{"id":8427,"date":"2024-12-09T07:10:35","date_gmt":"2024-12-09T06:10:35","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=8427"},"modified":"2024-12-12T07:53:59","modified_gmt":"2024-12-12T06:53:59","slug":"apprenons-leconomie-avec-san-antonio","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=8427","title":{"rendered":"Apprenons l\u2019\u00e9conomie avec San-Antonio"},"content":{"rendered":"<p><em>Un petit mot du comit\u00e9 \u00e9<\/em><em>ditorial.<\/em><\/p>\n<p><em>Cet article pr\u00e9sente des extraits du livre de Sylvain Bersinger, \u00ab\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.editions-marieb.com\/apprenons-l-economie-avec-san-antonio\">Apprenons l\u2019\u00e9conomie avec San-Antonio<\/a><\/span><\/span>\u00a0\u00bb, publi\u00e9 en 2021 aux \u00e9ditions Marie B. Comme son nom l<\/em><em>\u2019<\/em><em>indique, l<\/em><em>\u2019<\/em><em>ouvrage se propose de pr\u00e9senter les principaux m\u00e9canismes \u00e9conomiques au grand public en prenant exclusivement pour point de d\u00e9part des citations extraites de la s\u00e9<\/em><em>rie des San-Antonio. <\/em><\/p>\n<p><em>Sylvain a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit pour Variances deux articles, l<\/em><em>\u2019<\/em><em>un sur le bitcoin<\/em><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><em><sup><strong>[1]<\/strong><\/sup><\/em><\/a><em>, l<\/em><em>\u2019<\/em><em>autre sur le co\u00fbt des Jeux Olympiques<\/em><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><em><sup><strong>[2]<\/strong><\/sup><\/em><\/a><em>. Ce dernier a \u00e9t\u00e9 l<\/em><em>\u2019<\/em><em>article le plus lu de l<\/em><em>\u2019<\/em><em>ann\u00e9e\u00a02024 ! Pour donner une pointe d<\/em><em>\u2019<\/em><em>humour \u00e0 cette fin d<\/em><em>\u2019<\/em><em>ann\u00e9e tristounette, le comit\u00e9 \u00e9ditorial vous propose quelques extraits de son r\u00e9jouissant livre. <\/em><\/p>\n<p><strong>Introduction du livre <\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les Fran\u00e7ais n\u2019ont jamais rien compris au capitalisme\u00a0\u00bb, affirme un Am\u00e9ricain \u00e0 San-Antonio dans <em>Du sable dans la vaseline<\/em>. Peut-\u00eatre a-t-il un peu raison cet Am\u00e9ricain-l\u00e0, mais effor\u00e7ons-nous malgr\u00e9 tout de lui donner tort en affinant nos connaissances en \u00e9conomie. Pour cela, entamons un voyage dans l\u2019univers fascinant de Fr\u00e9d\u00e9ric Dard, le plus libre, le plus graveleux et le plus inventif des \u00e9crivains fran\u00e7ais (je ne suis peut-\u00eatre pas tr\u00e8s objectif, mais peut-on l\u2019\u00eatre quand on est passionn\u00e9\u00a0?), auteur de la c\u00e9l\u00e8bre s\u00e9rie des San-Antonio.<\/p>\n<p>Prendre San-Antonio comme support pour pr\u00e9senter les bases de l\u2019\u00e9conomie est, \u00e0 priori, une id\u00e9e saugrenue. Quel lien peut-on faire entre le commissaire truculent imagin\u00e9 par Fr\u00e9d\u00e9ric Dard, dont les livres sont caract\u00e9ris\u00e9s par leur libert\u00e9 de ton, et une discipline o\u00f9 la franche rigolade est regard\u00e9e de travers\u00a0? San-Antonio repr\u00e9sente l\u2019argot franchouillard alors que l\u2019\u00e9conomie est am\u00e9ricanis\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la moelle. Le c\u00e9l\u00e8bre commissaire est connu pour la vigueur de son verbe, mais l\u2019\u00e9conomiste s\u2019enorgueillit avant tout des obscures \u00e9quations qu\u2019il r\u00e9sout. Bref, rien ne devrait \u00e0 priori rapprocher les deux univers. Et pourtant\u2026<\/p>\n<p>\u00c9conomiste et admirateur forcen\u00e9 de San-Antonio, j\u2019ai d\u00e9nich\u00e9 une multitude de passerelle sentre mes deux centres d\u2019int\u00e9r\u00eat. Assez vite, je n\u2019ai plus lu San-A (je me permets de l\u2019appeler par son petit nom) qu\u2019un stylo \u00e0 la main pour noter toutes les occasions o\u00f9 il est question, de pr\u00e8s ou de loin, d\u2019\u00e9conomie. Et force est de constater que l\u2019\u00e9conomie, la finance, l\u2019entreprise ou plus globalement les questions d\u2019argent sont omnipr\u00e9sentes sous la plume de Fr\u00e9d\u00e9ric Dard. D\u2019ailleurs, les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la discipline sont tellement nombreuses que le titre du livre, comme les titres des chapitres, sont \u00e0 chaque fois des extraits traitant du sujet abord\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est vrai, le monde de l\u2019\u00e9conomie et des affaires n\u2019est pas toujours vu de fa\u00e7on positive, comme en atteste cet \u00e9change entre San-A et son cousin Hector dans <em>La v<\/em><em>\u00e9rit\u00e9 en salade<\/em>\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Il est comment, lui\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; Tr\u00e8s homme d\u2019affaires\u2026 On ne le voit quasiment jamais. Il est venu une seule fois \u00e0 une f\u00eate de charit\u00e9, c\u2019est un homme occup\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211; Occup\u00e9 \u00e0 gagner du fric ! Occup\u00e9 \u00e0 vendre des trucs plus chers qu\u2019il les a achet\u00e9s\u2026 Moi \u00e7a me confond.\u00bb<\/p>\n<p>S\u2019il juge s\u00e9v\u00e8rement la fortune et l\u2019enrichissement, San-A se montre en revanche bienveillant envers les \u00e9conomistes, qu\u2019il d\u00e9crit comme \u00ab\u00a0distingu\u00e9s\u00a0\u00bb, et ce dans plusieurs livres, voyez plut\u00f4t\u00a0: \u00ab\u00a0Il est \u00e9vident qu\u2019une telle image manque de vigueur. Pourtant, un romancier se doit parfois de sacrifier \u00e0 la tradition. Cette tradition veut qu\u2019un silence soit nocturne, un confr\u00e8re \u00e9minent, un \u00e9conomiste distingu\u00e9 et la Belgique une vaillante petite nation.\u00a0\u00bb (<em>Au suivant de ces messieurs<\/em>, en note de bas de page)\u00a0; ou encore \u00ab\u00a0Les fronts de montagne sont olympiens comme les \u00e9conomistes sont distingu\u00e9s\u00a0\u00bb. (<em>Les doigts dans le nez<\/em>, en note de bas de page)\u00a0; et enfin dans <em>Appelez-moi ch\u00e9rie\u00a0:<\/em> \u00ab\u00a0Une puissante Mercedes (on dit d\u2019une Mercedes qu\u2019elle est puissante, comme d\u2019un savant qu\u2019il est \u00e9minent et d\u2019un \u00e9conomiste qu\u2019il est distingu\u00e9) nous conduit au si\u00e8ge de la firme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais c\u2019est vrai, les \u00e9conomistes ne b\u00e9n\u00e9ficient pas toujours d\u2019un traitement de faveur au fil des San-Antonio, en t\u00e9moigne ce commentaire sur les professeurs d\u2019\u00e9conomie dans <em>Au bal des rombi<\/em><em>\u00e8<\/em><em>res<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Un type \u00e0 lunettes joue de la musique de paquebot au piano. On dirait un professeur d\u2019\u00e9conomie en vacances. Genre t\u00eate de n\u0153uds. Peu de tifs, il louche, ses dents se chevauchent comme des roquets de quartier, il a le bout du nez rouge et une trace de crayon-bille sur sa manchette gauche.\u00a0\u00bb Et puis, dans <em>Bosphore et fais reluire<\/em>, San-A insinue m\u00eame que l\u2019histoire \u00e9conomique puisse \u00eatre ennuyeuse\u00a0: \u00ab\u00a0Nous nous installons derri\u00e8re un aquarium o\u00f9 quatre ou cinq poissons exotiques se font tarter comme \u00e0 une conf\u00e9rence sur l\u2019\u00e9conomie du Honduras \u00e0 travers les \u00e2ges.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais passons outre ces petites piques pour ne retenir que les nombreuses fois o\u00f9 les digressions du commissaire l\u2019entra\u00eenent \u00e0 jouer sur le terrain de l\u2019\u00e9conomiste, avec plus ou moins de r\u00e9ussite selon les cas. \u00c0 chaque fois, nous en profiterons pour attraper la balle au bond afin d\u2019\u00e9clairer un concept, clarifier une th\u00e9orie ou d\u00e9rouler une explication. Parfois, nous nous paierons m\u00eame le luxe d\u2019\u00eatre en d\u00e9saccord avec San-A, qui prend r\u00e9guli\u00e8rement la th\u00e9orie \u00e9conomique \u00e0 rebrousse-poil. Disons-le tout net, la th\u00e9orie \u00e9conomique standard, celle enseign\u00e9e dans les universit\u00e9s et mise en pratique par la plupart des gouvernements, n\u2019est pas toujours d\u2019accord avec notre cher San-Antonio. Cela, vous en conviendrez, donne du relief \u00e0 notre propos, et offre l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019un d\u00e9bat \u00e0 distance avec ce monument de la litt\u00e9rature de gare fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 ce que nous allons faire\u00a0: nous d\u00e9cortiquerons chaque r\u00e9f\u00e9rence \u00e9conomique laiss\u00e9e au fil des centaines de livres de la s\u00e9rie et, en les regroupant par th\u00e8mes, nous les utiliserons comme un trampoline pour discuter d\u2019\u00e9conomie. \u00c0 la fin, vous verrez que nous aurons abord\u00e9 la plupart des th\u00e8mes qui pr\u00e9occupent les \u00e9conomistes, \u00e0 savoir le budget de l\u2019\u00c9tat, la finance, les monnaie, le ch\u00f4mage, la croissance \u00e9conomique (m\u00eame si le th\u00e8me n\u2019est jamais utilis\u00e9 noir sur blanc par San-A) et le commerce, pour ne citer que les principaux. En fait, en d\u00e9cortiquant toute la s\u00e9rie des San-Antonio, nous pouvons construire un cours complet d\u2019\u00e9conomie, et cela m\u2019a permis de gribouiller un livre autant pour les aspirants \u00e9conomistes que pour les fans inconditionnels de San-A, ce qui fait tout de m\u00eame du monde\u00a0!<\/p>\n<p>Et vous allez voir que je vous berlue pas avec quelques exemples.<\/p>\n<h3><strong>La loi de l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>offre et de la demande<\/strong><\/h3>\n<p>Nous commen\u00e7ons par la loi de l\u2019offre et de la demande car il est essentiel de bien comprendre ce qu\u2019elle raconte chaque fois que l\u2019on veut comprendre quelque chose en \u00e9conomie. Le terme de \u00ab\u00a0loi\u00a0\u00bb est certainement excessif, puisqu\u2019il existe de nombreux cas o\u00f9 elle ne fonctionne pas comme pr\u00e9vu par le mod\u00e8le standard, mais nous restons tributaires de la terminologie existante.<\/p>\n<p>Cette loi, se retrouve fr\u00e9quemment dans les pages de San-Antonio, o\u00f9 elle est m\u00eame d\u00e9sign\u00e9e par B\u00e9rurier sous l\u2019expression de \u00ab loi de Joffre et de l\u2019Allemande \u00bb (<em>Alice au pays des merguez<\/em>). Par exemple, dans <em>L<\/em><em>\u2019<\/em><em>archipel des Malotrus<\/em>, il nous est rappel\u00e9 que tout ce qui est rare est cher\u00a0: \u00ab\u00a0Le bonhomme en question fournit je ne sais quoi de rarissime (donc de co\u00fbteux) \u00e0 la reine Kelbobaba\u00a0\u00bb. Dans <em>Bacchanale chez la m<\/em><em>\u00e8<\/em><em>re Tatzi<\/em>, San-A fait le lien entre le blocage des mines et la hausse des cours du minerai\u00a0: \u00ab\u00a0Les mines de nickel seront en rade et comme la Nouvelle-Cal\u00e9donie produit dix pour cent du nickel mondial, les prix grimperont\u00a0\u00bb. De fa\u00e7on similaire, on constate la m\u00eame relation entre la destruction de chalutiers et l\u2019envol\u00e9e des cours du poisson\u00a0: \u00ab\u00a0La temp\u00eate est lanc\u00e9e. Bien partie. Y aura du chalutier en perdition demain et les cours de la morue vont grimper\u00a0\u00bb (<em>Les Con<\/em>). Enfin, dans <em>Ne soldez pas grand-m<\/em><em>\u00e8<\/em><em>re, elle brosse encore<\/em>, c\u2019est la relation inverse qui est pr\u00e9sent\u00e9e\u00a0: l\u2019abondance d\u2019une denr\u00e9e en fait baisser le prix. En l\u2019occurrence l\u2019assassinat de trois malfrats qui se vident de leur sang sur le parquet d\u2019une d\u00e9nomm\u00e9e Cypria ferait baisser le prix du boudin\u00a0: \u00ab\u00a0Elle va avoir du boulot pour le \u00ab\u00a0ravoir\u00a0\u00bb [<em>son parquet<\/em>], avec la flaque de pourpre qui s\u2019\u00e9largit, la Cypria\u00a0: sept litres de raisin\u00e9 multipli\u00e9 par trois, le boudin risque d\u2019\u00eatre bon march\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3><strong>Les finances publiques\u00a0<\/strong><strong>: d<\/strong><strong>\u00e9ficit et dette<\/strong><\/h3>\n<p>Pr\u00e9cisons de quoi il est question. L\u2019\u00c9tat, comme n\u2019importe quel agent \u00e9conomique, a des recettes et des d\u00e9penses. La diff\u00e9rence entre les deux donne le solde public. S\u2019il est positif, on parle d\u2019exc\u00e9dent. \u00c0 l\u2019inverse, un solde n\u00e9gatif est un d\u00e9ficit. On parle alors de d\u00e9ficit public qui, sauf mention contraire, fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019agr\u00e9gation des comptes de l\u2019\u00c9tat central (minist\u00e8res), de la s\u00e9curit\u00e9 sociale (sant\u00e9, vieillesse\u2026) et des collectivit\u00e9s locales (communes, d\u00e9partements, r\u00e9gions\u2026).<\/p>\n<p>La France, depuis 1975, n\u2019a plus connu aucun budget exc\u00e9dentaire. \u00c0 part dans les ann\u00e9es 1960, une d\u00e9cennie au cours de laquelle le budget a presque toujours \u00e9t\u00e9 exc\u00e9dentaire, les ann\u00e9es 1950 \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9es par des d\u00e9ficits r\u00e9currents. Ce qui fait dire \u00e0 San-A dans <em>Deuil express<\/em>, paru en 1954\u00a0: \u00ab\u00a0Mon petit doigt, qui la ram\u00e8ne toujours dans certaines circonstances, me dit que j\u2019ai fait une boulette grosse comme le d\u00e9ficit du budget, en enlevant cette petite peau\u00a0\u00bb. Dans <em>La rate au court-bouillon <\/em>on lit\u00a0: \u00ab\u00a0Son \u00e9tole de zibeline aurait suffi \u00e0 couvrir le d\u00e9ficit du budget\u00a0\u00bb, ce qui semble inappropri\u00e9 puisque ce livre est paru en 1965, ann\u00e9e d\u2019exc\u00e9dent public (\u00e0 moins que par \u00ab\u00a0d\u00e9ficit du budget\u00a0\u00bb San-A ne fasse pas r\u00e9f\u00e9rence au budget de l\u2019\u00c9tat, ce qui parait peu probable).<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 recettes, l\u2019\u00c9tat collecte des imp\u00f4ts, au premier rang desquels la TVA. Par contre, la taille comme la gabelle ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s depuis la chute de l\u2019Ancien r\u00e9gime, ce qui n\u2019emp\u00eache pas San-A de jouer avec les mots\u00a0: \u00ab\u00a0Ma main enserre sa taille et sa gabelle\u00a0\u00bb (<em>Si maman me voyait<\/em>). Le premier \u00e9tait un imp\u00f4t pay\u00e9 par le chef de famille, g\u00e9n\u00e9ralement proportionnel \u00e0 ses biens, le terme de \u00ab\u00a0taille\u00a0\u00bb provenant d\u2019un b\u00e2ton que l\u2019on taillait pour tenir la comptabilit\u00e9. Le second \u00e9tait un imp\u00f4t sur le sel, aliment qui faisait l\u2019objet d\u2019un monopole royal et qui \u00e9tait indispensable \u00e0 la conservation des viandes avant l\u2019invention du r\u00e9frig\u00e9rateur. Une consommation minimale de sel a souvent \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e \u00e0 la population pour s\u2019assurer de faire renter la gabelle dans les caisses. Les nobles et le clerg\u00e9 passaient entre les mailles de la plupart de ces imp\u00f4ts, ce qui fut une des raisons de la R\u00e9volution.<\/p>\n<p>En plus des imp\u00f4ts, qui repr\u00e9sentent les principales recettes, l\u2019\u00c9tat per\u00e7oit des revenus sur son patrimoine (dividendes d\u2019entreprises publiques), sur les jeux d\u2019argent ou les amendes par exemple. C\u00f4t\u00e9 d\u00e9penses, le paiement du salaire des fonctionnaires est le principal poste. Parmi les diff\u00e9rentes missions de l\u2019\u00c9tat, l\u2019\u00e9ducation est celle qui repr\u00e9sente le montant le plus \u00e9lev\u00e9. Ce qui fait dire \u00e0 San-A\u00a0: \u00ab\u00a0Chez les B\u00e9ru, le d\u00e9partement \u00ab\u00a0beurre\u00a0\u00bb gr\u00e8ve davantage leur budget que celui de l\u2019\u00c9ducation Nationale pour la France\u00a0\u00bb (<em>J<\/em><em>\u2019<\/em><em>ai essay\u00e9\u00a0: on peut\u00a0<\/em><em>!<\/em>).<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la dette publique, elle doit \u00eatre souscrite par des \u00e9pargnants ce qui, traduit en langage courant, signifie que des gens doivent pr\u00eater des sous \u00e0 l\u2019\u00c9tat. Quand ce n\u2019est pas le cas, que plus personne ne souhaite pr\u00eater \u00e0 l\u2019\u00c9tat car chacun doute de sa capacit\u00e9 \u00e0 rembourser les sommes emprunt\u00e9es, la situation d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en d\u00e9faut souverain. En clair, l\u2019\u00c9tat fait faillite, comme cela s\u2019est produit en Gr\u00e8ce en 2011-2012.<\/p>\n<p>Pour s\u2019endetter, l\u2019\u00c9tat \u00e9met des obligations, c\u2019est-\u00e0-dire des titres de dette. Les obligations publiques sont g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9sign\u00e9es par leur petit nom\u00a0: les bons du tr\u00e9sor. Il n\u2019est fallait pas plus \u00e0 San-Antonio pour se permettre un jeu de mots facile\u00a0: \u00ab\u00a0Je me dresse d\u2019un bond (du tr\u00e9sor, qui en fait tant et tant, le pauvre)\u00a0\u00bb (<em>Vol au-dessus d<\/em><em>\u2019<\/em><em>un lit de cocu<\/em>).<\/p>\n<p>Les bons du tr\u00e9sor feraient des bonds\u00a0? Voil\u00e0 qui semble \u00e9trange. \u00c0 mon avis, San-A fait ici r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la variation du prix des bons du tr\u00e9sor, qui fluctue sur un march\u00e9 comme n\u2019importe quel titre financier. En g\u00e9n\u00e9ral, quand un titre financier quel qu\u2019il soit fait des bonds, ce n\u2019est pas bon signe. Les valeurs jug\u00e9es s\u00fbres sont g\u00e9n\u00e9ralement stables, et ce sont celles qui sont incertaines qui fluctuent. San-A semble donc pointer l\u2019incertitude entourant la dette publique fran\u00e7aise quand elle dit qu\u2019elle fait des bonds. Pourtant, la citation extraite de <em>Vol au-dessus d<\/em><em>\u2019<\/em><em>un lit de cocu<\/em> date de 1978, une p\u00e9riode o\u00f9 la dette publique \u00e9tait pratiquement \u00e0 son plus bas historique. Notre cher commissaire se montre donc une fois de plus exag\u00e9r\u00e9ment sarcastique envers la sant\u00e9 des finances publiques.<\/p>\n<p>San-Antonio se montre une nouvelle fois grin\u00e7ant envers la situation des finances publiques fran\u00e7aises dans <em>Certaines l<\/em><em>\u2019<\/em><em>aiment chauve<\/em> quand il \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0On me prend pour un Fran\u00e7ais, quoi, \u00e0 qui on est toujours oblig\u00e9 d\u2019aider \u00e0 gagner ses guerres et de renflouer ses caisses vides\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans cette citation, il est probable que San-A fasse militairement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Seconde guerre mondiale. Pour ce qui est de renflouer les caisses vides, il est moins \u00e9vident de trouver la r\u00e9f\u00e9rence, car il ne me vient pas \u00e0 l\u2019esprit d\u2019\u00e9pisode o\u00f9 des pays \u00e9trangers sont venus \u00e0 la rescousse des finances publiques. \u00c0 mon avis, il fait plut\u00f4t r\u00e9f\u00e9rence au plan Marshall.<\/p>\n<p>Alors, San-Antonio semble viser un peu \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la cible lorsqu\u2019il dit que les Fran\u00e7ais attendent des \u00e9trangers (surtout am\u00e9ricains) qu\u2019ils renflouent nos caisses vides. Car ce n\u2019est pas tant d\u2019argent qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 question apr\u00e8s la guerre, que de la fa\u00e7on dont on reconstruisait notre \u00e9conomie. Et en parlant de politiques \u00e9conomiques, voyons ce que B\u00e9rurier pense de la question\u2026<\/p>\n<h3><strong>Les imp\u00f4ts<\/strong><\/h3>\n<p>Ah, les imp\u00f4ts\u00a0! \u00c9ternel sujet de discussion, pour ne pas dire de contestation. Fr\u00e9d\u00e9ric Dard ne fait pas exception \u00e0 la r\u00e8gle et parle \u00e0 plusieurs reprises de fiscalit\u00e9 dans ses livres, lui qui \u00e9tait parti mettre ses sous \u00e0 l\u2019abri en Suisse, quand le fisc fran\u00e7ais avait commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019int\u00e9resser de trop pr\u00e8s \u00e0 ses droits d\u2019auteur. Par exemple, Fr\u00e9d\u00e9ric Dard \u00e9crit dans <em>Les pens\u00e9<\/em><em>es de San-Antonio<\/em> \u00ab\u00a0C&rsquo;est au moment de payer ses imp\u00f4ts qu&rsquo;on s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;on n&rsquo;a pas les moyens de s&rsquo;offrir l&rsquo;argent que l&rsquo;on gagne\u00a0\u00bb. Dans <em>Les Con<\/em>, on trouve ce dialogue en forme de r\u00e9flexion sur la richesse et la fiscalit\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; De plus, sa fortune est colossale, assure Chemolle, songez qu\u2019il a pay\u00e9 cette ann\u00e9e plus d\u2019un million de dollars d\u2019imp\u00f4ts.<\/p>\n<p>&#8211; Fichtre, lanc\u00e9-je comme dans un livre de Maupassant. Curieux temps o\u00f9 la fortune ne se jauge pas \u00e0 l\u2019argent qu\u2019on gagne, mais \u00e0 celui qu\u2019on rend\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Puisque l\u2019imp\u00f4t est une des choses les moins populaires pour un gouvernement, San-Antonio nous fait part de ses r\u00e9flexions pour rendre la fiscalit\u00e9 moins visible. Selon lui, le gouvernement serait avis\u00e9 d\u2019utiliser les \u00e9v\u00e8nements sportifs comme le Tour de France qui accaparent l\u2019attention du public pour alourdir l\u2019imp\u00f4t\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est la grande liesse populaire ; le grand moment de l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 le gouvernement peut voter des imp\u00f4ts nouveaux sans craindre les r\u00e9actions des contribuables\u00a0\u00bb (<em>Vas-y, B\u00e9ru\u00a0<\/em><em>!<\/em>).<\/p>\n<p>Les imp\u00f4ts, s\u2019ils permettent d\u2019\u00e9quilibrer le budget et de financer les services publics, peuvent \u00e9galement devenir un outil de politique \u00e9conomique. B\u00e9rurier nous donne par exemple une petite le\u00e7on de politique budg\u00e9taire au cours d\u2019une campagne \u00e9lectorale : \u00ab Je vais vous causer maintenant des commer\u00e7ants. Pour eux, c\u2019est bien simple : plus d\u2019imp\u00f4ts ! Le gouvernement nous chambre avec la baisse des prix, et c\u2019est lui qui augmente les imp\u00f4ts, faudrait savoir ! Si je supprime l\u2019imp\u00f4t, les prix baissent, c\u2019est recta ! et si les prix baissent, le commerce marche mieux. Donc on se farcit une \u00e9poque d\u2019abondance vite fait sur le gaz ! \u00bb (<em>Votez B\u00e9rurier<\/em>).<\/p>\n<p>Creuser le d\u00e9ficit \u00e0 court terme peut, dans certains cas, permettre de le r\u00e9duire \u00e0 moyen terme. C\u2019est particuli\u00e8rement vrai en temps de crise, car si la crise se prolonge, les finances publiques seront durablement impact\u00e9es. \u00c0 l\u2019inverse, si une relance budg\u00e9taire permet de relancer durablement la croissance, les finances publiques s\u2019am\u00e9lioreront. San-A tourne autour d\u2019une id\u00e9e similaire quand il dit\u00a0: \u00ab\u00a0Comme disait un gars de la S.N.C.F. qui \u00e9tait tr\u00e8s \u00e9conome, et par cons\u00e9quent pas riche du tout\u00a0\u00bb (<em>Z\u00e9ro pour la question<\/em>). L\u2019id\u00e9e est que d\u00e9penser, par exemple pour investir ou se tirer d\u2019une mauvaise passe, peut s\u2019av\u00e9rer \u00eatre le meilleur moyen pour augmenter ses ressources dans le futur. Ceci peut \u00eatre vrai aussi bien pour un individu que pour un \u00c9tat.<\/p>\n<h3><strong>La finance<\/strong><\/h3>\n<p>Parmi tous les sujets touchant de pr\u00e8s ou de loin \u00e0 l\u2019\u00e9conomie, celui auquel San-Antonio fait le plus souvent r\u00e9f\u00e9rence est incontestablement la finance. Le monde de la finance n\u2019a pas vraiment bonne presse, en France comme \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. En fait, elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s populaire, et la crise dite des \u00ab\u00a0subprimes\u00a0\u00bb de 2008-2009, qui a r\u00e9sult\u00e9 d\u2019un exc\u00e8s de pr\u00eats bancaires, n\u2019a rien arrang\u00e9.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9fiance vis-\u00e0-vis de la finance, San-A s\u2019en fait l\u2019\u00e9cho \u00e0 plusieurs reprises. Par exemple dans <em>En peignant la girafe<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Nous autres, gens de cirque, on gagne du pognon, mais on n\u2019a pas confiance dans les banques, vous le savez\u00a0\u00bb. Cette maigre confiance dans les banques, parce qu\u2019elles peuvent \u00eatre amen\u00e9es \u00e0 faire faillite, ou parce que les banquiers peuvent se soucier plus de leurs int\u00e9r\u00eats que de ceux de leurs clients, on la retrouve dans <em>Le standing<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Le p\u00e8re est dans les banques, mais honn\u00eate n\u00e9anmoins\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019histoire est remplie de v\u00e9n\u00e9rables institutions qui, attir\u00e9es par l\u2019app\u00e2t du gain, ont pris des risques inconsid\u00e9r\u00e9s et se sont retrouv\u00e9es la t\u00eate sous l\u2019eau. On peut penser \u00e0 Lehman Brothers, dont la faillite retentissante le 15 septembre 2008 a marqu\u00e9 l\u2019apog\u00e9e de la crise des subprimes. Ou encore la Lloyd\u2019s, c\u00e9l\u00e8bre assureur britannique depuis le XVIIe si\u00e8cle, qui s\u2019est retrouv\u00e9 au bord du gouffre dans les ann\u00e9es 1990 pour s\u2019\u00eatre trop longtemps crue invincible. En 1960, dans <em>Du sirop pour les gu\u00eapes<\/em>, San-A vantait les m\u00e9rites du l\u00e9gendaire assureur\u00a0: \u00ab\u00a0Les pectoraux en bandouli\u00e8re, la d\u00e9marche assur\u00e9e par la Lloyd, je marche sur le sable br\u00fblant dont les paillettes scintillent\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans une soci\u00e9t\u00e9, il existe des gens qui ont des sous mais pas de projet, et d\u2019autres qui ont des projets mais pas de sous. La logique veut donc que, par un moyen ou un autre, les sous de ceux qui ne savent pas comment les utiliser financent les projets des entrepreneurs d\u00e9sargent\u00e9s. Et bien la finance, \u00e7a sert \u00e0 \u00e7a, ni plus ni moins. C\u2019est un ensemble d\u2019institutions, de techniques et de contrats qui permettent de faire transiter des fonds d\u2019un agent \u00e9conomique (particulier, entreprise, \u00c9tat\u2026) \u00e0 un autre. Ce transfert de fonds se fait principalement par deux canaux\u00a0: la dette, et l\u2019investissement en capitaux propres, c\u2019est-\u00e0-dire en actions. Dans <em>Valsez, pouffiasses !<\/em>, San-A nous pr\u00e9sente (par l\u2019interm\u00e9diaire de B\u00e9rurier) les deux principaux canaux de financement dont dispose une entreprise\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; J\u2019ai mis mes \u00e9conocroques en cale s\u00e8che, av\u2019c ces transfos, grand. J\u2019veuille bien qu\u2019y faut s\u2019mer pour r\u00e9colter, s\u2019lement j\u2019peux pas m\u2019endetter d\u2019trop. J\u2019ai essay\u00e9 d\u2019en causer \u00e0 ma banque, c\u2019matin, mais y veulent pas s\u2019mouiller, ces veaux, sous pr\u00e9tesque s\u2019lon eux, qu\u2019\u00e7a frise la prostitution, mon institu ! D\u2019nos jours, pas \u00e9tonnant si les affaires p\u00e9clotent. Les financiers entravent rien \u00e0 rien. \u00bb<\/p>\n<p>&#8211; Et Pinuche ? sugg\u00e9r\u00e9-je. Il ne peut pas t\u2019aider ?<\/p>\n<p>Le mammouth reste sans voix.<\/p>\n<p>&#8211; T\u2019sais qu\u2019j\u2019y avais pas pens\u00e9 ! J\u2019arrive pas \u00e0 m\u2019faire \u00e0 \u2018id\u00e9e qu\u2019il est riche comme Mathusalem, C\u00e9sar. Tu parles qu\u2019il s\u2019ra partant ! J\u2019l\u2019nommerai administrateur et y frim\u2019ra comme une boiss\u00e9e d\u2019morbacs !\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans cet extrait, B\u00e9ru veut cr\u00e9er un institut d\u2019\u00e9ducation sexuelle. Il investit ses propres \u00e9conomies mais, comme \u00e7a ne suffit pas, va voir sa banque. Mais celle-ci est frileuse, jugeant que l\u2019activit\u00e9 de l\u2019entreprise risque d\u2019\u00eatre apparent\u00e9e \u00e0 de la prostitution, donc que des probl\u00e8mes juridiques la conduisent \u00e0 la faillite. Puisque la banque est r\u00e9ticente, San-Antonio propose \u00e0 B\u00e9rurier de faire appel \u00e0 l\u2019\u00e9pargne de leur riche ami Pinuche. Celui-ci pourrait investir dans l\u2019entreprise, non pas en lui pr\u00eatant de l\u2019argent mais en y prenant des parts, c\u2019est-\u00e0-dire en achetant des actions (d\u2019o\u00f9 le fait que Pinuche soit nomm\u00e9 administrateur). L\u2019appel \u00e0 l\u2019\u00e9pargne des copains lorsqu\u2019on a un projet entrepreneurial est tr\u00e8s courant, il a m\u00eame un nom tr\u00e8s amerloque comme tout ce qui a trait \u00e0 la finance\u00a0: le \u00ab\u00a0love money\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais les banquiers sont aussi r\u00e9put\u00e9s pour ne pr\u00eater qu\u2019\u00e0 ceux qui ont d\u00e9j\u00e0 des finances solides, c\u2019est-\u00e0-dire les riches. San-A l\u2019a bien compris\u00a0: \u00ab\u00a0On ne pr\u00eat qu\u2019aux riches, h\u00e9las. C\u2019est en tout cas plus prudent\u00a0\u00bb. B\u00e9rurier, s\u2019il a bien connaissance de l\u2019adage n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 le remettre en cause\u00a0: \u00ab\u00a0On n\u2019pr\u00eat\u2019 qu\u2019aux riches et on a tort. Si on pr\u00eat\u2019rait un peu aux pauvres, on aurait des surprises\u00a0\u00bb (<em>Si queue d\u2019\u00e2ne m\u2019\u00e9tait cont\u00e9, la vie sexuelle de B\u00e9rurier<\/em>).<\/p>\n<p>Cet extrait, datant de 1976, a des accents pr\u00e9monitoires. En effet, en 1983, Muhammad Yunus cr\u00e9e au Bangladesh la Grameen Bank (\u00ab\u00a0banque des villages\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais), une initiative qui lui vaudra le prix Nobel de la paix en 2006. Cette banque a une particularit\u00e9\u00a0: elle pr\u00eate de petites sommes aux pauvres, ce qu\u2019on appelle le micro-cr\u00e9dit. Et, comme le pr\u00e9voyait B\u00e9rurier, la surprise du micro-cr\u00e9dit a \u00e9t\u00e9 de constater des taux de remboursement \u00e9tonnamment \u00e9lev\u00e9s (les chiffres entourant le micro-cr\u00e9dit font l\u2019objet d\u2019un d\u00e9bat que je laisse de c\u00f4t\u00e9).<\/p>\n<h3><strong>Le ch\u00f4mage<\/strong><\/h3>\n<p>Le principal probl\u00e8me du ch\u00f4mage, bien entendu, est que les personnes concern\u00e9es subissent une baisse de revenu, surtout lorsqu\u2019ils arrivent en fin de droits. San-A s\u2019en fait r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019\u00e9cho. Par exemple dans <em>Tout le plaisir est pour moi<\/em><strong>\u00a0<\/strong>: \u00ab\u00a0Un sourire mince comme les revenus d\u2019un ch\u00f4meur\u00a0\u00bb, ou dans <em>L\u00e2che-le, il tiendra tout seul<\/em><strong>\u00a0<\/strong>: \u00ab\u00a0Tu peux t\u00e9moigner qu\u2019l\u2019braque \u00e0 B\u00e9ru, c\u2019est pas un ch\u00f4meur en fin d\u2019droits. L\u2019en a visit\u00e9 des craquettes, Messire Monpaf\u00a0!\u00a0\u00bb. De plus, les ch\u00f4meurs perdent les contacts sociaux et la place dans la soci\u00e9t\u00e9 que conf\u00e8re le travail, ajoutant des probl\u00e8mes psychologiques aux soucis financiers. En France, le nombre de ch\u00f4meurs a sensiblement augment\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980, et connait depuis des hauts et des bas. En 1985, B\u00e9rurier blaguait dans <em>D\u00e9gustez, gourmandes<\/em>\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 V\u2019savez-t-il pourquoi tous les coiffeurs belges viennent de d\u00e9barquer en France\u00a0?<\/p>\n<p>Un temps, il [<em>B\u00e9ru<\/em>] parcourt l\u2019assistance de son regard radieux, couleur de rubis.<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est parce qu\u2019ils ont appris que la France va bient\u00f4t friser les trois millions de ch\u00f4meurs !\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Bon, B\u00e9ru se montre un peu pessimiste, car selon les donn\u00e9es de l\u2019Insee, il n\u2019y avait \u00ab\u00a0que\u00a0\u00bb deux millions de ch\u00f4meurs en France en 1985. Peut-\u00eatre qu\u2019il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des donn\u00e9es de P\u00f4le emploi, dont on a vu qu\u2019elles pouvaient diff\u00e9rer de la d\u00e9finition retenue par l\u2019Insee\u00a0?<\/p>\n<p>Tr\u00e8s bien, mais alors, comment faire baisser le ch\u00f4mage\u00a0? Vaste question, \u00e0 laquelle il est difficile de r\u00e9pondre, mais on peut n\u00e9anmoins d\u00e9celer quelques fausses solutions. Par exemple, un bouc-\u00e9missaire \u00e9ternel est l\u2019\u00e9tranger. Or, il est bien difficile de trouver des pays pr\u00e9sentant un lien entre immigration et taux de ch\u00f4mage. San-Antonio fait plusieurs r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019immigration sur le march\u00e9 du travail. Pas forc\u00e9ment pour faire le lien avec le ch\u00f4mage, mais plut\u00f4t pour signifier que, quand une activit\u00e9 n\u00e9cessite beaucoup de main d\u2019\u0153uvre, les travailleurs locaux peuvent ne pas suffire\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai une culture tellement vaste que j\u2019envisage de faire appel \u00e0 la main d\u2019\u0153uvre \u00e9trang\u00e8re pour la r\u00e9colte\u00a0\u00bb (<em>B\u00e9ru contre San-Antonio<\/em>), ou encore dans <em>\u00c7a baigne dans le b\u00e9ton<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0En le voyant, je me suis rappel\u00e9 l\u2019histoire de ce gyn\u00e9cologue qui avait fait fortune sur le tard parce qu\u2019il avait contract\u00e9 la maladie de Parkinson. Il sucrait violement, au point qu\u2019il devait engager de la main-d\u2019\u0153uvre \u00e9trang\u00e8re pour aller faire pipi, pour pas que sa miction d\u00e9g\u00e9n\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : San-Antonio &#8211; Fr\u00e9d\u00e9ric Dard &#8211; \u00c9conomie<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> <a href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=6794\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">https:\/\/variances.eu\/?p=6794<\/span><\/span><\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> <a href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=7963\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">https:\/\/variances.eu\/?p=7963<\/span><\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un petit mot du comit\u00e9 \u00e9ditorial. Cet article pr\u00e9sente des extraits du livre de Sylvain Bersinger, \u00ab\u00a0Apprenons l\u2019\u00e9conomie avec San-Antonio\u00a0\u00bb, publi\u00e9 en 2021 aux \u00e9ditions Marie B. Comme son nom l\u2019indique, l\u2019ouvrage se propose de pr\u00e9senter les principaux m\u00e9canismes \u00e9conomiques au grand public en prenant exclusivement pour point de d\u00e9part des citations extraites de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":418,"featured_media":8430,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[169],"tags":[],"class_list":["post-8427","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-enseignement-de-leconomie","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8427","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/418"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8427"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8427\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8463,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8427\/revisions\/8463"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8430"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8427"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8427"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8427"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}