00e9conomie mondiale retrouve des bases solides et pr\u00e9dictibles. La fin des accords de Bretton-Woods nous a fait perdre de vue les apports positifs des parit\u00e9s de changes fixes. Pour en sortir, l\u2019Europe a cr\u00e9\u00e9 l\u2019Euro mais cela ne suffit pas au niveau mondial. D\u2019autres \u00e9l\u00e9ments compl\u00e9mentaires de stabilit\u00e9 doivent \u00eatre mis en place. La pr\u00e9dictibilit\u00e9, c\u2019est aussi ne pas oublier. La pand\u00e9mie de 2019-2020 commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 s\u2019estomper dans les m\u00e9moires alors que, par d\u00e9finition, d\u2019autres verront le jour et que nous ne sommes pas r\u00e9ellement pr\u00eats \u00e0 les affronter. Le dernier grand domaine de rupture porte sur le Monde qui vient. Celui-ci ne sera r\u00e9ellement soutenable que s\u2019il est maitris\u00e9 et orient\u00e9. La maitrise passe par la fin des monopoles qui se sont mis en place dans les nouvelles technologies. Sans mesures fortes, le caract\u00e8re monopolistique de certaines industries annihilera non seulement la concurrence mais la capacit\u00e9 d\u2019innovation. Certains m\u00e9tiers doivent \u00eatre rendus incompatibles les uns avec les autres. L\u2019orientation de ce nouveau monde passe par la cr\u00e9ation d\u2019un \u00ab\u00a0m\u00e9tissage num\u00e9rique\u00a0\u00bb o\u00f9 l\u2019Intelligence Artificielle serait au service de nouveaux \u00e9quilibres \u00e0 commencer par une transition juste au service des populations.<\/p>\n<p>En refermant l\u2019ouvrage, on a le sentiment \u00e9trange que Lorenzi et Berrebi tournent autour de l\u2019id\u00e9e europ\u00e9enne sans jamais en faire l\u2019objet direct de leurs r\u00e9flexions.<\/p>\n<p>C\u2019est pourtant bien l\u2019horizon ind\u00e9passable de l\u2019Europe qui apparait comme une \u00e9vidence \u00e0 la fois dans les contraintes mais surtout dans les ruptures propos\u00e9es. Dans un monde d\u2019interactions, o\u00f9 les normes explicites et implicites, ainsi que les enjeux d\u2019avenir sont \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, raisonner sur des bases nationales \u00e9triqu\u00e9es ne m\u00e8ne nulle part. Les investissements n\u00e9cessaires, les r\u00e9formes indispensables, les efforts \u00e0 consentir sont autant d\u2019enjeux qui ne se con\u00e7oivent qu\u2019au niveau europ\u00e9en pour \u00eatre pleinement efficaces. En effet, face aux enjeux de long terme, l\u2019Europe est le seul cadre viable o\u00f9 peut se constituer une dynamique qui aura, malgr\u00e9 les vents contraires, la l\u00e9gitimit\u00e9 n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>*\u00ab <em>Un monde de violences. Et apr\u00e8s ?<\/em> \u00bb de Jean-Herv\u00e9 Lorenzi et Micka\u00ebl Berrebi, <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.eyrolles.com\/Loisirs\/Livre\/un-monde-de-violences-et-apres--9782416020445\/\">aux<\/a> <a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.eyrolles.com\/Loisirs\/Livre\/un-monde-de-violences-et-apres--9782416020445\/\">\u00e9ditions Eyrolles<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec la parution d\u2019\u00ab Un monde de violences. Et apr\u00e8s ? \u00bb aux \u00e9ditions Eyrolles*, Jean-Herv\u00e9 Lorenzi et Micka\u00ebl Berrebi, n\u2019en sont pas \u00e0 leur coup d\u2019essai puisqu\u2019il d\u2019agit de la 3\u00e8me \u00e9dition du livre paru pour la premi\u00e8re fois en 2014. Cette nouvelle \u00e9dition apporte de nombreux \u00e9l\u00e9ments nouveaux et s\u2019appuie sur une actualit\u00e9, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":323,"featured_media":8811,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[31],"tags":[],"class_list":["post-8802","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-dans-les-rayons","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8802","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/323"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8802"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8802\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8817,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8802\/revisions\/8817"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8811"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8802"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8802"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8802"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}