{"id":7490,"date":"2023-06-08T07:10:57","date_gmt":"2023-06-08T05:10:57","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=7490"},"modified":"2023-06-08T07:17:39","modified_gmt":"2023-06-08T05:17:39","slug":"quelle-repartition-des-pertes-face-au-choc-inflationniste-2022","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=7490","title":{"rendered":"Quelle r\u00e9partition des pertes face au choc inflationniste 2022 ?"},"content":{"rendered":"<p><em>Cet article a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 sur <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.labanquepostale.com\/newsroom-publications\/etudes\/etudes-economiques\/rebond\/2023\/rebond-choc-2022.html\">le site de La Banque Postale, le 3 mai 2022<\/a><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Face au choc des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res et des \u00e9nergies, l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise a connu en 2022 une importante perte de revenu (autour de 75\u00a0Md\u20ac). La r\u00e9partition de cette perte appara\u00eet h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Les m\u00e9nages au global voient leur revenu r\u00e9<\/strong><strong>el pr<\/strong><strong>\u00e9serv\u00e9, ce qui n\u2019emp\u00eache pas de fortes disparit\u00e9s de situation en leur sein, soutenu par les mesures de soutien et b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un emploi dynamique. Les entreprises, en d\u00e9pit du passage des co\u00fbts dans les prix, voient leurs revenus en terme r\u00e9el reculer et portent ainsi une grande partie de la perte totale (76 % du choc). Enfin, les finances publiques ont absorb\u00e9 le restant du choc, \u00e0 hauteur de 23\u00a0%.<\/strong><\/span><\/p>\n<h3><strong>Une perte de 75 Md\u20ac sur le revenu national. <\/strong><\/h3>\n<p>La hausse des prix de l\u2019\u00e9nergie et de certains m\u00e9taux en 2022, pour la grande majorit\u00e9 import\u00e9e dans l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise (notamment le p\u00e9trole, le gaz et les m\u00e9taux), s\u2019est accompagn\u00e9e d\u2019une nette d\u00e9gradation des termes de l\u2019\u00e9change<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> en 2022 (\u20133,2\u00a0%). Cela a eu pour cons\u00e9quence de r\u00e9duire le revenu r\u00e9el de l\u2019\u00e9conomie ou, autrement dit, son pouvoir d\u2019achat.<\/p>\n<p>Afin de bien identifier les effets de ce choc de prix des intrants, nous pouvons comparer les \u00e9volutions observ\u00e9es aux attentes qui \u00e9taient faites juste avant le choc. L\u2019\u00e9cart entre les deux situations permet ainsi d\u2019identifier les effets de ce choc. Pour ce faire, nous comparons l\u2019ann\u00e9e 2022 \u00e0 celle retenue dans les pr\u00e9visions de fin d\u2019ann\u00e9e 2021 de la Commission europ\u00e9enne<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p><strong>Ce choc sur les prix de l\u2019\u00e9nergie et des mati\u00e8res premi\u00e8re a provoqu\u00e9 une d\u00e9gradation de la balance commerciale (pour laquelle les effets volumes se conjuguent avec les effets prix) en 2022 que nous pouvons estimer \u00e0 hauteur de 75\u00a0Md\u20ac par rapport \u00e0 notre contrefactuel (<em>cf.<\/em> graphique\u00a01). Une perte de revenus pour l\u2019\u00e9conomie qui \u00e9quivaut \u00e0 environ 2,8\u00a0pts de PIB. <\/strong>Cette d\u00e9gradation provient sans surprise de la nette hausse de la facture \u00e9nerg\u00e9tique pour environ 59\u00a0Md\u20ac, dont pr\u00e8s de la moiti\u00e9 est imputable \u00e0 la d\u00e9gradation du solde du gaz (naturel et liqu\u00e9fi\u00e9), un quart \u00e0 celui du p\u00e9trole brut et, pour le restant, \u00e0 parts proches, \u00e0 celui des produits du raffinage et \u00e0 celui de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique 1\u00a0: Estimation du choc inflationniste sur le solde commercial (2022 vs contrefactuel)<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7494\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p1-3.png\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"653\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p1-3.png 1000w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p1-3-300x196.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p1-3-600x392.png 600w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><u>Note<\/u><\/em><em><u>\u00a0:<\/u><\/em><em> L\u2019estimation est obtenue en comparant le d\u00e9<\/em><em>ficit commercial observ<\/em><em>\u00e9 en 2022 \u00e0 celui attendu avant le d\u00e9but de crise ukrainienne dans les pr\u00e9visions de la Commission europ\u00e9enne r\u00e9alis\u00e9es en novembre 2021. Il correspond \u00e0 une estimation ex-post dans la mesure o\u00f9 il tient compte des ajustements en volume de la demande (consommation des m\u00e9nages, en intrant, comportement de stockage de gaz\u2026) qui ont suivi le choc sur les prix des mati\u00e8res premi\u00e8res.<\/em><\/p>\n<h3><strong>R\u00e9percussion sur les prix de vente mais un pouvoir d\u2019achat \u00e0 investir amput\u00e9 \u00e0 hauteur de 40\u00a0Md\u20ac. <\/strong><\/h3>\n<p><strong>Face \u00e0 cette hausse du co\u00fbt des intrants, les entreprises ont r\u00e9agi en passant leurs co\u00fbts dans les prix de production (i.e \u00ab les prix d\u2019usines \u00bb).<\/strong> <strong>L\u2019augmentation de 8,1\u00a0% des prix de production sur l\u2019ann\u00e9e 2022 provient en effet pour l\u2019essentiel de la hausse des co\u00fbts unitaires des consommations interm\u00e9diaires<\/strong> (pour environ 80\u00a0% de la hausse \u2013 <em>cf.<\/em> graphique 2)\u00a0; alors que la hausse des r\u00e9mun\u00e9rations y joue pour environ 15\u00a0%. Les marges unitaires<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> n\u2019ont ainsi quasiment pas absorb\u00e9 ce choc. Les prix des importations ont contribu\u00e9 de mani\u00e8re directe \u00e0 hauteur de 25\u00a0% \u00e0 la hausse des prix de production. Cependant, au regard de la forte transmission des co\u00fbts dans les prix, il est probable que cette estimation soit un minorant si nous int\u00e9grons les effets indirects (i.e en tenant compte que certains intrants domestiques consomm\u00e9s ont vu eux aussi leurs prix augmenter du fait de la hausse des co\u00fbts des importations).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique 2 : Evolution des prix de production et d\u00e9composition selon ses d\u00e9terminants.<\/strong><\/p>\n<p><strong> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7497\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p2-1.png\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"650\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p2-1.png 1000w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p2-1-300x195.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p2-1-600x390.png 600w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><u>Note<\/u><\/em><em><u>\u00a0:<\/u><\/em><em> pour permettre la d\u00e9composition des prix de production, chacune des composantes est exprim\u00e9e pour une unit\u00e9 de production.<\/em><\/p>\n<p><strong>En 2022, en moyenne sur l\u2019\u00e9conomie, les entreprises ont plus que r\u00e9<\/strong><strong>percut<\/strong><strong>\u00e9 la hausse des co\u00fbts des intrants dans leurs prix de vente.<\/strong> Les consommations interm\u00e9diaires ont augment\u00e9 de 373\u00a0Md\u20ac, avec une hausse des volumes de 90\u00a0Md\u20ac alors que la hausse des prix des intrants y contribue pour 283\u00a0Md\u20ac. Or, dans le m\u00eame temps, la production nationale en valeur a augment\u00e9 de 523\u00a0Md\u20ac. Cette hausse s\u2019explique par une hausse des volumes produits \u00e0 hauteur de 152\u00a0Md\u20ac, tandis que la hausse des prix y contribue pour 371\u00a0Md\u20ac. Le gain de production qui vient d\u2019une hausse des prix de vente (371\u00a0Md\u20ac) est ainsi sup\u00e9rieur au co\u00fbt suppl\u00e9mentaire provenant de la hausse des prix des intrants (283 Md\u20ac). Notons que la hausse des prix de production permet aussi de couvrir la hausse de la masse salariale (77\u00a0Md\u20ac) conduisant ainsi \u00e0 d\u00e9gager une hausse de l\u2019exc\u00e9dent brut d\u2019exploitation (EBE ensuite) \u00e0 hauteur de 20\u00a0Md\u20ac. <strong>Ainsi le choc des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res et des \u00e9nergies en 2022 a \u00e9t\u00e9 plus que r\u00e9<\/strong><strong>percut<\/strong><strong>\u00e9 dans les prix de vente des entreprises, leur permettant de pr\u00e9server leur situation financi\u00e8<\/strong><strong>re. <\/strong><\/p>\n<p><strong>N\u00e9anmoins, en termes r\u00e9els, les entreprises connaissent une perte de capacit\u00e9 d\u2019achat en moyenne de 2,9\u00a0% sur l\u2019ann\u00e9e 2022. Si l\u2019<\/strong><strong>on compare <\/strong><strong>\u00e0 la situation attendue avant la guerre en Ukraine, ce choc sur les intrants et ses implications ont pes\u00e9 sur les entreprises \u00e0 hauteur de 42\u00a0Md\u20ac.<\/strong> L\u2019EBE dans le secteur marchand devait progresser de 4,0\u00a0% pour 2022, il a finalement progress\u00e9 de 1,8\u00a0%, soit un choc 2,2\u00a0pts de EBE. Les prix de l\u2019investissement devaient progresser \u00e0 hauteur de 2,1\u00a0%<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>, la progression fut plus marqu\u00e9e\u00a0: +5,1\u00a0%, soit un choc de 3\u00a0pts. Au total, le choc sur la capacit\u00e9 d\u2019achat des entreprises peut \u00eatre estim\u00e9 \u00e0 5,2\u00a0pts, soit -42\u00a0Md\u20ac.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique 3 : Choc sur la capacit\u00e9 d\u2019achat des entreprises.<\/strong><\/p>\n<p><strong> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7498\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p3-1.png\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"652\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p3-1.png 1000w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p3-1-300x196.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p3-1-600x391.png 600w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/strong><\/p>\n<p>Une grande partie des secteurs a plus que r\u00e9percut\u00e9 la hausse des co\u00fbts des intrants dans leurs prix de vente, ce qui leur a permis de d\u00e9gager un suppl\u00e9ment de valeur ajout\u00e9e. C\u2019est notamment le cas dans le secteur des services de transport (dont fret maritime), du commerce et de l\u2019\u00e9nergie. <strong>En revanche, de nombreux secteurs ont fourni un effort de marge important. <\/strong>C\u2019est principalement le cas dans le secteur des services o\u00f9 la masse salariale a beaucoup pes\u00e9 (services aux m\u00e9nages, aux entreprises, h\u00e9bergement-restauration). Ces secteurs sortent de cette ann\u00e9e 2022 avec une situation financi\u00e8re plus d\u00e9grad\u00e9e.<\/p>\n<h3><strong>Un pouvoir d\u2019achat pr\u00e9serv\u00e9 par le bouclier ainsi que par le dynamisme de l\u2019emploi et des salaires<br \/>\n<\/strong><\/h3>\n<p><strong>La forte acc<\/strong><strong>\u00e9l\u00e9ration des prix \u00e0 la consommation (IPC), \u00e0 +5,2\u00a0% en moyenne sur 2022 (apr\u00e8s +1,6\u00a0%), traduit la diffusion compl\u00e8te des effets de la hausse des prix de l\u2019\u00e9nergie et des mati\u00e8res premi\u00e8res pour les m\u00e9nages. Au total, les m\u00e9nages fran\u00e7<\/strong><strong>ais n<\/strong><strong>\u2019ont toutefois pas subi de baisse de leur pouvoir d\u2019achat<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>\u00a0: le revenu disponible corrig\u00e9 de l\u2019inflation a en effet progress\u00e9 de +0,3\u00a0% en 2022.<\/strong> En parall\u00e8le d\u2019une inflation dynamique, le revenu disponible brut (RDB) des m\u00e9nages a en effet acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 \u00e0 +5,5\u00a0% en 2022 (apr\u00e8s +4,0\u00a0% en 2021 et +3,4\u00a0% en 2019). Ce dernier a notamment \u00e9t\u00e9 port\u00e9 par les revenus d\u2019activit\u00e9, qui ont augment\u00e9 en r\u00e9ponse \u00e0 la hausse des prix dans l\u2019\u00e9conomie\u00a0: les r\u00e9mun\u00e9rations ont contribu\u00e9 pour 6,3 pts \u00e0 l\u2019augmentation du revenu disponible, du fait d\u2019un march\u00e9 de l\u2019emploi dynamique (contribution de l\u2019emploi de 2,3\u00a0pts) et surtout de salaires dynamiques (contribution de 4,1\u00a0pts). <strong>Le choc inflationniste de 2022 semble toutefois avoir pes\u00e9 sur le pouvoir d\u2019achat des m\u00e9nages, \u00e0 hauteur de 0,6 pt de RDB, soit 9\u00a0Md\u20ac<\/strong><strong>, si l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>on se compare <\/strong><strong>\u00e0 la situation attendue avant crise.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il est int\u00e9ressant de noter qu\u2019en France, les mesures de soutien aux m\u00e9nages face \u00e0 l\u2019inflation ont peu transit\u00e9 par des baisses d\u2019imp\u00f4t ou des transferts, mais se sont plac\u00e9es en amont <\/strong><strong><em>via<\/em><\/strong><strong> des mesures visant \u00e0 limiter l\u2019inflation (bouclier tarifaire par exemple).<\/strong> On observe en effet que les transferts courants et les imp\u00f4ts ont davantage pes\u00e9 sur le pouvoir d\u2019achat que ce qui \u00e9tait anticip\u00e9 dans les pr\u00e9visions de fin 2021. Des mesures sp\u00e9cifiques ont \u00e9t\u00e9 mises en place par l\u2019Etat (revalorisation anticip\u00e9e des retraites et des prestations, ch\u00e8que \u00e9nergie exceptionnel), mais ont \u00e9t\u00e9 plus que compens\u00e9es par la hausse des assiettes d\u2019imposition li\u00e9e \u00e0 des revenus plus importants (hausse des salaires et de l\u2019emploi notamment). Les mesures se sont surtout concentr\u00e9es en amont, en limitant l\u2019inflation qui aurait \u00e9t\u00e9 plus importante autrement\u00a0: parmi ces mesures, on note en particulier le bouclier tarifaire (limitation de la hausse des tarifs r\u00e9glement\u00e9s de vente du gaz et de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9) et la remise carburant \u00e0 la pompe. Selon les estimations de la DG Tr\u00e9sor, ces deux mesures auraient permis de limiter l\u2019inflation de 2 pts en moyenne annuelle en 2022<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>. Autrement dit, <strong>le choc d\u2019inflation aurait \u00e9t\u00e9 de 5,1 % sans bouclier tarifaire (soit 80\u00a0Md\u20ac) et le choc de pouvoir d\u2019achat des m\u00e9nages aurait atteint 2,6\u00a0% (soit 40\u00a0Md\u20ac)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Graphique 4 : D\u00e9composition du choc de pouvoir d\u2019achat des m\u00e9nages en 2022<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7499\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p4.png\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"653\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p4.png 1000w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p4-300x196.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p4-600x392.png 600w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><strong>Le choc inflationniste a toutefois \u00e9t\u00e9 h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne selon les typologies des m\u00e9nages et aurait \u00e9t\u00e9 plus marqu\u00e9 pour les plus modestes, dont le panier de consommation est davantage expos\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9nergie.<\/strong> En 2022, l\u2019inflation s\u2019est ainsi \u00e9lev\u00e9e \u00e0 5,3\u00a0% pour les ouvriers et les employ\u00e9s contre 5,0\u00a0% pour les cadres en raison d\u2019une structure de consommation diff\u00e9rente. Les ouvriers pr\u00e9sentent par exemple une exposition plus \u00e9lev\u00e9e que la moyenne aux d\u00e9penses en logement, eau, gaz et \u00e9lectricit\u00e9 (+2,1\u00a0pts), \u00e0 l\u2019alimentaire (+1,3 pt) et aux d\u00e9penses de transport (+1,1 pt), tous trois expos\u00e9es \u00e0 de fortes hausses de prix. <strong>Enfin, la progression des salaires a \u00e9t\u00e9 diverse selon les secteurs d\u2019<\/strong><strong>activit<\/strong><strong>\u00e9.<\/strong> Selon les donn\u00e9es de la Dares, le salaire mensuel de base a progress\u00e9 de +3,3 % sur 2022, mais a \u00e9t\u00e9 davantage dynamique dans certains secteurs. C\u2019est le cas de ceux qui ont profit\u00e9 de prix de production dynamiques (cok\u00e9faction &amp; raffinage, industries agro-alimentaires, services de transport) mais aussi ceux dont la masse salariale est tr\u00e8s expos\u00e9e \u00e0 la progression du Smic (h\u00e9bergement-restauration et commerce).<\/p>\n<h3><strong>Une r\u00e9duction du d\u00e9ficit limit\u00e9e.<\/strong><\/h3>\n<p>Les finances publiques ont absorb\u00e9 une partie des pertes de revenu, qui auraient \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement partag\u00e9es entre les entreprises et les m\u00e9nages sans les soutiens publics. <strong>Au total, ces mesures s\u2019\u00e9<\/strong><strong>valuent <\/strong><strong>\u00e0 hauteur de 45\u00a0Md\u20ac, soit 1,7\u00a0pt de PIB. La majorit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00e0 destination des m\u00e9<\/strong><strong>nages.<\/strong> Elles ont soutenu directement leur revenu \u00e0 hauteur de 7,5\u00a0Md\u20ac, et ont principalement r\u00e9duit l\u2019inflation, soutenant le pouvoir d\u2019achat pour environ 31\u00a0Md\u20ac. Les aides directes aux entreprises furent plus limit\u00e9es. Les entreprises \u00e9nergo-intensives ont profit\u00e9 de subventions (1,5\u00a0Md\u20ac) et les TPE\/PME ont \u00e9t\u00e9 en partie pr\u00e9serv\u00e9es par le bouclier tarifaire (environ 5\u00a0Md\u20ac). Malgr\u00e9 un soutien massif de l\u2019\u00c9tat pour limiter les effets de la crise \u00e9nerg\u00e9tique, le besoin de financement des APU, c\u2019est-\u00e0-dire le d\u00e9ficit public, s\u2019est r\u00e9duit de 37\u00a0Md\u20ac. Le solde s\u2019est r\u00e9duit sur un an pour deux raisons principales : la premi\u00e8re \u00e9tant la r\u00e9duction importante des aides li\u00e9es au Covid sur cette p\u00e9riode (ch\u00f4mage partiel, remboursement des tests Covid\u2026) et la seconde \u00e9tant l\u2019accroissement des assiettes fiscales en raison notamment de la bonne tenue du march\u00e9 du travail et des prix \u00e0 la consommation tr\u00e8s dynamiques.<\/p>\n<p><strong>En comparaison \u00e0 ce qui \u00e9tait attendu avant la crise, le choc inflationniste de l\u2019ann\u00e9e 2022 a creus\u00e9 le d\u00e9ficit \u00e0 hauteur de 26\u00a0Md\u20ac.<\/strong> <strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p><strong>Le choc inflationniste a amput\u00e9 le revenu r\u00e9<\/strong><strong>el de l<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>conomie. La r<\/strong><strong>\u00e9partition de cette perte est toutefois tr\u00e8<\/strong><strong>s in<\/strong><strong>\u00e9gale. Les m\u00e9nages au global voient leur revenu r\u00e9<\/strong><strong>el pr<\/strong><strong>\u00e9serv\u00e9 (ce qui n\u2019emp\u00eache pas de fortes disparit\u00e9s de situation au sein des m\u00e9nages), soutenu par les mesures de soutien et b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un emploi dynamique. Les entreprises, en d\u00e9pit du passage des co\u00fbts dans les prix, voient leurs revenus en terme r\u00e9el reculer et portent ainsi une grande partie de la perte totale (76\u00a0%). Enfin, les finances publiques ont absorb\u00e9 une partie du choc, \u00e0 hauteur de 23\u00a0%.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Tableau 1 : R\u00e9partition du choc inflationniste sur les diff\u00e9rents agents par comparaison \u00e0 un contrefactuel 2022 pr\u00e9vu en 2021<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7500\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p5.png\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"299\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p5.png 1000w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p5-300x90.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/p5-600x179.png 600w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><u>Note<\/u><\/em><em><u>\u00a0:<\/u><\/em><em> Les chocs sont calibr\u00e9s en comparant les \u00e9volutions du revenu disponible brut (RDB) de chaque agent entre la pr\u00e9vision Commission d\u2019Automne 2021 et les chiffres Insee finalement observ\u00e9<\/em><em>s. <\/em><em><u>Les \u00e9volutions de revenu sont uniform\u00e9ment d\u00e9<\/u><\/em><em><u>flat<\/u><\/em><em><u>\u00e9es par le choc observ\u00e9 sur le d\u00e9flateur du PIB en 2022. <\/u><\/em><em>Pour les m\u00e9nages, la surprise \u00e0 la hausse du revenu disponible est en partie soutenue par celle de l\u2019emploi \u2013 ayant contribu\u00e9 pour 25 Md\u20ac \u00e0 la progression du RDB par rapport \u00e0 ce qui \u00e9tait anticip\u00e9 <\/em><em>fin 2021.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s\u00a0: Inflation &#8211; Pouvoir d\u2019achat &#8211; Co\u00fbt des entreprises &#8211; Guerre Ukraine<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Les termes \u00e0 l\u2019\u00e9change correspondent au ratio du prix des exportations au prix des importations. Ainsi, une plus forte progression du prix des importations par rapport au prix des exportations induit une d\u00e9gradation des termes de l\u2019\u00e9change pour l\u2019\u00e9conomie concern\u00e9e. Ce ratio de prix ne prend pas en compte les volumes d\u2019\u00e9changes.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Les \u00e9carts peuvent aussi r\u00e9sulter d\u2019autres chocs non anticip\u00e9s en 2022 par les pr\u00e9visions de la Commission. C\u2019est notamment le cas sur la bonne surprise de l\u2019emploi qui ne peut \u00eatre imputable \u00e0 la crise en Ukraine. Nous t\u00e2chons d\u2019identifier cet effet quand c\u2019est possible. Les pr\u00e9visions de la Commission \u00e9taient proches du consensus \u00e0 cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Exprim\u00e9e ici en point de production nominale pour permettre la d\u00e9composition.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> La Commission ne r\u00e9alise pas de pr\u00e9vision sur le d\u00e9flateur d\u2019investissement. Il est suppos\u00e9 ici que le suppl\u00e9ment d\u2019inflation (au sens IPC) attendu en 2022 par rapport \u00e0 2021 est \u00e9quivalent \u00e0 ce qui aurait \u00e9t\u00e9 attendu sur le d\u00e9flateur de l\u2019investissement.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><strong><sup>[5]<\/sup><\/strong><\/a> Une hausse du pouvoir d\u2019achat \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019ensemble des m\u00e9nages traduit des effets h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes dans la population. Par exemple, les m\u00e9nages d\u00e9j\u00e0 dans l\u2019emploi n\u2019ont pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la hausse des revenus li\u00e9s \u00e0 l\u2019augmentation de l\u2019emploi salari\u00e9 en 2022.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Ces estimations ne tiennent pas compte des effets indirects, c\u2019est-\u00e0-dire du fait que les prix de certains biens non \u00e9nerg\u00e9tiques ou services ont moins augment\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 ce bouclier. A titre d\u2019illustration, les estimations de l\u2019Insee tenant compte de ces effets portent l\u2019effet du bouclier tarifaire \u00e0 -3,1\u00a0pts sur l\u2019inflation entre les deuxi\u00e8mes trimestres de 2021 et 2022. Cf. Insee Analyses \u2022 n\u00b0 75 \u2022 Septembre 2022.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 sur le site de La Banque Postale, le 3 mai 2022 Face au choc des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res et des \u00e9nergies, l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise a connu en 2022 une importante perte de revenu (autour de 75\u00a0Md\u20ac). La r\u00e9partition de cette perte appara\u00eet h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. 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