{"id":8376,"date":"2024-11-18T07:10:19","date_gmt":"2024-11-18T06:10:19","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=8376"},"modified":"2024-11-18T07:19:54","modified_gmt":"2024-11-18T06:19:54","slug":"epargne-billet-1-2-regard-historique-sur-le-comportement-des-menages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=8376","title":{"rendered":"\u00c9pargne (billet 1\/2) : regard historique sur le comportement des m\u00e9nages"},"content":{"rendered":"<p><em>Cet article a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 sur le blog <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.caissedesdepots.fr\/blog\/article\/epargne-regard-historique-sur-le-comportement-des-menages\">Regard(s) d\u2019expert(s) de la Caisse des D\u00e9p\u00f4ts, le 4 novembre 2024<\/a><\/span><\/span>.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><em>\u00c0 l\u2019occasion des 80 ans de l\u2019\u00e9pargne r\u00e9glement\u00e9e, nous vous proposons deux articles relatifs \u00e0 l\u2019\u00e9pargne\u00a0: le premier, pr\u00e9sente ici les principaux d\u00e9terminants de l\u2019\u00e9pargne des m\u00e9nages avec un regard historique, le second, publi\u00e9 prochainement, analyse la persistance d\u2019un taux d\u2019\u00e9pargne \u00e9lev\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es, au regard de la moyenne historique ou du niveau qui devrait pr\u00e9valoir au regard des d\u00e9terminants historiques. <\/em><\/p>\n<h3><strong>Regard historique\u00a0: un comportement de consommation et d\u2019\u00e9pargne tr\u00e8s variable dans le temps<\/strong><\/h3>\n<p>L\u2019\u00e9pargne des m\u00e9nages est la part de leur revenu disponible (revenus du travail, du capital, prestations sociales re\u00e7ues, le tout net des imp\u00f4ts vers\u00e9s) qui n\u2019est pas utilis\u00e9e en d\u00e9pense de consommation (pour rappel, l\u2019investissement immobilier ne correspond pas \u00e0 des d\u00e9penses de consommation). L\u2019\u00e9pargne est donc un flux, au m\u00eame titre que la consommation, le taux d\u2019\u00e9pargne est relatif \u00e0 ce flux. Les placements financiers, m\u00eame ceux non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s (liquidit\u00e9s, compte courant) et les remboursements de cr\u00e9dit sont des vecteurs de l\u2019\u00e9pargne (cf. bilan de l\u2019ann\u00e9e 2023 dans le billet\u00a0: \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.caissedesdepots.fr\/blog\/article\/epargne-des-menages-placements-financiers-de-nouveaux-equilibre\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">\u00c9pargne des m\u00e9nages, placements financiers : de nouveaux \u00e9quilibres en 2023, avant de nouvelles tendances \u00e0 moyen terme<\/span><\/span>\u00a0<\/a>\u00bb, f\u00e9vrier 2024). Le stock d\u2019\u00e9pargne est la somme de l\u2019\u00e9pargne pass\u00e9e\u00a0: il constitue le patrimoine des m\u00e9nages.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique <\/strong><strong>1<\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_8378\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-8378\" class=\"wp-image-8378 size-full\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Graphique-1.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Graphique-1.jpg 640w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Graphique-1-300x158.jpg 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Graphique-1-600x316.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><p id=\"caption-attachment-8378\" class=\"wp-caption-text\">Taux d\u2019\u00e9pargne des m\u00e9nages (en % du revenu disponible brut)<\/p><\/div>\n<p>On note plusieurs tendances\u00a0historiques relatives au taux d\u2019\u00e9pargne\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Entre 1950 et 1975, le taux d\u2019\u00e9pargne des m\u00e9nages a augment\u00e9, passant de 14\u00a0% du revenu disponible brut des m\u00e9nages (RDB) \u00e0 pr\u00e8s de 22\u00a0% en 1975. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1970, le taux d\u2019\u00e9pargne recule, sous l\u2019effet de la baisse du revenu r\u00e9el en p\u00e9riode de forte inflation, les m\u00e9nages puisant dans leur \u00e9pargne pour maintenir leur niveau de consommation.<\/li>\n<li>La deuxi\u00e8me partie des ann\u00e9es 1980 est marqu\u00e9e par une chute du taux d\u2019\u00e9pargne, qui passe de 18\u00a0% du RDB en 1980 \u00e0 11\u00a0% en 1987\u20131988. Cette baisse s\u2019expliquerait par le mouvement de d\u00e9sinflation qui a augment\u00e9 la richesse r\u00e9elle des m\u00e9nages mais \u00e9galement par la baisse de la croissance du revenu et par la lib\u00e9ralisation financi\u00e8re, l\u2019acc\u00e8s facilit\u00e9 au cr\u00e9dit entra\u00eenant une hausse des d\u00e9penses, notamment pour l\u2019achat de biens durables.<\/li>\n<li>Le taux d\u2019\u00e9pargne progresse au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 et \u00e9volue ensuite jusqu\u2019en 2019 autour de 14,5\u00a0%, avec des fluctuations notamment li\u00e9es au cycle \u00e9conomique (baisse dans les ann\u00e9es 2000 riches en croissance, hausse durant la crise financi\u00e8re de 2009).<\/li>\n<li><strong>La crise du Covid entraine une remont\u00e9e spectaculaire du taux d\u2019\u00e9pargne<\/strong>, qui s\u2019\u00e9tablit \u00e0 26\u00a0% au 2<sup>e<\/sup>trimestre 2020 (21 % en moyenne en 2020), en raison principalement de la baisse forc\u00e9e de la consommation.<\/li>\n<li>Le taux d\u2019\u00e9pargne des m\u00e9nages fran\u00e7ais reflue ensuite mais demeure \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9\u00a0; il s\u2019\u00e9tablissait en 2023 \u00e0 17\u00a0% du RDB (<strong>Graphique 1<\/strong>).<\/li>\n<\/ul>\n<h3><strong>Les d\u00e9terminants classiques de l\u2019\u00e9pargne dans la th\u00e9orie \u00e9conomique<\/strong><\/h3>\n<p>L\u2019\u00e9volution du taux d\u2019\u00e9pargne d\u00e9coule directement de l\u2019\u00e9volution de la consommation relativement \u00e0 celle du pouvoir d\u2019achat (revenu disponible brut d\u00e9flat\u00e9 des prix \u00e0 la consommation, <strong>Graphique 2<\/strong>).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>Graphique <\/strong><strong>2<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8380\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Image2.png\" alt=\"\" width=\"635\" height=\"413\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Image2.png 635w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Image2-300x195.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Image2-600x390.png 600w\" sizes=\"(max-width: 635px) 100vw, 635px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Dans la th\u00e9orie \u00e9conomique dite \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb, les d\u00e9cisions d\u2019\u00e9pargne d\u00e9pendent du niveau des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat\u00a0: s\u2019ils sont \u00e9lev\u00e9s, les individus vont diff\u00e9rer leurs d\u00e9penses de consommation afin de profiter des rendements \u00e9lev\u00e9s de l\u2019\u00e9pargne.<\/li>\n<li>Dans la th\u00e9orie \u00e9conomique dite \u00ab\u00a0keyn\u00e9sienne\u00a0\u00bb, l\u2019\u00e9pargne est un r\u00e9sidu (reliquat) de la consommation, dont le niveau d\u00e9pend du niveau de revenu. Cependant, la propension marginale \u00e0 consommer (fraction du revenu suppl\u00e9mentaire consacr\u00e9e \u00e0 un suppl\u00e9ment de consommation) est une fonction d\u00e9croissante du revenu. Cette vision keyn\u00e9sienne a \u00e9t\u00e9 contredite et enrichie au cours des d\u00e9cennies suivant son \u00e9nonciation, avec notamment la th\u00e9orie du revenu permanent de Friedman (le niveau de consommation d\u00e9pend du revenu permanent, et non du revenu courant) et la th\u00e9orie du cycle de vie de Modigliani (le niveau de consommation des individus reste stable alors que leur revenu ne l\u2019est pas).<\/li>\n<\/ul>\n<h3><strong>Mod\u00e9lisation macro \u00e9conom\u00e9trique de la consommation des m\u00e9nages<\/strong><\/h3>\n<p>La mod\u00e9lisation \u00e9conom\u00e9trique pr\u00e9sent\u00e9e est la mise en \u00e9quation du comportement de consommation, corollairement au comportement d\u2019\u00e9pargne des m\u00e9nages. L\u2019\u00e9conom\u00e9trie permet de d\u00e9gager les grandes relations historiques moyennes entre la consommation (donc l\u2019\u00e9pargne) et des d\u00e9terminants d\u2019influence. Cette mise en \u00e9quation a des limites\u00a0: c\u2019est la consommation\u00a0\u00ab\u00a0globale\u00a0\u00bb qui est concern\u00e9e (pas celle d\u2019un m\u00e9nage moyen), elle ne retient par construction que les effets \u00ab\u00a0moyens\u00a0\u00bb qui sont \u00ab\u00a0statistiquement significatifs\u00a0\u00bb sur tout l\u2019historique (faisant fi des \u00e9v\u00e8nements temporaires) et des d\u00e9terminants chiffrables\u2026 bref, la mod\u00e9lisation devra toujours \u00eatre compl\u00e9t\u00e9e par plusieurs mod\u00e8les d\u2019une part (ex\u00a0: autre vision th\u00e9orique, statistique, historique, voire vision micro\u00e9conomique\u2026), et des \u00e9l\u00e9ments qualitatifs (dire d\u2019expert) d\u2019autre part. Le mod\u00e8le donne une base de r\u00e9flexion, un point de rep\u00e8re comme propos\u00e9 ici\u00a0: l\u2019art de la mod\u00e9lisation n\u2019est pas suffisant en soi pour analyser l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Nous mod\u00e9lisons la consommation des m\u00e9nages dans une \u00e9quation simple \u00e0 correction d\u2019erreur\u00a0: cela permet de mod\u00e9liser de mani\u00e8re conjointe la dynamique de long terme (en niveau) et de court terme (en diff\u00e9rence premi\u00e8re) d\u2019une variable donn\u00e9e. La mod\u00e8le \u00e0 correction d\u2019erreur comporte ainsi deux parties\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>(i) une partie de long terme qui capte la dynamique en niveau de la variable expliqu\u00e9e, ici la consommation des m\u00e9nages en volume. Son coefficient, appel\u00e9 force de rappel, correspond \u00e0 la vitesse \u00e0 laquelle la variable expliqu\u00e9e revient vers sa dynamique de long terme, apr\u00e8s une \u00e9ventuelle d\u00e9viation li\u00e9e \u00e0 un choc de court terme.<\/li>\n<li>(ii) une partie de court terme int\u00e9grant les variables explicatives susceptibles d\u2019entra\u00eener un d\u00e9crochage de la consommation des m\u00e9nages \u00e0 ses d\u00e9terminants de long terme.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La litt\u00e9rature est vaste\u00a0: il existe de nombreuses fonctions de consommation, nous en pr\u00e9sentons une utilis\u00e9e classiquement (elle explique plus de la moiti\u00e9 de l\u2019\u00e9volution de la consommation) et donne une bonne base de premi\u00e8re analyse.<\/p>\n<p>\u00c0 long terme, nous imposons une relation unitaire entre le logarithme de la consommation totale en volume et le logarithme du revenu r\u00e9el (revenu disponible brut des m\u00e9nages d\u00e9flat\u00e9 par les prix \u00e0 la consommation)\u00a0: cela suppose qu\u2019\u00e0 long terme, une hausse de 1\u00a0% du RDB r\u00e9el des m\u00e9nages (pouvoir d\u2019achat) se traduit par une augmentation de 1\u00a0% de leur consommation. Cette relation unitaire revient \u00e0 mod\u00e9liser le taux d\u2019\u00e9pargne et \u00e0 chercher \u00e0 comprendre ce qui serait susceptible d\u2019engendrer des modifications durables dans sa dynamique.<\/p>\n<p>Sur la p\u00e9riode d\u2019estimation (d\u00e9but 1982 \u00e0 fin 2020, estimation r\u00e9alis\u00e9e sur donn\u00e9es d\u00e9finitives), apparaissent apporter une information dite significative en moyenne sur la p\u00e9riode :<\/p>\n<ul>\n<li>\u00e0 long terme, 3 facteurs :<\/li>\n<li>le <strong>taux d\u2019inflation<\/strong>, qui traduit un <strong>effet encaisse r\u00e9elle\u00a0<\/strong>: une hausse de l\u2019inflation r\u00e9duit les encaisses r\u00e9elles des m\u00e9nages. L\u2019inflation incite les m\u00e9nages \u00e0 augmenter leur \u00e9pargne afin de conserver le pouvoir d\u2019achat de leur \u00e9pargne (effet Pigou) et donc \u00e0 r\u00e9duire leur consommation. L\u2019inflation pourrait, au contraire, entrainer une baisse de l\u2019\u00e9pargne par effet de fuite devant la monnaie (\u00e9pargne rendue moins attractive)\u00a0: \u00e9conom\u00e9triquement, l\u2019effet encaisse r\u00e9elle domine, il y a bien une relation positive entre taux d\u2019inflation et taux d\u2019\u00e9pargne.<\/li>\n<li>les <strong>finances publiques<\/strong> via le solde structurel, qui traduit un comportement ricardien des m\u00e9nages\u00a0: lorsque l\u2019Etat s\u2019endette pour effectuer une relance budg\u00e9taire, le d\u00e9ficit budg\u00e9taire se creuse\u00a0; les agents \u00e9conomiques anticipent alors une future hausse des imp\u00f4ts et augmentent, d\u00e8s l\u2019apparition du d\u00e9ficit budg\u00e9taire, leur \u00e9pargne de pr\u00e9caution (et inversement en cas d\u2019am\u00e9lioration des finances publiques).<\/li>\n<li>la <strong>lib\u00e9ralisation financi\u00e8re<\/strong> (voir <em>supra<\/em>)\u00a0: elle est int\u00e9gr\u00e9e dans la mod\u00e9lisation par une variable (\u00a0indicatrice valant 1 sur la p\u00e9riode 1986 &#8211; 1991\u00a0) qui permet de capter l\u2019influence des r\u00e9formes de lib\u00e9ralisation financi\u00e8re sur l\u2019acc\u00e8s des m\u00e9nages au cr\u00e9dit et <em>in fine <\/em>sur leur taux d\u2019\u00e9pargne.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>\u00c0 court terme :<\/li>\n<li>le <strong>taux de ch\u00f4mage<\/strong>, qui capte l\u2019effet \u00ab\u00a0<strong>\u00e9pargne de pr\u00e9caution<\/strong>\u00bb des m\u00e9nages\u00a0: une hausse du taux de ch\u00f4mage incite les m\u00e9nages, anticipant une baisse de leurs revenus futurs, \u00e0 augmenter leur \u00e9pargne de pr\u00e9caution et donc \u00e0 r\u00e9duire leur consommation. Cet effet appara\u00eet de mani\u00e8re claire durant la crise financi\u00e8re de 2009.<\/li>\n<li>les <strong>taux d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9el de long terme <\/strong>(taux long observ\u00e9, nominal, diminu\u00e9 de l\u2019inflation), permettant de prendre en compte deux effets ayant des implications oppos\u00e9es sur la consommation des m\u00e9nages\u00a0: <strong>l\u2019effet de substitution<\/strong> (une hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9els, repr\u00e9sentant une r\u00e9compense de la renonciation \u00e0 la consommation aujourd\u2019hui, incite les m\u00e9nages \u00e0 \u00e9pargner davantage\u00a0; et <strong>l\u2019effet revenu\u00a0<\/strong>: une hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9els enrichit (appauvrit) les m\u00e9nages pr\u00eateurs (emprunteurs) les invitant \u00e0 augmenter (r\u00e9duire) leur consommation. En France, les m\u00e9nages \u00e9tant pr\u00eateurs nets, la hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9els joue positivement sur leurs d\u00e9penses de consommation (n\u00e9gativement sur l\u2019\u00e9pargne)\u00a0;<\/li>\n<li>le <strong>pouvoir d\u2019achat des m\u00e9nages<\/strong> (revenu disponible brut d\u00e9flat\u00e9 par le d\u00e9flateur des prix \u00e0 la consommation)\u00a0;<\/li>\n<li>les diff\u00e9rentes mesures telles que les <strong>primes \u00e0 la casse<\/strong> (milieu des ann\u00e9es 1990, 2009).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Des indicatrices repr\u00e9sentant la <strong>crise Covid<\/strong> sont ajout\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9quation afin de capter l\u2019effet du choc temporaire de la crise sanitaire sur la consommation des m\u00e9nages.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique <\/strong><strong>3<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8382\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Image4.png\" alt=\"\" width=\"727\" height=\"474\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Image4.png 727w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Image4-300x196.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Image4-600x391.png 600w\" sizes=\"(max-width: 727px) 100vw, 727px\" \/><\/p>\n<p>Le graphique des contributions \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la consommation des m\u00e9nages (<strong>Graphique 3<\/strong>) illustre ainsi\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>le pouvoir d\u2019achat (revenu diminu\u00e9 de l\u2019inflation) comme premier d\u00e9terminant de la consommation\u00a0;<\/li>\n<li>la constitution d\u2019une \u00e9pargne de pr\u00e9caution en p\u00e9riode de r\u00e9cession ou de crise comme au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 ou bien lors de la crise financi\u00e8re de 2009\u00a0; le taux de ch\u00f4mage est un facteur qui, \u00e0 revenu inchang\u00e9, pousse \u00e0 r\u00e9duire la consommation\u00a0;<\/li>\n<li>un effet \u00ab\u00a0finances publiques\u00a0\u00bb\u00a0: en p\u00e9riode de d\u00e9gradation des finances publiques (correspondant aux p\u00e9riodes de relance budg\u00e9taire par creusement du d\u00e9ficit), les m\u00e9nages ont eu tendance \u00e0 r\u00e9duire leur consommation. Notons que ne sont pas prises ici en compte les anticipations, par exemple la perception \u00e0 l\u2019\u00e9gard du pouvoir d\u2019achat que d\u00e9livrera le syst\u00e8me de retraite futur, qui peut \u00eatre un d\u00e9terminant de l\u2019\u00e9pargne.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une partie de l\u2019\u00e9volution de la consommation, et donc de l\u2019\u00e9pargne, reste inexpliqu\u00e9e par le mod\u00e8le (contribution de la variable \u00ab\u00a0r\u00e9sidu\u00a0\u00bb). <strong>On atteint ainsi les limites de l\u2019\u00e9conom\u00e9trie qui ne pr\u00e9tend pas tout expliquer et de notre mod\u00e8le, qui ne capte pas toute la variance de la consommation.<\/strong> Parmi les effets non capt\u00e9s par l\u2019\u00e9conom\u00e9trie se trouve notamment les effets de structure du revenu, o\u00f9 se trouvent sans doute les effets du vieillissement d\u00e9mographique, les comportements diff\u00e9renci\u00e9s de consommation entre les cat\u00e9gories de m\u00e9nages, ainsi qu\u2019un effet richesse n\u00e9gatif d\u00fb \u00e0 l\u2019\u00e9rosion du patrimoine r\u00e9el (\u00e9voqu\u00e9s dans le prochain article relatif \u00e0 l\u2019\u00e9pargne).<\/p>\n<h3><strong>L\u2019\u00e9nigme post-Covid\u00a0: une \u00ab\u00a0sur-\u00e9pargne\u00a0\u00bb anomalie qui affaiblit la croissance et l\u00e8se les recettes fiscales<\/strong><\/h3>\n<p>Il ressort de notre mod\u00e9lisation la m\u00eame conclusion que celles de nos confr\u00e8res \u00e9conomistes\u00a0: <strong>le niveau du taux d\u2019\u00e9pargne des m\u00e9nages est anormalement \u00e9lev\u00e9 au regard du lien historique \u00e9pargne-consommation et fondamentaux usuels<\/strong>. La baisse du taux de ch\u00f4mage, le lien historique entre d\u00e9ficit budg\u00e9taire et \u00e9pargne, le niveaux des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, de l\u2019inflation\u2026 auraient d\u00fb, mis ensemble, aboutir \u00e0 un taux d\u2019\u00e9pargne plus faible. Le taux d\u2019\u00e9pargne s\u2019\u00e9tablissait \u00e0 15,1 % du revenu en 2019, il s\u2019\u00e9tablirait, selon l\u2019Insee (<a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/8268502?sommaire=8268529\">lien<\/a>) \u00e0 17,9 % en 2024. Ces 2,8 points suppl\u00e9mentaires d\u2019\u00e9pargne repr\u00e9sentent, pour 2024, 52 Md\u20ac de \u00ab\u00a0manque \u00e0 consommer\u00a0\u00bb,\u00a0soit 1,8 point de PIB. M\u00eame si une partie de ce 1,8 point aurait en partie fuit\u00e9 en cas de d\u00e9penses, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, il reste qu\u2019il y a quand m\u00eame un manque \u00e0 gagner significatif pour l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise et pour les recettes fiscales assises sur la consommation (la fiscalit\u00e9 sur l\u2019\u00e9pargne est majoritairement sur les plus-values, pas sur le stock\u00a0: 100 euros consomm\u00e9s rapportent de la TVA, 100 euros \u00e9pargn\u00e9s ne rapporteront, pour simplifier, que sur les rendements). Dans un prochain billet, nous compl\u00e8terons l\u2019analyse en faisant un focus sur les raisons possibles \u00e0 la persistance de cette sur-\u00e9pargne, plus de quatre ans apr\u00e8s la crise du Covid.<\/p>\n<p>Enfin, notons que le terme \u00ab\u00a0sur-\u00e9pargne\u00a0\u00bb est un terme que nous utilisons en comparant le taux d\u2019\u00e9pargne actuel relativement \u00e0 son niveau historique ou au niveau th\u00e9orique issue de la mod\u00e9lisation auquel il devrait se situer, et non au regard des \u00e9quilibres macro-financiers\u00a0: dans sa globalit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire en int\u00e9grant les entreprises et l\u2019\u00c9tat, l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise a insuffisamment d\u2019\u00e9pargne domestique relativement \u00e0 ses revenus et besoins de financements, au point qu\u2019un financement externe est n\u00e9cessaire (c\u2019est ce que traduit une balance courante d\u00e9ficitaire en France).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : Taux d\u2019\u00e9pargne &#8211; Sur-\u00e9pargne &#8211; \u00c9conom\u00e9trie &#8211; COVID<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 sur le blog Regard(s) d\u2019expert(s) de la Caisse des D\u00e9p\u00f4ts, le 4 novembre 2024. \u00c0 l\u2019occasion des 80 ans de l\u2019\u00e9pargne r\u00e9glement\u00e9e, nous vous proposons deux articles relatifs \u00e0 l\u2019\u00e9pargne\u00a0: le premier, pr\u00e9sente ici les principaux d\u00e9terminants de l\u2019\u00e9pargne des m\u00e9nages avec un regard historique, le second, publi\u00e9 prochainement, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":504,"featured_media":8384,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-8376","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8376","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/504"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8376"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8376\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8383,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8376\/revisions\/8383"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8384"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8376"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8376"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8376"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}