{"id":7452,"date":"2023-05-15T07:10:00","date_gmt":"2023-05-15T05:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=7452"},"modified":"2023-05-15T07:19:52","modified_gmt":"2023-05-15T05:19:52","slug":"note-de-lecture-homo-numericus-de-daniel-cohen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=7452","title":{"rendered":"Note de lecture : \u00ab Homo Numericus \u00bb de Daniel Cohen"},"content":{"rendered":"<p>Daniel Cohen poursuit sa qu\u00eate de compr\u00e9hension du monde tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9, qu\u2019il est et essaie d\u2019imaginer ce qu\u2019il sera. Son dernier livre est de la m\u00eame veine que <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=3747\">\u00ab\u00a0Il faut dire que les temps ont chang\u00e9\u00a0\u00bb<\/a><\/span><\/span> . L\u2019auteur se penche davantage sur le monde num\u00e9rique mais va bien au-del\u00e0. Il ne faudra y pas chercher une vision radieuse de ce qui nous attend, le sous-titre de l\u2019ouvrage introduit d\u2019ailleurs des guillemets inqui\u00e9tants : La \u00ab civilisation \u00bb qui vient<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><em><sup><strong>[1]<\/strong><\/sup><\/em><\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019auteur ne se cantonne nullement \u00e0 son expertise initiale, l\u2019\u00e9conomie, mais fait appel \u00e0 divers champs de la connaissance (sociologie, psychologie, histoire, philosophie, psychanalyse, etc.), sur la base d\u2019un corpus vaste, non seulement litt\u00e9raire mais aussi visuel, notamment des films et des s\u00e9ries de science-fiction. Une d\u2019entre elles m\u00e9rite d\u2019\u00eatre mentionn\u00e9e : il s\u2019agit de Black Mirror, s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e britannique. Elle est l\u00e9g\u00e8rement dystopique, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle se d\u00e9roule aujourd\u2019hui, en exag\u00e9rant \u00e0 peine les situations, puis en allant au bout de la logique de ce petit d\u00e9calage. Les r\u00e9sultats sont souvent effrayants. Homo numericus est un peu de cette veine.<\/p>\n<p>On voudrait insister ici sur quelques fresques pr\u00e9sent\u00e9es par l\u2019auteur et sur les quelques propositions qu\u2019il avance.<\/p>\n<h3><strong>Une fresque historique<\/strong><\/h3>\n<p>D. Cohen propose un r\u00e9sum\u00e9 (fortement simplifi\u00e9 ici) de l\u2019histoire humaine \u00e0 travers deux dimensions : horizontal\/vertical et religieuse\/la\u00efque. Pendant la p\u00e9riode des chasseurs-cueilleurs, les dimensions privil\u00e9gi\u00e9es sont l\u2019horizontalit\u00e9 et la religion (c\u00e9r\u00e9monies de passage \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte par exemple). Les relations sont intenses au sein de petites populations. Le clan se scinde lorsqu\u2019il devient trop grand. Malgr\u00e9 tout, on a la trace d\u2019une grande diversit\u00e9 de situations, notamment sur la dimension hi\u00e9rarchique : par exemple, il peut y avoir une aristocratie guerri\u00e8re. Les relations sociales changent au rythme des saisons : elles sont militaires et hi\u00e9rarchis\u00e9es lors des saisons de chasse, plus \u00e9galitaires lorsque l\u2019abondance est pr\u00e9sente.<\/p>\n<p>Il y a 12\u00a0000 ans les chasseurs-cueilleurs deviennent agriculteurs et s\u00e9dentaires. Le taux de fertilit\u00e9 augmente consid\u00e9rablement, source de famines mais aussi explosion d\u00e9mographique, malgr\u00e9 la mortalit\u00e9 infantile, qui se poursuit jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. Les femmes deviennent des agents reproducteurs tandis que les hommes font le travail ext\u00e9rieur. La forme dominante des relations sociales devient la hi\u00e9rarchie : un clan de 150 personnes est command\u00e9 par une personne, les 150 chefs de clan sont command\u00e9s par une personne\u2026 D\u2019une certaine mani\u00e8re, nous vivons encore aujourd\u2019hui dans cet ordre social.<\/p>\n<p>Les religions des soci\u00e9t\u00e9s pr\u00e9agraires sont de type animiste, sans lien hi\u00e9rarchique entre les hommes, les animaux, l\u2019environnement, les dieux. L\u2019agriculture et l\u2019\u00e9levage donnent un sentiment de sup\u00e9riorit\u00e9 \u00e0 l\u2019humain. L\u2019agriculteur prie les cieux et honore les anciens. La religion s\u2019\u00e9tatise avec les grandes civilisations. Les soci\u00e9t\u00e9s humaines deviennent verticales et religieuses. La caste des pr\u00eatres appara\u00eet. Le pouvoir eccl\u00e9siastique n\u2019est plus fondu dans le pouvoir aristocratique : l\u2019un pr\u00e9conise l\u2019\u00e9galit\u00e9 des hommes devant Dieu, l\u2019autre exactement le contraire.<\/p>\n<p>Vient alors l\u2019\u00e2ge s\u00e9culier qui est encore le n\u00f4tre. Les chevaliers devenus courtisans sont supplant\u00e9s par la bourgeoisie, la gloire est remplac\u00e9e par le profit. Dieu est peu \u00e0 peu remplac\u00e9 par la raison, le pouvoir passe des pr\u00eatres aux ing\u00e9nieurs. Le contr\u00f4le social s\u2019intensifie : plus de carnaval, le pauvre doit travailler pour m\u00e9riter la charit\u00e9, les soci\u00e9t\u00e9s deviennent disciplinaires (M. Foucault), le XIXe si\u00e8cle industrialise la vie sociale. Bref, les soci\u00e9t\u00e9s industrielles sont la\u00efques et hi\u00e9rarchiques. Dans le m\u00eame temps, l\u2019\u00e9ducation se g\u00e9n\u00e9ralise, l\u2019Etat providence devient puissant.<\/p>\n<p>Lors de la deuxi\u00e8me partie du XXe si\u00e8cle interviennent deux \u00e9volutions significatives : la premi\u00e8re est une critique de la verticalit\u00e9 port\u00e9e par les soixante-huitards \u00e0 travers le monde, la seconde est la r\u00e9volution lib\u00e9rale port\u00e9e par Reagan et Thatcher avec le triomphe de l\u2019argent et des march\u00e9s. La r\u00e9volution num\u00e9rique met en \u0153uvre cette double \u00e9volution : l\u2019id\u00e9e d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9galitaire issue de la contre-culture, la possibilit\u00e9 de mon\u00e9tiser les innovations technologiques. Le r\u00eave d\u2019un mod\u00e8le horizontal et la\u00efque.<\/p>\n<p>Cette lecture de l\u2019histoire ne doit pas nous aveugler : elle concerne plut\u00f4t les pays d\u00e9velopp\u00e9s des derniers si\u00e8cles, elle omet sans doute le retour du religieux, elle laisse de c\u00f4t\u00e9 la d\u00e9tention du capital. N\u00e9anmoins, c\u2019est une description qui permet d\u2019introduire les failles du mod\u00e8le actuellement en place.<\/p>\n<h3><strong>La confiance, l\u2019humain<\/strong><\/h3>\n<p>Quelle soci\u00e9t\u00e9 produit ce mod\u00e8le? C\u2019est la victoire de l\u2019endogamie, de l\u2019entre-soi, l\u2019appartenance \u00e0 des clubs ou \u00e0 des cercles \u00e9troits, marque de la s\u00e9gr\u00e9gation sociale, o\u00f9 l\u2019horizontalit\u00e9 se partage avec des personnes du m\u00eame monde. C\u2019est aussi la fin des liens organiques au sein de l\u2019entreprise, la chute du pouvoir syndical, la d\u00e9shumanisation des rapports sociaux, l\u2019externalisation \u00e0 outrance qui d\u00e9truit le lien au sein du monde du travail : les in\u00e9galit\u00e9s ne s\u2019accroissent pas tant au sein de l\u2019entreprise qu\u2019entre entreprises. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes sont anciens mais s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent. La ghetto\u00efsation n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par les r\u00e9seaux sociaux ou les plateformes internet mais ils la permettent tr\u00e8s ais\u00e9ment et l\u2019amplifient.<\/p>\n<p>La s\u00e9gr\u00e9gation d\u00e9veloppe la m\u00e9fiance envers autrui, envers les institutions publiques, sans force de rappel. Chacun demeure dans sa \u00ab\u00a0zone de confort\u00a0\u00bb, l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des discours devient la r\u00e8gle : il n\u2019y a plus de v\u00e9rit\u00e9, la science est remise en question, le savoir devient marchandise. Le vrai n\u2019a plus sa place dans le postmodernisme, chacun demeure dans son discours. Alors que la soci\u00e9t\u00e9 num\u00e9rique devrait faire na\u00eetre l\u2019aspiration \u00e0 une discussion ouverte \u00e9largie \u00e0 une grande partie de la population, on se retrouve dans l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019organiser la confrontation n\u00e9cessaire des id\u00e9es contraires.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9pid\u00e9mie de Covid a \u00e9t\u00e9 un retour \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Elle a montr\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une gestion par l\u2019ensemble des acteurs, du souci d\u2019autrui, de la confiance. Elle a \u00e9galement montr\u00e9 les limites de la recherche de la productivit\u00e9 dans les services : elle se traduit souvent par leur d\u00e9shumanisation. Et pourtant, que de m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis des recommandations, de la parole scientifique, des d\u00e9cisions politiques! A c\u00f4t\u00e9 des applaudissements du soir, donc de la reconnaissance de la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019humain, combien de querelles, de pr\u00e9ventions contre la vaccination!<\/p>\n<p>Et encore, la Covid a \u00e9t\u00e9 une catastrophe v\u00e9cue en temps r\u00e9el. Que dire du changement climatique, source de catastrophes quasi-certaines que l\u2019auteur d\u00e9taille avec duret\u00e9, mais avec justesse? D\u2019une certaine mani\u00e8re, le changement climatique n\u2019est pas assez rapide, permettant un d\u00e9ni qui rappelle les nombreux exemples de fin de civilisations d\u00e9crits par Jared Diamond dans son livre <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=4887\">Effondrement<\/a><\/span><\/span>. Nos cerveaux savent r\u00e9agir aux probl\u00e8mes imm\u00e9diats mais sont peu dou\u00e9s pour anticiper le long terme. On s\u2019habitue aux petits changements (enfin, ceux qui le peuvent\u2026). De plus, nous avons besoin de croire \u00e0 une solution alternative, aux innovations technologiques. En fait, nous avons besoin de croire en la catastrophe pour l\u2019\u00e9viter. En attendant, on fait payer les g\u00e9n\u00e9rations futures. Certes, la prise de conscience progresse mais on est encore assez loin d\u2019un accord de l\u2019ensemble de l\u2019humanit\u00e9 sur les mesures \u00e0 prendre\u2026<\/p>\n<p>Tous ces d\u00e9veloppements paraissent \u00e9loign\u00e9s de loin de l\u2019homo numericus\u2026 Vraiment?<\/p>\n<h3><strong>L\u2019addiction et l\u2019appauvrissement<\/strong><\/h3>\n<p>Un des r\u00eaves formul\u00e9 \u00e0 la naissance de l\u2019Internet \u00e9tait la possibilit\u00e9 que chacun, sans contr\u00f4le ni filtre, puisse s\u2019exprimer sur tous les sujets dans des \u00e9changes fructueux. La r\u00e9alit\u00e9, si on excepte Wikipedia, preuve d\u2019intelligence collective, est tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de ce r\u00eave\u00a0: les r\u00e9seaux sociaux entretiennent et creusent les fractures, ils agissent comme caisses de r\u00e9sonance, en recherchant le spectaculaire, souvent \u00e0 coups de d\u00e9testations. C\u2019est la victoire de la pens\u00e9e rapide (syst\u00e8me 1 de Kahneman) au d\u00e9triment de la pens\u00e9e analytique (syst\u00e8me 2) qui requiert la pond\u00e9ration des arguments, la v\u00e9rification des preuves. L\u2019intelligence artificielle est dou\u00e9e lorsque les r\u00e8gles du jeu sont claires et routini\u00e8res, sans appel aux \u00e9motions. Les humains peuvent exceller dans la cr\u00e9ativit\u00e9 et les relations interpersonnelles. Si nous nous contentons du syst\u00e8me 1 dans lequel nous confinent les r\u00e9seaux sociaux\u2026<\/p>\n<p>La m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis d\u2019autrui, de la d\u00e9mocratie, des partis fait place \u00e0 l\u2019entre-soi, au r\u00e8gne des informations fausses. Parmi d\u2019autres exemples de psychologie sociale, l\u2019auteur raconte l\u2019exp\u00e9rience de Galton\u00a0: l\u2019estimation du poids d\u2019un boeuf est excellente lorsqu\u2019on prend la moyenne des estimations ind\u00e9pendantes de non sp\u00e9cialistes. Lorsque ces derniers \u00e9changent leurs croyances avant de donner leur estimation, la moyenne devient mauvaise. C\u2019est la porte ouverte aux jugements radicaux, aux influenceurs. En fait, la multiplication des supports \u00e9lectroniques appauvrit la qualit\u00e9 des informations.<\/p>\n<p>Les r\u00e9seaux sociaux ne s\u2019int\u00e9ressent en r\u00e9alit\u00e9 pas \u00e0 l\u2019information mais aux croyances qui flattent : \u00ab\u00a0les croyances n\u2019aident pas \u00e0 interpr\u00e9ter le monde, elles aident \u00e0 y vivre\u00a0\u00bb. Pour pouvoir r\u00eaver, les mauvaises nouvelles doivent \u00eatre cach\u00e9es, le Net fabrique un monde selon nos propres d\u00e9sirs et les grandes entreprises num\u00e9riques n\u2019ont en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019un seul but\u00a0: capter le march\u00e9 de la publicit\u00e9 en ligne. Que de talents g\u00e2ch\u00e9s pour un si pi\u00e8tre but\u00a0! On ne cherche plus \u00e0 v\u00e9rifier les informations mais on ne prend que celles qu\u2019on souhaite. On se met en sc\u00e8ne au sein de sa tribu. On n\u2019est \u00e9gaux qu\u2019au sein d\u2019un petit cercle alors que les in\u00e9galit\u00e9s s\u2019accroissent, que la soci\u00e9t\u00e9 se fragmente de jour en jour. La consommation est \u00e9rig\u00e9e en d\u00e9esse alors que la discipline est dure dans la production. Alors que l\u2019intelligence collective vise \u00e0 r\u00e9duire l\u2019ab\u00eatissement, le r\u00e9seau social donne l\u2019illusion des contacts directs, sans corps interm\u00e9diaire\u00a0&#8211; la finalit\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 hyper-lib\u00e9rale\u00a0-\u2026 pour les pauvres r\u00e9sultats qu\u2019on conna\u00eet. Or, l\u2019histoire des civilisations montre qu\u2019elles sont bas\u00e9es sur tout un syst\u00e8me d\u2019interd\u00e9pendances. Ce n\u2019est pas ce qu\u2019on observe dans la r\u00e9volution num\u00e9rique qui n\u2019est qu\u2019une mise sous tutelle via une addiction analogue au tabac.<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue \u00e9conomique, la r\u00e9volution num\u00e9rique a des effets spectaculaires. On observe un affaissement des classes moyennes, ne restent que les emplois du bas de l\u2019\u00e9chelle, souvent au contact des autres, mal pay\u00e9s, sans espoir de promotion, et les \u00ab\u00a0cr\u00e9atifs\u00a0\u00bb. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est sans doute \u00e0 l\u2019origine de la hausse du taux de mortalit\u00e9 aux Etats-Unis (suicide par les opiac\u00e9s), du clivage de la soci\u00e9t\u00e9 et toujours de la m\u00e9fiance.<\/p>\n<h3><strong>Vers un retournement?<\/strong><\/h3>\n<p>Bien d\u2019autres sujets sont abord\u00e9s dans l\u2019ouvrage assez court, donc dense, de Daniel Cohen. On le voit, le constat est amer, le bilan fortement n\u00e9gatif. L\u2019auteur formule quelques propositions tout au long de l\u2019ouvrage avec lesquelles on ne peut \u00eatre en d\u00e9saccord. En mati\u00e8re de d\u00e9mocratie, soutien aux corps interm\u00e9diaires, davantage de consultations, davantage de services publics dans les territoires\u00a0; en mati\u00e8re d\u2019environnement, lutte contre l\u2019obsolescence, appel \u00e0 moins consommer, exigence d\u2019une bonne notation climatique des entreprises pour acc\u00e9der \u00e0 la commande publique\u00a0; en mati\u00e8re num\u00e9rique, notation des sites d\u2019information en fonction de leur qualit\u00e9, lutte contre le harc\u00e8lement num\u00e9rique, droit \u00e0 l\u2019oubli. En revanche, le texte, qui a une tonalit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re, n\u2019\u00e9voque gu\u00e8re la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un contr\u00f4le serr\u00e9 des grandes entreprises, notamment num\u00e9riques, ou une r\u00e9flexion sur le droit de propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Contre une soci\u00e9t\u00e9 qui \u00ab\u00a0cr\u00e9tinise et punit\u00a0\u00bb, Daniel Cohen promeut le syst\u00e8me universitaire dont il reconna\u00eet l\u2019endogamie et la difficult\u00e9 d\u2019y appartenir. Certes, le monde acad\u00e9mique est un monde concurrentiel et devient de plus en plus une \u00ab\u00a0marchandise\u00a0\u00bb mais la vie acad\u00e9mique lui semble \u00ab\u00a0horizontale et s\u00e9culi\u00e8re\u00a0\u00bb, ses membres partagent le plus souvent la m\u00eame foi en la science, chacun s\u2019\u00e9coute et se respecte. Son r\u00eave serait que la soci\u00e9t\u00e9 prenne l\u2019Universit\u00e9 comme mod\u00e8le : reconstruire des institutions inclusives, favoriser le brassage social au maximum.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : R\u00e9seaux sociaux &#8211; Num\u00e9rique &#8211; Civilisation<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> \u00ab <span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"https:\/\/www.albin-michel.fr\/homo-numericus-9782226476395\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">Homo Numericus, La \u00ab\u00a0civilisation\u00a0\u00bb qui vient<\/span><\/a><\/span> \u00bb, Daniel Cohen, Ed. Albin Michel, 2022, 239 p.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Daniel Cohen poursuit sa qu\u00eate de compr\u00e9hension du monde tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9, qu\u2019il est et essaie d\u2019imaginer ce qu\u2019il sera. 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