{"id":5901,"date":"2021-05-06T07:15:21","date_gmt":"2021-05-06T05:15:21","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=5901"},"modified":"2021-05-06T07:45:10","modified_gmt":"2021-05-06T05:45:10","slug":"objectif-zen-zero-emissions-nettes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=5901","title":{"rendered":"Objectif Zen, Z\u00e9ro \u00e9missions nettes"},"content":{"rendered":"<p>Fanny Henriet (chercheuse au CNRS et professeure associ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9cole d\u2019\u00e9conomie de Paris) et Katheline Schubert (professeure \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris 1 Panth\u00e9on-Sorbonne et \u00e0 l\u2019\u00c9cole d\u2019\u00e9conomie de Paris) ont publi\u00e9 une \u00e9tude, <em>La transition \u00e9nerg\u00e9tique &#8211; Objectif ZEN*<\/em>, dans les Collections du CEPREMAP en d\u00e9cembre 2020. A cette occasion, <span style=\"color: #0000ff;\">variances.eu <\/span>a rencontr\u00e9 K. Schubert et lui a soumis quelques questions.<\/p>\n<p><strong><em>Variances : Objectif ZEN = z\u00e9ro \u00e9missions nettes. Avant d\u2019aborder les moyens d\u2019arriver \u00e0 cette neutralit\u00e9 carbone, peux-tu nous donner un aper\u00e7u de l\u2019\u00e9volution des \u00e9missions et leur chemin probable ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le r\u00e9chauffement climatique est un probl\u00e8me de stock. Les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre d\u2019aujourd\u2019hui affecteront le climat de demain et le climat du futur lointain. L\u2019augmentation de temp\u00e9rature d\u00e9pend non pas des flux d\u2019\u00e9missions de GES mais de la concentration de ces gaz dans l\u2019atmosph\u00e8re, somme des \u00e9missions de ces gaz mesur\u00e9es en une unit\u00e9 commune (l\u2019\u00e9quivalent-CO<sub>2<\/sub>) diminu\u00e9e de l\u2019absorption par les puits de carbone naturels que constituent les oc\u00e9ans, les for\u00eats et les sols. Cette concentration est rest\u00e9e stable pendant des si\u00e8cles, puis a commenc\u00e9 \u00e0 augmenter \u00e0 partir de la R\u00e9volution industrielle.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-5902\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Image1.png\" alt=\"\" width=\"890\" height=\"685\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Image1.png 890w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Image1-300x231.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Image1-600x462.png 600w\" sizes=\"(max-width: 890px) 100vw, 890px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00a0\u00c9volution de la concentration atmosph\u00e9rique de carbone de 1870 \u00e0 2017. Source : Global Carbon Project (2018)<\/em><\/p>\n<p>La figure d\u00e9taille les facteurs expliquant cette augmentation. La principale contribution positive est la combustion des \u00e9nergies fossiles. La seconde provient du changement d\u2019usage des sols. Les contributions n\u00e9gatives sont celles de l\u2019absorption par les puits de carbone que sont les sols, la flore et les oc\u00e9ans. L\u2019absorption par les sols et la flore compense presque exactement l\u2019\u00e9mission de carbone due \u00e0 la d\u00e9forestation.<\/p>\n<p><strong><em>Variances : Afin de limiter le r\u00e9chauffement climatique \u00e0 1,5\u00b0, le GIEC estime qu\u2019il ne faut plus\u00a0 que les activit\u00e9s humaines \u00e9mettent de CO<sub>2<\/sub> \u00e0 l\u2019horizon 2050. Quels sont les grands moyens pour y parvenir? La crise de 2008 et la crise sanitaire, catastrophes s\u2019il en est, ont-elles infl\u00e9chi la tendance ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Une premi\u00e8re r\u00e9ponse est donn\u00e9e par l\u2019identit\u00e9 de Kaya, identit\u00e9 comptable\u00a0 d\u00e9composant <sup>\u00a0<\/sup>les \u00e9missions de CO<sub>2 <\/sub>en quatre facteurs, repr\u00e9sentant respectivement la d\u00e9mographie, la croissance \u00e9conomique, l\u2019intensit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique de la production et l\u2019intensit\u00e9 en carbone de l\u2019\u00e9nergie. Au niveau mondial, depuis 1980, \u00e9missions, PIB par t\u00eate et population ont augment\u00e9, tandis que l\u2019intensit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique du PIB a diminu\u00e9 et que le contenu en carbone de l\u2019\u00e9nergie, apr\u00e8s avoir diminu\u00e9 jusqu\u2019au milieu des ann\u00e9es 90, est rest\u00e9 sensiblement inchang\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La d\u00e9mographie.<\/strong> La croissance de la population a un poids tr\u00e8s important dans la croissance des \u00e9missions totales de CO<sub>2<\/sub>. L\u2019effet est m\u00e9canique : \u00e0 comportements donn\u00e9s, plus de population entraine davantage d\u2019\u00e9missions. Le contr\u00f4le des naissances n\u2019est quasiment jamais mis en avant dans la panoplie des politiques climatiques, car les \u00e9conomistes consid\u00e8rent souvent que la d\u00e9mographie sort de leur champ. Si l\u2019effet de la population sur les \u00e9missions est clair, comprendre l\u2019effet en retour des dommages climatiques sur la population est \u00e9galement n\u00e9cessaire. Les effets du changement climatique sur les choix de f\u00e9condit\u00e9 sont encore peu explor\u00e9s. Le climat constitue-t-il la contrainte malthusienne moderne ? Les dommages pourraient limiter la croissance de la population, \u00e0 travers leurs effets sur la fertilit\u00e9, la mortalit\u00e9 infantile, la long\u00e9vit\u00e9, ou simplement le d\u00e9sir d\u2019avoir des enfants pour les faire na\u00eetre dans un monde de plus en plus inhospitalier.<\/p>\n<p><strong>L\u2019intensit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique<\/strong>. Sa baisse s\u2019explique \u00e0 la fois par des changements de comportement et par le progr\u00e8s technique. Les changements de comportement concernent d\u2019abord les \u201cpetits gestes\u201d du quotidien (faire des \u00e9conomies d\u2019\u00e9nergie en \u00e9teignant la lumi\u00e8re, recycler, avoir un comportement de consommation plus sobre, manger moins de viande, moins prendre l\u2019avion, faire du v\u00e9lo, \u2026). Les magazines sont pleins d\u2019articles plus ou moins fantaisistes sur ces petits gestes qui vont sauver la plan\u00e8te, mais les \u00e9tudes qui \u00e9valuent leur impact quantitatif montrent qu\u2019ils permettent de r\u00e9duire l\u2019empreinte carbone des m\u00e9nages d\u2019environ un quart, pas plus. Le changement de comportement qui a l\u2019effet de loin le plus important est le passage \u00e0 un r\u00e9gime v\u00e9g\u00e9tarien. L\u2019effet du t\u00e9l\u00e9travail est ambigu\u00a0: il permet de diminuer les \u00e9missions li\u00e9es aux transports domicile-travail, mais il pose aussi la question de l\u2019empreinte carbone du num\u00e9rique, qui pourrait en partie annuler l\u2019effet positif sur les \u00e9missions.<\/p>\n<p><strong>Le contenu en carbone de l\u2019\u00e9nergie<\/strong>. Sa baisse constitue l\u2019objet de la transition \u00e9nerg\u00e9tique. Ce contenu en carbone n\u2019a que tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement diminu\u00e9 depuis les ann\u00e9es 70, en raison du poids toujours tr\u00e8s important des \u00e9nergies fossiles et surtout du charbon dans le mix \u00e9nerg\u00e9tique mondial, et de la p\u00e9n\u00e9tration tr\u00e8s lente des \u00e9nergies d\u00e9carbon\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>La croissance<\/strong>. Revenus par t\u00eate et \u00e9missions de carbone ont historiquement augment\u00e9 parall\u00e8lement au niveau mondial. La question est \u00e9videmment de savoir s\u2019il sera possible dans le futur d\u2019obtenir une baisse des \u00e9missions tout en continuant \u00e0 avoir une croissance \u00e9conomique positive.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9pid\u00e9mie de Covid-19 a entra\u00een\u00e9 une baisse des \u00e9missions de CO<sub>2 <\/sub>mondiales de 8 % environ en 2020. Ceci correspond \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 la r\u00e9duction des \u00e9missions qui, si elle \u00e9tait maintenue chaque ann\u00e9e au cours de la pr\u00e9sente d\u00e9cennie, nous permettrait d\u2019atteindre l\u2019objectif ZEN. On mesure clairement l\u2019ampleur de l\u2019effort \u00e0 fournir. Cette crise, si violente et brutale, ne va pas permettre d\u2019infl\u00e9chir la croissance des \u00e9missions mondiales, en raison des effets rebond et du rattrapage \u00e9conomique. En l\u2019absence de changements structurels, il faudrait une r\u00e9cession permanente et non pas temporaire pour y parvenir.<\/p>\n<p>Ceci nous am\u00e8ne au fait que l\u2019identit\u00e9 de Kaya rend claires deux visions du monde souvent rencontr\u00e9es face au probl\u00e8me du r\u00e9chauffement climatique : d\u2019un c\u00f4t\u00e9 la certitude pessimiste que la solution ne pourra venir que de la d\u00e9croissance, ou pire d\u2019un effondrement de nos \u00e9conomies, et de l\u2019autre la foi optimiste dans un progr\u00e8s technique salvateur combin\u00e9 \u00e0 une politique climatique ambitieuse. Si on en croit les partisans de l\u2019option d\u00e9croissance, il ne faut compter que sur la baisse de notre production et de notre consommation, ainsi qu\u2019\u00e9ventuellement de la population, pour r\u00e9duire les \u00e9missions. Dans le second cas, la solution vient de la baisse de l\u2019intensit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique du PIB et de la d\u00e9carbonation de l\u2019\u00e9nergie, c\u2019est-\u00e0-dire principalement du progr\u00e8s technique, suscit\u00e9es par la politique climatique.<\/p>\n<p>L\u2019option d\u00e9croissance est attractive principalement pour la fraction de la population mondiale ais\u00e9e qui est pr\u00eate \u00e0 vivre plus simplement. Elle est inimaginable pour les pays en d\u00e9veloppement et pour une partie importante de la population des pays d\u00e9velopp\u00e9s, et on peut donc douter qu\u2019elle re\u00e7oive un r\u00e9el soutien social. Il vaut donc mieux explorer d\u2019autres possibilit\u00e9s avant de s\u2019y r\u00e9soudre.<\/p>\n<p>Mais la transition \u00e9nerg\u00e9tique ne peut \u00eatre gratuite. La pr\u00e9senter uniquement comme une opportunit\u00e9 pour la croissance est certainement trompeur. Il y a donc n\u00e9cessairement un co\u00fbt en terme de croissance \u00e9conomique mondiale, au moins temporaire.<\/p>\n<p>Enfin, on peut s\u2019interroger sur l\u2019instrument de mesure que nous utilisons pour juger du succ\u00e8s d\u2019une \u00e9conomie. Si le PIB, avec le mode de calcul que nous lui connaissons, cro\u00eet moins vite ou d\u00e9cro\u00eet, cela ne signifie pas n\u00e9cessairement que le bien-\u00eatre d\u00e9cro\u00eet. C\u2019est alors ce que nous entendons par croissance\/d\u00e9croissance qui doit \u00eatre reformul\u00e9.<\/p>\n<p><strong><em>Variances\u00a0: Les r\u00e9serves d\u2019\u00e9nergie fossile, notamment le charbon, sont encore tr\u00e8s importantes. Les co\u00fbts d\u2019extraction demeurent peu on\u00e9reux. Peut-il y avoir un d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables suffisant pour r\u00e9pondre aux besoins de la population mondiale ? La solution ne viendrait-elle pas alors de l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire qui pose des probl\u00e8mes d\u2019une autre nature que les \u00e9missions de CO<sub>2 <\/sub>?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La raret\u00e9 physique des \u00e9nergies fossiles ne va en effet pas constituer la solution spontan\u00e9e au probl\u00e8me du r\u00e9chauffement climatique. Nous en avons suffisamment pour provoquer des augmentations de temp\u00e9ratures proprement inimaginables si nous les extrayons et les br\u00fblons toutes. Les r\u00e9serves de charbon en particulier sont gigantesques.<\/p>\n<p>Les \u00e9nergies renouvelables ne peuvent pas remplacer les \u00e9nergies fossiles rapidement \u00e0 grande \u00e9chelle dans la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Contrairement \u00e0 ce qui \u00e9tait la vision dominante il y a encore peu de temps, ce n\u2019est pas tant le co\u00fbt de ces \u00e9nergies qui constitue un obstacle s\u00e9rieux que le fait qu\u2019elles ne soient pas pilotables c\u2019est-\u00e0-dire pas disponibles \u00e0 volont\u00e9, en permanence : elles sont \u00e0 la fois variables et intermittentes. A l\u2019heure actuelle cependant les solutions pour pallier l\u2019intermittence ne sont pas m\u00fbres. Parmi les voies explor\u00e9es on trouve le \u201cbackup\u201d des sources renouvelables par des centrales thermiques \u00e0 combustible fossile. C\u2019est le choix qu\u2019a fait l\u2019Allemagne. La m\u00e9thode est \u00e0 la fois co\u00fbteuse puisqu\u2019elle n\u00e9cessite d\u2019installer des surcapacit\u00e9s de production qui resteront inutilis\u00e9es une partie du temps, et bien s\u00fbr polluante. Elle est r\u00e9put\u00e9e \u00eatre seulement transitoire, en attendant qu\u2019une meilleure solution \u00e9merge. Une autre m\u00e9thode consiste \u00e0 diversifier les sources de production sur un espace g\u00e9ographique suffisamment vaste pour que les intermittences des diverses sources renouvelables ne soient pas corr\u00e9l\u00e9es, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une \u00e9chelle telle qu\u2019il y ait toujours du vent ou du soleil quelque part. Pour pratiquer cette solution il faut accepter de mettre en place un r\u00e9seau de transmission dense pour transporter l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 des lieux de production aux lieux de consommation, des surcapacit\u00e9s probablement cons\u00e9quentes et, en ce qui concerne l\u2019Europe, des interconnexions entre pays car aucun pays europ\u00e9en seul n\u2019est assez vaste. Un tel r\u00e9seau de transmission occuperait une surface importante, d\u00e9graderait les paysages et poserait des probl\u00e8mes d\u2019acceptabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Une autre solution est \u00e9videmment le stockage. Am\u00e9liorer les technologies de stockage ou, mieux, mettre au point des innovations de rupture pour pouvoir effectuer un stockage \u00e0 grande \u00e9chelle est l\u2019objet d\u2019intenses recherches.<\/p>\n<p>Enfin, il est th\u00e9oriquement possible de tenter d\u2019influencer la demande des consommateurs d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 pour r\u00e9duire les besoins de stockage, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019ajuster la demande \u00e0 l\u2019offre intermittente. Pour cela, il faut que les consommateurs re\u00e7oivent une information quasiment en continu sur le prix de production de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, fonction de l\u2019abondance de l\u2019offre, \u00e0 l\u2019aide de compteurs intelligents. Cette gestion de la demande ne peut toutefois all\u00e9ger que le besoin de stockage infra-journalier, mais pas le besoin intersaisons.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire ne peut pas constituer la solution g\u00e9n\u00e9rale au probl\u00e8me de la sortie du fossile, pour de multiples raisons. La plus importante est bien s\u00fbr le risque d\u2019un accident catastrophique. Pour limiter ce risque au maximum, il est n\u00e9cessaire que les institutions en charge de la production d\u2019\u00e9nergie et la gouvernance du programme nucl\u00e9aire soient irr\u00e9prochables, et fond\u00e9es sur une autorit\u00e9 de s\u00fbret\u00e9 ind\u00e9pendante et cr\u00e9dible. L\u2019autre raison majeure r\u00e9side dans le probl\u00e8me pos\u00e9 par la gestion des d\u00e9chets radioactifs \u00e0 vie longue, qu\u2019aucun pays n\u2019a \u00e9t\u00e9 capable de r\u00e9soudre jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Ensuite, la distance entre les technologies du nucl\u00e9aire civil et du nucl\u00e9aire militaire est faible. La diff\u00e9rence entre les deux repose essentiellement sur le degr\u00e9 d\u2019enrichissement de l\u2019uranium 235. Enfin, les technologies du nucl\u00e9aire actuelles ont besoin d\u2019uranium, qui est un m\u00e9tal non ferreux, c\u2019est-\u00e0-dire une ressource non renouvelable, rare, dont l\u2019\u00e9puisement est susceptible de menacer la p\u00e9rennit\u00e9 de ces technologies.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire a longtemps \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s comp\u00e9titive en mati\u00e8re de co\u00fbt par rapport aux \u00e9nergies fossiles. Mais plusieurs facteurs viennent augmenter ce co\u00fbt : la prise en compte du co\u00fbt du d\u00e9mant\u00e8lement des centrales en fin de vie, l\u2019augmentation des co\u00fbts associ\u00e9e \u00e0 l\u2019augmentation des exigences de s\u00e9curit\u00e9 apr\u00e8s l\u2019accident de Fukushima, la prise en compte du co\u00fbt de gestion des d\u00e9chets. Au total, le co\u00fbt de la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 nucl\u00e9aire aux \u00c9tats-Unis par les nouvelles installations est plus \u00e9lev\u00e9 que le co\u00fbt de production des centrales \u00e0 gaz.<\/p>\n<p><strong><em>Variances : O\u00f9 en est-on des \u00e9tudes relatives \u00e0 la s\u00e9questration de carbone ? Et concernant la reforestation ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La grande majorit\u00e9 des sc\u00e9narios permettant de rester sous 2\u00b0 de r\u00e9chauffement climatique incluent d\u2019importantes \u00e9missions n\u00e9gatives, ce qui n\u2019est r\u00e9ellement per\u00e7u ni par le grand public ni par les d\u00e9cideurs politiques, et ne fait pas l\u2019objet de d\u00e9bats. Les deux m\u00e9thodes les plus discut\u00e9es pour obtenir des \u00e9missions n\u00e9gatives sont la reforestation et la bio\u00e9nergie combin\u00e9e avec la capture et s\u00e9questration du carbone.<\/p>\n<p>Concernant la reforestation, le rapport sp\u00e9cial 1<em>,<\/em>5\u00b0C du GIEC sugg\u00e8re qu\u2019une augmentation de 1 milliard d\u2019hectares de for\u00eat sera n\u00e9cessaire pour limiter le r\u00e9chauffement climatique \u00e0 1,5\u00b0. Mais il n\u2019y a pas de consensus sur ce point, et une forte incertitude quant au conflit d\u2019usage des terres potentiel entre reforestation et production de nourriture. La m\u00e9thode consistant \u00e0 combiner production d\u2019\u00e9nergie \u00e0 l\u2019aide de biomasse et capture et s\u00e9questration de carbone pose le m\u00eame probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Devant les difficult\u00e9s \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9missions de CO<sub>2<\/sub>, la g\u00e9o-ing\u00e9nierie pourrait \u00e9ventuellement devenir une option de dernier recours. L\u2019id\u00e9e est de modifier directement le bilan radiatif de la Terre. L\u2019une des m\u00e9thodes possibles, la plus \u00e9tudi\u00e9e pour l\u2019instant, consiste \u00e0 pulv\u00e9riser des a\u00e9rosols sulfat\u00e9s dans la stratosph\u00e8re. Cette technique de management du rayonnement solaire est inspir\u00e9e par l\u2019\u00e9ruption du mont Pinatubo en 1991 aux Philippines, qui a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9e de la lib\u00e9ration de 20 millions de tonnes de dioxyde de soufre et a provoqu\u00e9 une diminution du rayonnement solaire direct d\u2019environ 30 % et une chute de la temp\u00e9rature moyenne sur terre de 0,5\u00b0 pendant plus d\u2019un an. Les co\u00fbts directs de cette technique sont faibles et un refroidissement global important pourrait \u00eatre obtenu. Mais ces techniques affectent \u00e9galement les r\u00e9gimes de pr\u00e9cipitations de mani\u00e8res h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, avec des effets potentiellement catastrophiques dans certaines r\u00e9gions du monde. Et il existe certainement d\u2019autres effets ind\u00e9sirables, qu\u2019on ne connait pas encore, comme des modifications de l\u2019acidit\u00e9 de la pluie, des oc\u00e9ans, des \u00e9cosyst\u00e8mes, des rendements agricoles. Certains travaux sugg\u00e8rent que l\u2019existence de ces techniques devrait en fait nous encourager \u00e0 r\u00e9duire davantage nos \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, devant la menace qu\u2019un pays particuli\u00e8rement affect\u00e9 par le r\u00e9chauffement climatique puisse y avoir recours sans concertation et faire courir au monde un risque encore plus important que le r\u00e9chauffement climatique lui-m\u00eame !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>* \u00ab La transition \u00e9nerg\u00e9tique &#8211; Objectif ZEN \u00bb de Fanny Henriet et Katheline Schubert, <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"http:\/\/www.cepremap.fr\/publications\/la-transition-energetique-objectif-zen\/\">Collections du CEPREMAP<\/a><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : CO2 &#8211; GES -r\u00e9chauffement climatique &#8211; Kaya &#8211; transition \u00e9cologique<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fanny Henriet (chercheuse au CNRS et professeure associ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9cole d\u2019\u00e9conomie de Paris) et Katheline Schubert (professeure \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris 1 Panth\u00e9on-Sorbonne et \u00e0 l\u2019\u00c9cole d\u2019\u00e9conomie de Paris) ont publi\u00e9 une \u00e9tude, La transition \u00e9nerg\u00e9tique &#8211; Objectif ZEN*, dans les Collections du CEPREMAP en d\u00e9cembre 2020. A cette occasion, variances.eu a rencontr\u00e9 K. Schubert et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":356,"featured_media":5905,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[221],"tags":[],"class_list":["post-5901","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-changement-climatique","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5901","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/356"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5901"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5901\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5905"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5901"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5901"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5901"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}