{"id":6930,"date":"2022-10-13T07:15:42","date_gmt":"2022-10-13T05:15:42","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=6930"},"modified":"2022-10-13T07:19:03","modified_gmt":"2022-10-13T05:19:03","slug":"un-tiers-de-lempreinte-carbone-de-lunion-europeenne-est-du-a-ses-importations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=6930","title":{"rendered":"Un tiers de l\u2019empreinte carbone de l\u2019Union europ\u00e9enne est d\u00fb \u00e0 ses importations"},"content":{"rendered":"<p><strong>L\u2019Union europ\u00e9enne (UE) et les \u00c9tats-Unis \u00e9mettent plus de gaz \u00e0 effet de serre (GES) par habitant que la moyenne mondiale. Cependant, rapport\u00e9es \u00e0 leur PIB, leurs \u00e9missions sont inf\u00e9rieures \u00e0 cette moyenne. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans l\u2019UE et aux \u00c9tats<\/strong>\u2011<strong>Unis, les \u00e9missions de GES induites par la demande finale \u2013 l\u2019empreinte carbone \u2013 sont plus \u00e9lev\u00e9es que les \u00e9missions issues de la production. En 2018, l\u2019empreinte carbone par habitant de l\u2019UE est de 11 tonnes d\u2019\u00e9quivalent CO<sub>2<\/sub>, contre 21 aux \u00c9tats<\/strong>\u2011<strong>Unis et 8 en Chine. Un tiers environ de l\u2019<\/strong><strong>empreinte de l<\/strong><strong>\u2019UE correspond \u00e0 des processus de production localis\u00e9s en dehors de son territoire.<\/strong><\/p>\n<p>Entre 2000 et 2018, les \u00e9missions mondiales de GES ont augment\u00e9 de moiti\u00e9, deux fois plus vite que la population mondiale. Au cours de cette p\u00e9riode, la production est devenue plus \u00e9conome en\u00a0GES dans les \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es. \u00c0 cet \u00e9gard, les engagements de la France en termes de r\u00e9duction de ses \u00e9missions n\u00e9cessitent une baisse annuelle de plus de 5\u00a0% jusqu\u2019en 2050. La marche est haute\u00a0: la baisse a \u00e9t\u00e9 de moins de 1\u00a0% par an depuis 1990.<\/p>\n<p>Cet article pr\u00e9sente les principales conclusions de l\u2019<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/6474294\">Insee Analyses 74<\/a><\/span><\/span> (juillet 2022) o\u00f9 les aspects m\u00e9thodologiques sont d\u00e9taill\u00e9s.<\/p>\n<h3><strong><em>Les pays d\u00e9velopp\u00e9s ont une part dans les \u00e9missions mondiales de GES sup\u00e9rieure \u00e0 leur part dans la population, mais inf\u00e9rieure \u00e0 leur part dans le PIB<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Les \u00e9missions mondiales de gaz \u00e0 effet de serre\u00a0(GES) s\u2019\u00e9l\u00e8vent en 2018 \u00e0 46,8\u00a0milliards de tonnes d\u2019\u00e9quivalent CO<sub>2<\/sub> (Gt\u00e9qCO<sub>2<\/sub>). Ces \u00e9missions proviennent principalement de l\u2019utilisation de combustibles fossiles (charbon, gaz naturel et p\u00e9trole). Elles r\u00e9sultent des activit\u00e9s \u00e9conomiques et des activit\u00e9s domestiques (transport et logement) des m\u00e9nages.<\/p>\n<p>La r\u00e9partition g\u00e9ographique des \u00e9missions mondiales peut s\u2019\u00e9tablir selon deux approches\u00a0: la premi\u00e8re r\u00e9pertorie les \u00e9missions qui ont physiquement lieu sur les territoires nationaux. Cette m\u00e9thode, dite des inventaires nationaux, est retenue dans les engagements internationaux des pays. La seconde approche, dite de l\u2019empreinte carbone, mesure les \u00e9missions associ\u00e9es \u00e0 la consommation de produits par les r\u00e9sidents d\u2019un pays, ind\u00e9pendamment du lieu de fabrication de ces produits (encadr\u00e9).<\/p>\n<div style=\"width: auto; border: 1px solid #2E86C1; text-align: justify; background: #F0F0F0; padding: 10px;\">\n<p><em><strong>Encadr\u00e9\u00a0: inventaire et empreinte <\/strong><\/em><\/p>\n<p>L\u2019inventaire national calcule les quantit\u00e9s de gaz \u00e0 effet de serre physiquement \u00e9mises \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays (approche territoriale) par les m\u00e9nages (v\u00e9hicules et logements) et les activit\u00e9s \u00e9conomiques (consommation d\u2019\u00e9nergie fossile, proc\u00e9d\u00e9s industriels et \u00e9missions de l\u2019agriculture).<\/p>\n<p>L&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/metadonnees\/definition\/c2132\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">empreinte carbone<\/span><\/span><\/a> repr\u00e9sente la quantit\u00e9 de gaz \u00e0 effet de serre (GES) induite par la demande finale int\u00e9rieure d&rsquo;un pays (consommation des m\u00e9nages, des administrations publiques et des organismes \u00e0 but non lucratif et investissements), que les biens ou services consomm\u00e9s soient produits sur le territoire national ou import\u00e9s.<\/p>\n<p>L&#8217;empreinte carbone est donc constitu\u00e9e :<\/p>\n<ul>\n<li>des GES \u00e9mis directement par les m\u00e9nages (principalement li\u00e9s \u00e0 la combustion des carburants des v\u00e9hicules particuliers et la combustion d&rsquo;\u00e9nergies fossiles pour le chauffage des logements) ;<\/li>\n<li>des \u00e9missions de GES issues de la production int\u00e9rieure de biens et de services destin\u00e9e \u00e0 la demande int\u00e9rieure (c&rsquo;est-\u00e0-dire hors exportations) ;<\/li>\n<li>des \u00e9missions de GES associ\u00e9es aux biens et services import\u00e9s, pour les consommations interm\u00e9diaires des entreprises ou pour l\u2019usage final des m\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces deux derniers items constituent les \u00e9missions indirectes de GES. Par rapport \u00e0 l\u2019inventaire, l\u2019empreinte carbone est obtenue en ajoutant les \u00e9missions de GES issues de la production de biens import\u00e9s et en \u00f4tant les \u00e9missions de GES issues de la production en France de biens export\u00e9s (Figure 1).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Figure 1 \u2013 \u00c9missions de gaz \u00e0 effets de serre, deux approches : l\u2019inventaire national et l\u2019empreinte carbone<\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_6931\" style=\"width: 910px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6931\" class=\"wp-image-6931\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure1.png\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"358\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure1.png 2717w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure1-300x119.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure1-1024x408.png 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure1-600x239.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure1-1536x612.png 1536w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure1-2048x816.png 2048w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure1-1080x430.png 1080w\" sizes=\"(max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><p id=\"caption-attachment-6931\" class=\"wp-caption-text\">1. GES directement \u00e9mis par les m\u00e9nages, principalement li\u00e9s \u00e0 la combustion de carburant et d\u2019\u00e9nergie fossile pour le chauffage.<br \/>Note : pour une question d\u2019arrondi, les totaux peuvent diff\u00e9rer \u00e0 la d\u00e9cimale pr\u00e8s.<br \/>Lecture : il est possible de passer de l\u2019inventaire \u00e0 l\u2019empreinte carbone en retranchant de l\u2019inventaire les GES \u00e9mis sur le territoire pour des produits qui sont export\u00e9s (2,5 t\u00e9qCO2) et en ajoutant les GES \u00e9mis \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour des produits import\u00e9s (4,8 t\u00e9qCO2).<\/p><\/div>\n<p>L\u2019exemple des \u00e9missions de GES associ\u00e9es aux carburants permet d\u2019illustrer ces notions. Les GES \u00e9mis durant l\u2019extraction, le transport, le raffinage sont comptabilis\u00e9s en tant qu\u2019\u00e9missions indirectes dans l\u2019inventaire des pays qui r\u00e9alisent ces diff\u00e9rentes activit\u00e9s. Ils seront \u00e9galement comptabilis\u00e9s en tant qu\u2019\u00e9missions indirectes dans l\u2019empreinte carbone du pays qui consomme ces carburants. Les GES \u00e9mis durant l\u2019utilisation par les m\u00e9nages de ce carburant (par exemple pour se d\u00e9placer ou se chauffer), sont compt\u00e9s dans les \u00e9missions directes de l\u2019inventaire et de l\u2019empreinte carbone du pays qui les utilise.<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ainsi, les \u00e9missions li\u00e9es \u00e0 la production d\u2019un bien export\u00e9 sont attribu\u00e9es au pays d\u2019origine selon l\u2019inventaire, au pays consommateur dans la m\u00e9thode de l\u2019empreinte. Il est possible de passer de l\u2019inventaire \u00e0 l\u2019empreinte en retranchant de l\u2019inventaire les GES \u00e9mis sur le territoire pour des produits qui sont export\u00e9s et en ajoutant les GES \u00e9mis \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour des produits import\u00e9s. Si les diff\u00e9rences entre ces deux indicateurs sont riches d\u2019enseignements, leurs points communs fournissent des premiers \u00e9l\u00e9ments int\u00e9ressants.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">En 2018, les pays de l\u2019Union europ\u00e9enne\u00a0(UE) repr\u00e9sentent 8,7\u00a0% des \u00e9missions mondiales selon l\u2019approche de l\u2019inventaire, 10,5\u00a0% selon l\u2019empreinte (Figure\u00a02). La France compte pour 1,0\u00a0% de l\u2019inventaire et 1,3\u00a0% de l\u2019empreinte. L\u2019Italie est tr\u00e8s proche de la France tandis que l\u2019Allemagne repr\u00e9sente une part plus importante de l\u2019inventaire mondial (2,1\u00a0%) et de l\u2019empreinte mondiale (2,6\u00a0%).<\/p>\n<p id=\"titre-graphique-figure2\" class=\"titre-figure titreGraphiqueImpression\" style=\"text-align: center;\"><strong><em>Figure 2\u00a0\u2013 R\u00e9partition du PIB, de la population, de l\u2019inventaire et de l\u2019empreinte carbone entre diff\u00e9rents pays, en 2018<\/em><\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_6933\" style=\"width: 654px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6933\" class=\"size-full wp-image-6933\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure2.png\" alt=\"\" width=\"644\" height=\"537\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure2.png 644w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure2-300x250.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure2-600x500.png 600w\" sizes=\"(max-width: 644px) 100vw, 644px\" \/><p id=\"caption-attachment-6933\" class=\"wp-caption-text\">Note : le PIB est mesur\u00e9 en euros de 2017, en parit\u00e9 de pouvoir d\u2019achat ; les \u00e9missions en t\u00e9qCO2.<br \/>Lecture : le PIB de la France repr\u00e9sente 2,5 % du PIB mondial en 2018.<br \/>Sources : base TIES ICIO de l\u2019OCDE, donn\u00e9es d\u2019\u00e9missions d\u2019Exiobase 3 et de l\u2019OCDE, PIB de la Banque mondiale et d\u2019Eurostat, population de l\u2019OCDE et calculs Insee.<\/p><\/div>\n<p>Le poids de l\u2019Union europ\u00e9enne dans les \u00e9missions appara\u00eet sup\u00e9rieur \u00e0 son poids d\u00e9mographique, l\u2019UE abritant pr\u00e8s de 6\u00a0% de la population mondiale. Dit autrement, les pays europ\u00e9ens \u00e9mettent davantage par habitant que la moyenne mondiale. Pour autant, la part de l\u2019UE dans les \u00e9missions est inf\u00e9rieure \u00e0 son poids \u00e9conomique, mesur\u00e9 par son PIB (produit int\u00e9rieur brut) en parit\u00e9 de pouvoir d\u2019achat, de l\u2019ordre de 16\u00a0%.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats\u2011Unis sont dans une situation qualitativement similaire \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne\u00a0: leur part dans les \u00e9missions (12\u00a0% selon l\u2019inventaire, 15\u00a0% selon l\u2019empreinte) est nettement sup\u00e9rieure \u00e0 leur poids d\u00e9mographique (un peu plus de 4\u00a0%) mais un peu inf\u00e9rieure \u00e0 leur poids \u00e9conomique (16\u00a0%). Cependant, les \u00c9tats\u2011Unis ont des niveaux d\u2019inventaire comme d\u2019empreinte sensiblement sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux de l\u2019UE. La Chine, enfin, repr\u00e9sente \u00e0 elle seule plus du quart des \u00e9missions mondiales, que l\u2019on raisonne en termes d\u2019inventaire ou d\u2019empreinte. Cette proportion exc\u00e8de son poids d\u00e9mographique (19\u00a0%) mais \u00e9galement son poids \u00e9conomique (17\u00a0%).<\/p>\n<h3><strong><em>Pour tenir ses engagements climatiques, la France doit changer de braquet<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Entre 2000 et 2018, les \u00e9missions mondiales de gaz \u00e0 effet de serre ont augment\u00e9 de moiti\u00e9, deux fois plus vite que la population mondiale. Au cours de cette p\u00e9riode, une certaine convergence a eu lieu au niveau mondial, la production devenant plus \u00e9conome en\u00a0GES dans les \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es qui en \u00e9mettaient beaucoup. \u00c0 l\u2019inverse, les \u00e9missions ont augment\u00e9 de mani\u00e8re spectaculaire en Chine, malgr\u00e9 un ralentissement \u00e0 partir de 2014. En\u00a02018, l\u2019empreinte carbone d\u2019un Chinois repr\u00e9sente 39\u00a0% de celle d\u2019un Am\u00e9ricain, contre 12\u00a0% en 2000. L\u2019\u00e9cart entre l\u2019Union europ\u00e9enne et les \u00c9tats\u2011Unis s\u2019est aussi resserr\u00e9, mais dans une moindre mesure\u00a0: l\u2019empreinte carbone d\u2019un habitant de l\u2019UE est pass\u00e9e de 48\u00a0% de celle d\u2019un Am\u00e9ricain en 2000 \u00e0 52\u00a0% en 2018.<\/p>\n<p>De nombreuses \u00e9conomies, comme l\u2019UE et en son sein la France, se sont engag\u00e9es \u00e0 r\u00e9duire fortement leurs \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre pour parvenir en 2050 \u00e0 la neutralit\u00e9 carbone, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 ne pas \u00e9mettre davantage que ce que leur territoire absorbe, au moyen de diff\u00e9rents puits de carbone (for\u00eats, sols\u2026). Comme leur potentiel de capture du CO<sub>2<\/sub> atmosph\u00e9rique est limit\u00e9, les \u00e9missions doivent baisser de plus de 80\u00a0% par rapport \u00e0 l\u2019inventaire national de 2021, provisoirement estim\u00e9 \u00e0 418\u00a0Mt\u00e9qCO<sub>2<\/sub>, pour atteindre un niveau d\u2019\u00e9missions annuelles autour de 80\u00a0Mt\u00e9qCO2 en 2050. Ces engagements requi\u00e8rent donc une baisse des \u00e9missions bien plus forte sur les trois prochaines d\u00e9cennies (\u2212\u00a080\u00a0% entre 2021 et 2050) que sur les trois derni\u00e8res (\u2212\u00a023\u00a0% entre 1990 et 2021). L\u2019engagement de la France de r\u00e9duire ses \u00e9missions de GES de 55\u00a0% en 2030 par rapport au niveau de 1990 repr\u00e9sente une baisse de ses \u00e9missions de 5,8\u00a0% chaque ann\u00e9e de 2022 \u00e0 2030\u00a0; atteindre des \u00e9missions nettes de 0 en 2050 en supposant l\u2019objectif en 2030 atteint est coh\u00e9rent avec une baisse de ses \u00e9missions de 5,5\u00a0% chaque ann\u00e9e de 2031 \u00e0 2050. La marche est haute\u00a0: le rythme de baisse a \u00e9t\u00e9 de 0,8\u00a0% par an sur 1990-2021 et de 1,7\u00a0% sur 2005-2021.<\/p>\n<h3><strong><em>En\u00a02018, les pays d\u00e9velopp\u00e9s ont une empreinte carbone plus \u00e9lev\u00e9e que leur inventaire <\/em><\/strong><\/h3>\n<p>En\u00a02018, les \u00e9missions mondiales s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 6,1\u00a0t\u00e9qCO<sub>2<\/sub> par habitant (Figure 3). Les \u00e9missions directes des m\u00e9nages en repr\u00e9sentent 10\u00a0%.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Figure 3 \u2013 De l\u2019inventaire \u00e0 l\u2019empreinte, \u00e9missions de GES par habitant, en 2018<\/strong><\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_6934\" style=\"width: 910px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6934\" class=\"wp-image-6934\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure3.png\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"340\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure3.png 4204w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure3-300x113.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure3-1024x387.png 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure3-600x226.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure3-1536x580.png 1536w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure3-2048x773.png 2048w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure3-1080x408.png 1080w\" sizes=\"(max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><p id=\"caption-attachment-6934\" class=\"wp-caption-text\">Lecture : l\u2019ensemble de la production fran\u00e7aise \u00e9met 5,1 t\u00e9qCO2 par habitant, dont 2,5 sont export\u00e9es. La France importe 4,8 t\u00e9qCO2 par habitant, ce qui porte son empreinte carbone, hors \u00e9missions directes des m\u00e9nages, \u00e0 7,5 t\u00e9qCO2 par habitant.<br \/>Sources : base TIES ICIO de l\u2019OCDE, donn\u00e9es d\u2019\u00e9missions d\u2019Exiobase 3 et de l\u2019OCDE, population de l\u2019OCDE et calculs Insee.<\/p><\/div>\n<p>Dans l\u2019ensemble de l\u2019UE \u00e0 27, en\u00a02018, l\u2019inventaire (9,2\u00a0t\u00e9qCO<sub>2<\/sub> par habitant) est inf\u00e9rieur \u00e0 l\u2019empreinte carbone (11,0\u00a0t\u00e9qCO<sub>2<\/sub> par habitant) car les GES export\u00e9s (3,3\u00a0t\u00e9qCO<sub>2<\/sub> par habitant) sont moindres que les GES import\u00e9s (5,1\u00a0t\u00e9qCO<sub>2<\/sub> par habitant). L\u2019inventaire par habitant des \u00c9tats\u2011Unis est de loin le plus \u00e9lev\u00e9\u00a0: 17,5\u00a0t\u00e9qCO<sub>2<\/sub>. Hormis la Chine, toutes les \u00e9conomies \u00e9tudi\u00e9es ont une empreinte sup\u00e9rieure \u00e0 leur inventaire, les \u00e9carts allant de 1,8 t\u00e9qCO<sub>2<\/sub> par habitant pour l\u2019UE \u00e0 3,8\u00a0 t\u00e9qCO<sub>2<\/sub> pour les \u00c9tats\u2011Unis\u00a0: elles sont importatrices nettes de GES. En Chine, l\u2019empreinte est l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieure \u00e0 l\u2019inventaire, 8,3\u00a0t\u00e9qCO<sub>2<\/sub> par habitant contre 8,5\u00a0t\u00e9qCO<sub>2<\/sub>. En outre, les \u00e9missions directes chinoises repr\u00e9sentent une part de l\u2019empreinte plus faible qu\u2019ailleurs (4\u00a0%).<\/p>\n<p>La France se distingue par une production non export\u00e9e particuli\u00e8rement peu \u00e9mettrice en gaz \u00e0 effet de serre du fait de la place du nucl\u00e9aire dans la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. La moiti\u00e9 des GES \u00e9mis par la production fran\u00e7aise est export\u00e9e\u00a0: cette proportion est la plus \u00e9lev\u00e9e parmi toutes les \u00e9conomies \u00e9tudi\u00e9es. En miroir, la part des GES import\u00e9s dans l\u2019empreinte carbone (hors \u00e9missions directes des m\u00e9nages) est plus \u00e9lev\u00e9e qu\u2019ailleurs, autour des deux tiers.<\/p>\n<p>L\u2019analyse des \u00e9carts entre inventaire et empreinte indique que deux facteurs sont d\u00e9terminants\u00a0: l\u2019intensit\u00e9 des \u00e9missions (qui va d\u00e9terminer la quantit\u00e9 de GES \u00e9mises lors de la production) et les flux d\u2019\u00e9changes entre zones g\u00e9ographiques (qui expliquent le passage de l\u2019inventaire \u00e0 l\u2019empreinte).<\/p>\n<h3><strong><em>Une production moins carbon\u00e9e dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Au niveau mondial, produire un million d\u2019euros de valeur ajout\u00e9e conduit \u00e0 l\u2019\u00e9mission de 600\u00a0t\u00e9qCO<sub>2<\/sub> en moyenne en\u00a02018. Ce contenu ou intensit\u00e9 en GES\u00a0de la production varie fortement d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre. Ainsi, la Chine a une intensit\u00e9 en GES tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, de 1\u00a0000\u00a0t\u00e9qCO<sub>2<\/sub>, qui d\u00e9passe de deux tiers la moyenne mondiale (Figure 4). Les \u00c9tats\u2011Unis et l\u2019UE ont des intensit\u00e9s nettement plus faibles, proches de 45\u00a0% de la moyenne mondiale. La production de l\u2019Allemagne a l\u2019intensit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e des trois premi\u00e8res \u00e9conomies de l\u2019UE, suivie de l\u2019Italie et la France.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Figure 4 \u2013 Intensit\u00e9 en \u00e9missions de GES de la production, des exportations, des importations, et de la demande finale, en 2018<\/em><\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_6935\" style=\"width: 656px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6935\" class=\"size-full wp-image-6935\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure4.png\" alt=\"\" width=\"646\" height=\"446\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure4.png 646w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure4-300x207.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure4-600x414.png 600w\" sizes=\"(max-width: 646px) 100vw, 646px\" \/><p id=\"caption-attachment-6935\" class=\"wp-caption-text\">Lecture : la production fran\u00e7aise \u00e9met 155,2 t\u00e9qCO2 par million d\u2019euros de valeur ajout\u00e9e. Un million d\u2019euros de demande finale contient 221,5 t\u00e9qCO2.<br \/>Sources : base TIES ICIO de l\u2019OCDE, donn\u00e9es d\u2019\u00e9missions d\u2019Exiobase 3 et de l\u2019OCDE, population de l\u2019OCDE et calculs Insee.<\/p><\/div>\n<p>Les diff\u00e9rences entre pays de l\u2019intensit\u00e9 carbone de leur production peuvent s\u2019expliquer par deux raisons\u00a0: une structure de production plus ou moins centr\u00e9e sur des branches ayant de fortes \u00e9missions de GES (effet de structure) et, \u00e0 structure de production comparable, une intensit\u00e9 en GES de la production plus ou moins \u00e9lev\u00e9e (efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et intensit\u00e9 en GES de l\u2019\u00e9nergie consomm\u00e9e).<\/p>\n<p>Trois constats peuvent \u00eatre \u00e9tablis. Premi\u00e8rement, dans tous les pays, le contenu en GES de la production est \u00e9lev\u00e9 dans la production d\u2019\u00e9nergie, interm\u00e9diaire dans l\u2019industrie\/agriculture, plus faible dans les services (Figure\u00a05). Une faible part dans la valeur ajout\u00e9e de la production d\u2019\u00e9nergie et de l\u2019industrie\/agriculture contribue donc par effet de structure \u00e0 r\u00e9duire l\u2019intensit\u00e9 en GES de la production. C\u2019est notamment la situation de la France. \u00c0 l\u2019inverse, ces branches tr\u00e8s carbon\u00e9es ont un poids plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019ailleurs en Chine, ce qui contribue \u00e0 une production plus intensive en GES.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Figure 5a \u2013 Intensit\u00e9 en gaz \u00e0 effet de serre et part dans la valeur ajout\u00e9e dans l\u2019industrie et l\u2019agriculture en 2018<\/strong><\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_6936\" style=\"width: 652px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6936\" class=\"size-full wp-image-6936\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5a.png\" alt=\"\" width=\"642\" height=\"387\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5a.png 642w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5a-300x181.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5a-600x362.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5a-440x264.png 440w\" sizes=\"(max-width: 642px) 100vw, 642px\" \/><p id=\"caption-attachment-6936\" class=\"wp-caption-text\">Note : la branche industrie et agriculture regroupe l\u2019industrie manufacturi\u00e8re hors cok\u00e9faction et raffinage, et l\u2019agriculture, sylviculture et p\u00eache.<br \/>Lecture : en France, en 2018, la branche industrie et agriculture repr\u00e9sente 13,1 % de la valeur ajout\u00e9e totale et l\u2019intensit\u00e9 en gaz \u00e0 effet de serre atteint 484,7 t\u00e9qCO2 par million d\u2019euros de valeur ajout\u00e9e.<br \/>Sources : base TIES ICIO de l\u2019OCDE, donn\u00e9es d\u2019\u00e9missions d\u2019Exiobase 3 et de l\u2019OCDE, calculs Insee.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Figure 5b \u2013 Intensit\u00e9 en gaz \u00e0 effet de serre et part dans la valeur ajout\u00e9e dans l\u2019\u00e9nergie en 2018<\/strong><\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_6937\" style=\"width: 658px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6937\" class=\"size-full wp-image-6937\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5b.png\" alt=\"\" width=\"648\" height=\"392\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5b.png 648w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5b-300x181.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5b-600x363.png 600w\" sizes=\"(max-width: 648px) 100vw, 648px\" \/><p id=\"caption-attachment-6937\" class=\"wp-caption-text\">Note : la branche \u00e9nergie regroupe l\u2019extraction de mati\u00e8res premi\u00e8res \u00e9nerg\u00e9tiques, la cok\u00e9faction et le raffinage de produits p\u00e9troliers, et enfin l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, le gaz et la gestion des d\u00e9chets.<br \/>Lecture : en France, en 2018, la branche \u00e9nergie repr\u00e9sente 3,1 % de la valeur ajout\u00e9e totale et l\u2019intensit\u00e9 en gaz \u00e0 effet de serre atteint 1 132,1 t\u00e9qCO2 par million d\u2019euros de valeur ajout\u00e9e.<br \/>Sources : base TIES ICIO de l\u2019OCDE, donn\u00e9es d\u2019\u00e9missions d\u2019Exiobase 3 et de l\u2019OCDE, calculs Insee.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Figure 5c &#8211; Intensit\u00e9 en gaz \u00e0 effet de serre et part dans la valeur ajout\u00e9e dans les services en 2018<\/strong><\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_6938\" style=\"width: 654px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6938\" class=\"size-full wp-image-6938\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5c.png\" alt=\"\" width=\"644\" height=\"391\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5c.png 644w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5c-300x182.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure5c-600x364.png 600w\" sizes=\"(max-width: 644px) 100vw, 644px\" \/><p id=\"caption-attachment-6938\" class=\"wp-caption-text\">Note : les services regroupent le reste des branches.<br \/>Lecture : en France, en 2018, la branche services repr\u00e9sente 83,8 % de la valeur ajout\u00e9e totale et l\u2019intensit\u00e9 en gaz \u00e0 effet de serre atteint 67,9 t\u00e9qCO2 par million d\u2019euros de valeur ajout\u00e9e.<br \/>Sources : base TIES ICIO de l\u2019OCDE, donn\u00e9es d\u2019\u00e9missions d\u2019Exiobase 3 et de l\u2019OCDE, calculs Insee.<\/p><\/div>\n<p>Deuxi\u00e8mement, les intensit\u00e9s de production par branche diff\u00e8rent nettement d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre. Dans toutes les branches, la Chine \u00e9met plus de GES pour produire un euro de valeur ajout\u00e9e. Ainsi, dans ce pays, les deux composantes, l\u2019effet de structure et l\u2019intensit\u00e9 en GES de la production par branche, contribuent au contenu en GES beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019ailleurs de la production. De son c\u00f4t\u00e9, dans la production d\u2019\u00e9nergie, la France est la moins \u00e9mettrice des pays \u00e9tudi\u00e9s avec une intensit\u00e9 en GES trois fois inf\u00e9rieure \u00e0 celles de l\u2019Allemagne et des \u00c9tats\u2011Unis\u00a0: son mix \u00e9nerg\u00e9tique est moins carbon\u00e9 du fait de la part plus \u00e9lev\u00e9e de l\u2019\u00e9nergie d\u2019origine nucl\u00e9aire.<\/p>\n<p>Enfin, les \u00e9changes internationaux portent sur des produits dont le contenu en GES est relativement \u00e9lev\u00e9. En effet, les \u00e9changes internationaux portent plus souvent sur des biens industriels, agricoles ou \u00e9nerg\u00e9tiques et moins souvent sur des services (Figure 4). En outre, pour les pays d\u00e9velopp\u00e9s, les produits import\u00e9s sont pour partie fabriqu\u00e9s dans des zones o\u00f9 la production est plus intensive en GES, comme la Chine. De fait, les \u00e9missions incorpor\u00e9es dans les importations correspondent \u00e0 celles g\u00e9n\u00e9r\u00e9es tout au long de la cha\u00eene de valeur de ces produits, y compris par la production de leurs consommations interm\u00e9diaires. Cela concourt \u00e0 ce que, hormis en Chine (et dans d\u2019autres pays qui ne sont pas isol\u00e9s ici), un euro de demande finale contient plus d\u2019\u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre qu\u2019un euro de valeur ajout\u00e9e.<\/p>\n<h3><strong><em>Un tiers de l\u2019empreinte carbone de l\u2019UE est d\u00fb \u00e0 ses importations, contre un quart pour les \u00c9tats<\/em><\/strong>\u2011<strong><em>Unis<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>Alors que l\u2019inventaire d\u2019une \u00e9conomie refl\u00e8te uniquement l\u2019intensit\u00e9 en GES de ses productions int\u00e9rieures, l\u2019empreinte carbone d\u00e9pend de l\u2019intensit\u00e9 en GES de tous les pays du monde, \u00e0 travers les \u00e9missions incorpor\u00e9es aux importations. L\u2019analyse des cha\u00eenes de production internationales permet de d\u00e9crire finement l\u2019origine g\u00e9ographique des \u00e9missions incorpor\u00e9es aux biens et services import\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019UE \u00e0 27, les \u00c9tats\u2011Unis et la Chine sont trois zones \u00e9conomiques relativement ferm\u00e9es, au sens o\u00f9 leur demande finale est satisfaite par des biens et services produits \u00e0 85\u00a0% \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de chacune de ces zones (pour l\u2019UE, ce chiffre ne repr\u00e9sente pas la moyenne des 27 pays, mais bien celui de l\u2019Union, prise comme un tout) (Figure\u00a06). Il n\u2019est donc pas surprenant que la majorit\u00e9 des \u00e9missions associ\u00e9es \u00e0 leur demande finale soit \u00e9mise en leur sein. Ceci dit, l\u2019UE, et dans une moindre mesure les \u00c9tats\u2011Unis, ont une production moins carbon\u00e9e que beaucoup de leurs partenaires commerciaux. Cela explique que 40\u00a0% de l\u2019empreinte carbone de l\u2019UE, hors \u00e9missions directes des m\u00e9nages, provient de ses importations. Cette part est de 31\u00a0% pour les \u00c9tats\u2011Unis, contre seulement 14\u00a0% pour la Chine, en ligne avec la part import\u00e9e de la demande finale. En y ajoutant les \u00e9missions directes des m\u00e9nages (qui sont \u00e9mises sur le territoire), la part des \u00e9missions import\u00e9es dans l\u2019empreinte carbone est de 33\u00a0% dans l\u2019UE (dont 5,5\u00a0% provient de Chine et 1,8\u00a0% des \u00c9tats\u2011Unis), de 26\u00a0% aux \u00c9tats\u2011Unis et de 14\u00a0% en Chine.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Figure 6 \u2013 D\u00e9composition de l\u2019empreinte carbone et de la demande finale selon leur provenance, en 2018<\/em><\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_6940\" style=\"width: 664px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6940\" class=\"size-full wp-image-6940\" src=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure62.png\" alt=\"\" width=\"654\" height=\"934\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure62.png 654w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure62-210x300.png 210w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/figure62-600x857.png 600w\" sizes=\"(max-width: 654px) 100vw, 654px\" \/><p id=\"caption-attachment-6940\" class=\"wp-caption-text\">Notes : les lignes correspondent aux pays de provenance des \u00e9missions, les colonnes aux pays dont l\u2019empreinte carbone ou la demande finale sont ventil\u00e9es. Les empreintes et inventaires sont donn\u00e9s en Mt\u00e9qCO2, la demande finale et la valeur ajout\u00e9e en milliards d\u2019euros. Les calculs sont effectu\u00e9s en dollars courants, convertis en euros courants, pour l\u2019ann\u00e9e 2018. Contrairement \u00e0 la figure 2, qui mobilise des PIB en parit\u00e9 de pouvoir d\u2019achat, la demande finale et la valeur ajout\u00e9e sont exprim\u00e9es en euros.<br \/>Lecture : en 2018, 6,5 % de l\u2019empreinte carbone de l\u2019UE \u00e0 27, hors \u00e9missions directes des m\u00e9nages, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mis en Chine, tandis que 2,0 % de la valeur ajout\u00e9e constituant la demande finale de l\u2019UE \u00e0 27 proviennent de Chine. 66,6 % de l\u2019empreinte carbone de l\u2019UE \u00e0 27, y compris \u00e9missions directes des m\u00e9nages, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mis dans l\u2019UE \u00e0 27.<br \/>Sources : base TIES ICIO de l\u2019OCDE, donn\u00e9es d\u2019\u00e9missions d\u2019Exiobase 3 et de l\u2019OCDE, calculs Insee.<\/p><\/div>\n<p>Pour les \u00c9tats\u2011Unis et l\u2019UE, la part dans l\u2019empreinte des flux de GES en provenance de Chine est \u00e0 peu pr\u00e8s similaire (de l\u2019ordre de 7\u00a0% hors \u00e9missions directes des m\u00e9nages), et nettement sup\u00e9rieure \u00e0 la part de la Chine dans la demande finale (de 2\u00a0% environ). Dans le sens inverse, les flux sont faibles (moins de 1\u00a0%). Enfin, les \u00e9changes de GES entre l\u2019UE et les \u00c9tats\u2011Unis sont relativement faibles, de 2\u00a0% dans les deux cas.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : gaz \u00e0 effet de serre &#8211; inventaire national &#8211; empreinte carbone<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Union europ\u00e9enne (UE) et les \u00c9tats-Unis \u00e9mettent plus de gaz \u00e0 effet de serre (GES) par habitant que la moyenne mondiale. Cependant, rapport\u00e9es \u00e0 leur PIB, leurs \u00e9missions sont inf\u00e9rieures \u00e0 cette moyenne. Dans l\u2019UE et aux \u00c9tats\u2011Unis, les \u00e9missions de GES induites par la demande finale \u2013 l\u2019empreinte carbone \u2013 sont plus \u00e9lev\u00e9es que [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":427,"featured_media":6942,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[221,122],"tags":[],"class_list":["post-6930","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-changement-climatique","category-climat","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6930","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/427"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6930"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6930\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6942"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6930"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6930"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6930"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}