{"id":6288,"date":"2021-12-06T09:03:42","date_gmt":"2021-12-06T07:03:42","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=6288"},"modified":"2021-12-06T09:03:42","modified_gmt":"2021-12-06T07:03:42","slug":"sans-paysans-on-fait-comment","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=6288","title":{"rendered":"Sans paysans, on fait comment ?"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019agriculture poursuit sa mutation entam\u00e9e il y a plusieurs d\u00e9cennies : agriculture intensive pour l\u2019essentiel, industrialisation, grandes exploitations. Des alternatives voient le jour depuis quelques ann\u00e9es pour refuser ce mod\u00e8le et promouvoir une agriculture raisonn\u00e9e, biologique, \u00e0 plus petite \u00e9chelle. Variances donne la parole aujourd\u2019hui \u00e0 Caroline Dumas, ing\u00e9nieur agronome de formation, qui a \u00e9t\u00e9 agricultrice pendant 8 ans dans la Dr\u00f4me et est aujourd\u2019hui Charg\u00e9e de mission Installation Transmission au sein de <em>Terre de Liens<\/em>. Depuis 1995, elle travaille sur la question de l\u2019installation agricole sur des syst\u00e8mes alternatifs et la bio (GRET, ASFODEL, CORABIO, CFPPA, \u2026). Apr\u00e8s avoir d\u00e9crit l\u2019\u00e9tat des lieux (d\u00e9mographie, taille des exploitations, etc.), C. Dumas d\u00e9crit une structure qui milite pour une nouvelle paysannerie.<\/p>\n<p><strong>Variances<\/strong> : Le monde agricole a connu de profondes mutations depuis un si\u00e8cle. Ces mutations sont-elles toujours en cours, notamment du point de vue du nombre d\u2019agriculteurs, d\u2019exploitations, de surfaces cultiv\u00e9es?<\/p>\n<p><strong>Caroline Dumas <\/strong>: C\u2019est le moins que l\u2019on puisse dire. On comptait 2,28 millions d\u2019exploitations agricoles en 1955. En 2020, il n\u2019en reste plus que 410 000 pour environ 800 000 actifs agricoles. Le 20e si\u00e8cle, c\u2019est l\u2019av\u00e8nement de l\u2019agriculture industrielle et chimique : les modes de production, les intrants ont \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9s. Les intrants et le remembrement ont modifi\u00e9 les fa\u00e7on de produire d\u2019avant la guerre de 40.\u00a0 La ferme qui auparavant \u00e9tait familiale et se transmettait de p\u00e8re en fils est devenue au fil des ans une entreprise qui devait investir et s\u2019endetter pour \u00eatre moderne.<\/p>\n<p>Certains pensent que ce mouvement vers l\u2019industrialisation de l\u2019agriculture doit se poursuivre et 200 000 fermes seraient suffisantes, ce qui implique un choix tr\u00e8s prononc\u00e9 de type d\u2019agriculture. D\u2019autres<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> estiment qu\u2019il faudrait au contraire un million de fermes pour permettre de nourrir les citoyens avec des produits sains et locaux et de revitaliser le monde rural.<\/p>\n<p>Ce mouvement de r\u00e9duction du nombre de fermes s\u2019est \u00e9videmment accompagn\u00e9 d\u2019un agrandissement des exploitations : on est pass\u00e9, tous types de culture et d\u2019\u00e9levage confondus, de 15 ha en moyenne en 1955 \u00e0 63 ha en 2016. En 1988, la surface moyenne d\u2019une ferme n\u2019\u00e9tait que de 24 ha, les choses se sont donc pr\u00e9cipit\u00e9es ces trente derni\u00e8res ann\u00e9es. Aujourd\u2019hui, les fermes de plus de 100 ha repr\u00e9sentent 23\u00a0% des fermes. Ce mouvement de concentration au profit des plus grandes exploitations est favoris\u00e9 par la Politique Agricole Commune qui continue de subventionner l\u2019activit\u00e9 en fonction de la surface : plus on a d\u2019hectares, plus on obtient d\u2019aides, y compris dans la PAC de 2021.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, notons qu\u2019en trente ans, les surfaces cultiv\u00e9es se sont r\u00e9duites de 5,8 millions d\u2019hectares, soit l\u2019\u00e9quivalent de cinq d\u00e9partements fran\u00e7ais\u00a0: les surfaces sont artificialis\u00e9es par l\u2019habitat, les zones commerciales ou industrielles et un peu au profit des for\u00eats, notamment en zone montagneuse. Chaque ann\u00e9e sur les dix derni\u00e8res ann\u00e9es, 44\u00a0000 hectares ont \u00e9t\u00e9 artificialis\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Variances<\/strong> : Une proportion non n\u00e9gligeable de la population agricole est \u00e2g\u00e9e. Dans ces conditions, les transmissions aboutissent-elles \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de nouveaux agriculteurs ou bien assiste-t-on \u00e0 l\u2019extension des exploitations en place? Quelle peut \u00eatre l\u2019\u00e9volution des prochaines ann\u00e9es, compte tenu de la pyramide des \u00e2ges?<\/p>\n<p><strong>CD <\/strong>: Il y a l\u00e0 un vrai danger. La population agricole est vieillissante. D\u2019ici dix ans la moiti\u00e9 d\u2019entre eux sera partie \u00e0 la retraite. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, 125 fermes ont disparu chaque semaine\u00a0!<\/p>\n<p>Or, deux tiers des surfaces c\u00e9d\u00e9es par les agriculteurs qui partent \u00e0 la retraite aujourd\u2019hui vont \u00e0 l\u2019agrandissement. Le reste est transmis pour des nouvelles installations mais aussi pour l\u2019artificialisation : en 2019, on a observ\u00e9 21 000 d\u00e9parts \u00e0 la retraite et seulement 13\u00a0400 installations. Les installations se font sur des fermes de petite taille, environ 35 ha en moyenne car les terres sont ch\u00e8res, parce qu\u2019une partie des fermes est reprise par des exploitations en place et parce que les nouveaux install\u00e9s souhaitent parfois des fermes \u00e0 taille humaine et avec des circuits de commercialisation plus courts pour avoir davantage de plus-value.<\/p>\n<p>Sur les dix prochaines ann\u00e9es, on aura donc 200 000 exploitations qui auront chang\u00e9 de propri\u00e9taires. Un v\u00e9ritable enjeu si on souhaite modifier les modes de production.<\/p>\n<p><strong>Variances<\/strong> : Quel est le profil des acqu\u00e9reurs de terres?<\/p>\n<p><strong>CD<\/strong> : En agriculture il est difficile de parler d\u2019acqu\u00e9reur de terre. On parle plut\u00f4t d\u2019installation. Car la plupart des terres cultiv\u00e9es sont en location\u00a0: 22 millions d\u2019ha alors que seuls 6 millions d\u2019ha sont cultiv\u00e9s par leur propri\u00e9taire. Pendant longtemps, le mod\u00e8le dominant \u00e9tait de pousser les agriculteurs \u00e0 \u00eatre propri\u00e9taires du sol, comme le d\u00e9fend encore la FNSEA aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Mais comme la terre est de plus en plus ch\u00e8re, de \u00ab\u00a0nouveaux acteurs du foncier agricole\u00a0\u00bb apparaissent\u00a0: <em>Terre de liens<\/em> est l\u2019un d\u2019eux, mais il y a aussi des acteurs capitalistiques qui estiment que les terres agricoles vont devenir rares et qu\u2019il devient int\u00e9ressant d\u2019investir dans ces biens. Certaines soci\u00e9t\u00e9s agro-alimentaires anticipent sur la baisse de production induite par la baisse du nombre de fermes et se mettent aussi sur l\u2019acquisition de terres pour sauver leur fili\u00e8re. Certains acteurs institutionnels (chambres d\u2019agriculture, SAFER, collectivit\u00e9s locales) r\u00e9fl\u00e9chissent aussi \u00e0 constituer des r\u00e9serves de terres agricoles, en particulier pour participer \u00e0 la relocalisation de l\u2019alimentation mais aussi pour \u00e9viter l\u2019artificialisation et favoriser le renouvellement des actifs agricoles.<\/p>\n<p><strong>Variances<\/strong> : Quel est le profil des nouveaux install\u00e9(e)s?<\/p>\n<p><strong>CD<\/strong> : Il s\u2019agit donc des personnes qui d\u00e9cident de devenir agriculteur et agricultrice, qu\u2019importe s\u2019ils sont propri\u00e9taires ou fermiers. Un tiers d\u2019entre eux s\u2019installent hors cadre familial, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils ne reprennent pas la ferme de leurs parents. Ce pourcentage ne cesse de cro\u00eetre au fil des ans. Sur aujourd\u2019hui 21\u00a0000 candidats \u00e0 l\u2019installation (source : Chambres d\u2019agriculture, Point Info Installation), 60 % ne sont pas issus du milieu agricole. <em>In fine<\/em>, il y a, comme dit plus haut, 13 400 installations. Un tiers des nouveaux install\u00e9s sont des nouvelles install\u00e9es.<\/p>\n<p>Deux tiers des nouveaux install\u00e9s ne profitent pas des aides \u00e0 l\u2019installation. C\u2019est un chiffre qui nous pr\u00e9occupe car le m\u00e9tier est difficile et les aides sont un vrai soutien au d\u00e9part. C\u2019est aussi le rejet des mod\u00e8les alternatifs qui peut \u00eatre en jeu dans ce faible pourcentage de personnes aid\u00e9es.<\/p>\n<p>Le prix des terres augmente sans cesse, \u00e0 l\u2019achat ou \u00e0 la location. Pourtant, en France nous sommes plut\u00f4t bien lotis car il existe une r\u00e9gulation du prix agricole. Dans certains pays europ\u00e9ens qui ne contr\u00f4lent pas les prix, les installations de personnes non issues du milieu agricole deviennent impossibles. La sp\u00e9culation a les m\u00eames effets que chez nous pour l\u2019habitat.<\/p>\n<p>Donc pour un jeune qui n\u2019est pas issu du milieu agricole et qui n\u2019a pas beaucoup de moyens financiers, il est tr\u00e8s difficile d\u2019acheter une ferme. La solution, c\u2019est de devenir fermier. La location est plus accessible et les fermages sont tr\u00e8s contr\u00f4l\u00e9s. Ils augmentent chaque ann\u00e9e comme le co\u00fbt de la vie : la sp\u00e9culation est impossible. Mais trouver des fermages n\u2019est pas simple : il arrive que les propri\u00e9taires gardent leur terre sans fermier pour pouvoir la vendre au cas o\u00f9 ils en auraient besoin, encore plus si ces terres sont susceptibles de devenir un jour constructibles. Le prix de vente est alors multipli\u00e9 par environ par 100 en zone rurale voire 1\u00a0000 en zone urbaine, suivant les r\u00e9gions.<\/p>\n<p><strong>Variances<\/strong> : Dans un monde o\u00f9 les surfaces agricoles sont de plus en plus grandes, y a-t-il de la place pour les petites exploitations? Peut-on imaginer un monde paysan qui ne soit pas \u00e0 la recherche de productivit\u00e9 toujours plus \u00e9lev\u00e9e?<\/p>\n<p>L\u2019agriculture que nous d\u00e9fendons \u00e0 <em>Terre de Liens<\/em> est paysanne et agro-\u00e9cologique, \u00e0 petite \u00e9chelle, pour faire de l\u2019alimentation de qualit\u00e9. La productivit\u00e9 peut \u00eatre tr\u00e8s bonne sur des petites surfaces.<\/p>\n<p>L\u2019agriculture intensive ou la monoculture sur des grandes surfaces d\u00e9sertifient les territoires ruraux. L\u2019agriculture paysanne permet de revitaliser les campagnes avec l\u2019installation de familles. L\u2019agriculture industrielle recherche de grandes surfaces et les \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle, pratique la monoculture, utilise des gros mat\u00e9riels, beaucoup d\u2019engrais. Cela m\u00e8ne \u00e0 des terres infertiles \u00e0 terme, \u00e0 la pollution des nappes phr\u00e9atiques, \u00e0 l\u2019isolement toute la journ\u00e9e de l\u2019agriculteur sur son tracteur (cet isolement explique une partie des nombreux suicides dans la profession agricole). On est parvenu \u00e0 la limite de cette agriculture qui n\u2019est plus humaine.<\/p>\n<p>Nous visons quant \u00e0 nous un \u00e9quilibre dans l\u2019exploitation. L\u2019id\u00e9e est que le syst\u00e8me mis en place soit rentable et durable par ses choix de type de production, de transformation et de commercialisation. Une famille peut vivre sur une ferme de 20 ou 30 hectares. Une ferme c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re de plus de 100 hectares qui fait aujourd\u2019hui vivre une famille peut demain faire vivre cinq familles en transformant les c\u00e9r\u00e9ales, en r\u00e9servant une partie du sol au mara\u00eechage, en \u00e9levant quelques b\u00eates pour le fromage. Ce sont cinq familles que nous aimerions installer sur ces 100 ha. Il faut bien s\u00fbr que certaines terres soient irrigables, que cette ferme soit proche d\u2019un bourg avec des habitants qui pourraient \u00eatre les consommateurs directs des productions. C\u2019est ce genre de mod\u00e8le qui attire un nouveau public vers ce m\u00e9tier. Des jeunes souhaitent devenir paysan pour le sens de ce m\u00e9tier\u00a0: nourrir les gens et prendre soin de notre environnement.<\/p>\n<p>Cela s\u2019accompagne en effet d\u2019un choix de production qui est valoris\u00e9 par la transformation \u00e0 la ferme et le d\u00e9veloppement des circuits courts pour leur commercialisation. Le supermarch\u00e9 du coin qui d\u00e9veloppe le \u00ab\u00a0local\u00a0\u00bb peut aussi faire partie des circuits de commercialisation. L\u2019id\u00e9e est de limiter les interm\u00e9diaires pour que la plus-value aille au producteur; cela prend beaucoup de temps et ce n\u2019est pas toujours le choix qui est fait\u2026 parfois on pr\u00e9f\u00e8re vendre \u00e0 la coop\u00e9rative\u2026 tout est question d\u2019optimisation entre quantit\u00e9 de production et temps disponible pour la commercialisation.<\/p>\n<p>Pour d\u00e9velopper ces installations, il faut trouver des fermes viables et en fermage\u2026 C\u2019est pour cela que <em>Terre de Liens<\/em> s\u2019est cr\u00e9\u00e9e. Acheter des terres pour permettre \u00e0 ces porteurs de projets de s\u2019installer en fermage.<\/p>\n<p><strong>Variances<\/strong> : <em>Terre de liens<\/em> acquiert des terres et aide les personnes qui souhaitent les cultiver. Pouvez-vous d\u00e9crire comment elle fonctionne?<\/p>\n<p><strong>CD<\/strong> : <em>Terre de Liens<\/em> (<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"http:\/\/terredeliens.org\">terredeliens.org<\/a><\/span><\/span>) est constitu\u00e9e de trois structures : une Fonci\u00e8re qui \u00e9met des parts sociales aupr\u00e8s des citoyens, une Fondation qui recueille les dons et les legs et une F\u00e9d\u00e9ration regroupant 19 associations loi de 1901 r\u00e9parties sur toute la France m\u00e9tropolitaine et la Corse.<\/p>\n<p>La Fonci\u00e8re et la Fondation (qui ont collect\u00e9 environ 90 M\u20ac aupr\u00e8s de 25\u00a0800 membres depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es) acqui\u00e8rent des fermes et des terres qui sont vendues sur le march\u00e9. Les 19 associations (7\u00a0800 adh\u00e9rents) sont sur le terrain, trouvent les fermes \u00e0 acqu\u00e9rir et les porteurs de projets et, quand cela semble utile et pertinent dans la dur\u00e9e, la fonci\u00e8re et\/ou la fondation se porte acqu\u00e9reur. Ce sont les salari\u00e9s et les b\u00e9n\u00e9voles des associations territoriales qui instruisent les dossiers. Parfois l\u2019accompagnement des porteurs de projet ne d\u00e9bouche pas sur l\u2019acquisition mais sur la cr\u00e9ation de structures (SCI, Groupement foncier agricole) avec l\u2019acquisition de terres par les citoyens du territoire. Terre de Liens Bretagne est sp\u00e9cialiste de ce genre d\u2019accompagnement. C\u2019est une autre fa\u00e7on d\u2019aider l\u2019installation paysanne et de faire que la terre devienne un \u00ab\u00a0Bien Commun\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les structures comportent une centaine de salari\u00e9\u00b7e.s et plus de 1\u00a0000 b\u00e9n\u00e9voles travaillent ensemble au niveau national et territorial.<\/p>\n<p>Depuis sa cr\u00e9ation, 264 fermes ont \u00e9t\u00e9 acquises et 7\u00a0300 hectares de terre pr\u00e9serv\u00e9s en agriculture biologique. Plus de 400 paysans et paysannes se sont install\u00e9\u00b7e.s et plus de 200 emplois agricoles ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s sur les fermes. Enfin, environ 1 300 porteurs et porteuses de projets agricoles sont accompagn\u00e9\u00b7e.s chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p>En outre, nous avons cr\u00e9\u00e9 une plateforme gratuite de petites annonces (objectif-terres.org) : elle est destin\u00e9e \u00e0 mettre en relation paysans-c\u00e9dants ou propri\u00e9taire et porteurs de projets agricoles. Le \u201cbon coin\u201d de l\u2019agriculture paysanne revendique aujourd\u2019hui pr\u00e8s de 3 000 annonces de recherches et d\u2019offres de terres agricoles. La plateforme confirme une tendance forte : le profil des candidats \u00e0 l\u2019installation a chang\u00e9 et leurs attentes aussi. Il est urgent d\u2019agir pour faciliter l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la terre de cette nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de paysan\u00b7ne.s.<\/p>\n<p>Evidemment, notre impact n\u2019est pas \u00e0 la hauteur des enjeux, en termes de montants, m\u00eame si nos fermes sont d\u00e9finitivement sorties de la sp\u00e9culation et de la menace d\u2019artificialisation. Notre ambition ultime est que la terre devienne un bien commun. D\u2019autres mod\u00e8les sont probablement \u00e0 inventer, \u00e0 d\u2019autres \u00e9chelles, sans doute avec l\u2019aide des collectivit\u00e9s territoriales.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Propos recueillis par Alain Minczeles<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : agriculture &#8211; paysan &#8211; transmission &#8211; biologique- installation &#8211; terres agricoles &#8211; foncier<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> dont <em>Terre de Liens<\/em> et ses partenaires d\u00e9fendant une agriculture paysanne\u00a0: InterAFOCG, la FADEAR, le R\u00e9seau CIVAM, Accueil paysan, le MRJC, L\u2019Atelier paysan, Nature et Progr\u00e8s, le MIRAMAP, Solidarit\u00e9 Paysans, et Nature et Progr\u00e8s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019agriculture poursuit sa mutation entam\u00e9e il y a plusieurs d\u00e9cennies : agriculture intensive pour l\u2019essentiel, industrialisation, grandes exploitations. 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