{"id":7016,"date":"2022-11-24T07:16:18","date_gmt":"2022-11-24T06:16:18","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=7016"},"modified":"2022-11-24T07:17:26","modified_gmt":"2022-11-24T06:17:26","slug":"de-la-comptabilite-nationale-au-roman-regional","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=7016","title":{"rendered":"De la comptabilit\u00e9 nationale au roman r\u00e9gional"},"content":{"rendered":"<p>Fran\u00e7ois Lequiller (ENSAE 1978) vient de publier son neuvi\u00e8me roman, <em>Le loup du Cotentin<\/em>. Depuis 2014, il a publi\u00e9 un roman par an. \u00c0 l\u2019occasion de la sortie de son dernier opus, <em>Variances<\/em> se penche sur cette surprenante deuxi\u00e8me carri\u00e8re.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Peux-tu nous d\u00e9crire le parcours qui t\u2019a men\u00e9 de l\u2019ENSAE \u00e0 l\u2019\u00e9criture de romans\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p>C\u2019est un parcours de toute fin de vie professionnelle et, en fait, une totale reconversion ! Apr\u00e8s une passionnante carri\u00e8re \u00e0 l\u2019Insee et dans des organisations internationales, j\u2019avais acquis une (petite) notori\u00e9t\u00e9 dans les milieux internationaux de statistiques macro\u00e9conomiques, notamment pour avoir r\u00e9dig\u00e9 un manuel \u00e9dit\u00e9 par l\u2019OCDE et intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<em>Understanding National Accounts\u00a0<\/em>\u00bb. \u00c0 l\u2019origine en fran\u00e7ais, il a \u00e9t\u00e9 traduit en anglais, en espagnol, en chinois et, assez extraordinairement, en g\u00e9orgien\u00a0! Il s\u2019est d\u2019ailleurs vendu mieux que mes romans. On pourra revenir l\u00e0-dessus\u2026<\/p>\n<p>Alors, quand mes coll\u00e8gues ont appris que j\u2019\u00e9crivais des romans, ils sont tomb\u00e9s de leur chaise. Et avec raison, car c\u2019est \u00a0une reconversion \u00e0 180\u00b0\u00a0! En effet, mes romans n\u2019ont rien \u00e0 voir, mais alors rien du tout, avec ce que j\u2019ai appris \u00e0 l\u2019ENSAE et avec mon m\u00e9tier d\u2019origine. Une fois, j\u2019avais essay\u00e9, dans l\u2019un d\u2019entre eux, d\u2019introduire un \u00e9pisode un peu statistique qui se passait \u00e0 Bercy. J\u2019ai vite renonc\u00e9. M\u00eame au sein d\u2019une anecdote romanc\u00e9e et \u00e9pic\u00e9e (il y avait DSK\u00a0!), la comptabilit\u00e9 nationale, c\u2019est trop aust\u00e8re dans un roman.<\/p>\n<p>Au total, c\u2019est donc une deuxi\u00e8me vie. Chacun devrait avoir le droit d\u2019avoir plusieurs vies. Qu\u2019on peut d\u2019ailleurs mener en parall\u00e8le, l\u2019une n\u2019emp\u00eachant pas l\u2019autre. Je suis par exemple encore pr\u00e9sident de l\u2019Association fran\u00e7aise de Comptabilit\u00e9 Nationale.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>\u00c0 quels types de litt\u00e9rature appartiennent tes romans\u00a0? <\/strong><\/span><\/p>\n<p>Ce sont des romans historiques. Comme je pense que c\u2019est le cas pour beaucoup de pr\u00e9tendants auteurs, j\u2019avais, pour mon premier roman, l\u2019id\u00e9e d\u2019un polar. Mais, aujourd\u2019hui, avec le recul de neuf volumes, je m\u2019aper\u00e7ois que ce qui structure profond\u00e9ment mes ouvrages c\u2019est l\u2019Histoire, avec un grand H.<\/p>\n<p>Mon premier roman, au-del\u00e0 de son c\u00f4t\u00e9 policier, se passe ainsi pendant \u00ab\u00a0la guerre des haies\u00a0\u00bb, cette bataille de deux mois en plein Cotentin, moins connue que le d\u00e9barquement de juin 1944 mais bien plus meurtri\u00e8re. Ma premi\u00e8re trilogie, une saga familiale, couvre tous les grands \u00e9v\u00e8nements du vingti\u00e8me si\u00e8cle, depuis la premi\u00e8re guerre mondiale jusqu\u2019\u00e0 Mai 68 en passant par la crise de 29 et la seconde guerre mondiale. Dans mon septi\u00e8me roman, on se retrouve en Argentine \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, au moment de la \u00ab\u00a0campagne du d\u00e9sert\u00a0\u00bb, quand une tribu am\u00e9rindienne, les Mapuches, est massacr\u00e9e. Dans mon huiti\u00e8me, on est plong\u00e9 dans l\u2019arsenal de Cherbourg, au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante, en pleine crise de Cuba. Dans mon neuvi\u00e8me, celui qui vient de para\u00eetre, on fait un saut de deux si\u00e8cles en arri\u00e8re, au paroxysme de la R\u00e9volution.<\/p>\n<p>Mes romans sont faciles \u00e0 lire et sont con\u00e7us pour \u00eatre des \u00ab\u00a0<em>page turners\u00a0<\/em>\u00bb mais je suis convaincu que les lecteurs apprennent aussi pas mal de choses. La phrase qui revient d\u2019ailleurs souvent chez la plupart d\u2019entre eux est\u00a0: \u00ab\u00a0c\u2019est tr\u00e8s document\u00e9\u00a0\u00bb. J\u2019esp\u00e8re qu\u2019ils pensent aussi\u00a0: \u00ab\u00a0et bien romanc\u00e9 en plus\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Quelles sont tes sources d\u2019inspiration et quelle est ton intention d\u2019auteur\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Outre l\u2019Histoire, ma deuxi\u00e8me source d\u2019inspiration est ma r\u00e9gion de c\u0153ur, le Cotentin. J\u2019y suis class\u00e9 \u00ab\u00a0\u00e9crivain r\u00e9gional\u00a0\u00bb et j\u2019en suis tr\u00e8s fier. Toutes mes histoires sont enracin\u00e9es dans la presqu\u2019\u00eele, bien que je n\u2019en sois pas originaire. Certains Manchots<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> auraient d\u2019ailleurs gentiment tendance \u00e0 me le reprocher. Je leur r\u00e9ponds hardiment que c\u2019est mon pays d\u2019adoption\u2026 J\u2019y poss\u00e8de une maison depuis vingt-deux ans, je commence \u00e0 bien le conna\u00eetre et je conseille chaudement \u00e0 tous ceux qui ne l\u2019ont pas encore visit\u00e9 de le faire. Le titre de mes romans y fait souvent r\u00e9f\u00e9rence et la trame de mes r\u00e9cits provient de v\u00e9ridiques histoires locales que me racontent les gens que je croise dans les salons du livre.<\/p>\n<p>Ma trilogie,\u00a0<em>Les dunes du Cotentin<\/em>, s\u2019appuie ainsi sur le destin hors du commun d\u2019une famille de la c\u00f4te ouest. Mon dernier roman, <em>Le loup du Cotentin<\/em>, se passe m\u00eame dans mon village. Cet ancrage me permet d\u2019ajouter un riche contexte g\u00e9ographique \u00e0 mes r\u00e9cits historiques. Les dizaines de kilom\u00e8tres de plages sauvages, les falaises de la Hague battues par les vents, le bocage si tranquille du Sud Manche ou la sombre lande des marais du centre du d\u00e9partement forment un magnifique d\u00e9cor naturel.<\/p>\n<p>Que dire de mon intention d\u2019auteur\u00a0? \u00c0 un journaliste qui voulait relier un peu artificiellement un \u00e9pisode historique de la \u00ab\u00a0campagne du d\u00e9sert\u00a0\u00bb \u00e0 un fait actuel, j\u2019ai r\u00e9pondu que je ne fais pas des romans \u00e0 message. Je me contente de raconter une histoire. Quand mes enfants \u00e9taient tr\u00e8s jeunes, je leur inventais une histoire en rentrant du travail. Dans mes romans, je raconte des histoires aux adultes.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Comment as-tu proc\u00e9d\u00e9 pour \u00eatre publi\u00e9\u00a0? <\/strong><\/span><\/p>\n<p>Ecrire un roman est une chose, \u00eatre publi\u00e9 par un \u00e9diteur est beaucoup plus difficile. C\u2019est un lieu commun et j\u2019en ai fait l\u2019exp\u00e9rience comme beaucoup d\u2019autres. Apr\u00e8s avoir vainement sollicit\u00e9 les grandes maisons, j\u2019ai eu la chance de tomber sur une tr\u00e8s sympathique \u00e9ditrice locale. Il faut \u00eatre humble en litt\u00e9rature. En huit romans, elle a vendu environ six mille livres (et j\u2019ai perdu plus d\u2019argent que je n\u2019en ai gagn\u00e9\u2026). Ce n\u2019est rien par rapport aux \u00ab\u00a0best-sellers\u00a0\u00bb\u00a0qui se vendent \u00e0 des dizaines sinon des centaines de milliers d\u2019exemplaires. Mais, pour moi, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 formidable car je vis comme un honneur, presque un privil\u00e8ge, le fait que quelqu\u2019un se plonge dans une histoire que j\u2019ai invent\u00e9e\u00a0! Et que dire du bonheur de rencontrer un lecteur qui me demande instamment quand sort mon prochain. Et quelle fiert\u00e9 que l\u2019un d\u2019entre eux ait \u00e9t\u00e9 traduit en espagnol\u00a0par un \u00e9diteur argentin !<\/p>\n<p>Soit dit en passant, le nombre d\u2019exemplaires vendus d\u00e9pend, bien s\u00fbr, de la qualit\u00e9 intrins\u00e8que du roman mais surtout de la puissance de frappe de l\u2019\u00e9diteur. Or, mon \u00e9ditrice est on ne peut plus modeste. Elle ne diffuse que dans les librairies du d\u00e9partement de la Manche\u00a0et en ligne sur son propre site ! Je me plais \u00e0 penser que si mes livres \u00e9taient diffus\u00e9s dans toute la France, j\u2019aurais plus de lecteurs.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Quels enseignements tires-tu de ton exp\u00e9rience d\u2019auteur publi\u00e9 ? <\/strong><\/span><\/p>\n<p>La premi\u00e8re chose est qu\u2019il ne faut pas \u00e9crire pour soi mais pour les autres. Sinon, il ne faut pas \u00e9crire un roman mais un journal intime. Peut-\u00eatre que les tr\u00e8s grands \u00e9crivains peuvent \u00e9crire sans penser \u00e0 leurs lecteurs, mais, pour d\u2019humbles scribouilleurs comme moi, il faut \u00e9crire en essayant de faire en sorte que quand le lecteur arrive \u00e0 la fin d\u2019un chapitre, il ait envie de lire le suivant\u00a0! Donc, il faut un r\u00e9cit qui tienne la corde. Ainsi, je fais des romans qu\u2019on peut qualifier d\u2019\u00ab\u00a0historiques\u00a0\u00bb mais il y a toujours un fil rouge dont le but est de maintenir le lecteur en haleine.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me chose est d\u2019avoir de la t\u00e9nacit\u00e9. \u00c9crire, c\u2019est du travail. Souvent, on me demande quand j\u2019\u00e9cris\u00a0: le jour\u00a0? la nuit\u00a0? combien\u00a0? Je n\u2019\u00e9cris pas plus de deux heures par jour, mais r\u00e9guli\u00e8rement. Et ce n\u2019est pas toujours de gaiet\u00e9 de c\u0153ur. Mais je m\u2019y astreins.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me chose est de ne pas avoir la grosse t\u00eate. \u00c9videmment, tout romancier r\u00eave (tout en, hypocritement, le critiquant) d\u2019\u00eatre autant vendu que Guillaume Musso. Mais, honn\u00eatement, c\u2019est une illusion. Car pour vendre beaucoup (sans parler de gagner de l\u2019argent\u2026), il faut \u00eatre promu par un grosse maison d\u2019\u00e9dition. Et l\u00e0, il y a un mur que seuls quelques rares privil\u00e9gi\u00e9s arrivent \u00e0 franchir.<\/p>\n<p>La quatri\u00e8me chose peut para\u00eetre un d\u00e9tail mais a son importance quand on ne part de rien, comme moi. Rentrez dans une librairie et regardez autour de vous. Il y a des centaines de romans \u00e9crits par toutes sortes de gens. Quand vous \u00eates un auteur inconnu, demandez-vous humblement pourquoi un client s\u2019int\u00e9resserait \u00e0 votre ouvrage sachant que votre nom lui est totalement \u00e9tranger. Il faut qu\u2019il ait une \u00ab\u00a0accroche\u00a0\u00bb. Pour ma part, j\u2019ai choisi l\u2019accroche r\u00e9gionale. Un titre et une couverture qui attirent un lecteur du coin en esp\u00e9rant qu\u2019il aimera et que le bouche \u00e0 oreille am\u00e8nera des lecteurs d\u2019autres origines \u00e0 le lire. J\u2019ai beaucoup de chance\u00a0car il se trouve que mes romans sont illustr\u00e9s par les magnifiques aquarelles originales d\u2019\u00c9lisabeth, mon \u00e9pouse. On peut les voir sur le site : <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"http:\/\/www.francoiselisabeth.fr\">www.francoiselisabeth.fr<\/a><\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_7032\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-7032\" class=\"wp-image-7032\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/FLEQUILLER.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/FLEQUILLER.jpg 1029w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/FLEQUILLER-300x292.jpg 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/FLEQUILLER-1024x995.jpg 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/FLEQUILLER-600x583.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-7032\" class=\"wp-caption-text\">Fran\u00e7ois et Elisabeth Lequiller<\/p><\/div>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Pour finir, peux-tu nous dire quelques mots de ton dernier roman\u00a0? Et du prochain s\u2019il est d\u00e9j\u00e0 en pr\u00e9paration\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p>On est, en septembre 1792, en pleine R\u00e9volution, dans un petit hameau du Cotentin. Une adolescente est viol\u00e9e et \u00e9trangl\u00e9e. Un jeune et fringant officier de police de la ville voisine de Coutances se jure de la venger. C\u2019est le fil rouge dont je parlais plus haut. Son enqu\u00eate va se heurter aux divisions politiques exacerb\u00e9es entre les \u00ab\u00a0ci-devants\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0sans-culottes\u00a0\u00bb et les sages paysans et artisans provinciaux, r\u00e9publicains mod\u00e9r\u00e9s. Chacun de ces trois camps est personnifi\u00e9 par une figure haute en couleur\u00a0: le camp contre-r\u00e9volutionnaire par une fascinante \u00e9g\u00e9rie, pr\u00eate \u00e0 tout pour remettre la monarchie sur le tr\u00f4ne\u00a0; le camp des radicaux, par un Danton local au petit pied qui profite de son pouvoir pour assouvir des d\u00e9sirs inavouables\u00a0; et le camp des mod\u00e9r\u00e9s par une jeune merci\u00e8re de Coutances, amoureuse et d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 sauver son amant des griffes des sans-culottes r\u00e9gionaux. Ainsi, cette enqu\u00eate est le fil conducteur d\u2019une plong\u00e9e vivide et personnifi\u00e9e dans cette p\u00e9riode extraordinaire qui a inspir\u00e9 nombre de romanciers.<\/p>\n<p>Pour moi, l\u2019\u00e9criture de ce neuvi\u00e8me roman a \u00e9t\u00e9 un d\u00e9fi\u00a0: celui de comprendre cette complexit\u00e9 historique tout en la situant, non pas \u00e0 Paris, mais dans un endroit recul\u00e9 de la province. La R\u00e9volution vue par les paysans\u00a0! J\u2019ai dit plus haut que ce sont des rencontres locales qui m\u2019inspirent. Cela a \u00e9t\u00e9 le cas pour <em>Le loup du Cotentin<\/em>. En effet, c\u2019est \u00e0 l\u2019occasion de la lecture fortuite d\u2019une brochure \u00e9crite par l\u2019ancien maire de mon village que j\u2019ai appris qu\u2019un petit Fouquier-Tinville local avait s\u00e9vi dans le hameau dans lequel j\u2019ai ma maison\u00a0!<\/p>\n<p>Depuis plus d\u2019un an, je me suis donc plong\u00e9 dans la R\u00e9volution\u00a0! Je n\u2019ai lu que sur elle. J\u2019ai visit\u00e9 les mus\u00e9es qui lui sont consacr\u00e9s. Et j\u2019ai appris \u00e9norm\u00e9ment de choses, notamment sur les \u00e9v\u00e8nements locaux, comme le si\u00e8ge de Granville par les Vend\u00e9ens. J\u2019esp\u00e8re qu\u2019il en sera de m\u00eame pour mes futurs lecteurs.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 moi, je commence d\u00e9j\u00e0 mon prochain\u2026 Eh oui\u00a0! C\u2019est un deuxi\u00e8me m\u00e9tier\u2026 Cette fois-ci, chose extraordinaire, cela ne se passera pas en Normandie, mais tr\u00e8s loin, au Liban. Je puise dans mes souvenirs personnels de gamin pour raconter une histoire qui va plonger le lecteur au sein d\u2019une communaut\u00e9 au destin tragique, les Arm\u00e9niens.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Les journalistes d\u2019aujourd\u2019hui pr\u00e9f\u00e8rent, pour \u00eatre politiquement correct, \u00ab\u00a0Manchois\u00a0\u00bb, mais le vrai terme historique pour les habitants du d\u00e9partement de la Manche est \u00ab\u00a0Manchot\u00a0\u00bb.\u00a0<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fran\u00e7ois Lequiller (ENSAE 1978) vient de publier son neuvi\u00e8me roman, Le loup du Cotentin. Depuis 2014, il a publi\u00e9 un roman par an. \u00c0 l\u2019occasion de la sortie de son dernier opus, Variances se penche sur cette surprenante deuxi\u00e8me carri\u00e8re. 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