{"id":7980,"date":"2024-12-30T07:20:56","date_gmt":"2024-12-30T06:20:56","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=7980"},"modified":"2024-12-30T08:13:58","modified_gmt":"2024-12-30T07:13:58","slug":"quelles-relations-entre-especes-exotiques-envahissantes-et-biodiversite-en-ile-de-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=7980","title":{"rendered":"Quelles relations entre esp\u00e8ces exotiques envahissantes et biodiversit\u00e9 en \u00cele-de-France ?"},"content":{"rendered":"<p><em>Cet article a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 sur le site de <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.arb-idf.fr\/quelles-relations-entre-especes-exotiques-envahissantes-et-biodiversite-en-ile-de-france\/\">l&rsquo;Agence R\u00e9gionale de la Biodiversit\u00e9, le 4 mars 2024<\/a><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>Les gestionnaires d\u2019espaces naturels publics ou priv\u00e9s sont de plus en plus pr\u00e9occup\u00e9s par les esp\u00e8ces exotiques envahissantes : l\u2019Agence r\u00e9gionale de la biodiversit\u00e9 d\u2019\u00cele-de-France (ARB \u00cedF) est r\u00e9guli\u00e8rement interrog\u00e9e sur les impacts de ces derni\u00e8res et\/ou sur des m\u00e9thodes de lutte. Ces questionnements sont l\u00e9gitimes \u00e0 la lecture d\u2019un rapport r\u00e9cent de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversit\u00e9 et les services \u00e9cosyst\u00e9miques (IPBES 2023).<\/p>\n<p>Cet article r\u00e9pond \u00e0 la question de l\u2019influence des esp\u00e8ces exotiques envahissantes sur la biodiversit\u00e9 francilienne sans focaliser sur une esp\u00e8ce particuli\u00e8re, et sans apporter de solutions techniques universelles, la gestion de ces esp\u00e8ces n\u00e9cessitant toujours une analyse locale.<\/p>\n<div id=\"attachment_7982\" style=\"width: 910px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-7982\" class=\"wp-image-7982\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/frelonpattesjaunes.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"619\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/frelonpattesjaunes.jpg 1535w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/frelonpattesjaunes-300x206.jpg 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/frelonpattesjaunes-1024x704.jpg 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/frelonpattesjaunes-600x412.jpg 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/frelonpattesjaunes-1080x742.jpg 1080w\" sizes=\"(max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><p id=\"caption-attachment-7982\" class=\"wp-caption-text\">Frelon \u00e0 pattes jaunes consommant une figue mure en compagnie d\u2019abeilles domestiques, de mouches lucilies et d\u2019un papillon Vulcain.\u00a0\u00a9 O. Renault<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les pr\u00e9occupations li\u00e9es aux esp\u00e8ces dites \u00ab\u00a0exotiques envahissantes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0invasives\u00a0\u00bb sont relativement r\u00e9centes dans notre histoire. Dans l\u2019antiquit\u00e9, les Romains importaient intentionnellement des v\u00e9g\u00e9taux poussant dans les contr\u00e9es \u00e9loign\u00e9es de leur empire, \u00e0 l\u2019instar des explorateurs du Nouveau Monde qui ont introduit en Europe les plants de pommes de terre, de tomates, de ma\u00efs, de haricots, de fraises ou encore les dindes (que l\u2019on nommait autrefois les poules d\u2019Inde). A partir du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, de nombreuses esp\u00e8ces\/vari\u00e9t\u00e9s de plantes et d\u2019animaux provenant des divers empires coloniaux ont \u00e9t\u00e9 import\u00e9es dans les jardins d\u2019acclimatation europ\u00e9ens, d\u2019abord dans le but de diversifier les cultures alimentaires et m\u00e9dicinales du vieux continent, puis plus tard, \u00e0 titre ornemental. C\u2019est par exemple le cas de la c\u00e9l\u00e8bre Renou\u00e9e du Japon\u00a0<em>Reynoutria japonica<\/em>, qui aurait \u00e9t\u00e9 introduite, cultiv\u00e9e et vendue en Europe par le botaniste et m\u00e9decin Philipp Franz von Siebold au milieu du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, si la plupart de nos anciens jardins d\u2019acclimatation ont \u00e9volu\u00e9 en parcs ou en jardins botaniques, les introductions d\u2019esp\u00e8ces nouvelles en provenance d\u2019autres continents perdurent et s\u2019intensifient du fait de l\u2019augmentation constante de nos \u00e9changes touristiques et commerciaux, ce qui g\u00e9n\u00e8re de nombreuses inqui\u00e9tudes. Ainsi, les esp\u00e8ces exotiques envahissantes ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme la seconde puis comme la cinqui\u00e8me cause d\u2019extinction de la biodiversit\u00e9 dans le monde.<\/p>\n<h3>Qu\u2019est-ce qu\u2019une esp\u00e8ce exotique envahissante, ou invasive ?<\/h3>\n<p>Toutes les esp\u00e8ces introduites ne sont pas forc\u00e9ment envahissantes. Une esp\u00e8ce exotique envahissante se d\u00e9finit comme une esp\u00e8ce exog\u00e8ne (par opposition \u00e0 indig\u00e8ne), et qui vient donc \u00ab d\u2019ailleurs \u00bb ; c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019un secteur biog\u00e9ographique o\u00f9 elle n\u2019est pas naturellement\/historiquement pr\u00e9sente<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [1]<\/span>. On parle aussi d\u2019esp\u00e8ce allochtone, par opposition \u00e0 autochtone. Le rapport de l\u2019IPBES (voir encadr\u00e9 ci-dessus) consid\u00e8re une esp\u00e8ce comme exotique si sa migration est attribu\u00e9e aux activit\u00e9s humaines, ce qui exclut les esp\u00e8ces dont le d\u00e9placement est li\u00e9 au changement climatique.<\/p>\n<p>En \u00cele-de-France, trois plantes sur quatre parmi plus de 2 000 esp\u00e8ces de plantes vasculaires (plantes \u00e0 fleurs, pr\u00eales et foug\u00e8res) spontan\u00e9es sont aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9es comme indig\u00e8nes<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [2]<\/span>. Pour comparaison, les quelques centaines d\u2019esp\u00e8ces de fruits, l\u00e9gumes et c\u00e9r\u00e9ales sont \u00e0 l\u2019origine de plus de 4 000 vari\u00e9t\u00e9s cultiv\u00e9es en \u00cele-de-France [3].<\/p>\n<p>Le terme \u00ab envahissant \u00bb indique qu\u2019elle s\u2019\u00e9tend rapidement en un temps court dans sa nouvelle aire de r\u00e9partition. A tel point que l\u2019on parle parfois de \u00ab prolif\u00e9ration \u00bb, de \u00ab pullulation \u00bb, de \u00ab colonisation anarchique \u00bb voire de \u00ab cancer vert \u00bb. On note la connotation anthropomorphique et toujours n\u00e9gative de ces descriptifs. Le vocable \u00ab invasive \u00bb, synonyme \u00ab d\u2019exotique envahissant \u00bb est un n\u00e9ologisme qui provient de l\u2019anglais invasive. Fait int\u00e9ressant, les dictionnaires fran\u00e7ais circonscrivent le terme \u00ab invasif \u00bb au domaine m\u00e9dical<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [4]<\/span>\u00a0(d\u2019o\u00f9, peut-\u00eatre, l\u2019analogie avec le cancer).<br \/>\nOn lit\/entend r\u00e9guli\u00e8rement que sur 1 000 esp\u00e8ces import\u00e9es sur un nouveau territoire, 100 parviendront dans le milieu naturel, dont 10 s\u2019y naturaliseront, parmi lesquelles une deviendra envahissante. Il s\u2019agit d\u2019une g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 statistique et les auteurs de l\u2019article \u00e0 l\u2019origine de cette assertion reconnaissent que ces chiffres souffrent des exceptions (Williamson et Fitter 1996)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [5]<\/span>.<br \/>\nPr\u00e9cisions \u00e9galement que le seul caract\u00e8re envahissant d\u2019une esp\u00e8ce n\u2019est pas suffisant pour la qualifier d\u2019invasive : d\u2019une part, ce caract\u00e8re ne s\u2019applique qu\u2019\u00e0 certains contextes et donc \u00e0 certaines populations de l\u2019esp\u00e8ce en question. Les conditions locales d\u2019humidit\u00e9, de sol, d\u2019ombrage, la pr\u00e9sence de concurrents ou de pr\u00e9dateurs sp\u00e9cialis\u00e9s, par exemple, jouent un r\u00f4le fondamental dans le succ\u00e8s \u00e9cologique d\u2019une population introduite. L\u2019adjectif invasif s\u2019applique donc mal au rang d\u2019esp\u00e8ce et l\u2019on devrait plut\u00f4t parler de \u00ab population exotique envahissante \u00bb<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [6]<\/span>. D\u2019autre part, nombre d\u2019esp\u00e8ces indig\u00e8nes franciliennes peuvent \u00e9galement pr\u00e9senter un aspect \u00ab prolif\u00e9rant \u00bb, ou \u00e0 tout le moins un d\u00e9veloppement important dans certains milieux ou sous certaines conditions \u00e9cologiques. On peut par exemple citer la Foug\u00e8re aigle ou les ronces en for\u00eat, les orties, le Sureau hi\u00e8ble ou encore la Cl\u00e9matite des haies dans les friches et les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les lentilles d\u2019eau dans les plans d\u2019eau, le Cirse commun ou les patiences (<em>Rumex sp.<\/em>) dans les cultures, etc. Les populations d\u2019\u00e9tourneaux, de vanneaux, de go\u00e9lands ou de campagnols terrestres peuvent \u00e9galement atteindre des effectifs localement importants. Pourtant, ces esp\u00e8ces indig\u00e8nes \u00e0 fort d\u00e9veloppement ne soul\u00e8vent pas autant de questions quant \u00e0 leurs impacts sur la biosph\u00e8re.<\/p>\n<h3>Les impacts des esp\u00e8ces exotiques envahissantes<\/h3>\n<p>Les esp\u00e8ces exotiques envahissantes posent divers probl\u00e8mes pour les humains et les non-humains. Des travaux scientifiques r\u00e9cents estiment leur co\u00fbt pour l\u2019humanit\u00e9 \u00e0 1 208 milliards de dollars sur la p\u00e9riode 1980\u20132019, soit un co\u00fbt similaire \u00e0 ceux engendr\u00e9s par les catastrophes naturelles (1 914 milliards pour les ouragans et 1 139 milliards pour les tremblements de terre). Ce montant, qui augmente de mani\u00e8re plus rapide que celui des catastrophes naturelles, est attribu\u00e9 aux d\u00e9g\u00e2ts directs et indirects caus\u00e9s par ces esp\u00e8ces (Turbelin et al. 2023)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [7]<\/span>.<\/p>\n<p>Parmi les dommages imput\u00e9s aux esp\u00e8ces exotiques envahissantes, les impacts sanitaires figurent parmi les plus saillants.\u00a0On pense aux probl\u00e8mes soulev\u00e9s par le Moustique tigre\u00a0<em>Aedes albopictus<\/em>, d\u2019origine tropicale et vecteur des virus du chikungunya, de la dengue et du zika. Le Ragondin\u00a0<em>Myocastor coypus<\/em>\u00a0et le Rat musqu\u00e9\u00a0<em>Ondatra zibethicus<\/em>\u00a0sont vecteurs de la leptospirose, comme nos rongeurs indig\u00e8nes. La s\u00e8ve de la Berce du Caucase\u00a0<em>Heracleum mantegazzianum<\/em> peut \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de br\u00fblures de la peau plus ou moins graves, \u00e0 l\u2019instar de ses cousines de la famille des apiac\u00e9es (ou ombellif\u00e8res)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [8]<\/span>. Les pollens des ambroisies (l\u2019Ambroisie \u00e0 feuille d\u2019armoise\u00a0<em>Ambrosia artemisiifolia<\/em>,\u00a0l\u2019Ambroisie \u00e0 \u00e9pis lisses\u00a0<em>Ambrosia psilostachya<\/em>\u00a0et l\u2019Ambroisie trifide\u00a0<em>Ambrosia trifida<\/em>) sont responsables d\u2019affections allergiques chez 10 \u00e0 20 % des patients pr\u00e9sentant des sympt\u00f4mes allergiques au pollen dans la population fran\u00e7aise m\u00e9tropolitaine sur la p\u00e9riode d\u2019ao\u00fbt \u00e0 octobre.<\/p>\n<p><strong>Les esp\u00e8ces exotiques envahissantes affectent \u00e9galement nos activit\u00e9s \u00e9conomiques, m\u00eame si les co\u00fbts (et b\u00e9n\u00e9fices) demeurent difficiles \u00e0 estimer.<\/strong> Ces impacts \u00e9conomiques se divisent en co\u00fbts directs et indirects. Ils incluent par exemple la r\u00e9duction des rendements agricoles, sylvicoles, piscicoles et les co\u00fbts sanitaires (co\u00fbts directs), ainsi que les co\u00fbts de contr\u00f4le et de gestion des esp\u00e8ces invasives sur le terrain, les co\u00fbts de restauration des milieux naturels envahis ou encore, de mani\u00e8re plus difficilement quantifiable, les impacts sur les services fournis par les \u00e9cosyst\u00e8mes (co\u00fbts indirects) (UICN France 2015)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [9]<\/span>.<\/p>\n<p>A titre d\u2019exemple de co\u00fbts directs, le Varroa\u00a0<em>Varroa destructor<\/em>\u00a0et le Frelon asiatique\u00a0<em>Vespa velutina<\/em>, respectivement parasite et pr\u00e9dateur de l\u2019Abeille domestique\u00a0<em>Apis mellifera<\/em>, sont largement point\u00e9s du doigt pour expliquer le syndrome d\u2019effondrement des colonies d\u2019abeilles mettant en difficult\u00e9 la fili\u00e8re apicole, se cumulant aux effets de la d\u00e9gradation des habitats et de l\u2019usage des insecticides.<\/p>\n<p>Enfin, les esp\u00e8ces exotiques envahissantes ont un impact sur la biodiversit\u00e9. Elles ont longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme la deuxi\u00e8me cause d\u2019extinction de cette derni\u00e8re dans le monde (voir l\u2019encadr\u00e9 \u00ab une \u00e9cologie des invasions \u00bb)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [10]<\/span> . Depuis le rapport de 2019 portant sur l\u2019\u00e9valuation globale de la biodiversit\u00e9 et des services \u00e9cosyst\u00e9miques de l\u2019IBPES, on les classe aujourd\u2019hui en cinqui\u00e8me et derni\u00e8re position derri\u00e8re le changement d\u2019usage des terres\/mers, la surexploitation, le changement climatique et les pollutions (IPBES 2019)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [11]<\/span>. D\u2019o\u00f9 l\u2019interrogation de certains scientifiques sur la pertinence de classer les causes d\u2019extinction selon leur ordre d\u2019importance (Bellard et al. 2022)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [12]<\/span>. Les atteintes \u00e0 la biodiversit\u00e9 attribu\u00e9es aux esp\u00e8ces invasives sont 1) la modification de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me dans lequel elles sont introduites, y compris comme h\u00f4tes de pathog\u00e8nes (Svoboda et al. 2017)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [13]<\/span>, 2) la concurrence avec les esp\u00e8ces indig\u00e8nes pour l\u2019utilisation des ressources naturelles, 3) la pr\u00e9dation op\u00e9r\u00e9e sur les esp\u00e8ces indig\u00e8nes, et enfin 4) l\u2019hybridation avec les esp\u00e8ces indig\u00e8nes (CGDD 2015)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [14]<\/span>. D\u2019apr\u00e8s le rapport de l\u2019IPBES cit\u00e9 dans l\u2019encadr\u00e9 de d\u00e9but d\u2019article, La modification des \u00e9cosyst\u00e8mes repr\u00e9sente 27\u00a0% des probl\u00e8mes affectant les esp\u00e8ces indig\u00e8nes, la concurrence 24\u00a0%, la pr\u00e9dation 18\u00a0%, l\u2019herbivorie 12\u00a0%.<\/p>\n<h3>Quelle est l\u2019influence des esp\u00e8ces exotiques envahissantes sur la biodiversit\u00e9 francilienne ?<\/h3>\n<p>Il est ind\u00e9niable que les risques sanitaires et les pertes \u00e9conomiques li\u00e9s aux esp\u00e8ces exotiques envahissantes justifient certaines mesures de pr\u00e9vention et de gestion (le rapport de synth\u00e8se de l\u2019IPBES sur les esp\u00e8ces exotiques envahissantes cit\u00e9 plus haut pr\u00e9cise toutefois que les luttes physique et chimique ne sont g\u00e9n\u00e9ralement efficaces qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle locale et peuvent avoir des effets non cibl\u00e9s sur d\u2019autres esp\u00e8ces ; IPBES 2023).\u00a0Mais qu\u2019en est-il de l\u2019impact de ces populations sur la biodiversit\u00e9 francilienne ?<\/p>\n<p>En premier lieu, la litt\u00e9rature scientifique souligne que les esp\u00e8ces exotiques introduites n\u2019ont pas toujours un impact n\u00e9gatif. En d\u2019autres termes, esp\u00e8ce exotique n\u2019est pas synonyme d\u2019esp\u00e8ce invasive. La bibliographie soul\u00e8ve le \u00ab paradoxe de l\u2019invasion \u00bb (<em>invasion paradox<\/em>) : ce dernier stipule qu\u2019en fonction de l\u2019\u00e9chelle spatiale consid\u00e9r\u00e9e, le signe de la corr\u00e9lation entre le nombre d\u2019esp\u00e8ces indig\u00e8nes et exotiques s\u2019inverse. Autrement dit, dans les \u00e9tudes men\u00e9es \u00e0 grande \u00e9chelle (sup\u00e9rieure \u00e0 1 km\u00b2, plut\u00f4t bas\u00e9es sur les observations), l\u2019ajout d\u2019esp\u00e8ces exotiques augmente la diversit\u00e9 des esp\u00e8ces au sein d\u2019une communaut\u00e9 donn\u00e9e : les nouvelles venues s\u2019ajoutent simplement aux esp\u00e8ces existantes. A l\u2019inverse, \u00e0 petite \u00e9chelle (souvent \u00e0 une \u00e9chelle de 10 m\u00b2 ou moins, plut\u00f4t sur la base d\u2019\u00e9tudes exp\u00e9rimentales), l\u2019ajout de nouvelles esp\u00e8ces affecte n\u00e9gativement la diversit\u00e9 en place (Fridley et al. 2007)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [15]<\/span>. Ainsi, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des continents, les r\u00e9sultats scientifiques sugg\u00e8rent que les esp\u00e8ces invasives ne repr\u00e9sentent pas une menace majeure pour les \u00e9cosyst\u00e8mes. En fait, l\u2019introduction de nouvelles esp\u00e8ces augmente m\u00eame presque toujours la richesse sp\u00e9cifique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une r\u00e9gion g\u00e9ographique (Davis et al. 2011, Thomas et Palmer 2015)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [16,17]<\/span>. C\u2019est tout \u00e0 fait diff\u00e9rent dans les contextes insulaires o\u00f9 les pr\u00e9dateurs et pathog\u00e8nes introduits ont tr\u00e8s souvent contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019extinction d\u2019esp\u00e8ces natives, voire d\u2019esp\u00e8ces end\u00e9miques (c\u2019est \u00e0 dire occupant une aire restreinte de notre plan\u00e8te). C\u2019est l\u2019une des conclusions du rapport de l\u2019IPBES (2023) sur les esp\u00e8ces exotiques envahissantes, qui \u00e9tablit que 90 % des extinctions mondiales pour lesquelles ces derni\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es comme l&rsquo;une des principales causes concernent les \u00eeles. Les esp\u00e8ces exotiques envahissantes ne constituent donc pas une cause prioritaire d\u2019\u00e9rosion de la biodiversit\u00e9 en \u00cele-de-France. D\u2019ailleurs, il n\u2019existe \u00e0 notre connaissance aucun cas d\u2019extinction d\u2019esp\u00e8ce document\u00e9 dans notre r\u00e9gion ou en France m\u00e9tropolitaine pouvant \u00eatre imput\u00e9 \u00e0 l\u2019introduction d\u2019une esp\u00e8ce d\u2019origine exotique. Il n\u2019existe pas non plus d\u2019\u00e9tudes ayant d\u00e9montr\u00e9 de mani\u00e8re scientifique un effet sur l\u2019abondance r\u00e9gionale d\u2019esp\u00e8ces indig\u00e8nes ou sur l\u2019uniformisation des milieux franciliens suite \u00e0 l\u2019introduction d\u2019une esp\u00e8ce exotique envahissante.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9chelle de l\u2019Europe, un article scientifique de 2016 bas\u00e9 sur l\u2019analyse des listes rouges de l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ne signale aucune extinction due aux esp\u00e8ces invasives pour les cinq grands groupes que constituent les plantes, les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les mammif\u00e8res (Bellard et al. 2016)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [18]<\/span>. A l\u2019\u00e9chelle mondiale, un article plus r\u00e9cent, fond\u00e9 sur le m\u00eame outil \u00ab\u00a0liste rouge\u00a0\u00bb de l\u2019UICN, montre que les esp\u00e8ces exotiques introduites devenues envahissantes ne sont pas responsables du mauvais \u00e9tat de conservation de 86\u00a0% des oiseaux,\u00a0mammif\u00e8res et reptiles \u00e9valu\u00e9s en danger critique d\u2019extinction. S\u2019agissant des 14\u00a0% restants, l\u2019article incrimine principalement les rats, les chats et les herbivores (ch\u00e8vres et porcs) introduits par l\u2019homme dans les \u00eeles. Il met aussi en cause les champignons chytrides dans le cas particulier des amphibiens, et la d\u00e9gradation des habitats pour les menaces visant les plantes (Due\u00f1as<em>\u00a0et al.<\/em> 2021)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [19]<\/span>.<\/p>\n<p>Un autre \u00e9l\u00e9ment \u00e0 prendre en compte est ce que l\u2019on appelle en psychologie le biais de confirmation : quand on cherche, on trouve. C\u2019est ce qu\u2019affirment Guerin et al. (2018) dans un article o\u00f9 ils expliquent que les travaux scientifiques men\u00e9s dans le cadre de l\u2019\u00e9cologie des invasions se sont le plus souvent int\u00e9ress\u00e9s aux effets n\u00e9gatifs des esp\u00e8ces exotiques<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [20]<\/span>. D\u2019autres travaux indiquent qu\u2019il n\u2019est pas toujours ais\u00e9 d\u2019\u00e9valuer l\u2019effet positif ou n\u00e9gatif d\u2019une esp\u00e8ce nouvellement introduite parce que la perception de cet effet peut diff\u00e9rer selon que l\u2019on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la biodiversit\u00e9, aux activit\u00e9s humaines (agriculture, \u00e9co-tourisme, etc.) ou \u00e0 la s\u00e9questration de carbone, par exemple (Vimercati et al. 2020)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [21]<\/span>, ce qui fait qu\u2019en d\u00e9finitive, l\u2019\u00e9valuation de leur impact est tr\u00e8s d\u00e9pendante de facteurs sociaux et notamment de nos repr\u00e9sentations de la nature.<\/p>\n<p>Enfin, la plupart des \u00e9tudes cit\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment questionnent la difficult\u00e9 de distinguer la cause directe des extinctions attribu\u00e9es aux esp\u00e8ces exotiques envahissantes. L\u2019action de ces derni\u00e8res s\u2019exerce en effet souvent en synergie avec, voire apr\u00e8s d\u2019autres types de pressions tels que la d\u00e9gradation des milieux naturels (d\u00e9forestation, artificialisation) et l\u2019intensification des pratiques, de sorte qu\u2019il peut \u00eatre d\u00e9licat de les incriminer directement : en sciences, corr\u00e9lation ne vaut pas toujours causalit\u00e9 (Didham et al. 2005)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [22]<\/span>. Bien s\u00fbr, il n\u2019est pas question de nier leur influence sur les modifications \u00e9cologiques profondes de certains milieux naturels, en particulier les milieux humides dans notre r\u00e9gion, mais il appara\u00eet fondamental de poursuivre les travaux de recherche afin de d\u00e9terminer leur influence r\u00e9elle sur la perte de biodiversit\u00e9, en vue de prioriser et de pond\u00e9rer les \u00e9ventuelles actions de lutte (Due\u00f1as et al. 2018)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [23]<\/span>. Il est possible que dans de nombreux cas, en \u00cele-de-France, comme dans le monde, les esp\u00e8ces invasives ne fassent qu\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9clin d\u2019esp\u00e8ces d\u00e9j\u00e0 affaiblies par d\u2019autres facteurs d\u2019extinction, en particulier l\u2019h\u00e9g\u00e9monie des activit\u00e9s humaines \u00e0 la surface du globe<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [24]<\/span>. Elles pourraient donc n\u2019\u00eatre que des esp\u00e8ces \u00ab passag\u00e8res \u00bb plut\u00f4t que \u00ab conductrices \u00bb des extinctions observ\u00e9e (MacDougall et Turkington 2005)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [25]<\/span>, et profiter de l\u2019aubaine li\u00e9e \u00e0 la d\u00e9gradation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des habitats. D\u2019ailleurs, le rapport de l\u2019IPBES (2023) indique qu\u2019alors qu\u2019elles ont contribu\u00e9, \u00ab\u00a0seules ou avec d&rsquo;autres facteurs de changement, \u00e0 60 % des extinctions d&rsquo;animaux et de plantes recens\u00e9es dans le monde\u00a0\u00bb, elles n\u2019en constituent l\u2019unique facteur que dans 16 % des cas (et pr\u00e9cisons-le \u00e0 nouveau, \u00e0 90 % dans les \u00eeles).<\/p>\n<h3>Conclusion<\/h3>\n<p>Pour r\u00e9sumer et conclure cet article, on peut dire que :<\/p>\n<ul>\n<li>L\u2019impact des esp\u00e8ces exotiques envahissantes sur la biodiversit\u00e9 alimente encore des controverses (Sagoff 2020 ; Sanguet 2019)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [26,27]<\/span>.<\/li>\n<li>En \u00cele-de-France, l\u2019influence n\u00e9gative des esp\u00e8ces exotiques envahissantes sur les autres esp\u00e8ces et les milieux est plut\u00f4t marginale compar\u00e9e aux effets de l\u2019artificialisation du territoire et de l\u2019intensification des pratiques agricoles (Zucca et al. 2019)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [28]<\/span>, facteurs qui concourent ensuite \u00e0 favoriser leur expansion (l\u2019on pourrait toutefois nuancer ce propos pour certains milieux humides tr\u00e8s rares et tr\u00e8s isol\u00e9s en \u00cele-de-France, qui pourraient se comporter comme des \u00eeles d\u00e9connect\u00e9es les unes des autres, et au sein desquels les esp\u00e8ces exotiques envahissantes peuvent elles-m\u00eames constituer des sources de pression). Ainsi, en termes de restauration et de conservation de la biodiversit\u00e9, il convient de ne pas circonscrire les seuls efforts \u00e0 la lutte contre les populations d\u2019esp\u00e8ces exotiques envahissantes, mais de hi\u00e9rarchiser les efforts en commen\u00e7ant par la d\u00e9sartificialisation des sols, la transition vers une agriculture davantage en lien avec le vivant et la restauration d\u2019habitats naturels. Si toutes ces mesures sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre, il y a de grandes chances que les esp\u00e8ces exotiques envahissantes soient graduellement supplant\u00e9es par des esp\u00e8ces locales parce qu\u2019un milieu perturb\u00e9 r\u00e9siste moins bien \u00e0 l\u2019expansion des esp\u00e8ces introduites qu\u2019un milieu en bonne sant\u00e9 . La Renou\u00e9e du Japon avec laquelle nous avons d\u00e9but\u00e9 cet article s\u2019accommode par exemple des sols pollu\u00e9s, notamment en m\u00e9taux lourds, et dont elle peut d\u2019ailleurs contribuer pour partie \u00e0 la d\u00e9pollution<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [29]<\/span>.<\/li>\n<li>La question se pose des co\u00fbts et de la n\u00e9cessit\u00e9 de la lutte contre les esp\u00e8ces exotiques envahissantes. Si ces esp\u00e8ces ne sont que des esp\u00e8ces \u00ab passag\u00e8res \u00bb du d\u00e9clin de la biodiversit\u00e9 (voir plus haut), si elles ne sont que le r\u00e9v\u00e9lateur de notre influence croissante sur les milieux naturels, si elles b\u00e9n\u00e9ficient de la d\u00e9t\u00e9rioration de ces derniers par nos activit\u00e9s, faut-il s\u2019\u00e9vertuer \u00e0 les combattre quel qu\u2019en soit le co\u00fbt financier ? Ceci soul\u00e8ve le risque d\u2019\u00e9puiser les budgets disponibles dans la lutte contre ces esp\u00e8ces au d\u00e9triment de la renaturation des milieux artificialis\u00e9s et de la restauration \u00e9cologique des milieux naturels. De plus, l\u2019IPBES d\u00e9montre que la lutte contre les esp\u00e8ces exotiques envahissantes est rarement tr\u00e8s cibl\u00e9e (surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit de lutte chimique) et qu\u2019elle peut affecter la persistance de tout un cort\u00e8ge d\u2019esp\u00e8ces indig\u00e8nes d\u00e9j\u00e0 malmen\u00e9es par les activit\u00e9s humaines.<\/li>\n<li>Il reste pour autant indispensable de surveiller les esp\u00e8ces exotiques impliqu\u00e9es dans les questions de sant\u00e9 publique, comme le Moustique tigre ou les ambroisies, par exemple. En retenant aussi que dans ce domaine, seule une petite proportion des esp\u00e8ces pouvant poser des probl\u00e8mes \u00e0 la sant\u00e9 humaine ou aux activit\u00e9s \u00e9conomiques sont exog\u00e8nes. Les Processionnaires du pin et du ch\u00eane, l\u2019Ips typographe (scolyte) ou l\u2019Altise du Colza sont des esp\u00e8ces natives d\u2019Europe de l\u2019Ouest par exemple.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour terminer, il ne faut pas que les \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9flexion pr\u00e9sent\u00e9s ici ne soient interpr\u00e9t\u00e9s comme banalisant l&rsquo;introduction de nouvelles esp\u00e8ces exotiques. Il est bien s\u00fbr n\u00e9cessaire d\u2019\u00e9viter toute nouvelle introduction, ne serait-ce que parce que les esp\u00e8ces exog\u00e8nes peuvent \u00eatre porteuses de nouveaux pathog\u00e8nes avec lesquels les esp\u00e8ces natives n&rsquo;ont pas co-\u00e9volu\u00e9, et qui peuvent avoir un effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re (on pense par exemple \u00e0 l\u2019aphanomycose chez les \u00e9crevisses ou \u00e0 la chytridiomycose chez les amphibiens)<span style=\"font-size: 13.3333px;\"> [30]<\/span>. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019une des conclusions importantes du rapport de l\u2019IPBES (2023) cit\u00e9 en introduction de cet article : \u00ab la pr\u00e9vention des introductions d&rsquo;esp\u00e8ces exotiques envahissantes est l&rsquo;option de gestion la plus rentable \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : Biodiversit\u00e9 &#8211; Esp\u00e8ces exotiques &#8211; Esp\u00e8ces invasives &#8211; Ile-de-France<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Cet article a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 le 11 mars 2024.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>1. Cette d\u00e9finition soul\u00e8ve la question du d\u00e9placement des aires de r\u00e9partition des esp\u00e8ces : avec les p\u00e9riodes de glaciation\/r\u00e9chauffement qu\u2019a connues notre r\u00e9gion, il n\u2019est pas facile de d\u00e9terminer le secteur de r\u00e9partition historique d\u2019une esp\u00e8ce donn\u00e9e. Aussi fixe-t-on arbitrairement l\u2019ann\u00e9e 1500 ou 1492 (ann\u00e9e du voyage de Christophe Colomb vers le Nouveau Monde) pour d\u00e9cider de l\u2019indig\u00e9nat d\u2019une esp\u00e8ce donn\u00e9e.<br \/>\n2. Catalogue de la flore vasculaire de l&rsquo;\u00cele-de-France 2020 \u2013 CBNBP. Donn\u00e9es consid\u00e9r\u00e9es \u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e 2000, avec prise en compte du seul rang \u00ab esp\u00e8ce \u00bb.<br \/>\n3. Recensement r\u00e9alis\u00e9 en 2012 par le Centre R\u00e9gional de Ressources G\u00e9n\u00e9tiques d\u2019\u00cele-de-France, install\u00e9 au Domaine de la Grange \u2013 la Pr\u00e9v\u00f4t\u00e9, \u00e0 Savigny-le-Temple. Voir\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"http:\/\/baserg.comoe.fr\/pages\/principale\/principale.aspx\">baserg.comoe.fr\/pages\/principale\/principale.aspx<\/a><\/span><\/span>(consult\u00e9 le 26 janvier 2024). Voir aussi la note rapide de l\u2019Institut Paris Region et la cartographie interactive de r\u00e9partition des vari\u00e9t\u00e9s de fruits et l\u00e9gumes \u00e0 l\u2019adresse\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.institutparisregion.fr\/nos-travaux\/publications\/la-grande-histoire-des-legumes-et-de-leurs-terroirsen-ile-de-france\/\">www.institutparisregion.fr\/nos-travaux\/publications\/la-grande-histoire-des-legumes-et-de-leurs-terroirsen-ile-de-france\/<\/a><\/span><\/span>\u00a0(consult\u00e9 le 26 janvier 2024).<br \/>\n4. Invasif, invasive :<br \/>\nPour le Larousse : 1. Se dit d&rsquo;une m\u00e9thode d&rsquo;exploration m\u00e9dicale ou de soins n\u00e9cessitant une l\u00e9sion de l&rsquo;organisme. 2. Se dit d&rsquo;une tumeur qui s&rsquo;\u00e9tend et envahit les tissus voisins.<br \/>\nPour le Robert : 1. (examen, traitement) Qui peut alt\u00e9rer l&rsquo;organisme. 2. (tumeur, pathologie) Qui peut se propager dans l&rsquo;organisme. Un cancer invasif.<br \/>\n5. Williamson M. et Fitter A. 1996. The varying success of invaders. Ecology, 77(6), p. 1661-1666.<br \/>\n6.\u00a0 A ce titre, il est int\u00e9ressant de constater que les esp\u00e8ces exotiques envahissantes qui posent des probl\u00e8mes en Am\u00e9rique du Nord sont nos propres esp\u00e8ces indig\u00e8nes europ\u00e9ennes. Voir\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.nps.gov\/voya\/learn\/nature\/exotic-plants.htm\">www.nps.gov\/voya\/learn\/nature\/exotic-plants.htm<\/a><\/span><\/span>\u00a0(consult\u00e9 le 26 janvier 2024).<br \/>\n7. Turbelin A. J. et al. 2023. Biological invasions are as costly as natural hazards. Perspectives in Ecology and Conservation. 8 p.\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.pecon.2023.03.002\">doi.org\/10.1016\/j.pecon.2023.03.002<\/a><\/span><\/span>.<br \/>\n8. D\u2019autres familles telles que les renoncules, les millepertuis, les figuiers ou les rutac\u00e9es sont \u00e9galement susceptibles de cr\u00e9er ces photo-dermatites. Une \u00e9tude de 1988 montre que ce type d\u2019affection peut \u00eatre contract\u00e9e avec le Panais cultiv\u00e9, et ce de mani\u00e8re plus prononc\u00e9e qu\u2019avec la Berce du Caucase : Lagey K. et. al. 1995. Burns induced by plants. Burns 21 (7), 542-543.<br \/>\n9. UICN France. 2015. Synth\u00e8se des assises nationales \u00ab esp\u00e8ces exotiques envahissantes : vers un renforcement des strat\u00e9gies d\u2019action \u00bb. Orl\u00e9ans, 23, 24 et 25 septembre 2014. Paris, France. 77 p.<br \/>\n10. Voir par exemple Bourdet J. 2021. Esp\u00e8ces envahissantes : une catastrophe \u00e9cologique et \u00e9conomique :\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/lejournal.cnrs.fr\/articles\/especes-envahissantes-une-catastrophe-ecologique-et-economique\">lejournal.cnrs.fr\/articles\/especes-envahissantes-une-catastrophe-ecologique-et-economique<\/a><\/span><\/span>\u00a0(consult\u00e9 le 26 janvier 2024).<br \/>\n11. IPBES. 2019: Summary for policymakers of the global assessment report on biodiversity and ecosystem services of the Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services. S. D\u00edaz et al. (eds.). IPBES secretariat, Bonn, Germany. 56 p.\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.5281\/zenodo.3553579\">doi.org\/10.5281\/zenodo.3553579<\/a><\/span><\/span><br \/>\n12. Bellard C. et al. 2022. Ranking threats to biodiversity and why it doesn\u2019t matter. Nature Communications 13, 2616.\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/s41467-022-30339-y\">doi.org\/10.1038\/s41467-022-30339-y<\/a><\/span><\/span>. Pour un r\u00e9sum\u00e9 en fran\u00e7ais, voir\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/theconversation.com\/quelle-est-la-pire-des-menaces-qui-pese-sur-la-biodiversite-184887\">theconversation.com\/quelle-est-la-pire-des-menaces-qui-pese-sur-la-biodiversite-184887<\/a><\/span><\/span>\u00a0(consult\u00e9 le 26 janvier 2024).<br \/>\n13. Svoboda J. et al. 2017. Hosts and transmission of the crayfish plague pathogen Aphanomyces astaci: a review. Journal of fish diseases 40: 127-140.<br \/>\n14. Commissariat g\u00e9n\u00e9ral au d\u00e9veloppement durable. 2015. Analyse \u00e9conomique des esp\u00e8ces exotiques envahissantes en France, premi\u00e8re enqu\u00eate nationale (2009-2013), 128 p.\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"http:\/\/www.esperanza21.org\/sites\/default\/files\/Sp%2520invasives%25202015.pdf\">www.esperanza21.org\/sites\/default\/files\/Sp%20invasives%202015.pdf<\/a>\u00a0<\/span><\/span>(consult\u00e9 le 26 janvier 2024).<br \/>\n15. Fridley J. D. et al. 2007. The invasion paradox: reconciling pattern and process in species invasions. Ecology 88(1):3-17. doi: 10.1890\/0012-9658(2007)88[3:tiprpa]2.0.co;2.<br \/>\n16. Davis M. A. et al. 2011: Don&rsquo;t judge species on their origins. Nature 474, 153-154. <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/474153a\">www.nature.com\/articles\/474153a<\/a><\/span><\/span>.<br \/>\n17. Thomas C. D. et Palmer G. 2015. Non-native plants add to the British flora without negative consequences for native diversity. Proc. Natl Acad. Sci. USA 112, 4387 \u20134392. doi:10.1073\/pnas.1423995112.<br \/>\n18.\u00a0 Bellard C. et al. 2016. Alien species as a driver of recent extinctions. Biology Letters 12: 20150623. <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.1098\/rsbl.2015.0623\">dx.doi.org\/10.1098\/rsbl.2015.0623<\/a><\/span><\/span><br \/>\n19. Due\u00f1as M. A. et al. 2021. The threat of invasive species to IUCN-listed critically endangered species: A systematic review, Global Ecology and Conservation, volume 26. <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.gecco.2021.e01476\">doi.org\/10.1016\/j.gecco.2021.e01476<\/a><\/span><\/span><br \/>\n20. Guerin G.R. et al. 2018. The biodiversity impacts of non-native species should not be extrapolated from biased single-species studies. Biodiversity and Conservation 27, 785\u2013790. DOI 10.1007\/s10531-017-1439-0.<br \/>\n21.\u00a0 Vimercati G. et al. 2020. The importance of assessing positive and beneficial impacts of alien species. NeoBiota 62: 525-545. <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3897\/neobiota.62.52793\">doi.org\/10.3897\/neobiota.62.52793<\/a><\/span><\/span>.<br \/>\n22.\u00a0 Didham R. K. et al. 2005. Are invasive species the drivers of ecological change? Trends Ecol. Evol. 20, 470-474. doi:10.1016\/j.tree.2005.07.006.<br \/>\n23.\u00a0 Due\u00f1as M. A. et al. 2018. The role played by invasive species in interactions with endangered and threatened species in the United States: a systematic review. Biodiversity and Conservation 27, 3171\u20133183. <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/s10531-018-1595-x\">doi.org\/10.1007\/s10531-018-1595-x<\/a>.<\/span><\/span><br \/>\n24. A ce sujet, deux articles r\u00e9cents t\u00e9moignant de l\u2019impact de notre esp\u00e8ce sur la biosph\u00e8re sont particuli\u00e8rement parlants : Y. Bar-On et ses collaborateurs ont estim\u00e9 que la biomasse des humains et de leurs animaux d\u2019\u00e9levage d\u00e9passe la biomasse terrestre des vert\u00e9br\u00e9s sauvages, \u00e0 l\u2019exception des poissons (Bar-On Y. et al. 2018. The biomass distribution on Earth, PNAS 115 (25), 6506\u20136511. <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.pnas.org\/doi\/epdf\/10.1073\/pnas.1711842115)\">www.pnas.org\/doi\/epdf\/10.1073\/pnas.1711842115)<\/a><\/span><\/span>. E. Elhacham et coll\u00e8gues affirment quant \u00e0 eux qu\u2019en 2020 (\u00b16 ans), la masse des infrastructures produites par l\u2019humanit\u00e9 a d\u00e9pass\u00e9 la biomasse de tous les \u00eatres vivants sur Terre : Elhacham E. et al. 2020. Global human-made mass exceeds all living biomass, Nature 588, 442\u2013444.\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/s41586-020-3010-5\">doi.org\/10.1038\/s41586-020-3010-5<\/a>.<\/span><\/span><br \/>\n25. MacDougall A.S. et Turkington R. 2005. Are invasive species the drivers or passengers of change in degraded ecosystems? Ecology 86, 42\u201355.<br \/>\n26. Sagoff M. 2020. Fact and value in invasion biology: reply to Cuthbert et al. 2020. Conservation Biology 34 (6), 1583\u20131585. DOI: 10.1111\/cobi.13594.<br \/>\n27. Sanguet A. 2019. Les plantes envahissantes, la nouvelle \u00ab chasse aux sorci\u00e8res de la science \u00bb ? <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/2019\/11\/les-plantes-envahissantes-la-nouvelle-chasse-aux-sorcieres-de-la-science\/\">www.tela-botanica.org\/2019\/11\/les-plantes-envahissantes-la-nouvelle-chasse-aux-sorcieres-de-la-science\/<\/a><\/span><\/span>\u00a0(consult\u00e9 le 26 janvier 2024).<br \/>\n28. Voir le panorama de la biodiversit\u00e9 de l\u2019Agence r\u00e9gionale de la biodiversit\u00e9 en \u00cele-de-France : Zucca M. et al. 2019. Panorama de la biodiversit\u00e9 francilienne, ARB \u00eedF\/L\u2019Institut Paris Region, Paris. 38 p. <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.arb-idf.fr\/nos-travaux\/publications\/panorama-de-la-biodiversite-francilienne-2019\/\">www.arb-idf.fr\/nos-travaux\/publications\/panorama-de-la-biodiversite-francilienne-2019\/<\/a><\/span><\/span>\u00a0(consult\u00e9 le 26 janvier 2024).<br \/>\n29. <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/leblogduherisson.com\/voici-pourquoi-la-renouee-du-japon-est-unique\/\">leblogduherisson.com\/voici-pourquoi-la-renouee-du-japon-est-unique\/<\/a><\/span><\/span>\u00a0(consult\u00e9 le 26 janvier 2024).<br \/>\n30. La question se pose en particulier pour l\u2019adaptation des for\u00eats au changement climatique. A ce sujet, la Soci\u00e9t\u00e9 botanique de France a publi\u00e9 en 2021 un livre blanc sur l\u2019introduction d\u2019essences exotiques en for\u00eat qui s\u2019adresse au grand public et aux d\u00e9cideurs. Les auteurs, se fondant sur l\u2019analyse de plus de 200 r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques issues de la litt\u00e9rature scientifique, pr\u00e9conisent d\u2019\u00e9viter le recours aux essences extra-europ\u00e9ennes, dont l\u2019acclimatation est hasardeuse compte-tenu de l\u2019incertitude climatique, et qui peuvent pr\u00e9senter un risque \u00e9lev\u00e9 d\u2019envahissement et d\u2019introduction concomitante d\u2019agents ravageurs et\/ou pathog\u00e8nes. Voir <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/societebotaniquedefrance.fr\/livre-blanc-sur-lintroduction-dessences-exotiques-en-foret\/\">societebotaniquedefrance.fr\/livre-blanc-sur-lintroduction-dessences-exotiques-en-foret\/<\/a><\/span><\/span>\u00a0(consult\u00e9 le 26 janvier 2024).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 sur le site de l&rsquo;Agence R\u00e9gionale de la Biodiversit\u00e9, le 4 mars 2024 Les gestionnaires d\u2019espaces naturels publics ou priv\u00e9s sont de plus en plus pr\u00e9occup\u00e9s par les esp\u00e8ces exotiques envahissantes : l\u2019Agence r\u00e9gionale de la biodiversit\u00e9 d\u2019\u00cele-de-France (ARB \u00cedF) est r\u00e9guli\u00e8rement interrog\u00e9e sur les impacts de ces derni\u00e8res [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":481,"featured_media":7984,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[226],"tags":[],"class_list":["post-7980","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-environnement","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7980","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/481"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7980"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7980\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8479,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7980\/revisions\/8479"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/7984"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7980"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7980"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7980"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}