{"id":8721,"date":"2025-06-13T13:07:12","date_gmt":"2025-06-13T11:07:12","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=8721"},"modified":"2025-06-13T13:07:12","modified_gmt":"2025-06-13T11:07:12","slug":"comment-expliquer-la-sous-representation-des-femmes-dans-les-ecoles-dingenieurs-les-plus-selectives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=8721","title":{"rendered":"Comment expliquer la sous-repr\u00e9sentation des femmes dans les \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives ?"},"content":{"rendered":"<p><em>Cet article est une version all\u00e9g\u00e9e de la note initialement publi\u00e9e sur <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.ipp.eu\/actualites\/comment-expliquer-la-sous-representation-des-femmes-dans-les-ecoles-dingenieurs-les-plus-selectives\/\">le site de l&rsquo;Institut des Politiques Publiques, le 28 mai 2025<\/a><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>Bien que les femmes soient majoritaires dans l\u2019enseignement sup\u00e9rieur en France, elles restent fortement sous-repr\u00e9sent\u00e9es dans les grandes \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs, notamment les plus s\u00e9lectives. Ces \u00e9coles recrutent sur concours, cens\u00e9s garantir une s\u00e9lection objective fond\u00e9e sur les performances acad\u00e9miques. Leur pr\u00e9paration exige deux \u00e0 trois ann\u00e9es en classe pr\u00e9paratoire aux grandes \u00e9coles (CPGE), r\u00e9put\u00e9es pour leur intensit\u00e9. La faible proportion de femmes admises dans les \u00e9coles les plus s\u00e9lectives pourrait s\u2019expliquer par deux types de facteurs : des \u00e9carts de performance (avant ou pendant la CPGE, ou au moment du concours), ou des diff\u00e9rences de pr\u00e9f\u00e9rences quant aux concours pr\u00e9sent\u00e9s ou au choix d\u2019affectation. Nos analyses permettent d\u2019\u00e9carter \u00e0 la fois le r\u00f4le des pr\u00e9f\u00e9rences et celui des performances avant l\u2019entr\u00e9e en CPGE comme causes principales, car ces facteurs jouent en r\u00e9alit\u00e9 en faveur des femmes. Le c\u0153ur de l\u2019explication r\u00e9side dans une inversion progressive de l\u2019\u00e9cart de performance entre les femmes et les hommes au cours des ann\u00e9es de classe pr\u00e9paratoire, notamment dans les fili\u00e8res les plus s\u00e9lectives et comp\u00e9titives, les classes \u00ab \u00e9toile \u00bb. Ce d\u00e9crochage se double d\u2019un l\u00e9ger d\u00e9savantage des femmes le jour du concours, qui contribue \u00e9galement \u2013 bien que dans une moindre mesure \u2013 \u00e0 leur sous-repr\u00e9sentation dans les \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives.<\/p>\n<div style=\"width: auto; border: 1px solid #2E86C1; text-align: justify; background: #F0F0F0; padding: 10px;\">\n<ul>\n<li>Cette note s\u2019appuie sur une base de donn\u00e9es in\u00e9dite, construite \u00e0 partir d\u2019un appariement entre les donn\u00e9es administratives exhaustives du Service de concours \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs, des donn\u00e9es administratives du minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation nationale et de la Jeunesse, ainsi que de donn\u00e9es collect\u00e9es aupr\u00e8s de 18 classes pr\u00e9paratoires scientifiques en France m\u00e9tropolitaine couvrant la p\u00e9riode 2015-2023.<\/li>\n<li>Lors de l\u2019entr\u00e9e en CPGE scientifique, les femmes ont en moyenne de meilleurs r\u00e9sultats scolaires que leurs homologues masculins. Pourtant, \u00e0 l\u2019issue de ces deux \u00e0 trois ann\u00e9es de classe pr\u00e9paratoire, elles acc\u00e8dent moins souvent aux grandes \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives. Elles y repr\u00e9sentent seulement 20 % des effectifs, contre 25 % dans les CPGE scientifiques.<\/li>\n<li>Cette sous-repr\u00e9sentation s\u2019explique en partie par une moindre performance le jour du concours, mais surtout par un renversement de l\u2019\u00e9cart de performance entre les sexes : initialement en faveur des femmes, celui-ci devient favorable aux hommes au cours de la premi\u00e8re ann\u00e9e de CPGE, et s\u2019amplifie jusqu\u2019aux concours.<\/li>\n<li>Nos analyses montrent que cet \u00e9cart s\u2019accro\u00eet particuli\u00e8rement dans les environnements les plus comp\u00e9titifs, notamment dans les classes pr\u00e9paratoires dites \u00ab \u00e9toile \u00bb, qui renforcent la dynamique de d\u00e9crochage relatif des femmes.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans de nombreux pays, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019enseignement sup\u00e9rieur repose sur des concours d\u2019entr\u00e9e ou des examens standardis\u00e9s (OECD, 2019). Ces \u00e9preuves n\u00e9cessitent une pr\u00e9paration rigoureuse et sont souvent consid\u00e9r\u00e9es comme la pierre angulaire de la m\u00e9ritocratie car elles sont cens\u00e9es garantir une s\u00e9lection objective fond\u00e9e uniquement sur les comp\u00e9tences acad\u00e9miques des candidats. Cependant, la litt\u00e9rature en \u00e9conomie exp\u00e9rimentale a mis en \u00e9vidence des disparit\u00e9s de genre face \u00e0 ces examens \u00e0 forts enjeux. Ces \u00e9carts s\u2019expliquent notamment par des diff\u00e9rences de performance et d\u2019app\u00e9tence pour la comp\u00e9tition (Gneezy, Niederle et Rustichini, 2003; Niederle et Vesterlund, 2011). Plusieurs \u00e9tudes ont ainsi montr\u00e9 que les femmes ont tendance \u00e0 sousperformer lors de ces \u00e9preuves d\u00e9cisives par rapport \u00e0 leurs r\u00e9sultats au contr\u00f4le continu, en particulier dans des disciplines per\u00e7ues comme masculines, telles que les math\u00e9matiques. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, que nous d\u00e9signerons comme l\u2019\u00ab effet examen du jour J \u00bb, impacte n\u00e9gativement les trajectoires \u00e9ducatives des \u00e9tudiantes (Arenas et Calsamiglia, 2022; Jurajda et M\u00fcnich, 2011).<\/p>\n<p>Notre \u00e9tude porte sur les classes pr\u00e9paratoires aux grandes \u00e9coles (CPGE) scientifiques et les concours d\u2019entr\u00e9e aux grandes \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs en France. Elle met en lumi\u00e8re un fait stylis\u00e9 surprenant : alors que les femmes int\u00e8grent les CPGE scientifiques avec de meilleurs r\u00e9sultats scolaires que leurs homologues masculins, elles se retrouvent sous-repr\u00e9sent\u00e9es dans les \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives. En effet, les femmes inscrites en CPGE scientifiques ont obtenu en moyenne de meilleurs r\u00e9sultats au baccalaur\u00e9at : 59 % ont d\u00e9croch\u00e9 une mention \u00ab tr\u00e8s bien \u00bb, contre 47 % des hommes. Cet \u00e9cart persiste m\u00eame lorsqu\u2019on repond\u00e8re les r\u00e9sultats au baccalaur\u00e9at selon les coefficients des concours des grandes \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives, en attribuant un poids plus important aux mati\u00e8res scientifiques et en ne retenant, parmi les mati\u00e8res non scientifiques, que le fran\u00e7ais et les langues \u00e9trang\u00e8res<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> . Sur la base de leurs performances scolaires ant\u00e9rieures, on pourrait donc s\u2019attendre \u00e0 ce que les femmes soient davantage admises dans les \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives. D\u2019ailleurs, la Figure 1 (a) montre qu\u2019elles sont bien sur-repr\u00e9sent\u00e9es dans les \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives qui recrutent directement apr\u00e8s le baccalaur\u00e9at. En revanche, la Figure 1 (b) r\u00e9v\u00e8le qu\u2019elles sont sous-repr\u00e9sent\u00e9es dans les \u00e9coles les plus s\u00e9lectives recrutant sur concours, notamment parmi les 10 % les plus s\u00e9lectives. Nous observons ainsi une inversion de la disparit\u00e9 de genre au cours de la scolarit\u00e9 en CPGE scientifique : les femmes y entrent plus performantes en moyenne, mais acc\u00e8dent moins souvent aux \u00e9coles les plus prestigieuses. Cette \u00e9tude cherche \u00e0 comprendre les causes de ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Figure 1 \u2013 Proportion de femmes selon le mode de s\u00e9lection des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs et leur niveau de s\u00e9lectivit\u00e9<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_8723\" style=\"width: 447px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-8723\" class=\"size-full wp-image-8723\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f1.png\" alt=\"\" width=\"437\" height=\"586\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f1.png 437w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f1-224x300.png 224w\" sizes=\"(max-width: 437px) 100vw, 437px\" \/><p id=\"caption-attachment-8723\" class=\"wp-caption-text\">Lecture : Les femmes repr\u00e9sentent 40 % des effectifs des 10 % des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives parmi celles qui recrutent directement apr\u00e8s le baccalaur\u00e9at (panel a), mais seulement 20 % des effectifs des 10 % des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives parmi celles qui recrutent sur concours apr\u00e8s une CPGE (panel b).<br \/>Note : Ces figures repr\u00e9sentent la proportion de femmes par d\u00e9cile de s\u00e9lectivit\u00e9 des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs en France. Le panel (a) concerne les \u00e9coles post-bac; le panel (b) concerne les \u00e9coles recrutant sur concours de niveaux bac+3 \u00e0 bac+5 (voir encadr\u00e9 2 pour plus de d\u00e9tails sur la d\u00e9finition de la s\u00e9lectivit\u00e9 des \u00e9coles). Les deux lignes noires horizontales repr\u00e9sentent la proportion moyenne des femmes toutes \u00e9coles confondues : 28 % dans le panel (a) et 25 % dans le panel (b). <br \/>Sources : Donn\u00e9es SISE (2015-2020) et SCEI (2015-2023).<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Contexte institutionnel<\/h3>\n<p>L\u2019entr\u00e9e en CPGE s\u2019effectue sur dossier, les candidats \u00e9tant principalement s\u00e9lectionn\u00e9s en fonction de leurs performances scolaires au lyc\u00e9e. Ces fili\u00e8res attirent majoritairement des \u00e9l\u00e8ves ayant obtenu d\u2019excellents r\u00e9sultats. En 2016-2017, 43 % des \u00e9l\u00e8ves inscrits en CPGE avaient obtenu une mention \u00ab tr\u00e8s bien \u00bb au baccalaur\u00e9at, contre seulement 8 % dans les fili\u00e8res universitaires et 3 % dans les fili\u00e8res technologiques et professionnelles.<\/p>\n<p>Les CPGE consistent en deux ann\u00e9es d\u2019\u00e9tude apr\u00e8s le baccalaur\u00e9at, avec la possibilit\u00e9 de redoubler la deuxi\u00e8me ann\u00e9e. Elles pr\u00e9parent les concours d\u2019entr\u00e9e aux grandes \u00e9coles et se caract\u00e9risent par un rythme de travail soutenu : chaque semaine, les \u00e9tudiants passent des examens \u00e9crits de quatre \u00e0 six heures, ainsi qu\u2019un \u00e0 deux oraux par semaine, le tout dans un cadre fortement concurrentiel o\u00f9 les classements sont fr\u00e9quents.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Figure 2 \u2013 R\u00e9partition g\u00e9ographique des CPGE scientifiques (hors BCPST)<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_8725\" style=\"width: 362px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-8725\" class=\"size-full wp-image-8725\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f2.png\" alt=\"\" width=\"352\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f2.png 352w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f2-300x264.png 300w\" sizes=\"(max-width: 352px) 100vw, 352px\" \/><p id=\"caption-attachment-8725\" class=\"wp-caption-text\">Note : Cette carte indique l\u2019ensemble des classes pr\u00e9paratoires scientifiques MP, PC, PT et PSI en France m\u00e9tropolitaine. Les points bleu fonc\u00e9 signalent les CPGE<br \/>pour lesquelles nous avons collect\u00e9es des donn\u00e9es individuelles (voir encadr\u00e9 1 pour plus de d\u00e9tails). <br \/>Source : Donn\u00e9es du SCEI.<\/p><\/div>\n<p>Notre \u00e9tude se concentre sur les CPGE scientifiques destin\u00e9es aux bacheliers g\u00e9n\u00e9raux (hors BCPST)<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, qui regroupent environ 25 000 \u00e9tudiants par an, soit environ 2,5 % d\u2019une cohorte. Leur r\u00e9partition g\u00e9ographique est indiqu\u00e9e dans la figure 2. Ces CPGE sont r\u00e9parties en quatre fili\u00e8res principales en deuxi\u00e8me ann\u00e9e : MP (math\u00e9matiques et physique), PC (physique et chimie), PSI (physique et sciences de l\u2019ing\u00e9nieur) et PT (physique et technologie).<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019issue de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e, les \u00e9tudiants passent les concours d\u2019entr\u00e9e aux grandes \u00e9coles. Il existe plus de 200 \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs r\u00e9parties sur l\u2019ensemble du territoire, dont plusieurs partagent des concours communs, ce qui permet d\u2019\u00e9viter les conflits de calendrier.<\/p>\n<p>Le processus d\u2019admission est centralis\u00e9 et organis\u00e9 par le Service de concours \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs (SCEI). Les \u00e9preuves \u00e9crites ont lieu entre avril et mai, suivies d\u2019oraux entre juin et juillet pour les candidats admissibles. Ces derniers classent ensuite les \u00e9coles par ordre de pr\u00e9f\u00e9rence et un algorithme d\u2019affectation leur propose une admission en fonction de leurs r\u00e9sultats aux \u00e9preuves et de leurs v\u0153ux, \u00e0 l\u2019issue de plusieurs tours qui s\u2019\u00e9chelonnent de fin juillet \u00e0 d\u00e9but septembre.<\/p>\n<h3>\u00c9chantillon d\u2019analyse<\/h3>\n<p>Notre \u00e9tude repose sur les donn\u00e9es des \u00e9tudiants ayant pr\u00e9sent\u00e9 les concours d\u2019entr\u00e9e aux \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs entre 2015 et 2023.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Tableau 1 \u2013 Caract\u00e9ristiques des \u00e9tudiants inscrits en CPGE scientifique (2015-2023, hors BCPST)<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_8726\" style=\"width: 431px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-8726\" class=\"size-full wp-image-8726\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f3.png\" alt=\"\" width=\"421\" height=\"255\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f3.png 421w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f3-300x182.png 300w\" sizes=\"(max-width: 421px) 100vw, 421px\" \/><p id=\"caption-attachment-8726\" class=\"wp-caption-text\">Lecture : 82 % des \u00e9tudiants en CPGE scientifiques entre 2015 et 2023 sont issus de professions et cat\u00e9gories socio-professionnelles (PCS) favoris\u00e9es ou tr\u00e8s favoris\u00e9es (cadres, chefs d\u2019entreprises, professions lib\u00e9rales, professions intellectuelles, enseignants, professions interm\u00e9diaires); cette part atteint 92 % parmi les \u00e9tudiants admis dans les 10 % des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives. En comparaison, seuls 48 % de l\u2019ensemble des \u00e9tudiants de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur en France en 2016-2017 appartiennent \u00e0 ces m\u00eames PCS. <br \/>Note : La classification des professions et cat\u00e9gories socio professionnelles suit la classification de la DEPP. La mention TB signifie que l\u2019\u00e9tudiant a obtenu la mention \u00ab tr\u00e8s bien \u00bb au baccalaur\u00e9at. <br \/>Sources : Donn\u00e9es du SCEI pour les \u00e9tudiants en CPGE scientifiques (MP\/MP*, PC\/PC*, PT\/PT*, PSI\/PSI*) et pour ceux admis dans les 10 % des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives entre 2015 et 2023; Bonneau et al. (2021) pour les donn\u00e9es sur l\u2019ensemble des \u00e9tudiants inscrits dans des formations de niveau Bac+1 et Bac+2 en 2016-2017.<\/p><\/div>\n<p>La France m\u00e9tropolitaine compte environ 200 CPGE scientifiques, dont plus d\u2019un quart est localis\u00e9 en r\u00e9gion parisienne. Ces formations accueillent majoritairement des \u00e9tudiants au profil socialement favoris\u00e9 et qui ont obtenu d\u2019excellents r\u00e9sultats au baccalaur\u00e9at (tableau 1) : alors que 48 % des \u00e9tudiants de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur en France ont des parents appartenant \u00e0 une cat\u00e9gorie socioprofessionnelle favoris\u00e9e ou tr\u00e8s favoris\u00e9e<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, cette proportion s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 82 % en CPGE scientifiques et atteint 92 % parmi les admis dans les 10 % des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives. En revanche, si les femmes repr\u00e9sentent 54 % des \u00e9tudiants inscrits dans les formations de niveau Bac+1 et Bac+2, elles ne constituent qu\u2019environ 25 % des effectifs en CPGE scientifiques (hors fili\u00e8re BCPST).<\/p>\n<h3>D\u00e9composition des \u00e9carts de genre dans l\u2019acc\u00e8s aux \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives<\/h3>\n<p>Les femmes repr\u00e9sentent environ un quart des \u00e9tudiants en CPGE scientifiques (voir tableau 1), mais leur part chute \u00e0 20 % dans les 10 % des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives. Plusieurs m\u00e9canismes peuvent a priori expliquer cette sous-repr\u00e9sentation. Celle-ci pourrait r\u00e9sulter d\u2019\u00e9carts de performance entre les femmes et les hommes, observ\u00e9s soit en amont des classes pr\u00e9paratoires scientifiques, soit pendant les ann\u00e9es de CPGE, soit le jour m\u00eame des concours. Elle pourrait \u00e9galement s\u2019expliquer par des choix diff\u00e9renci\u00e9s : les femmes pourraient pr\u00e9senter moins de concours s\u00e9lectifs, ou formuler des pr\u00e9f\u00e9rences diff\u00e9rentes dans le classement des \u00e9coles lors du processus d\u2019admission. Gr\u00e2ce \u00e0 la richesse des donn\u00e9es mobilis\u00e9es, nous sommes en mesure d\u2019identifier le r\u00f4le pr\u00e9cis de chacun de ces facteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Figure 3 \u2013 D\u00e9composition de l\u2019\u00e9cart de genre dans l\u2019acc\u00e8s aux grandes \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_8730\" style=\"width: 438px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-8730\" class=\"size-full wp-image-8730\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f4.png\" alt=\"\" width=\"428\" height=\"598\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f4.png 428w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f4-215x300.png 215w\" sizes=\"(max-width: 428px) 100vw, 428px\" \/><p id=\"caption-attachment-8730\" class=\"wp-caption-text\">Lecture : Panel (a) : 25,3% des \u00e9tudiants de CPGE scientifiques de notre \u00e9chantillon ont int\u00e9gr\u00e9 l\u2019une des 10 % des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives, contre 20,2 % de leurs homologues f\u00e9minines, soit un \u00e9cart de 5,1 points de pourcentage. Panel (b) : 24 % de cet \u00e9cart s\u2019explique par l\u2019effet du \u00ab jour J \u00bb. Autrement dit, \u00e0 caract\u00e9ristiques d\u00e9mographiques comparables, \u00e0 performances scolaires \u00e9quivalentes avant et pendant la CPGE, et \u00e0 comportement de candidature similaire, les femmes obtiennent en moyenne de moins bons r\u00e9sultats que les hommes aux \u00e9preuves \u00e9crites du concours. Cette sous-performance le jour des \u00e9preuves contribue \u00e0 hauteur de 24 % de l\u2019\u00e9cart global observ\u00e9 entre les sexes dans l\u2019acc\u00e8s aux \u00e9coles les plus s\u00e9lectives.<br \/>Notes : Ce graphique pr\u00e9sente la d\u00e9composition de l\u2019\u00e9cart entre les hommes et les femmes dans l\u2019acc\u00e8s aux 10 % des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives (voir l\u2019encadr\u00e9 2 pour la d\u00e9finition de la s\u00e9lectivit\u00e9). La d\u00e9composition repose sur une m\u00e9thode d\u2019ajout progressif de contr\u00f4les afin de mesurer la r\u00e9duction (ou l\u2019accroissement) de l\u2019\u00e9cart initial (5,1 points de pourcentage). Sont inclus : des variables d\u00e9mographiques, les performances scolaires ant\u00e9rieures (mesur\u00e9es via la mention obtenue au baccalaur\u00e9at); des effets fixes pour l\u2019ann\u00e9e, le lyc\u00e9e de la CPGE et la fili\u00e8re (MP, PC, PT, PSI); les r\u00e9sultats pendant la CPGE sont mesur\u00e9s par les notes obtenues au cours du premier semestre de premi\u00e8re ann\u00e9e et au second semestre de deuxi\u00e8me ann\u00e9e; le fait d\u2019avoir fr\u00e9quent\u00e9 une classe \u00e9toile en deuxi\u00e8me ann\u00e9e est \u00e9galement int\u00e9gr\u00e9 comme variable de contr\u00f4le de la performance en CPGE; les comportements de candidature aux concours des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives sont contr\u00f4l\u00e9es par des variables indicatrices des concours pr\u00e9sent\u00e9s; l\u2019effet du \u00ab jour J \u00bb est contr\u00f4l\u00e9 \u00e0 partir du classement obtenu par les candidats \u00e0 chacun des concours les plus s\u00e9lectifs; enfin, les pr\u00e9f\u00e9rences exprim\u00e9es par les candidats sont contr\u00f4l\u00e9es \u00e0 l\u2019aide d\u2019indicatrices indiquant si chaque grande \u00e9cole s\u00e9lective figure ou non dans leur liste de v\u0153ux. Nombre d\u2019observations : N = 8 779. <br \/>Sources : Donn\u00e9es du SCEI et des 18 CPGE ayant particip\u00e9 \u00e0 l\u2019enqu\u00eate.<\/p><\/div>\n<p>La figure 3 pr\u00e9sente une d\u00e9composition de l\u2019\u00e9cart d\u2019acc\u00e8s aux \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives entre les sexes. Le panel (a) montre que dans notre \u00e9chantillon, les femmes ont en moyenne 20,2 % de chances d\u2019\u00eatre admises dans l\u2019une des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs du top 10 %, contre 25,3 % pour les hommes, soit une diff\u00e9rence de 5,1 points de pourcentage.<\/p>\n<p>Le premier r\u00e9sultat important est que les performances scolaires ant\u00e9rieures n\u2019expliquent nullement cette sous-repr\u00e9sentation. Elles pointent m\u00eame en sens inverse : les femmes s\u2019inscrivant en CPGE scientifique ayant de meilleurs r\u00e9sultats que les hommes au baccalaur\u00e9at, elles devraient avoir une probabilit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9e d\u2019int\u00e9grer les \u00e9coles les plus s\u00e9lectives. Cet \u00e9cart attendu, mais non observ\u00e9 dans les faits, est repr\u00e9sent\u00e9 par la valeur \u221262 % dans le panel (b), ce qui signifie que si les performances des hommes \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en CPGE \u00e9taient aussi bonnes que celles des femmes, l\u2019\u00e9cart de taux d\u2019acc\u00e8s aux grandes \u00e9coles les plus s\u00e9lectives en d\u00e9faveur des femmes serait encore 62 % plus important.<\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me facteur explicatif r\u00e9side dans le choix des CPGE et des fili\u00e8res. \u00c0 performances scolaires \u00e9quivalentes, les femmes s\u2019orientent vers des classes pr\u00e9paratoires qui, en moyenne, envoient moins d\u2019\u00e9l\u00e8ves dans les \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives. Cette diff\u00e9rence d\u2019orientation explique environ 36 % de la sous-repr\u00e9sentation des femmes.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me enseignement majeur concerne l\u2019\u00e9volution des performances pendant la CPGE. 70 % de l\u2019\u00e9cart d\u2019admission global est ainsi imputable aux notes obtenues durant la CPGE : 38 % pour celles obtenues d\u00e8s la fin du premier trimestre de la premi\u00e8re ann\u00e9e, et 32 % pour celles obtenues apr\u00e8s cela. \u00c0 cela s\u2019ajoute ce que nous appelons l\u2019effet du \u00ab jour J \u00bb : \u00e0 notes \u00e9gales en fin de CPGE et \u00e0 comportement de candidature \u00e9quivalent, les femmes obtiennent des r\u00e9sultats inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux des hommes le jour m\u00eame du concours. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, bien document\u00e9 dans d\u2019autres contextes \u00e0 forts enjeux (Azmat, Calsamiglia et Iriberri, 2016; Iriberri et Rey-Biel, 2019), contribue quant \u00e0 lui \u00e0 hauteur de 24 % de l\u2019\u00e9cart global.<\/p>\n<p>Deux autres effets, plus marginaux, compl\u00e8tent l\u2019analyse. \u00c0 r\u00e9sultats \u00e9quivalents en fin de CPGE, les femmes s\u2019inscrivent un peu moins souvent aux concours les plus s\u00e9lectifs. Cette diff\u00e9rence dans le choix des concours explique 10 % de l\u2019\u00e9cart observ\u00e9. Les femmes redoublent \u00e9galement moins souvent la deuxi\u00e8me ann\u00e9e de CPGE, ce qui explique 8 % de l\u2019\u00e9cart dans l\u2019acc\u00e8s aux meilleures \u00e9coles. En revanche, les pr\u00e9f\u00e9rences exprim\u00e9es par les candidates et candidats, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ordre dans lequel ils ou elles classent les \u00e9coles dans leurs v\u0153ux, ne permettent pas d\u2019expliquer la sous-repr\u00e9sentation des femmes. Cela ne signifie pas que les pr\u00e9f\u00e9rences n\u2019interviennent pas \u00e0 d\u2019autres \u00e9tapes du parcours, notamment dans le choix de la fili\u00e8re scientifique et\/ou des sp\u00e9cialit\u00e9s disciplinaires, mais ces pr\u00e9f\u00e9rences ne jouent pas un r\u00f4le explicatif dans la sous-repr\u00e9sentation des femmes dans les \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives.<\/p>\n<p>Ainsi, parmi l\u2019ensemble des m\u00e9canismes explor\u00e9s, les plus d\u00e9terminants sont l\u2019inversion des \u00e9carts de performance entre le baccalaur\u00e9at et le d\u00e9but de la CPGE, puis l\u2019amplification de ces \u00e9carts au cours de la classe pr\u00e9paratoire. La section suivante examine dans quelle mesure le contexte de pr\u00e9paration aux concours, et notamment le degr\u00e9 de comp\u00e9tition entre \u00e9tudiants, contribue \u00e0 cet accroissement des \u00e9carts de performance entre les sexes.<\/p>\n<h3>L\u2019effet d\u2019un environnement de pr\u00e9paration comp\u00e9titif sur les performances acad\u00e9miques selon le genre<\/h3>\n<p>Nous exploitons ici une sp\u00e9cificit\u00e9 des fili\u00e8res MP, PC, PSI et PT : la r\u00e9partition des \u00e9tudiants de deuxi\u00e8me ann\u00e9e entre classes \u00ab \u00e9toile \u00bb et classes \u00ab non \u00e9toile \u00bb qui entra\u00eene une variation dans le niveau de comp\u00e9titivit\u00e9 du contexte d\u2019apprentissage, dans la mesure o\u00f9 cette r\u00e9partition d\u00e9pend directement des r\u00e9sultats scolaires obtenus en premi\u00e8re ann\u00e9e. Comme l\u2019illustre la figure 4, la probabilit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer une classe \u00e9toile cro\u00eet fortement avec le rang de classement des \u00e9tudiants \u00e0 l\u2019issue de leur premi\u00e8re ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudiants sont class\u00e9s en fonction de leurs notes tout au long de l\u2019ann\u00e9e, et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une classe \u00e9toile est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 ceux qui ont obtenu les meilleurs r\u00e9sultats. Ces classes regroupent donc les \u00e9l\u00e8ves les plus performants et offrent une pr\u00e9paration particuli\u00e8rement intensive aux concours des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Figure 4 \u2013 Probabilit\u00e9 d\u2019admission en classe \u00e9toile en fonction du classement \u00e0 la fin de la premi\u00e8re ann\u00e9e<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_8731\" style=\"width: 421px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-8731\" class=\"size-full wp-image-8731\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f5.png\" alt=\"\" width=\"411\" height=\"241\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f5.png 411w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f5-300x176.png 300w\" sizes=\"(max-width: 411px) 100vw, 411px\" \/><p id=\"caption-attachment-8731\" class=\"wp-caption-text\">Lecture : Les \u00e9tudiants class\u00e9s juste en dessous de l\u2019\u00e9l\u00e8ve estim\u00e9 au seuil d\u2019admission en classe \u00e9toile dans leur CPGE et leur fili\u00e8re ont une probabilit\u00e9 moyenne de 20 % d\u2019\u00eatre admis en classe \u00e9toile, tandis que ceux class\u00e9s juste au-dessus ont une probabilit\u00e9 moyenne d\u2019admission de 80 %. <br \/>Notes : Ce graphique repr\u00e9sente la probabilit\u00e9 d\u2019admission en classe \u00e9toile en fonction du rang des \u00e9tudiants \u00e0 la fin de la premi\u00e8re ann\u00e9e de CPGE. Le rang est calcul\u00e9 \u00e0 partir de la moyenne pond\u00e9r\u00e9e des notes obtenues au cour de l\u2019ann\u00e9e. Pour chaque CPGE et chaque ann\u00e9e, nous estimons le seuil d\u2019admission en classe \u00e9toile en identifiant, selon la m\u00e9thode de Hansen (2000), le rang qui pr\u00e9dit le mieux l\u2019admission effective, les crit\u00e8res exacts utilis\u00e9s par les enseignants n\u2019\u00e9tant pas directement observables. La transition n\u2019est donc pas parfaitement discontinue au seuil, en partie en raison de l\u2019impr\u00e9cision de l\u2019estimation, mais aussi parce que certains \u00e9tudiants choisissent de ne pas int\u00e9grer la classe \u00e9toile, bien qu\u2019admis. Nombre d\u2019observations : N = 6 630. <br \/>Source : Donn\u00e9es collect\u00e9es dans 18 CPGE scientifiques entre 2015 et 2023.<\/p><\/div>\n<p>L\u2019admission en classe \u00e9toile ouvre des perspectives d\u2019int\u00e9gration nettement plus \u00e9lev\u00e9es dans les \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives : la probabilit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer une \u00e9cole du top 10 % est de 6 % en classe non \u00e9toile, contre 39 % en classe \u00e9toile.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, nous cherchons \u00e0 d\u00e9terminer si le fait de pr\u00e9parer les concours dans une classe \u00e9toile, plut\u00f4t que dans une classe non \u00e9toile, a un effet diff\u00e9renci\u00e9 sur les performances aux concours selon le genre. Pour cela, nous mobilisons deux m\u00e9thodologies compl\u00e9mentaires.<\/p>\n<h5>En moyenne<\/h5>\n<p>Nous commen\u00e7ons par estimer une sp\u00e9cification en double diff\u00e9rence, en comparant l\u2019\u00e9cart entre les hommes et les femmes dans la probabilit\u00e9 d\u2019admission dans une \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieurs parmi les 10 % les plus s\u00e9lectives, selon qu\u2019ils et elles sont en classes \u00e9toile ou non \u00e9toile. La figure 5 pr\u00e9sente les r\u00e9sultats de cette analyse.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Figure 5 \u2013 \u00c9cart entre les femmes et les hommes dans la probabilit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer une \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieurs parmi les 10 % les plus s\u00e9lectives<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_8732\" style=\"width: 417px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-8732\" class=\"size-full wp-image-8732\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f6.png\" alt=\"\" width=\"407\" height=\"234\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f6.png 407w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f6-300x172.png 300w\" sizes=\"(max-width: 407px) 100vw, 407px\" \/><p id=\"caption-attachment-8732\" class=\"wp-caption-text\">Lecture : Parmi les \u00e9tudiants en classe non \u00e9toile, les femmes ont une probabilit\u00e9 d\u2019admission dans une grande \u00e9cole scientifique du top 10 % inf\u00e9rieure de 2,7 points de pourcentage \u00e0 celle de leurs homologues masculins. <br \/>Notes : Cette figure repr\u00e9sente l\u2019effet estim\u00e9 du genre sur la probabilit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s \u00e0 une \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieurs parmi les 10 % les plus s\u00e9lectives, en distinguant les \u00e9tudiants des classes non \u00e9toile et des classes \u00e9toile. Les estimations incluent des effets fixes pour l\u2019ann\u00e9e du concours, la fili\u00e8re (MP, PC, PT, PSI) et le lyc\u00e9e de la CPGE. Sont \u00e9galement contr\u00f4l\u00e9es diverses caract\u00e9ristiques d\u00e9mographiques (telles que l\u2019origine g\u00e9ographique ou le statut de boursier), ainsi que les performances scolaires ant\u00e9rieures, mesur\u00e9es par les notes obtenues au baccalaur\u00e9at et au dipl\u00f4me national du brevet. Les \u00e9cart-types sont \u00ab clusteris\u00e9s \u00bb au niveau fili\u00e8re \u00d7 lyc\u00e9e \u00d7 ann\u00e9e. En moyenne, les hommes en classe non \u00e9toile ont une probabilit\u00e9 d\u2019admission dans une \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieurs du top 10 % de 7 %, contre 41 % en classe \u00e9toile. Nombre d\u2019observations : N = 89 065. <br \/>Source : Donn\u00e9es du SCEI pour les \u00e9tudiants en CPGE scientifiques disposant d\u2019une classe \u00e9toile entre 2015 et 2023.<\/p><\/div>\n<p>En classe non \u00e9toile, l\u2019\u00e9cart de probabilit\u00e9 d\u2019admission selon le genre est de 2,7 points de pourcentage en faveur des hommes. En classe \u00e9toile, cet \u00e9cart atteint 6,9 points, soit une diff\u00e9rence suppl\u00e9mentaire de 4,2 points de pourcentage. Rapport\u00e9 \u00e0 la probabilit\u00e9 moyenne d\u2019admission dans ces \u00e9coles, qui est de 28 % sur l\u2019ensemble de notre \u00e9chantillon d\u2019analyse, cela signifie que le fait d\u2019\u00eatre en classe \u00e9toile conf\u00e8re aux hommes un avantage relatif de 20 % par rapport aux femmes.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats sugg\u00e8rent qu\u2019en moyenne, l\u2019\u00e9cart de performance selon le genre est significativement plus \u00e9lev\u00e9 dans les environnements les plus comp\u00e9titifs. Autrement dit, la classe \u00e9toile, qui intensifie la pression acad\u00e9mique, tend \u00e0 creuser les in\u00e9galit\u00e9s de genre en mati\u00e8re de r\u00e9ussite aux concours.<\/p>\n<h5>\u00c0 la marge<\/h5>\n<p>Dans un second temps, nous mobilisons une m\u00e9thodologie de r\u00e9gression sur discontinuit\u00e9 afin d\u2019estimer l\u2019impact causal de l\u2019admission en classe \u00e9toile sur la probabilit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer une \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieurs parmi les plus s\u00e9lectives. Cette analyse porte sur le sous-\u00e9chantillon des CPGE qui ont particip\u00e9 \u00e0 notre enqu\u00eate.<\/p>\n<p>L\u2019approche consiste \u00e0 comparer les \u00e9tudiants situ\u00e9s juste en dessous et juste au-dessus du seuil d\u2019admission en classe \u00e9toile. Ces individus, tr\u00e8s proches en termes de r\u00e9sultats et donc a priori comparables sur leurs caract\u00e9ristiques observables et inobservables, permettent d\u2019estimer l\u2019effet \u00e0 la marge de l\u2019admission en classe \u00e9toile, par opposition \u00e0 l\u2019approche en double diff\u00e9rence pr\u00e9sent\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment, qui estimait un effet moyen.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Figure 6 \u2013 Effet marginal de l\u2019admission en classe \u00e9toile sur la probabilit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer une \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieurs parmi les 10 % les plus s\u00e9lectives<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_8733\" style=\"width: 436px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-8733\" class=\"size-full wp-image-8733\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f7.png\" alt=\"\" width=\"426\" height=\"565\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f7.png 426w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/f7-226x300.png 226w\" sizes=\"(max-width: 426px) 100vw, 426px\" \/><p id=\"caption-attachment-8733\" class=\"wp-caption-text\">Lecture : Les hommes class\u00e9s juste en dessous de l\u2019\u00e9tudiant estim\u00e9 au seuil d\u2019admission en classe \u00e9toile dans leur CPGE et leur ann\u00e9e ont une probabilit\u00e9 de 0,2 d\u2019\u00eatre admis dans une \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieurs parmi les 10 % les plus s\u00e9lectives, contre 0,4 parmi ceux situ\u00e9s juste au-dessus du seuil estim\u00e9. <br \/>Note : Ce graphique repr\u00e9sente la probabilit\u00e9 d\u2019admission dans une \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieurs parmi les 10 % les plus s\u00e9lectives, en fonction de la distance au seuil d\u2019admission en classe \u00e9toile. Ce seuil est estim\u00e9 pour chaque CPGE et pour chaque ann\u00e9e \u00e0 partir du classement des \u00e9tudiants en fin de premi\u00e8re ann\u00e9e, calcul\u00e9 sur la base de leur moyenne pond\u00e9r\u00e9e. La variable de distance au seuil correspond \u00e0 l\u2019\u00e9cart de rang entre chaque \u00e9tudiant et l\u2019\u00e9tudiant situ\u00e9 au seuil d\u2019admission en classe \u00e9toile dans sa CPGE. Nombre d\u2019observations : N = 6 630. <br \/>Source : Donn\u00e9es collect\u00e9es dans 18 CPGE scientifiques entre 2015 et 2023.<\/p><\/div>\n<p>Concr\u00e8tement, nous utilisons le classement des \u00e9tudiants en fin de premi\u00e8re ann\u00e9e de CPGE pour estimer, \u00e0 l\u2019aide de la m\u00e9thode propos\u00e9e par Hansen (2000), le seuil d\u2019admission en classe \u00e9toile s\u00e9par\u00e9ment pour chaque CPGE et chaque ann\u00e9e<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p>La figure 6 pr\u00e9sente les r\u00e9sultats de cette analyse. En suivant les recommandations m\u00e9thodologiques de Cattaneo, Idrobo et Titiunik (2024), nous mettons en \u0153uvre une r\u00e9gression sur discontinuit\u00e9 floue (fuzzy regression discontinuity design). \u00c0 la marge du seuil d\u2019admission en classe \u00e9toile, nous estimons que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une classe \u00e9toile augmente de 25 points de pourcentage la probabilit\u00e9 pour les hommes d\u2019int\u00e9grer l\u2019une des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives (voir Figure 6.a). En revanche, aucun effet significatif n\u2019est observ\u00e9 pour les femmes (voir Figure 6.b).<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats confirment que l\u2019environnement de pr\u00e9paration intensif offert par les classes \u00e9toile b\u00e9n\u00e9ficie davantage aux hommes, tant en moyenne qu\u2019\u00e0 la marge. Ils renforcent l\u2019id\u00e9e, d\u00e9velopp\u00e9e dans la section pr\u00e9c\u00e9dente, selon laquelle la r\u00e9action diff\u00e9renci\u00e9e des hommes et des femmes \u00e0 un environnement d\u2019\u00e9tude tr\u00e8s comp\u00e9titif joue un r\u00f4le central dans les \u00e9carts de genre constat\u00e9s \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des grandes \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs les plus s\u00e9lectives.<\/p>\n<h3>Conclusion<\/h3>\n<p>Malgr\u00e9 des performances scolaires initialement plus \u00e9lev\u00e9es que celles de leurs homologues masculins, les femmes b\u00e9n\u00e9ficient nettement moins de l\u2019environnement comp\u00e9titif des CPGE scientifiques. Nos r\u00e9sultats confirment les constats de la litt\u00e9rature exp\u00e9rimentale sur l\u2019amplification des \u00e9carts de performance entre les sexes dans des contextes \u00e0 enjeux \u00e9lev\u00e9s. Ils vont cependant plus loin : une part importante de cet \u00e9cart ne rel\u00e8ve pas uniquement d\u2019un effet ponctuel li\u00e9 au concours (effet du \u00ab jour J \u00bb), mais s\u2019explique plus largement par le contexte d\u2019apprentissage lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Nous mettons en \u00e9vidence que l\u2019\u00e9cart de performance entre les hommes et les femmes est plus marqu\u00e9 en classe \u00e9toile qu\u2019en classe non \u00e9toile. Ce constat s\u2019observe tant en moyenne qu\u2019\u00e0 la marge, pour les \u00e9tudiants situ\u00e9s juste autour du seuil d\u2019admission en classe \u00e9toile. Cet \u00e9cart accru se traduit par des diff\u00e9rences plus importantes de r\u00e9mun\u00e9ration anticip\u00e9e entre anciens \u00e9l\u00e8ves de classe \u00e9toile, selon le genre.<\/p>\n<p>Les concours d\u2019entr\u00e9e aux \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs \u2013 tout comme leur pr\u00e9paration \u2013 sont particuli\u00e8rement comp\u00e9titifs, et cette intensit\u00e9 affecte diff\u00e9remment les trajectoires selon le genre. D\u00e8s lors, am\u00e9liorer la repr\u00e9sentation des femmes dans les \u00e9coles les plus s\u00e9lectives suppose de repenser l\u2019organisation de ces processus de s\u00e9lection. Nos r\u00e9sultats sugg\u00e8rent que des modalit\u00e9s de pr\u00e9paration des concours fortement comp\u00e9titives peuvent engendrer des co\u00fbts en mati\u00e8re d\u2019\u00e9quit\u00e9 de genre.<\/p>\n<p>Des recherches compl\u00e9mentaires sont toutefois n\u00e9cessaires pour \u00e9valuer si ces processus de s\u00e9lection refl\u00e8tent r\u00e9ellement les comp\u00e9tences requises pour r\u00e9ussir dans les fili\u00e8res scientifiques les plus exigeantes. Si la capacit\u00e9 \u00e0 performer sous pression n\u2019est pas essentielle \u00e0 la r\u00e9ussite acad\u00e9mique et professionnelle, alors le fonctionnement actuel des CPGE scientifiques pourrait \u00eatre sous-optimal, en \u00e9cartant de mani\u00e8re injustifi\u00e9e une partie des talents f\u00e9minins les plus prometteurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s\u00a0: \u00c9ducation \u2013 CPGE &#8211; Genre<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Notes<\/h3>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Bechichi et Bluntz (2019) mettent \u00e9galement en \u00e9vidence un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019auto-s\u00e9lection plus marqu\u00e9 chez les femmes en CPGE scientifiques. Ils montrent qu\u2019\u00e0 caract\u00e9ristiques \u00e9gales, une lyc\u00e9enne en s\u00e9rie scientifique doit obtenir une moyenne g\u00e9n\u00e9rale au baccalaur\u00e9at sup\u00e9rieure de 1,5 point \u00e0 celle d\u2019un lyc\u00e9en pour avoir la m\u00eame probabilit\u00e9 de classer une CPGE scientifique en premier v\u0153u sur la plateforme Admission Post-Bac.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Nous excluons la fili\u00e8re BCPST (biologie, chimie, physique et sciences de la terre) pour deux raisons : (i) notre \u00e9tude se concentre sur les fili\u00e8res dans lesquelles les femmes sont sous-repr\u00e9sent\u00e9es (elles sont 70 % en BCPST); (ii) la fili\u00e8re BCPST ne propose pas d\u2019un syst\u00e8me de classe \u00ab \u00e9toile \u00bb en deuxi\u00e8me ann\u00e9e, dispositif central dans notre strat\u00e9gie empirique.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Cadres, chefs d\u2019entreprises, professions lib\u00e9rales, professions intellectuelles, enseignants, professions interm\u00e9diaires.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Cette approche a \u00e9t\u00e9 largement adopt\u00e9e dans des contextes similaires au n\u00f4tre, notamment depuis que Porter et Yu (2015) ont montr\u00e9 qu\u2019elle pouvait \u00eatre mise en \u0153uvre dans le cadre d\u2019un mod\u00e8le de r\u00e9gression sur discontinuit\u00e9.<\/p>\n<hr \/>\n<h3>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h3>\n<p>Arenas, Andreu et Caterina Calsamiglia (2022). \u00ab Gender Differences in High-Stakes Performance and College Admission Policies \u00bb. IZA Discussion Paper No. 15550.<\/p>\n<p>Avery, Christopher N., Mark E. Glickman, Caroline M. Hoxby et Andrew Metrick (2013). \u00ab A Revealed Preference Ranking of U.S. Colleges and Universities \u00bb. The Quarterly Journal of Economics 128.1, p. 425-467.<\/p>\n<p>Azmat, Ghazala, Caterina Calsamiglia et Nagore Iriberri (2016). \u00ab Gender Differences in Response to Big Stakes \u00bb. Journal of the European Economic Association 14.6, p. 1372-1400.<\/p>\n<p>Bechichi, Nagui et Cosima Bluntz (2019). \u00ab Les d\u00e9terminants de la poursuite d\u2019\u00e9tudes en classe pr\u00e9paratoire aux grandes \u00e9coles : les enseignements de la proc\u00e9dure APB 2016 \u00bb. Note d\u2019information du SIES. no. 19.04.<\/p>\n<p>Bonneau, C\u00e9cile, Pauline Charousset, Julien Grenet et Georgia Thebault (2021). Quelle d\u00e9mocratisation des grandes \u00e9coles depuis le milieu des ann\u00e9es 2000 ? Rapport IPP no 30, Institut des Politiques Publiques.<\/p>\n<p>Cattaneo, Matias D, Nicol\u00e1s Idrobo et Roc\u00edo Titiunik (2024). A practical introduction to regression discontinuity designs : Extensions. Cambridge University Press.<\/p>\n<p>Gneezy, Uri, Muriel Niederle et Aldo Rustichini (2003). \u00ab Performance in Competitive Environments : Gender Differences \u00bb. The Quarterly Journal of Economics 118.3, p. 1049-1074.<\/p>\n<p>Hansen, Bruce E. (2000). \u00ab Sample Splitting and Threshold Estimation \u00bb. Econometrica 68.3, p. 575-603.<\/p>\n<p>Iriberri, Nagore et Pedro Rey-Biel (2019). \u00ab Competitive Pressure Widens the Gender Gap in Performance : Evidence From a Two-Stage Competition in Mathematics \u00bb. The Economic Journal 129.620, p. 1863-1893.<\/p>\n<p>Jurajda, \u0160t\u011bp\u00e1n et Daniel M\u00fcnich (2011). \u00ab Gender Gap in Performance Under Competitive Pressure : Admissions to Czech Universities \u00bb. American Economic Review, Papers and Proceedings 101.3, p. 514-518.<\/p>\n<p>Niederle, Muriel et Lise Vesterlund (2011). \u00ab Gender and Competition \u00bb. Annual Review of Economics 3, p. 601- 630.<\/p>\n<p>OECD (2019). Education at a Glance 2019. OECD Publishing.<\/p>\n<p>Porter, Jack et Ping Yu (2015). \u00ab Regression Discontinuity Designs With Unknown Discontinuity Points : Testing and Estimation \u00bb. Journal of Econometrics 189.1, p. 132- 147.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em>Les jugements et opinions exprim\u00e9s par les auteurs n\u2019engagent qu\u2019eux m\u00eames, et non les institutions auxquelles ils appartiennent.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article est une version all\u00e9g\u00e9e de la note initialement publi\u00e9e sur le site de l&rsquo;Institut des Politiques Publiques, le 28 mai 2025 Bien que les femmes soient majoritaires dans l\u2019enseignement sup\u00e9rieur en France, elles restent fortement sous-repr\u00e9sent\u00e9es dans les grandes \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs, notamment les plus s\u00e9lectives. 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