{"id":7356,"date":"2023-04-03T07:20:08","date_gmt":"2023-04-03T05:20:08","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=7356"},"modified":"2023-04-03T07:24:49","modified_gmt":"2023-04-03T05:24:49","slug":"ecrire-pour-penser-ecrire-pour-panser-conversation-avec-pierre-francois-kettler","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=7356","title":{"rendered":"\u00ab \u00c9crire pour penser, \u00e9crire pour panser \u00bb &#8211; Conversation avec Pierre-Fran\u00e7ois Kettler"},"content":{"rendered":"<p><em>Pierre-Fran\u00e7ois Kettler (1984) vient de publier son cinqui\u00e8me roman. A cette occasion, il r\u00e9pond aux questions de variances.eu et nous dit ce qu\u2019est l\u2019\u00e9criture pour lui.<\/em><\/p>\n<p><strong>Pierre-Fran\u00e7ois, tu viens de publier ton cinqui\u00e8me roman, <em>L\u2019Autre, tu aimeras<\/em>. Peux-tu nous d\u00e9crire le parcours qui t\u2019a men\u00e9 de l\u2019Ensae \u00e0 la publication de ce roman\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019Ensae, volontaire du Service National, je suis all\u00e9 enseigner les math\u00e9matiques et l\u2019\u00e9conomie du d\u00e9veloppement au Rwanda, \u00e0 l\u2019Institut Africain et Mauricien de Statistiques et d\u2019\u00c9conomie Appliqu\u00e9e, pendant deux ans.<\/p>\n<p>Juste avant mon d\u00e9part, j\u2019ai d\u00e9couvert le th\u00e9\u00e2tre. Je n\u2019avais pas du tout pour habitude d\u2019y aller. Cette culture ne m\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 transmise. En classe de sixi\u00e8me, j\u2019avais pourtant eu une premi\u00e8re exp\u00e9rience qui m\u2019avait plu. Et par le plus grand des hasards, en pr\u00e9pa, j\u2019avais appartenu \u00e0 une troupe semi-professionnelle.<\/p>\n<p>Pour moi, au th\u00e9\u00e2tre, quand je dirigeais la troupe de l\u2019Ensae, l\u2019acteur \u00e9tait une marionnette. Mais lorsque j\u2019avais pr\u00e9sent\u00e9 ce travail \u00e0 Jacques Debary, un com\u00e9dien, il m\u2019avait dit\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut ressentir avant d\u2019exprimer\u00a0\u00bb. Ces mots avaient provoqu\u00e9 en moi un tsunami : ils me r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent le th\u00e9\u00e2tre comme lieu de rencontre entre l\u2019espace, le corps, l\u2019\u00e2me et l\u2019esprit. Je devais partir en qu\u00eate de moi-m\u00eame et non suivre la voie que m\u2019avaient trac\u00e9e mes \u00e9tudes. Juste avant d\u2019aller au Rwanda, lors de mes derniers mois \u00e0 l\u2019Ensae, je me suis initi\u00e9 au m\u00e9tier d\u2019acteur dans une \u00e9cole de th\u00e9\u00e2tre, \u00ab\u00a0L\u2019Entr\u00e9e des artistes\u00a0\u00bb, anim\u00e9e par Yves Pignot.<\/p>\n<p>Au Rwanda, j\u2019ai mis en sc\u00e8ne <em>Rhinoc\u00e9ros<\/em>, de Ionesco, et jou\u00e9 le r\u00f4le principal. J\u2019ai aussi organis\u00e9 un festival du rire \u00e0 Kigali, avec des com\u00e9dies en un acte (de Tchekhov, Obaldia, etc.). J\u2019avais un lieu \u00e0 ma disposition. J\u2019ai beaucoup lu\u00a0: Stanislavski, Meyerhold, Jouvet, Copeau, Barrault, Lee Strasberg, tous les grands th\u00e9oriciens de la sc\u00e8ne et du jeu d\u2019acteur.<\/p>\n<p>Et j\u2019ai eu la chance, un an apr\u00e8s mon retour en France, de gagner ma vie en tant qu\u2019acteur.<\/p>\n<p><strong>Comment cela s\u2019est-il pass\u00e9\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>A mon retour, je m\u2019\u00e9tais donn\u00e9 dix ans pour atteindre ce but. C\u2019est pour \u00e7a que je parle de chance. J\u2019avais les coordonn\u00e9es du fils de coop\u00e9rants belges avec qui j\u2019avais sympathis\u00e9 au Rwanda (nous \u00e9tions dans la m\u00eame troupe). Il m\u2019a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Pour travailler, il faut rencontrer des gens qui travaillent. Il existe un atelier pour professionnels \u00e0 Paris, anim\u00e9 par Blanche Salant. Elle recrute uniquement sur audition\u00a0\u00bb. J\u2019ai pass\u00e9 cette audition, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 pris. J\u2019y ai sympathis\u00e9 avec un acteur qui m\u2019a fait rencontrer un metteur en sc\u00e8ne avec qui j\u2019ai eu mon premier travail pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 1987. Je ne cessais de prospecter, de rencontrer, de passer des castings (m\u00eame dans le mannequinat, c\u2019est dire\u00a0!). J\u2019avais \u00e9chang\u00e9 avec un metteur en sc\u00e8ne dont j\u2019\u00e9tais all\u00e9 voir le spectacle, <em>Les Mains sales<\/em>, de Sartre, \u00e0 la Maisons des arts de Cr\u00e9teil, il m\u2019a rappel\u00e9 en \u00e9t\u00e9 pour reprendre l\u2019un des r\u00f4les. Je me suis retrouv\u00e9 avec des com\u00e9diens confirm\u00e9s, en septembre 1987, salari\u00e9 (ce qui m\u2019a permis de devenir intermittent du spectacle), et de gagner ainsi ma vie en tant qu\u2019acteur.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 ton retour d\u2019Afrique, tu d\u00e9cides donc de faire du th\u00e9\u00e2tre et d\u2019abandonner totalement l\u2019id\u00e9e d\u2019un m\u00e9tier plus en ligne directe avec ta formation, comment s\u2019est fait ce choix\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Je m\u2019\u00e9tais donn\u00e9 dix ans\u2026 La premi\u00e8re ann\u00e9e, je travaillais \u00e0 mi-temps \u00e0 la Direction des \u00c9tudes et Recherches d\u2019EDF, avec G\u00e9rard Hatabian. Ensuite, pendant quelques ann\u00e9es, une fois par an, j\u2019ai fait des analyses d\u2019enqu\u00eates. C\u2019\u00e9taient mes vacances\u00a0: je n\u2019avais rien \u00e0 inventer, je devais juste analyser.<\/p>\n<p>Mais je voulais faire un m\u00e9tier utile et je me sentais plus utile en offrant du plaisir aux spectateurs, en intervenant dans des classes ou en animant des ateliers-th\u00e9\u00e2tre. Je poursuivais l\u2019exploration du corps, de l\u2019\u00e2me et de l\u2019esprit dans l\u2019espace.<\/p>\n<p><strong>Comment s\u2019est pass\u00e9 ton passage \u00e0 l\u2019\u00e9criture\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>En 1990, mon premier vrai travail d\u2019\u00e9criture a co\u00efncid\u00e9 avec les premiers mois de vie de ma fille a\u00een\u00e9e, Garance\u00a0: ce fut la traduction de <em>Deirdre of the sorrows<\/em>, de John Millington Synge, une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre que je voulais monter. Le texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 et France Culture l\u2019a enregistr\u00e9. Je ne l\u2019ai jamais mont\u00e9e.<\/p>\n<p>Avec ma compagnie, \u00ab\u00a0Les Enfants du paradis\u00a0\u00bb, que je cr\u00e9e en 1991, j\u2019ai produit un seul en sc\u00e8ne consacr\u00e9 \u00e0 Th\u00e9odore de Banville en juin de cette ann\u00e9e-l\u00e0. J\u2019ai ensuite mont\u00e9 <em>La Libert\u00e9 ou l\u2019amour<\/em>, voyage po\u00e9tique dans l\u2019\u0153uvre de Robert Desnos, d\u2019abord en appartement puis sur sc\u00e8ne, qui s\u2019est jou\u00e9 en 1996 \u00e0 Avignon, avec <em>L\u2019Homme dans tous ses \u00e9tats<\/em>, compos\u00e9 de textes de Feydeau, dont <em>L\u2019Homme de paille<\/em>. Suivront, en 1999, une adaptation du <em>Dernier jour d\u2019un condamn\u00e9<\/em>, de Victor Hugo et, en 2001, du <em>Code Noir, ou le calvaire de Canaan<\/em>, de Louis Sala-Mollins\u2026<\/p>\n<p>Dans le cadre d\u2019un atelier-th\u00e9\u00e2tre, ouvert \u00e0 Pantin en 1999, j\u2019ai adapt\u00e9 de nombreux textes du r\u00e9pertoire (je me suis passionn\u00e9 pour la mythologie grecque, pour Eschyle, notamment), et j\u2019ai \u00e9crit des pi\u00e8ces \u00ab\u00a0accommod\u00e9es\u00a0\u00bb aux participants.<\/p>\n<p>Mes motivations ont toujours \u00e9t\u00e9 li\u00e9es \u00e0 mon d\u00e9sir et non \u00e0 une quelconque rentabilit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c9crire, depuis l\u2019enfance, m\u2019a permis de ne pas perdre pied, de penser pour panser mes souffrances, pour rester debout, pour avancer. J\u2019ai beaucoup lu, toujours, et d\u00e9couvert la fantasy, avec Tolkien, juste avant d\u2019int\u00e9grer l\u2019Ensae.<\/p>\n<p>Le doute a \u00e9t\u00e9 mon compagnon de tous les jours. La vie m\u2019a donn\u00e9 quelques certitudes, puisque \u00e7a ne m\u2019a pas emp\u00each\u00e9 d\u2019avoir des enfants, deux filles (Garance et Morgane) et un gar\u00e7on (Hugo). Lorsqu\u2019ils \u00e9taient petits, je leur racontais des histoires. J\u2019en avais d\u00e9j\u00e0 plein la t\u00eate avec mon exp\u00e9rience des jeux de r\u00f4les, et c\u2019est ainsi qu\u2019est n\u00e9 <em>Le Monde de Belmilor<\/em>.<\/p>\n<p><strong>A quel moment t\u2019es-tu senti pr\u00eat pour publier ce que tu \u00e9crivais\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Je refuse de publier \u00e0 compte d\u2019auteur. Pour \u00eatre lu par des lecteurs, il me para\u00eet normal de passer par un \u00e9diteur, qui va estimer que le texte m\u00e9rite d\u2019\u00eatre publi\u00e9, qui va donc faire avec l\u2019auteur son travail d\u2019\u00e9diteur.<\/p>\n<p>J\u2019aurais pu passer ma vie \u00e0 ne pas me sentir pr\u00eat. Mais j\u2019ai r\u00e9ussi deux concours (avec des auteurs d\u00e9j\u00e0 \u00e9dit\u00e9s) qui m\u2019ont prouv\u00e9 que j\u2019avais ma place parmi les auteurs dits professionnels.<\/p>\n<p>Joueur depuis mes ann\u00e9es \u00e0 l\u2019Ensae (Donjons et dragons avec d\u2019autres \u00e9tudiants), j\u2019ai cr\u00e9\u00e9 un univers onirique, qui interroge le n\u00f4tre. Une amie, autrice, m\u2019a demand\u00e9 un jour pourquoi je n\u2019\u00e9crivais pas de fantasy. Quel int\u00e9r\u00eat d\u2019\u00e9crire la \u00e9ni\u00e8me qu\u00eate\u00a0? lui r\u00e9pondis-je. Au m\u00eame moment, j\u2019ai perdu le chat qui avait partag\u00e9 dix-sept ann\u00e9es de ma vie, Eschylle. Il m\u2019a inspir\u00e9 <em>Le Monde de Belmilor, <\/em>un cycle de fantasy o\u00f9 le narrateur est un chat, siamois de surcro\u00eet. J\u2019avais un point de vue original et une \u00e9pop\u00e9e \u00e0 \u00e9crire. C\u2019\u00e9tait en 2009. Neuf ann\u00e9es s\u2019\u00e9coul\u00e8rent, pendant lesquelles j\u2019\u00e9crivis chaque jour ou presque, sans jamais envoyer mes manuscrits\u2026 sauf lorsque je participai \u00e0 un concours organis\u00e9 par un \u00e9diteur jeunesse belge. C\u2019est ainsi qu\u2019est sorti, en 2011, en Belgique, mon premier roman\u00a0: <em>L\u2019Arc de la lune<\/em>.<\/p>\n<p>En 2015, un traumatisme subi pendant mon enfance est remont\u00e9 \u00e0 ma conscience. J\u2019ai compris, en le revivant, pourquoi l\u2019enfant de sept ans avait d\u00e9cid\u00e9 d\u2019oublier cet \u00e9v\u00e9nement. J\u2019avais auparavant fait un travail psychanalytique sur l\u2019impact toxique de mon p\u00e8re dans ma construction. J\u2019\u00e9tais m\u00fbr pour \u00e9crire, lib\u00e9r\u00e9 de mes fant\u00f4mes int\u00e9rieurs. Je pouvais enfin penser pour panser de fa\u00e7on consciente.<\/p>\n<p>En 2018, j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 un autre concours, \u00ab\u00a0les \u00e9mergents\u00a0\u00bb, organis\u00e9 par la Charte des auteurs jeunesse. La nouvelle pr\u00e9sent\u00e9e fut prim\u00e9e et int\u00e9ressa diverses maisons d\u2019\u00e9dition qui me demand\u00e8rent d\u2019\u00e9crire un roman. C\u2019est ainsi que vingt-cinq ans apr\u00e8s les faits, presque jour pour jour, le 6 avril 2019, je mis un point final \u00e0 <em>Je suis Innocent<\/em>, r\u00e9cit du g\u00e9nocide des Tutsi au Rwanda. Le point de vue est celui d\u2019un enfant de sept ans qui \u00ab\u00a0\u00e9crit au pr\u00e9sent d\u2019\u00e9ternit\u00e9\u00a0\u00bb. Ce roman est sorti le 19 mars 2020 aux \u00c9ditions Talents Hauts\u2026 quatre jours apr\u00e8s la fermeture de toutes les librairies de France et de Navarre.<\/p>\n<p>En novembre 2020 fut publi\u00e9, aux \u00c9ditions d\u2019Avallon, le premier tome du <em>Monde de Belmilor<\/em>, <em>Aux Apparences ne te fieras<\/em> \u2026 lors du deuxi\u00e8me confinement, donc\u00a0!<\/p>\n<p>J\u2019avais \u00e9crit les deux premiers tomes en 2009. J\u2019ai r\u00e9\u00e9crit le deuxi\u00e8me, dix ans apr\u00e8s, et le troisi\u00e8me, sorti en d\u00e9cembre 2022, est donc mon cinqui\u00e8me roman publi\u00e9. Enfin, je viens de mettre un point final au tome 4, <em>Solidaire, tu construiras<\/em>.<\/p>\n<p>Un autre roman, <em>Un D\u00e9 trop loin<\/em>, commenc\u00e9 dans les ann\u00e9es 90, un polar situ\u00e9 dans l\u2019univers des jeux de r\u00f4les, sortira cette ann\u00e9e, en mai, aux \u00e9ditions d\u2019Avallon.<\/p>\n<p><strong>Tu \u00e9cris, tu joues, tu mets en sc\u00e8ne \u2026 comment organises-tu ton temps\u00a0? Dirais-tu qu\u2019il existe une synergie fertile entre ces diff\u00e9rentes facettes de ta vie\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Comme je l\u2019ai dit, je fus d\u2019abord com\u00e9dien. \u00c9crire m\u2019a permis de rester vivant et m\u2019a toujours accompagn\u00e9. J\u2019\u00e9cris comme je joue\u00a0: avec mon corps. Je pense avec lui. Je recherche une \u00e9criture organique. Il y a \u00e0 la fois un artisanat dans l\u2019\u00e9criture, ainsi que dans le jeu d\u2019acteur, mais il y a aussi une qu\u00eate artistique. Donner \u00e0 voir, \u00e0 lire, \u00e0 entendre, \u00e0 go\u00fbter, \u00e0 toucher la beaut\u00e9 du monde, de la vie.<\/p>\n<p>J\u2019anime aussi des ateliers d\u2019initiation \u00e0 la langue fran\u00e7aise par le biais de la po\u00e9sie de Victor Hugo. J\u2019interviens \u00e0 la demande dans le cadre d\u2019ateliers d\u2019\u00e9criture (en particulier po\u00e9sie). Toutes ces actions r\u00e9sonnent fortement les unes avec les autres.<\/p>\n<p>Je suis libre.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 quel(s) type(s) de litt\u00e9rature appartiennent tes romans\u00a0? Quelles sont tes sources d\u2019inspiration et ton intention d\u2019auteur\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019\u00e9cris la fragilit\u00e9 confront\u00e9e au monde qui l\u2019entoure.<\/p>\n<p><em>Je suis Innocent<\/em> est de la litt\u00e9rature dite jeunesse, parce que le narrateur, au moment o\u00f9 il vit les aventures d\u00e9crites, est un enfant de sept ans, mais lesdites aventures sont dues au g\u00e9nocide rwandais contre les Tutsi. Le genre est donc profond\u00e9ment r\u00e9aliste puisqu\u2019il s\u2019agit de dire l\u2019indicible.<\/p>\n<p>Je travaille sur un d\u00e9calogue dont le titre g\u00e9n\u00e9rique est <em>Le Monde de Belmilor<\/em>. Le genre commun \u00e0 ces romans est la fantasy, mais il y a aussi le genre r\u00e9cit initiatique, le conte, etc. Je travaille sur une hybridation des genres litt\u00e9raires par une recherche po\u00e9tique et sensible.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9cris aussi des polars.<\/p>\n<p>Le point commun \u00e0 tous ces romans est une interrogation sur le sensible, le fragile, et son rapport au monde. Mes \u00ab\u00a0h\u00e9ros\u00a0\u00bb sont souvent des \u00eatres d\u00e9licats, vuln\u00e9rables, confront\u00e9s \u00e0 un monde violent.<\/p>\n<p><strong>Pour conclure, peux-tu nous dire quelques mots de ton dernier roman publi\u00e9\u00a0? et du prochain s\u2019il est d\u00e9j\u00e0 en pr\u00e9paration\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><em>L\u2019Autre, tu aimeras<\/em>, sorti aux \u00c9ditions d\u2019Avallon en d\u00e9cembre 2022, appartient au cycle de fantasy du<em> Monde de Belmilor<\/em>, dont le narrateur est un chat. Dans ce roman, les compagnons d\u2019Eschylle (le chat) vont explorer un portail menant vers une autre dimension. Ils y d\u00e9couvriront qu\u2019un pan de la m\u00e9moire du monde a \u00e9t\u00e9 effac\u00e9. Qui trahira qui est la question \u00e0 laquelle ils seront confront\u00e9s, ainsi qu\u2019\u00e0 celle de l\u2019amour.<\/p>\n<p>Je viens de terminer le quatri\u00e8me tome, <em>Solidaire, tu construiras<\/em>. Eschylle et ses compagnons enqu\u00eatent au sein de l\u2019Empire Brun, afin de savoir pourquoi des plantes meurent myst\u00e9rieusement et pourquoi les habitants les plus fortun\u00e9s se prom\u00e8nent avec d\u2019\u00e9tranges instruments.<\/p>\n<p><em>Un D\u00e9 trop loin<\/em>, \u00e9voqu\u00e9 plus haut, sort en mai 2023. Il se d\u00e9roule en 1984, \u00e0 la Direction des \u00c9tudes et Recherches d\u2019EDF, o\u00f9 j\u2019ai travaill\u00e9 quand je suis revenu du Rwanda. Certains \u00e9tudiants de l\u2019\u00e9poque s\u2019y reconna\u00eetront peut-\u00eatre. L\u2019enqu\u00eate se d\u00e9roule entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9\u00a0: un premier, puis un deuxi\u00e8me cadavre sont retrouv\u00e9s dans un bureau du b\u00e2timent C, l\u00e0 o\u00f9 travaillent des ing\u00e9nieurs-chercheurs, mais aussi o\u00f9 certains d\u2019entre eux jouent certaines nuits au jeu du Donjon\u2026<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Bibliographie<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p><em>Deirdre des douleurs, in Deirdre, variations sur le mythe<\/em>, 1992, Editions Artus\u00a0;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Kettler-Larc-de-la-lune\/369717\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">L\u2019Arc de la Lune<\/span><\/a><\/span>, 2011, Les \u00e9ditions du chemin\u00a0;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"http:\/\/www.talentshauts.fr\/les-heroiques\/322-je-suis-innocent-9782362663659.html\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">Je suis Innocent<\/span><\/a><\/span>, 2020, \u00c9ditions Talents Hauts\u00a0;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"https:\/\/www.leseditionsdavallon.com\/nos-livres\/le_monde_de_belmilor_tome_1_apparence\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">Aux Apparences ne te fieras<\/span><\/a><\/span>, 2020, \u00c9ditions d\u2019Avallon\u00a0;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"https:\/\/www.leseditionsdavallon.com\/nos-livres\/le_monde_de_belmilor_tome_2_originalite\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">Ton Originalit\u00e9, pr\u00e9serveras<\/span><\/a><\/span>, 2021, \u00c9ditions d\u2019Avallon\u00a0;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"https:\/\/www.leseditionsdavallon.com\/nos-livres\/le_monde_de_belmilor_tome_3_amour\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">L\u2019Autre, tu aimeras<\/span><\/a><\/span>, 2022, \u00c9ditions d\u2019Avallon.<\/p>\n<p>Pour toutes celles et tous ceux qui veulent \u00eatre tenus au courant de mon actualit\u00e9, il suffit d\u2019envoyer un mail \u00e0 <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"mailto:pf.kettler@gmail.com\">pf.kettler@gmail.com<\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"width: auto; border: 1px solid #2E86C1; text-align: justify; background: #F0F0F0; padding: 10px;\">\n<h5><strong>Extrait de <em>Je suis innocent (2020, \u00c9ditions Talents Hauts)<\/em><\/strong><\/h5>\n<p>Soudain, une grande main effleure avec d\u00e9licatesse mon \u00e9paule. De longs doigts effil\u00e9s exercent une pression caressante, apaisante. Cela dure quelques secondes, \u00e0 peine. Je l\u00e8ve les yeux. Je vois un oiseau s\u2019envoler. Le sourire du vieillard s\u2019est \u00e9largi. Son bras droit pend le long de son corps, immobile. Je ne frissonne plus. La vie est un fil tendu entre ce flamboiement spectaculaire, accompagn\u00e9 par la fra\u00eecheur de la nuit qui vient, et mon regard ouvert ou ferm\u00e9.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai plus peur. Je ne comprends pas. Je vais mourir. Le monde est beau. Le monde est vivant. Papa me tient la main. \u00ab\u00a0Poussi\u00e8re, tu es poussi\u00e8re, et tu retourneras \u00e0 la poussi\u00e8re.\u00a0\u00bb Je ferme les yeux. Pour garder avec moi cet embrasement des collines. Mon pays. Le Rwanda.<\/p>\n<p>J\u2019entends un choc, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. Un fr\u00f4lement. Comme une plume glissant vers le sol. Un souffle me parvient. Je le re\u00e7ois. Mon c\u0153ur se remet \u00e0 frapper du tambour. Mais ce battement est lent. Chaque percussion est espac\u00e9e. C\u2019est mon tour. Sur mes pupilles, il y a tout l\u2019or du soir qui tombe.<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pierre-Fran\u00e7ois Kettler (1984) vient de publier son cinqui\u00e8me roman. A cette occasion, il r\u00e9pond aux questions de variances.eu et nous dit ce qu\u2019est l\u2019\u00e9criture pour lui. Pierre-Fran\u00e7ois, tu viens de publier ton cinqui\u00e8me roman, L\u2019Autre, tu aimeras. Peux-tu nous d\u00e9crire le parcours qui t\u2019a men\u00e9 de l\u2019Ensae \u00e0 la publication de ce roman\u00a0? 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