{"id":6832,"date":"2022-07-18T07:08:47","date_gmt":"2022-07-18T05:08:47","guid":{"rendered":"https:\/\/variances.eu\/?p=6832"},"modified":"2022-07-18T07:08:17","modified_gmt":"2022-07-18T05:08:17","slug":"les-cles-du-royaume-du-soi-une-experience-de-synchronicite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=6832","title":{"rendered":"Les cl\u00e9s du royaume du Soi : une exp\u00e9rience de synchronicit\u00e9"},"content":{"rendered":"<h3><strong>De la synchronicit\u00e9 \u00e0 l\u2019<\/strong><strong><em>unus mundus<\/em><\/strong><\/h3>\n<p>De mani\u00e8re formelle et concise, une synchronicit\u00e9 consiste en la conjonction d\u2019un \u00e9v\u00e8nement psychique et d\u2019un \u00e9v\u00e8nement physique, sans lien de causalit\u00e9 entre eux, mais se r\u00e9pondant l\u2019un \u00e0 l\u2019autre dans un profond rapport de sens. Pour illustrer cette notion, un exemple tr\u00e8s souvent donn\u00e9 est le suivant\u00a0: je pense fortement \u00e0 quelqu\u2019un, perdu de vue depuis longtemps et, \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, je re\u00e7ois un appel de cette personne. Aucune causalit\u00e9 apparente ne relie le fait psychique, penser \u00e0 une personne, au fait physique, recevoir un appel d\u2019elle. En revanche, la concurrence fortuite de ces deux faits lib\u00e8re une puissante d\u00e9charge de sens, \u00e0 proportion du degr\u00e9 d\u2019a-causalit\u00e9 et donc d\u2019invraisemblance <em>a priori<\/em> d\u2019une telle co\u00efncidence.<\/p>\n<p>Dans l\u2019exemple pr\u00e9c\u00e9dent, on peut toutefois s\u2019interroger sur la \u00ab\u00a0puret\u00e9\u00a0\u00bb du ph\u00e9nom\u00e8ne de synchronicit\u00e9 et l\u00e9gitimement suspecter l\u2019intervention parasite d\u2019un biais cognitif, conduisant en l\u2019esp\u00e8ce \u00e0 sous-estimer la probabilit\u00e9 d\u2019occurrence conjointe des deux \u00e9v\u00e8nements psychique et physique. En effet, que deux personnes s\u2019\u00e9tant fr\u00e9quent\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement tous les ans ne soient plus entr\u00e9es en contact depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, loin de r\u00e9duire drastiquement la probabilit\u00e9 qu\u2019elles renouent, constitue au contraire un facteur causal indirect, rendant vraisemblable qu\u2019elles pensent assez fr\u00e9quemment l\u2019une \u00e0 l\u2019autre, qu\u2019elles se demandent chacune ce qu\u2019est devenue l\u2019autre, que ces pens\u00e9es r\u00e9ciproques soient parfois simultan\u00e9es, et que, dans l\u2019un de ces moments de partage virtuel, l\u2019une des deux passe \u00e0 l\u2019acte en adressant un message \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>Le concept de synchronicit\u00e9 est d\u00fb \u00e0 Carl Gustav Jung, psychiatre suisse et p\u00e8re de la psychologie analytique. Dans les ann\u00e9es 1920, il est le premier \u00e0 s\u2019int\u00e9resser de mani\u00e8re syst\u00e9matique \u00e0 ce type de co\u00efncidences \u00e9tranges, qu\u2019il rapporte \u00e0 deux\u00a0 autres concepts fondamentaux de sa construction th\u00e9orique\u00a0: l\u2019inconscient collectif et l\u2019arch\u00e9type. Selon Jung, une occurrence synchronistique appara\u00eet lorsque l\u2019\u00e9tat psychique d\u2019un sujet \u00ab\u00a0excite\u00a0\u00bb un motif arch\u00e9typique dans \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb inconscient collectif\u00a0; ce dernier est la couche profonde et trans-personnelle de l\u2019inconscient o\u00f9 r\u00e9sident les arch\u00e9types, sortes de \u00ab\u00a0briques de base\u00a0\u00bb pour la construction de sens, \u00e9l\u00e9ments g\u00e9n\u00e9riques qui ne sont pas propres \u00e0 un individu en particulier mais au contraire communs \u00e0 tous. D\u2019apr\u00e8s Jung, lorsqu\u2019un arch\u00e9type est activ\u00e9, il ne serait pas exceptionnel, voire fr\u00e9quent, que le fait psychique ainsi r\u00e9alis\u00e9 s\u2019accompagne, de mani\u00e8re parall\u00e8le et non causale, d\u2019un fait physique en rapport \u00e9troit de sens avec l\u2019arch\u00e9type consid\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Jung prend \u00e0 ce propos l\u2019exemple d\u2019une patiente bloqu\u00e9e dans sa cure, sa r\u00e9sistance \u00e9tant due \u00e0 une attitude de rationalisation syst\u00e9matique, entravant le travail th\u00e9rapeutique. Lors d\u2019une s\u00e9ance, cette patiente \u00e9voque un r\u00eave dans lequel intervient un scarab\u00e9e. Au m\u00eame moment, un scarab\u00e9e heurte la fen\u00eatre du cabinet de consultation. Jung saisit l\u2019insecte et le pr\u00e9sente \u00e0 sa patiente\u00a0: \u00ab\u00a0Tiens le voil\u00e0, votre scarab\u00e9e\u00a0!\u00a0\u00bb. Cette synchronicit\u00e9, d\u2019une tr\u00e8s grande puret\u00e9, produisit un tel effet sur la patiente qu\u2019elle remit en question sa vision rationaliste du monde et que sa cure put \u00e0 nouveau progresser. Selon Jung, l\u2019arch\u00e9type ici sollicit\u00e9 est celui de la \u00ab\u00a0Renaissance\u00a0\u00bb, dont le scarab\u00e9e est un symbole habituel, comme dans l\u2019\u00c9gypte ancienne sous les traits du dieu Kh\u00e9pri. La pr\u00e9sence de ce symbole dans le r\u00eave, puis son \u00e9vocation en s\u00e9ance, seraient une manifestation de l\u2019arch\u00e9type sous-jacent, dont le r\u00e9el aurait renvoy\u00e9 l\u2019\u00e9cho sans tarder, \u00e0 travers l\u2019apparition manifeste de l\u2019animal symbolique.<\/p>\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se jungienne d\u2019une correspondance entre ph\u00e9nom\u00e8nes psychiques et physiques, sans causalit\u00e9 mais avec une forte unit\u00e9 de sens v\u00e9hicul\u00e9e par l\u2019entremise d\u2019un arch\u00e9type, est certes inspirante mais elle reste encore \u00e0 ce jour une hypoth\u00e8se en attente de validation empirique probante. Jung n\u2019arr\u00eate pourtant pas l\u00e0 ses investigations. Il est frapp\u00e9 par l\u2019analogie entre\u00a0: d\u2019une part, l\u2019intrication informationnelle entre des \u00e9v\u00e8nements pr\u00e9sum\u00e9s d\u00e9li\u00e9s, telle qu\u2019elle appara\u00eet lors d\u2019une synchronicit\u00e9\u00a0; d\u2019autre part, l\u2019exp\u00e9rience de pens\u00e9e E.P.R. (Einstein-Podolski-Rosen), qui pr\u00e9dit paradoxalement l\u2019intrication persistante de deux particules initialement li\u00e9es, alors m\u00eame que celles-ci sont observ\u00e9es \u00e0 tr\u00e8s grande distance de leur source originelle et se trouvent dans la stricte impossibilit\u00e9 d\u2019\u00e9changer entre elles des signaux respectant le plafond fix\u00e9 par la vitesse de la lumi\u00e8re. Intrigu\u00e9 par cette r\u00e9sonance \u00e9pist\u00e9mique, Jung entretiendra de 1932 \u00e0 1934 une conversation hebdomadaire avec le physicien Wolfgang Ernst Pauli, un des pionniers de la m\u00e9canique quantique\u2026 et par ailleurs le patient d\u2019un \u00e9l\u00e8ve de Jung, faut-il voir l\u00e0\u00a0 une synchronicit\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Ensemble, Jung et Pauli parviendront \u00e0 la conjecture hardie dite du \u00ab\u00a0monde un\u00a0\u00bb (<em>unus mundus<\/em>), selon laquelle tous les \u00e9l\u00e9ments observ\u00e9s dans le monde sensible, qu\u2019ils rel\u00e8vent du mat\u00e9riel ou de la psych\u00e9, ne seraient s\u00e9par\u00e9s qu\u2019en apparence\u00a0: en \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb, ils \u00e9mergeraient tous d\u2019un m\u00eame niveau de r\u00e9alit\u00e9 enfoui, inaccessible \u00e0 nos sens, d\u2019un substrat commun r\u00e9gi par un principe fondamental d\u2019unit\u00e9. Les cons\u00e9quences de ce principe unificateur se manifesteraient dans l\u2019univers sensible par la tendance au rapprochement de tout ce qui est semblable, par exemple deux \u00e9v\u00e8nements synchronistiques, ou encore deux particules intriqu\u00e9es\u00a0; un principe qui expliquerait aussi la \u00ab\u00a0loi des s\u00e9ries\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La conjecture de Jung-Pauli peut \u00eatre rattach\u00e9e \u00e0 la th\u00e9orie du monisme \u00e0 double aspect, inspir\u00e9e de la philosophie de Spinoza et Schopenhauer, selon lesquels l\u2019esprit et la mati\u00e8re ne seraient que des manifestations alternatives d\u2019une m\u00eame \u00ab\u00a0substance\u00a0\u00bb fondamentale et indiff\u00e9renci\u00e9e. Cette conception holiste est reprise par le physicien David Bohm, auteur de la th\u00e9orie de \u00ab\u00a0l\u2019ordre implicite\u00a0\u00bb, un sch\u00e9ma postulant l\u2019existence voil\u00e9e d\u2019un \u00ab champ d\u2019information\u00a0\u00bb implicite et omnipr\u00e9sent, qui r\u00e8glerait dans ses moindres d\u00e9tails l\u2019organisation enti\u00e8re de l\u2019univers explicite. Au sein de la communaut\u00e9 scientifique, ce paradigme \u00e9pist\u00e9mologique est aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9 par plusieurs, dont Hubert Reeves, comme une vision plausible et acceptable\u2026 mais \u00e9galement, par d\u2019autres, comme un \u00ab\u00a0d\u00e9lire d\u2019interpr\u00e9tation \u00bb\u00a0! Jusqu\u2019o\u00f9 nous conduiras-tu, petit scarab\u00e9e\u00a0?<\/p>\n<p>\u00c0 chacun de forger son propre jugement. Quant \u00e0 moi, une r\u00e9cente exp\u00e9rience me fait clairement pencher, voire tomber, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019<em>unus mundus<\/em>\u00a0! Je prie le lecteur de bien vouloir croire en la parfaite authenticit\u00e9 du r\u00e9cit qui va suivre. Je l\u2019ai r\u00e9dig\u00e9 sans y ajouter aucune fioriture, en me basant sur des notes d\u00e9taill\u00e9es, prises d\u00e8s le lendemain de la s\u00e9quence troublante qu\u2019il relate. Je me suis efforc\u00e9 d\u2019y \u00eatre aussi pr\u00e9cis que le permet une tentative, toujours d\u00e9licate, de d\u00e9crire des pens\u00e9es et des dispositions mentales qui souvent se superposent, davantage qu\u2019elles ne se suivent. Le temps pr\u00e9sent de la narration se r\u00e9f\u00e8re au temps r\u00e9el du d\u00e9roul\u00e9 de la s\u00e9quence. Que l\u2019on me pardonne enfin la longueur de mon compte-rendu, exhaustivit\u00e9 oblige, car chaque d\u00e9tail compte\u00a0!<\/p>\n<h3><strong>R\u00e9cit d\u2019une synchronicit\u00e9<\/strong><\/h3>\n<p>\u00ab\u00a0Au milieu de la nuit, dans un moment d\u2019insomnie, je me rends, sans but d\u00e9termin\u00e9, dans la pi\u00e8ce de la maison qui me sert de bureau, l\u00e0 o\u00f9 je me sens serein, \u00e0 l\u2019abri, l\u00e0 o\u00f9 j\u2019ai mes rep\u00e8res. Sit\u00f4t entr\u00e9, je m\u2019assieds \u00e0 ma table de travail et j\u2019observe le meuble de rangement qui la surplombe. Celui-ci est creus\u00e9 de nombreuses alv\u00e9oles, peupl\u00e9es d\u2019objets, bricoles et bibelots divers, dispos\u00e9s en vrac.<\/p>\n<p>Sans provoquer d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment cette pens\u00e9e, je me souviens du jour o\u00f9, plusieurs mois auparavant, j\u2019avais m\u00e9thodiquement vid\u00e9 ces alv\u00e9oles une \u00e0 une, \u00e0 la recherche d\u2019un double de cl\u00e9 de voiture, que j\u2019\u00e9tais convaincu d\u2019avoir rang\u00e9 l\u00e0, tout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du double de cl\u00e9 d\u2019une autre voiture. Cette fouille r\u00e9gl\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 cons\u00e9cutive \u00e0 l\u2019\u00e9garement de la cl\u00e9 originale. Toutefois, cet original ayant \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s rapidement retrouv\u00e9, la chasse au double n\u2019\u00e9tait venue que dans l\u2019apr\u00e8s-coup, alors qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait plus motiv\u00e9e par l\u2019imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 de faire d\u00e9marrer une voiture, mais bien plut\u00f4t par le d\u00e9sir, non moins imp\u00e9rieux, de mettre fin \u00e0 l\u2019irritation lancinante, obs\u00e9dante, due \u00e0 une disparition incompr\u00e9hensible. Dans ma r\u00eaverie, je me souviens avec insistance de l\u2019\u00e9chec cuisant de cette qu\u00eate ardente du double de cl\u00e9 et de la vive frustration qu\u2019il m\u2019avait procur\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Et je me souviens \u00e9galement, dans la foul\u00e9e, d\u2019une circonstance ant\u00e9rieure \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente, o\u00f9 le double de cl\u00e9 de l\u2019autre voiture m\u2019avait \u00e9t\u00e9 fort utile, lui qui ne m\u2019a jamais fait d\u00e9faut et que j\u2019aper\u00e7ois encore ce soir, nich\u00e9 dans la p\u00e9nombre. Cette autre fois, j\u2019avais myst\u00e9rieusement \u00e9gar\u00e9 la cl\u00e9 originale et ne l\u2019avais retrouv\u00e9e que plusieurs semaines plus tard, de mani\u00e8re inesp\u00e9r\u00e9e, comme par le fruit d\u2019un heureux \u00ab\u00a0hasard\u00a0\u00bb, apr\u00e8s avoir cess\u00e9 de la chercher. Elle \u00e9tait bizarrement coinc\u00e9e entre le rebord de ma table et le mur de mon bureau. Le jour de l\u2019incident, en retard, press\u00e9 de partir, \u00e0 la recherche f\u00e9brile de l\u2019endroit o\u00f9 j\u2019avais bien pu poser mes lunettes, je devais tenir la cl\u00e9 \u00e0 la main et l\u2019avais sans doute pr\u00e9cipitamment pos\u00e9e au bord de la table, d\u2019o\u00f9 elle aura gliss\u00e9 sans bruit vers son \u00e9crin d\u00e9rob\u00e9. Je me rem\u00e9more ma surprise et ma joie intense lors de la r\u00e9apparition fortuite de l\u2019objet, qui aurait pu demeurer encore longtemps invisible, si sa pr\u00e9sence en cet endroit n\u2019avait \u00e9t\u00e9 subrepticement trahie par le vif \u00e9clat produit par la r\u00e9flexion d\u2019un rayon sur le m\u00e9tal de la cl\u00e9\u00a0; ce rayon provenait d\u2019une source de lumi\u00e8re ext\u00e9rieure \u00e0 la pi\u00e8ce et il s\u2019\u00e9tait gliss\u00e9 \u00e0 travers l\u2019embrasure de la porte, juste sous le bon angle, au moment m\u00eame o\u00f9 j\u2019avais ouvert pour sortir\u2026 Le souvenir de cette fulgurance, telle l\u2019apparition soudaine d\u2019une aiguille brillant sous le soleil dans une botte de foin, me fait sourire<\/p>\n<p>Puis mes pens\u00e9es vagabondent sans v\u00e9ritable contr\u00f4le, autour de la th\u00e9matique du myst\u00e9rieusement perdu et du miraculeusement retrouv\u00e9\u2026 Je me rappelle notamment comment feu mon p\u00e8re, pourtant r\u00e9put\u00e9 si patient, entrait dans une fureur noire lorsqu\u2019un objet familier avait inexplicablement disparu dans la maison et ne d\u00e9col\u00e9rait pas avant que celui-ci ne soit retrouv\u00e9, que sa disparition ne soit d\u00fbment justifi\u00e9e et l\u2019\u00e9ventuel coupable, puni\u00a0! Me revient en particulier \u00e0 l\u2019esprit la sc\u00e8ne m\u00e9morable qu\u2019il avait faite, suite \u00e0 la disparition de la cl\u00e9 ouvrant un petit meuble console dans sa r\u00e9sidence secondaire du Loiret\u2026 et encore celle, plus ancienne, qui avait suivi la perte inexpliqu\u00e9e d\u2019un \u0153illeton de jumelles de th\u00e9\u00e2tre et qui avait bien failli nous valoir, \u00e0 mes fr\u00e8res et \u00e0 moi, qui clamions \u2013 et clamons toujours \u2013 notre innocence, une privation de cadeaux de No\u00ebl\u00a0! Simultan\u00e9ment, je r\u00e9alise que je viens pr\u00e9cis\u00e9ment de r\u00eaver de mon p\u00e8re avant de m\u2019\u00eatre \u00e9veill\u00e9 en sursaut et ne plus parvenir \u00e0 me rendormir, sans pourtant parvenir \u00e0 convoquer le contenu pr\u00e9cis de mon r\u00eave.<\/p>\n<p>Puis mes pens\u00e9es se focalisent \u00e0 nouveau sur mon propre double de cl\u00e9 \u00e9nigmatique, celui qui demeure \u00e9gar\u00e9\u00a0: je me demande o\u00f9 il peut bien se trouver \u00e0 l\u2019heure pr\u00e9sente. Toutefois, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019une quelconque piste \u00e0 suivre, je n\u2019engage aucune nouvelle recherche et me r\u00e9signe \u00e0 classer cette affaire parmi les <em>cold case<\/em><em>s<\/em> du quotidien, \u00e0 la suite de l\u2019\u0153illeton et de la cl\u00e9 de console\u00a0! Sans que je parvienne \u00e0 le diriger d\u2019aucune mani\u00e8re, le fil de mes pens\u00e9es s\u2019\u00e9chappe alors ailleurs et semble d\u00e9sormais se perdre\u2026 je m\u2019assoupis.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une trentaine de minutes ainsi pass\u00e9es \u00e0 somnoler sur ma chaise, au moment de quitter mon bureau pour rejoindre la chambre \u00e0 coucher, dans un \u00e9tat de semi-conscience, de la main droite j\u2019effleure \u00e0 dessein \u2013 et comme pour saluer r\u00e9trospectivement ce succ\u00e8s \u2013 l\u2019endroit o\u00f9 s\u2019\u00e9tait auparavant log\u00e9e la cl\u00e9 retrouv\u00e9e \u00e0 la faveur d\u2019un \u00e9clair propice\u00a0; tandis que, de la main gauche, je tapote machinalement un ouvrage, le plus haut plac\u00e9 d\u2019une pile de livres occupant un caisson de biblioth\u00e8que situ\u00e9 \u00e0 mi-hauteur, \u00e0 proximit\u00e9 de la porte ; un caisson parmi une cinquantaine d\u2019autres, garnissant du plancher au plafond les quatre murs de mon bureau, tous bond\u00e9s de livres et de dossiers. Toujours machinalement, je passe un doigt sur la couverture de ce livre, comme si j\u2019avais voulu en \u00f4ter la poussi\u00e8re. D\u00e9sormais revenu en mode de pleine conscience, je remarque que le volume d\u00e9passe l\u00e9g\u00e8rement de la pile. En tentant vainement de le pousser plus au fond du caisson, afin de r\u00e9tablir l\u2019alignement, je constate que m\u2019en emp\u00eache la pr\u00e9sence d\u2019une pochette en carton, cach\u00e9e au regard, gliss\u00e9e derri\u00e8re la pile.<\/p>\n<p>Je retire cette pochette de son logement. Ni sa pr\u00e9sence ici, ni m\u00eame son existence, ne m\u2019\u00e9voquent rien et me prennent totalement par surprise. J\u2019observe que la pochette est marqu\u00e9e du losange de la marque Renault. Je suis alors comme stopp\u00e9 net, au point de n\u2019oser l\u2019ouvrir. Une temp\u00eate gronde sous mon cr\u00e2ne, paralyse mes neurones, et je me dis en mon for int\u00e9rieur que ce que je pressens comme imminent serait v\u00e9ritablement incroyable et miraculeux. La foudre paralysante \u00e9tant pass\u00e9e, j\u2019en crois effectivement \u00e0 peine mes yeux : \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la pochette, dans un sachet en plastique transparent, se trouve le double de cl\u00e9 tant d\u00e9sir\u00e9 ; celui que j\u2019avais si m\u00e9thodiquement recherch\u00e9, avant de finir par renoncer.<\/p>\n<p>Imm\u00e9diatement, une profonde sensation de bien-\u00eatre m\u2019envahit, d\u2019une exceptionnelle intensit\u00e9, au point que je la ressens comme physiquement palpable : l\u2019immense satisfaction d\u2019un geste totalement d\u00e9pourvu d\u2019intention consciente et pourtant couronn\u00e9 d\u2019un si parfait succ\u00e8s, l\u2019impression d\u2019un r\u00e9sultat ardemment souhait\u00e9 mais inesp\u00e9r\u00e9, obtenu \u00ab\u00a0tout cuit dans le bec\u00a0\u00bb ! Jubilatoire ! La sensation est comparable, quoique beaucoup plus forte, \u00e0 celle que j\u2019avais pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9prouv\u00e9e lors la r\u00e9cup\u00e9ration de l\u2019autre cl\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 un improbable reflet lumineux. J\u2019extrais alors la \u00ab\u00a0cl\u00e9 prodigue\u00a0\u00bb de son sachet et je la place avec une infinie d\u00e9licatesse l\u00e0 o\u00f9 je pensais primitivement l\u2019avoir log\u00e9e, faux souvenir trompeur, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019autre double, dans une des alv\u00e9oles du meuble surplombant ma table.<\/p>\n<p>Au prix d\u2019un consid\u00e9rable effort de m\u00e9moire, dont j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 strictement incapable sans avoir \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 la vue de la pochette, je me rappelle que, le jour de la prise en main du v\u00e9hicule, le garage m\u2019avait remis un dossier et que, occup\u00e9 \u00e0 mille autres t\u00e2ches, je l\u2019avais pr\u00e9cipitamment et n\u00e9gligemment pos\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re place vide qui m\u2019\u00e9tait apparue dans mon bureau, en attendant de lui trouver \u00e0 t\u00eate repos\u00e9e un emplacement d\u00e9finitif plus adapt\u00e9. Il m\u2019appara\u00eet maintenant que ce d\u00e9p\u00f4t provisoire m\u2019est ensuite certainement compl\u00e8tement sorti de l\u2019esprit\u00a0; et, ult\u00e9rieurement, la pochette aura gliss\u00e9 derri\u00e8re la pile de livres, sans doute \u00e0 la suite d\u2019un mouvement maladroit de ma part, involontaire et non remarqu\u00e9.<\/p>\n<p>Raisonnablement satisfait par la plausibilit\u00e9 de cette reconstitution historique, et tellement heureux de ma d\u00e9couverte impromptue, tout comme j\u2019imagine que mon p\u00e8re l\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 \u00e0 ma place, je retourne me coucher et m\u2019endors sans tarder, \u2018comme un b\u00e9b\u00e9\u2019, apais\u00e9 et baign\u00e9 d\u2019une douce b\u00e9atitude m\u00eal\u00e9e de gratitude.\u201d<\/p>\n<h3><strong>L\u2019<\/strong><strong>arch<\/strong><strong>\u00e9type du soi<\/strong><\/h3>\n<p>Lorsque j\u2019ai pioch\u00e9 la pochette au tr\u00e9fonds de ma biblioth\u00e8que, c\u2019\u00e9tait un peu comme si Jung en personne me l\u2019avait tendue en s\u2019exclamant : \u00ab\u00a0Tiens, la voil\u00e0 votre cl\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb. Mon aventure est en effet remarquablement similaire \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de synchronicit\u00e9 v\u00e9cue par la patiente au scarab\u00e9e\u00a0: alors m\u00eame que mon esprit est envahi par une multitude de cl\u00e9s, la r\u00e9alit\u00e9 fait simultan\u00e9ment \u00e9merger une cl\u00e9 bien r\u00e9elle du fouillis r\u00e9gnant dans mon bureau. Aucun de ces deux \u00e9v\u00e8nements, respectivement psychique et physique, n\u2019est la cause ni l\u2019effet de l\u2019autre, du moins au sens ordinaire donn\u00e9 \u00e0 ces termes, et leur conjonction est fortuite, au sens o\u00f9 elle ne peut d\u00e9cemment s\u2019interpr\u00e9ter comme le possible r\u00e9sultat d\u2019un hasard statistiquement calculable, tant serait faible la probabilit\u00e9 d\u2019un pareil concours de circonstances. \u00c0 cet \u00e9gard, trait d\u2019ironie, le livre non align\u00e9 puis d\u00e9plac\u00e9 par lequel tout est arriv\u00e9 s\u2019intitule \u00ab\u00a0La certitude absolue et autres illusions\u00a0: les secrets de la statistique\u00a0\u00bb\u00a0!<\/p>\n<p>Le second pilier constitutif d\u2019une synchronicit\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e est par ailleurs solidement dress\u00e9, le sens conjointement port\u00e9 par les deux \u00e9v\u00e8nements, mental et manifeste, apparaissant \u00e0 l\u2019\u00e9vidence. La cl\u00e9 n\u2019est autre, en effet, que le symbole par excellence de la qu\u00eate d\u2019identit\u00e9 et, au sein de l\u2019inconscient collectif, l\u2019arch\u00e9type que d\u00e9signe ce symbole est celui du \u00ab\u00a0Soi\u00a0\u00bb\u00a0; un arch\u00e9type essentiel selon Jung, car celui \u00e0 partir duquel chacun parvient progressivement, tout au long de sa vie, \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019individuation\u00a0\u00bb de sa personnalit\u00e9 propre, la diff\u00e9renciant du magma collectif dans un subtil et permanent \u00e9quilibre dynamique entre l\u2019inconscient collectif, l\u2019inconscient individuel et la conscience.<\/p>\n<p>Force est de reconna\u00eetre que mon exp\u00e9rience personnelle de synchronicit\u00e9 ne m\u2019a pas laiss\u00e9 tout \u00e0 fait indemne\u00a0: je me livre d\u00e9sormais davantage et plus volontiers \u00e0 l\u2019introspection, m\u2019effor\u00e7ant d\u2019ouvrir mes serrures int\u00e9rieures \u00e0 l\u2019aide des cl\u00e9s du royaume du \u00ab\u00a0Soi\u00a0\u00bb, cherchant \u00e0 mieux discerner qui je suis \u00e0 travers l\u2019\u0153illeton perdu de mon enfance, sous le regard attentif et s\u00e9v\u00e8re de la figure paternelle dont j\u2019ai h\u00e9rit\u00e9 le souci, parfois obsessionnel, de tout comprendre et ne rien laisser inexpliqu\u00e9. Petit \u00e0 petit, tout prend sa place, tout fait image, tout s\u2019articule et se r\u00e9v\u00e8le \u00e9clairant dans le puzzle de mon \u00e9trange aventure\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>d\u2019abord, le r\u00eave annonciateur dans lequel intervient mon p\u00e8re, tel la statue du Commandeur, r\u00eave dont la teneur reste \u00ab\u00a0verrouill\u00e9e\u00a0\u00bb, mais qui, comme par un effet de clair-obscur, projette dans ma conscience un trousseau virtuel garni de multiples cl\u00e9s, r\u00e9centes et anciennes, perdues et retrouv\u00e9es\u2026 comme une injonction \u00e0 la d\u00e9couverte de moi-m\u00eame au travers des alv\u00e9oles et des caissons de mon esprit\u00a0;<\/li>\n<li>ensuite, le fascinant mouvement de balancier entre le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent, entre l\u2019esprit et la mati\u00e8re, par lequel, en un seul et m\u00eame instant, les doigts d\u2019une de mes mains fr\u00f4lent une cache dont la serrure a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment ouverte avec succ\u00e8s, tandis que ceux de l\u2019autre main effleurent la serrure \u2013 d\u00e9guis\u00e9e en livre \u2013 d\u2019une autre cache, celle-l\u00e0 encore myst\u00e9rieuse\u2026 un geste involontaire qui tout \u00e0 la fois d\u00e9voile le coffre-fort et en mat\u00e9rialise\u00a0la cl\u00e9 !<\/li>\n<li>enfin, la le\u00e7on de vie, exprim\u00e9e dans le contraste qui oppose\u00a0: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la p\u00e9nibilit\u00e9 et la vanit\u00e9 d\u2019une recherche effectu\u00e9e sous la lumi\u00e8re trop vive des r\u00e9verb\u00e8res de la logique, de la rationalit\u00e9 et de la causalit\u00e9\u00a0; et, de l\u2019autre, la facilit\u00e9 et l\u2019efficacit\u00e9 d\u00e9concertante d\u2019une intuition flottante, libre en apparence de toute influence, mais secr\u00e8tement guid\u00e9e par l\u2019action \u00ab\u00a0inform\u00e9e\u00a0\u00bb de l\u2019inconscient collectif, \u00e0 l\u2019ombre de la synchronicit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une synchronicit\u00e9 en provoquant une autre, alors que je m\u2019appr\u00eate \u00e0 \u00e9crire ces lignes, me tombe sous les yeux \u00e0 point nomm\u00e9 le post d\u2019un ami dont je suis r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019activit\u00e9 sur un r\u00e9seau social. Se promenant en bordure du canal de l\u2019Ourcq, il a pris une photo d\u2019une fresque murale, que j\u2019ai reproduite avec sa permission afin d\u2019illustrer mon article. Cette fresque, peinte sur la pile d\u2019un pont face au 26 quai de la Marne, met en sc\u00e8ne deux personnages fantomatiques, sortes de siamois albinos emp\u00eatr\u00e9s derri\u00e8re une paroi de briques rouges, le visage muet de l\u2019un \u00e9tant seulement marqu\u00e9 d\u2019une cl\u00e9 et celui de l\u2019autre, d\u2019une serrure. Le premier porte un seau de peinture et le second un rouleau, avec lequel il badigeonne de blanc leur prison rouge commune, en vue de l\u2019escamoter. Mon ami a tr\u00e8s justement accompagn\u00e9 son post de ce commentaire\u00a0: \u00ab\u00a0Bon sang, o\u00f9 ai-je pu mettre la cl\u00e9 ?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Comment mieux repr\u00e9senter l\u2019activation de l\u2019arch\u00e9type du Soi, la partie de moi \u00ab\u00a0cl\u00e9\u00a0\u00bb cherchant \u00e0 ouvrir la partie de moi \u00ab\u00a0serrure\u00a0\u00bb, avec pour objectif de d\u00e9sincarc\u00e9rer mon identit\u00e9 <em>via<\/em> le processus jungien de l\u2019individuation\u00a0? Un fin observateur notera n\u00e9anmoins qu\u2019une coulure rouge, d\u00e9goulinant du bord du seau, laisse \u00e0 penser que le \u00ab\u00a0moi cl\u00e9 \u00bb n\u2019est peut-\u00eatre apr\u00e8s tout qu\u2019un imposteur et un saboteur, ayant substitu\u00e9 au pigment blanc de la lib\u00e9ration le pigment rouge de l\u2019ali\u00e9nation. Pour apprendre \u00e0 conna\u00eetre le visage de soi-m\u00eame, pour se voir en peinture tel que l\u2019on est, mieux vaut donc ne pas confondre les couleurs ni s\u2019emm\u00ealer les pinceaux\u00a0!<\/p>\n<p>Petit scarab\u00e9e, te ferais-tu cam\u00e9l\u00e9on\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : arch\u00e9type &#8211; co\u00efncidence &#8211; inconscient collectif &#8211; monisme \u00e0 double aspect &#8211; ordre implicite &#8211; sens &#8211; synchronicit\u00e9 &#8211; unus mundus<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la synchronicit\u00e9 \u00e0 l\u2019unus mundus De mani\u00e8re formelle et concise, une synchronicit\u00e9 consiste en la conjonction d\u2019un \u00e9v\u00e8nement psychique et d\u2019un \u00e9v\u00e8nement physique, sans lien de causalit\u00e9 entre eux, mais se r\u00e9pondant l\u2019un \u00e0 l\u2019autre dans un profond rapport de sens. 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