{"id":7154,"date":"2023-01-16T07:15:36","date_gmt":"2023-01-16T06:15:36","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=7154"},"modified":"2023-01-16T07:19:48","modified_gmt":"2023-01-16T06:19:48","slug":"en-amerique-latine-une-presence-chinoise-devenue-globale-2eme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=7154","title":{"rendered":"En Am\u00e9rique latine, une pr\u00e9sence chinoise devenue globale &#8211; 2\u00e8me partie"},"content":{"rendered":"<p><em>L&rsquo;article publi\u00e9 aujourd&rsquo;hui constitue la seconde partie d\u2019une \u00e9tude consacr\u00e9e aux relations entre la Chine et l&rsquo;Am\u00e9rique latine. La premi\u00e8re partie (cf. <\/em><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/variances.eu\/?p=7142\"><em>www.variances.eu\/p=7142<\/em><\/a><\/span><\/span><em>) \u00e9tait consacr\u00e9e aux ann\u00e9es 2000. Cette seconde partie se penche sur les relations \u00e0 partir de 2010. La version int\u00e9grale est disponible sur etudes-economiques.credit-agricole.com<\/em><\/p>\n<h3>Les ann\u00e9es 2010 : Routes de la Soie et internationalisation du yuan<\/h3>\n<p>Mais l\u2019influence chinoise ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 la sph\u00e8re commerciale. Avec les ann\u00e9es 2010 est venu le temps de la financiarisation et de l\u2019investissement, port\u00e9 par un puissant v\u00e9hicule\u00a0: le d\u00e9veloppement des Routes de la soie. Vingt pays de la zone<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong><sup>[1]<\/sup><\/strong><\/a> ont ainsi rejoint l\u2019initiative BRI (<em>Belt and Road Initiative<\/em>). Six sont \u00e9galement membres de la BAII<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong><sup>[2]<\/sup><\/strong><\/a> (Banque Asiatique pour les Investissements et les Infrastructures), deux (Bolivie et Venezuela) membres prospectifs et le Br\u00e9sil est membre fondateur de la Nouvelle Banque de D\u00e9veloppement (<em>New Development Bank<\/em>).<\/p>\n<h5><em>Du soutien budg\u00e9taire\u2026<\/em><\/h5>\n<p>La Chine a ainsi financ\u00e9 de grands programmes d\u2019infrastructures, notamment <em>via<\/em> ses deux principales banques de d\u00e9veloppement (EXIM <em>Bank<\/em> et <em>China Development Bank<\/em>), pour des montants qui exc\u00e8dent largement ceux des bailleurs r\u00e9gionaux traditionnels (Banque mondiale, Banque interam\u00e9ricaine de d\u00e9veloppement et CAF). Entre 2013 et 2017, les financements chinois vers la zone se montaient ainsi \u00e0 93,8 milliards de dollars (soit un peu moins du quart du montant total investi dans le cadre des Routes de la Soie), contre 115 Mds en cumul\u00e9 pour la BID et la CAF, les principaux bailleurs multilat\u00e9raux r\u00e9gionaux. Des montants d\u2019autant plus importants qu\u2019ils se concentrent sur les pays les plus proches de la Chine sur le plan id\u00e9ologique (Argentine sous les Kirchner, Br\u00e9sil sous Lula puis Dilma Rousseff, Bolivie, Cuba, Equateur sous Correa, Venezuela).<\/p>\n<p>En Am\u00e9rique latine comme ailleurs, les financements chinois se sont concentr\u00e9s dans les secteurs strat\u00e9giques pour la Chine, et n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement des Routes de la Soie\u00a0: \u00e9nergie, transport et mines. Trains et r\u00e9acteurs en Argentine, centrales \u00e9lectriques et exploitation p\u00e9troli\u00e8re au Br\u00e9sil, mines de cuivre au Chili sont autant de projets embl\u00e9matiques financ\u00e9s par la Chine entre 2010 et 2020.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence chinoise s\u2019est aussi renforc\u00e9e dans les infrastructures portuaires, cl\u00e9 de vo\u00fbte des nouvelles Routes de la Soie maritimes, avec des prises de participation dans plusieurs pays (Argentine, Br\u00e9sil, Cuba, Panama, P\u00e9rou\u2026). Le contr\u00f4le, partiel ou total, de terminaux portuaires fait partie des priorit\u00e9s chinoises, en Am\u00e9rique latine comme ailleurs (port du Pir\u00e9e en Gr\u00e8ce, participation au sein du port de Hambourg en Allemagne), avec des risques de perte de souverainet\u00e9 sur ces espaces traditionnellement contr\u00f4l\u00e9s par des autorit\u00e9s publiques qui passent sous tutelle d\u2019entreprises d\u2019\u00c9tat chinoises.<\/p>\n<p>Certains secteurs recevant des financements chinois ne sont certes pas si \u00e9loign\u00e9s des domaines traditionnels d\u2019intervention des bailleurs multilat\u00e9raux ou d\u2019autres pays pourvoyeurs d\u2019aide au d\u00e9veloppement (\u00c9tats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon pour citer les principaux). \u00c0 une diff\u00e9rence pr\u00e8s, et substantielle\u00a0: celle des conditions financi\u00e8res propos\u00e9es. Car si les bailleurs multilat\u00e9raux et les pays du G7 proposent des pr\u00eats \u2013 voire des dons pour les pays les plus pauvres \u2013 \u00e0 des conditions de taux tr\u00e8s concessionnelles, assorties de p\u00e9riodes de gr\u00e2ce et d\u2019amortissements tr\u00e8s cons\u00e9quentes, l\u2019approche chinoise est bien plus commerciale.<\/p>\n<p>Les analyses des projets BRI montrent en effet que, sur la p\u00e9riode 2000-2017, pour un dollar investi sous forme d\u2019aide publique au d\u00e9veloppement (ODA \u2013 <em>Official Development Aid<\/em>) en Am\u00e9rique latine par la Chine, 21,5\u00a0dollars l\u2019ont \u00e9t\u00e9 sous forme \u00ab\u00a0d\u2019autres apports au secteur public\u00a0\u00bb (OOF \u2013 <em>Other Offical Flows<\/em>), c\u2019est-\u00e0-dire sous une forme se rapprochant plus d\u2019un pr\u00eat commercial, mais toujours d\u00e9caiss\u00e9 par une entit\u00e9 publique ou para-publique.<\/p>\n<p>Ainsi, quand le taux moyen accord\u00e9 par la Chine (pour l\u2019ensemble des projets BRI, pas juste ceux situ\u00e9s en Am\u00e9rique latine) est de 4,2%, assorti d\u2019une maturit\u00e9 moyenne de 9,4 ans et d\u2019une p\u00e9riode de gr\u00e2ce de 1,8 an, il est de 1,1% pour les pays de l\u2019OCDE, avec une maturit\u00e9 moyenne de 28 ans. Des conditions nettement moins favorables, dont l\u2019acceptation par les r\u00e9cipiendaires s\u2019explique par la moindre exigence chinoise en termes de qualit\u00e9 (normes ESG notamment) et de conditionnalit\u00e9s. Les Chinois pratiquent ainsi commun\u00e9ment \u00ab\u00a0l\u2019aide li\u00e9e\u00a0\u00bb qui oblige les pays emprunteurs \u00e0 confier les projets \u00e0 des entreprises chinoises, alors que les financements fournis par les pays de l\u2019OCDE sont g\u00e9n\u00e9ralement assortis d\u2019appels d\u2019offres plus encadr\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019exception de l\u2019\u00c9quateur et du Venezuela, dont la dette bilat\u00e9rale vis-\u00e0-vis de la Chine est comprise entre 10 et 20\u00a0% du PIB, les autres pays d\u2019Am\u00e9rique latine pr\u00e9sentent une exposition plus limit\u00e9e. En revanche, tous sont expos\u00e9s aux m\u00eames risques en cas de d\u00e9faut, \u00e0 savoir une saisie des infrastructures concern\u00e9es (comme cela fut le cas pour le port d\u2019Hambantota au Sri Lanka).<\/p>\n<p>Certains, comme l\u2019\u00c9quateur, commencent \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019all\u00e8gements ou de restructurations d\u2019une dette devenue insoutenable (20% du PIB \u00e9quatorien)\u00a0: les termes demeurent cependant totalement d\u00e9pendants de la bonne volont\u00e9 de la Chine, qui refuse toujours de rejoindre le Club de Paris et ne s\u2019associe que de mani\u00e8re <em>ad hoc<\/em> aux n\u00e9gociations FMI. Les financements accord\u00e9s dans le cadre de l\u2019initiative BRI ont tr\u00e8s nettement ralenti depuis trois ans. L\u2019interpr\u00e9tation de ce ralentissement n\u2019est ni univoque ni arr\u00eat\u00e9e. \u00c0 l\u2019occasion de la crise du Covid et de ses propres difficult\u00e9s \u00e9conomiques, la Chine a (peut-\u00eatre) \u00e9t\u00e9 incit\u00e9e \u00e0 se recentrer temporairement sur la gestion de ses d\u00e9s\u00e9quilibres domestiques. Simultan\u00e9ment, les \u00c9tats r\u00e9cipiendaires ont (\u00e9ventuellement) pris conscience des dommages collat\u00e9raux de ces financements chinois trop facilement octroy\u00e9s. N\u00e9anmoins, alors que les besoins de financements r\u00e9gionaux restent abyssaux, les gouvernements disposent encore de peu d\u2019alternatives.<\/p>\n<h5><em>\u2026 au d\u00e9ploiement du mon\u00e9taire<\/em><\/h5>\n<p>La Banque centrale de Chine (PBoC) a \u00e9galement conclu des accords de <em>swap <\/em>de devises (cf. <em>infra<\/em>) avec certaines \u00e9conomies de la zone dont l\u2019Argentine, le Br\u00e9sil et le Chili.<\/p>\n<p>Selon les travaux de Garcia-Herrero et Xia (2013), la Chine retient principalement cinq crit\u00e8res pour s\u00e9lectionner les pays avec lesquels elle conclut des accords de <em>swap<\/em>\u00a0: mod\u00e8le de gravit\u00e9 (distance \u00e0 la Chine et taille du pays)\u00a0; force de la relation commerciale avec la Chine (volume des exportations vers la Chine et existence ou non d&rsquo;un accord de libre-\u00e9change)\u00a0; ouverture financi\u00e8re du pays (degr\u00e9 d&rsquo;ouverture du compte de capital et IDE vers la Chine)\u00a0; vuln\u00e9rabilit\u00e9 macro-\u00e9conomique (inflation et nombre de d\u00e9fauts de paiement sur la dette souveraine)\u00a0; qualit\u00e9 des institutions (indice de qualit\u00e9 du gouvernement et indice de corruption, absolu et relatif par rapport aux indices de la Chine).<\/p>\n<p>L\u2019application de ces crit\u00e8res est v\u00e9rifi\u00e9e en Am\u00e9rique latine\u00a0: la Chine y a souscrit avec la puissance r\u00e9gionale (Br\u00e9sil), avec laquelle elle entretient des liens commerciaux importants, avec le Chili, qui constitue un partenaire privil\u00e9gi\u00e9 en termes d\u2019approvisionnement strat\u00e9gique (cuivre), mais surtout avec l\u2019Argentine, qui d\u00e9tient probablement le record mondial du nombre de d\u00e9fauts souverains sur sa dette.<\/p>\n<p>Or, des trois pays, seule l\u2019Argentine a tir\u00e9 avec certitude sur sa ligne, lors du deuxi\u00e8me mandat de Cristina Kirchner (2011-2015) alors que le pays, qui avait rompu toutes ses relations avec le FMI et les march\u00e9s de capitaux internationaux, \u00e9tait de nouveau au bord d\u2019une crise de sa balance des paiements.<\/p>\n<p>Leur montant mis \u00e0 part, le contenu de ces accords est rest\u00e9 confidentiel, notamment sur les conditions de taux pratiqu\u00e9es et leur activation. Cela pose \u00e9videmment probl\u00e8me car ce manque de transparence, tant dans les conditions du <em>swap<\/em> que dans son utilisation, n\u2019aide pas \u00e0 conna\u00eetre la v\u00e9ritable exposition des pays \u00e0 une crise de balance des paiements. Sous la pr\u00e9sidence Kirchner, le montant de la ligne de <em>swap<\/em> (<strong>Tableau 2<\/strong>) \u00e9tait ainsi int\u00e9gr\u00e9 aux <em>r\u00e9serves<\/em> de change argentines dont il gonflait artificiellement donc le montant r\u00e9el<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><strong><sup>[3]<\/sup><\/strong><\/a>.<\/p>\n<p>Le but premier de la ligne de <em>swap<\/em> (fournir de la liquidit\u00e9 en devises aux b\u00e9n\u00e9ficiaires en p\u00e9riode de tensions) a donc \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9 par la Chine\u00a0: elle en fait une sorte de pr\u00eat bilat\u00e9ral d\u00e9guis\u00e9, non comptabilis\u00e9 dans les statistiques officielles de la dette, au profit de pays vuln\u00e9rables potentiellement expos\u00e9s \u00e0 de graves difficult\u00e9s financi\u00e8res.<\/p>\n<p>L\u2019ind\u00e9pendance des banques centrales, comme la BCRA (<em>Banco Central de la Republica Argentina<\/em>) peut aussi \u00eatre questionn\u00e9e, puisque l\u2019utilisation des lignes de <em>swap<\/em> a pu s\u2019apparenter \u00e0 une forme de financement mon\u00e9taire.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Tableau 2\u00a0: lignes de <em>swap <\/em>conclues avec la PBoC<\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_7156\" style=\"width: 687px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-7156\" class=\"size-full wp-image-7156\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/caT2.png\" alt=\"\" width=\"677\" height=\"419\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/caT2.png 677w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/caT2-300x186.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/caT2-600x371.png 600w\" sizes=\"(max-width: 677px) 100vw, 677px\" \/><p id=\"caption-attachment-7156\" class=\"wp-caption-text\">Source : PBoC, Cr\u00e9dit Agricole S.A\/ECO<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"width: auto; border: 1px solid #2E86C1; text-align: justify; background: #F0F0F0; padding: 10px;\">\n<h5 style=\"text-align: center;\"><strong><em>Les lignes de <\/em><\/strong><strong>swap<em> comme outil de l\u2019internationalisation du yuan<\/em><\/strong><\/h5>\n<p>Alors que les banques centrales faisaient face \u00e0 des probl\u00e8mes de liquidit\u00e9 sur le march\u00e9 interbancaire international lors de la crise financi\u00e8re de 2008, la Fed avait activ\u00e9 des lignes de <em>swap <\/em>temporaires avec quatorze banques centrales de pays \u00e9mergents ou d\u00e9velopp\u00e9s, qui se sont maintenues jusqu\u2019en 2010. Cinq de ces lignes, qui concernaient uniquement des \u00e9conomies avanc\u00e9es ont ensuite \u00e9t\u00e9 p\u00e9rennis\u00e9es (BCE, BoE, BoJ, BNS et BoC) en 2013.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s la BCE, une ligne de <em>swap<\/em> est \u00ab\u00a0un accord conclu entre deux banques centrales en vue de proc\u00e9der \u00e0 un \u00e9change de devises. Ce dispositif permet \u00e0 une banque centrale d\u2019obtenir des liquidit\u00e9s dans diff\u00e9rentes devises aupr\u00e8s de leurs instituts d\u2019\u00e9mission respectifs\u00a0\u00bb. En d\u2019autres termes, ces lignes permettent de d\u00e9tendre les march\u00e9s de financement en p\u00e9riode de mont\u00e9e des risques et de resserrement des liquidit\u00e9s. Elles agissent \u00e9galement comme des \u00ab\u00a0proph\u00e9ties auto-r\u00e9alisatrices\u00a0\u00bb\u00a0: leur simple existence est cens\u00e9e permettre de diminuer les anticipations sur un \u00e9ventuel ass\u00e8chement de liquidit\u00e9s.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 la crise financi\u00e8re, la Chine s\u2019est rendu compte \u00e0 la fois de sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 face \u00e0 la domination du dollar dans les sph\u00e8res commerciales et financi\u00e8res, mais aussi de l\u2019importance de telles lignes pour des pays exclus des circuits traditionnels de coop\u00e9ration entre banques centrales. Aujourd\u2019hui, elle maintient une trentaine d\u2019accords, d\u2019une dur\u00e9e moyenne de trois ans, pour un montant global d\u2019environ 500 milliards de dollars.<\/p>\n<p><strong>Pour la Chine, l\u2019objectif est triple\u00a0:<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>D\u00e9velopper sa capacit\u00e9 \u00e0 agir comme pr\u00eateur en dernier ressort sur la sc\u00e8ne internationale<\/strong>, en dehors du cadre traditionnel de Bretton Woods. Alors que le but premier d\u2019une ligne de <em>swap<\/em> est de faire face \u00e0 un resserrement temporaire des conditions de liquidit\u00e9 ou d\u2019acc\u00e8s \u00e0 une devise, la Chine a pu pr\u00e9senter ses lignes de <em>swap<\/em> comme un moyen pour les pays \u00e9mergents de faire face \u00e0 une chute des r\u00e9serves et donc une crise de la balance des paiements. Certains pays (Argentine, Mongolie, Pakistan) ont effectivement tir\u00e9 sur leurs lignes au moment o\u00f9 ils pr\u00e9sentaient une baisse nette de leurs r\u00e9serves, d\u2019autant que la Chine leur proposait un acc\u00e8s \u00e0 des dollars. D\u00e9tourn\u00e9e de son objet (assistance temporaire), l\u2019utilisation de la ligne comme \u00ab\u00a0outil de financement p\u00e9renne\u00a0\u00bb nuit \u00e0 la lecture et \u00e0 la r\u00e9solution des vuln\u00e9rabilit\u00e9s \u00e9conomiques et financi\u00e8res fondamentales.<\/li>\n<li><strong>Armer le yuan comme une monnaie de r\u00e9serve<\/strong>. Alors que le yuan repr\u00e9sente maintenant 12% du panier de devises composant les Droits de Tirage Sp\u00e9ciaux (DTS) du FMI, il ne compte que pour 2,5% des r\u00e9serves totales mondiales. La mise en place de lignes de <em>swap<\/em> est cens\u00e9e encourager les pays \u00e0 d\u00e9tenir plus de yuans \u00ab\u00a0virtuels\u00a0\u00bb dans leurs r\u00e9serves. Les lignes de <em>swap<\/em> ont ainsi pour objectif de donner \u00e0 la Chine certains des attributs d\u2019une monnaie de r\u00e9serve tout en \u00e9chappant \u00e0 la contrainte que cela suppose\u00a0: la convertibilit\u00e9 et sa propre ouverture financi\u00e8re aux capitaux \u00e9trangers.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9velopper les \u00e9changes et les financements en yuan<\/strong> afin de limiter la d\u00e9pendance en dollars dans les \u00e9changes internationaux. D\u00e9but 2022, la part des paiements internationaux libell\u00e9s en yuans s\u2019\u00e9levait \u00e0 3,2%. Pour autant, elle monte \u00e0 16% en moyenne dans les pays de la BRI, qui sont parmi les principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires des lignes de <em>swap<\/em>. La mise en place de ces lignes permet donc de nouveau \u00e0 la Chine de contourner les contraintes li\u00e9es \u00e0 la fermeture de son compte financier. Le yuan \u00e9tant une devise non convertible, le fait de signer des lignes de swap garantit un acc\u00e8s au renminbi <em>off-shore<\/em> pour les non r\u00e9sidents, et rassurent donc des importateurs\/<em>exportateurs<\/em> non chinois sur leur capacit\u00e9 \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 cette devise, m\u00eame en cas de tensions sur les liquidit\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<h3><\/h3>\n<h3>Les ann\u00e9es 2020\u00a0: le temps du <em>soft power<\/em>\u00a0?<\/h3>\n<p>Officiellement adopt\u00e9e comme un principe politique lors du 17<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s du Parti communiste chinois en 2007, la notion de \u00ab\u00a0<em>soft power<\/em>\u00a0\u00bb passe en Chine par plusieurs canaux\u00a0: pr\u00e9sence dans les universit\u00e9s et promotion de la langue et de la culture chinoises, aide humanitaire (notamment durant le Covid-19), organisation d\u2019\u00e9v\u00e9nements internationaux, contribution \u00e0 l\u2019atteinte des objectifs de d\u00e9veloppement des Nations unies.<\/p>\n<p>Depuis 2006, la Chine d\u00e9veloppe ainsi ses instituts Confucius, qui sont implant\u00e9s dans 23 pays latino-am\u00e9ricains<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><strong><sup>[4]<\/sup><\/strong><\/a>. Ces derniers, souvent install\u00e9s au c\u0153ur des campus universitaires, s\u2019inscrivent dans une d\u00e9marche plus globale que celle des instituts de langue traditionnels (Alliance Fran\u00e7aise ou <em>British Council<\/em>), puisqu\u2019ils ajoutent \u00e0 l\u2019apprentissage du chinois le d\u00e9veloppement d\u2019\u00e9changes d\u2019\u00e9tudiants et de professeurs, \u00e0 des conditions financi\u00e8res tr\u00e8s attractives.<\/p>\n<p>R\u00e9guli\u00e8rement accus\u00e9s d\u2019\u00eatre des \u00ab\u00a0chevaux de Troie du PCC\u00a0\u00bb, voire d\u2019abriter des espions et de participer \u00e0 la diffusion de la propagande du r\u00e9gime, de nombreux instituts ont ferm\u00e9 leur porte ces derni\u00e8res ann\u00e9es, en particulier aux \u00c9tats-Unis. En Am\u00e9rique latine, ils sont particuli\u00e8rement implant\u00e9s dans les pays dont les gouvernements ont des positions id\u00e9ologiques proches de celles de P\u00e9kin.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019instar de l\u2019Afrique ou de l\u2019Union europ\u00e9enne, l\u2019Am\u00e9rique du Sud a \u00e9galement son forum de dialogue avec la Chine, qui se tient tous les trois ans depuis 2015. Ces grand- messes diplomatiques permettent \u00e0 la Chine d\u2019afficher ses ambitions en mati\u00e8re de coop\u00e9ration avec le continent et de faire des annonces, notamment en termes de financement d\u2019infrastructures.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0latino\u00a0\u00bb, le bilan est souvent plus mitig\u00e9. D\u2019une part, parce qu\u2019en l\u2019absence de coordination \u00e9conomique au sein de la zone, l\u2019exercice se transforme souvent en concours de beaut\u00e9 visant \u00e0 attirer les capitaux et les entreprises chinoises dans son pays. D\u2019autre part, parce que les investissements promis ne se mat\u00e9rialisent pas toujours. Ces grandes op\u00e9rations de communication servent donc avant tout les int\u00e9r\u00eats chinois.<\/p>\n<h5><em>L<\/em><em>\u2019\u00e8<\/em><em>re de la diplomatie sanitaire <\/em><\/h5>\n<p>Le Covid-19 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une nouvelle facette du <em>soft<\/em> <em>power<\/em> chinois <em>via<\/em> l\u2019aide sanitaire<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><strong><sup>[5]<\/sup><\/strong><\/a>. Directement coordonn\u00e9e par le gouvernement chinois et le minist\u00e8re de la sant\u00e9, la Chine s\u2019est rapidement positionn\u00e9e comme fournisseur d\u2019\u00e9quipements m\u00e9dicaux et de masques, alors m\u00eame que les \u00c9tats-Unis, en pleine p\u00e9nurie, diminuaient leur aide. Trois pays ont tout particuli\u00e8rement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du soutien chinois\u00a0: le Br\u00e9sil, le Chili et le Venezuela.<\/p>\n<p>C\u2019est ensuite dans la fourniture de vaccins que la Chine s\u2019est illustr\u00e9e. En Argentine, au Chili, en \u00c9quateur, au P\u00e9rou et en Uruguay, les vaccins chinois (Sinovac et Sinopharm) ont \u00e9t\u00e9 massivement administr\u00e9s. Alors que les pays \u00e9mergents reprochaient aux \u00e9conomies avanc\u00e9es de s\u2019accaparer les doses produites par les laboratoires occidentaux (Pfizer, Moderna et AstraZeneca), et que le m\u00e9canisme Covax soutenu par le GAVI (l\u2019Alliance du Vaccin) et l\u2019OMS (Organisation Mondiale de la Sant\u00e9) peinait \u00e0 fournir les doses promises, la Chine a \u00e9t\u00e9 capable de livrer dans un temps record et \u00e0 un prix comp\u00e9titif.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience a toutefois \u00e9t\u00e9 mitig\u00e9e en raison de la relative inefficacit\u00e9\u00a0des vaccins chinois : au Chili par exemple, les campagnes de vaccination ont \u00e9t\u00e9 suivies par un rebond tr\u00e8s significatif du nombre de cas et de morts, tant et si bien que le gouvernement s\u2019est ensuite tourn\u00e9 vers le vaccin Pfizer pour poursuivre sa campagne. Le b\u00e9n\u00e9fice en termes d\u2019image pour la Chine s\u2019est donc r\u00e9v\u00e9l\u00e9 mitig\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_7157\" style=\"width: 524px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-7157\" class=\"size-full wp-image-7157\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/ca9.png\" alt=\"\" width=\"514\" height=\"325\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/ca9.png 514w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/ca9-300x190.png 300w\" sizes=\"(max-width: 514px) 100vw, 514px\" \/><p id=\"caption-attachment-7157\" class=\"wp-caption-text\">Sources : Our World in Data, Cr\u00e9dit Agricole S.A\/ECO<\/p><\/div>\n<h5><em>Apr<\/em><em>\u00e8<\/em><em>s les Routes de la Soie, l<\/em><em>\u2019<\/em><em>initiative pour le d\u00e9veloppement mondial\u00a0<\/em><em>?<\/em><\/h5>\n<p>Mais le d\u00e9ploiement de ce <em>soft power<\/em> s\u2019inscrit \u00e9galement dans un objectif plus global, port\u00e9 par \u00ab\u00a0l\u2019initiative pour le d\u00e9veloppement mondial\u00a0\u00bb (<em>Global Development Initiative<\/em>). Cette initiative, qui se veut encore plus large que celle des Routes de la Soie, est bien d\u00e9finie dans son objet, elle l\u2019est moins dans ses outils. Sous couvert d\u2019atteindre les objectifs de d\u00e9veloppement durable des Nations unies, elle vise \u00e0 unifier les pays du Sud autour d\u2019une nouvelle id\u00e9e du multilat\u00e9ralisme, dans laquelle la Chine pourrait faire figure d\u2019\u00e9mettrice de normes et de standards.<\/p>\n<p>Avec cet \u00e9largissement, la Chine souhaite constituer le groupe des \u00ab\u00a0BRICS+\u00a0\u00bb, dont elle avait d\u00e9j\u00e0 esquiss\u00e9 les contours en 2017, et \u00e9largir le dialogue \u00e0 d\u2019autres pays comme l\u2019Arabie saoudite, l\u2019Argentine, l\u2019\u00c9gypte, les \u00c9mirats arabes unis, l\u2019Indon\u00e9sie, le Kazakhstan, le Nig\u00e9ria, le S\u00e9n\u00e9gal et la Tha\u00eflande. Cette coop\u00e9ration Sud-Sud avait pour but principal de gagner en influence et en repr\u00e9sentation dans les institutions internationales issues du \u00ab\u00a0syst\u00e8me de Bretton Woods\u00a0\u00bb, dans lesquelles leur pouvoir et leurs droits de vote ne sont pas toujours align\u00e9s sur leur poids \u00e9conomique et d\u00e9mographique.<\/p>\n<p>Les pays \u00ab\u00a0latinos\u00a0\u00bb se sont prudemment engag\u00e9s dans la construction de ce nouveau monde, m\u00eame si la r\u00e9\u00e9lection de Lula au Br\u00e9sil, plus proche de la Chine et de la Russie, pourrait changer la donne. L\u2019alternance de cycles \u00e9lectoraux tr\u00e8s marqu\u00e9s, que l\u2019on a pu observer ces derni\u00e8res ann\u00e9es en Argentine, au Br\u00e9sil, au Chili, en Colombie ou au P\u00e9rou, avec les blocages politiques qu\u2019ils impliquent parfois (quand le nouveau gouvernement ne dispose pas de majorit\u00e9 au sein du Parlement) ralentissent aussi leur engagement. Et alors que l\u2019Am\u00e9rique du Sud peine d\u00e9j\u00e0 \u00e0 se construire en tant que r\u00e9gion, notamment en raison de rivalit\u00e9s de puissances (entre le Br\u00e9sil et l\u2019Argentine par exemple), il semble improbable qu\u2019elle puisse se ranger derri\u00e8re un nouvel ordre mondial incarn\u00e9 par la Chine, surtout si cet ordre n\u2019implique pas le red\u00e9ploiement d\u2019engagements financiers, \u00e0 des conditions plus \u00e9quitables que celles qui pr\u00e9valaient dans les projets BRI.<\/p>\n<h3>Conclusion<\/h3>\n<p>En l\u2019espace de vingt ans, la Chine s\u2019est impos\u00e9e comme un partenaire incontournable pour les \u00e9conomies d\u2019Am\u00e9rique latine, en s\u2019int\u00e9grant de plus en plus dans les structures \u00e9conomiques de chaque pays\u00a0comme client, fournisseur, investisseur ou op\u00e9rateur. Mais alors que certains \u00c9tats voyaient en la Chine une mani\u00e8re de se lib\u00e9rer de l\u2019emprise du voisin am\u00e9ricain, dont l\u2019interventionnisme, notamment en mati\u00e8re politique avait laiss\u00e9 des traces profondes, les relations avec l\u2019Empire du Milieu se sont vite r\u00e9v\u00e9l\u00e9es tout aussi d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur le plan commercial d\u2019abord, puisque la mont\u00e9e en puissance de la Chine a concouru \u00e0 la d\u00e9sindustrialisation pr\u00e9coce d\u2019une partie du continent, cantonn\u00e9 dans son r\u00f4le de fournisseur de mati\u00e8res premi\u00e8res. En fa\u00e7onnant le paysage \u00e9conomique, la pr\u00e9sence chinoise contribue \u00e0 fa\u00e7onner le paysage social. Sur le terrain de l\u2019investissement ensuite, puisque les promesses n\u2019ont pas toujours \u00e9t\u00e9 tenues, et que les actifs financ\u00e9s l\u2019ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 des conditions peu favorables, pour une qualit\u00e9 parfois m\u00e9diocre.<\/p>\n<p>Alors que la Chine ralentit et limite ses financements ext\u00e9rieurs, elle se veut pourtant la t\u00eate de pont d\u2019un nouvel ordre mondial, ouvertement anti-occidental, au sein duquel elle tente de f\u00e9d\u00e9rer les pays \u00e9mergents. Sans promesse de financement, et alors que les besoins en infrastructures du continent demeurent gigantesques, il n&rsquo;est pas s\u00fbr que la seule promesse du d\u00e9salignement suffise \u00e0 convaincre des pays latino-am\u00e9ricains, avant tout soucieux de reprendre la main sur leur trajectoire de d\u00e9veloppement pour \u00e9viter que les ann\u00e9es futures ne se transforment en nouvelle d\u00e9cennie perdue.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : Chine &#8211;\u00a0 Am\u00e9rique latine &#8211; Routes de la Soie &#8211; g\u00e9o \u00e9conomie &#8211; investissement &#8211; commerce international<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><strong><sup>[1]<\/sup><\/strong><\/a> Antigua et Barbuda, Argentine, Barbade, Bolivie, Chili, Costa Rica, Cuba, Dominique, R\u00e9publique dominicaine, \u00c9quateur, Salvador, Grenade, Guyana, Jama\u00efque, Nicaragua, Panama, P\u00e9rou, Suriname, Trinidad, Uruguay, Venezuela.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><strong><sup>[2]<\/sup><\/strong><\/a> Argentine, Br\u00e9sil, Chili, \u00c9quateur, P\u00e9rou, Uruguay.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><strong><sup>[3]<\/sup><\/strong><\/a> A l\u2019occasion du dernier accord conclu entre l\u2019Argentine et le FMI (<em>Extended Fund Facility<\/em>, mars 2022), l\u2019objectif de r\u00e9serves de change a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 en termes nets (r\u00e9serves internationales brutes moins lignes de <em>swap<\/em> avec d&rsquo;autres banques centrales, r\u00e9serves obligatoires sur les d\u00e9p\u00f4ts nationaux en dollars et garantie des d\u00e9p\u00f4ts).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><strong><sup>[4]<\/sup><\/strong><\/a> Argentine, Bahamas, Barbade, Bolivie, Br\u00e9sil, Chili, Colombie, \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Costa Rica, Cuba, El Salvador, \u00c9quateur, Grenade, Guyane, Ha\u00efti, Jama\u00efque, Mexique, Panama, P\u00e9rou, R\u00e9publique Dominicaine, Suriname, Trinit\u00e9 et Tobago, Uruguay, Venezuela.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><strong><sup>[5]<\/sup><\/strong><\/a> <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.wilsoncenter.org\/sites\/default\/files\/media\/uploads\/documents\/FINAL%2520Updated%2520Sanborn%2520Article.pdf\">Updated Sanborn Article (wilsoncenter.org)<\/a><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;article publi\u00e9 aujourd&rsquo;hui constitue la seconde partie d\u2019une \u00e9tude consacr\u00e9e aux relations entre la Chine et l&rsquo;Am\u00e9rique latine. 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