{"id":5788,"date":"2021-03-15T07:25:46","date_gmt":"2021-03-15T05:25:46","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=5788"},"modified":"2021-03-15T08:50:38","modified_gmt":"2021-03-15T06:50:38","slug":"quelles-aides-pour-les-jeunes-adultes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=5788","title":{"rendered":"Quelles aides pour les jeunes adultes ?*"},"content":{"rendered":"<p>La crise sanitaire a remis au premier plan la question de la pauvret\u00e9 des jeunes adultes (les 18-24 ans), qu\u2019ils soient \u00e9tudiants, en emploi pr\u00e9caire, \u00e0 la recherche d\u2019un premier emploi, s\u2019ils ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de l\u2019aide de leur famille. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, un jeune adulte (de moins de 25 ans) n\u2019a pas droit individuel au RSA (sauf dans des cas tr\u00e8s particulier), cela \u00e9tant justifi\u00e9 par deux arguments\u00a0: l\u2019obligation alimentaire stipule que les parents doivent subvenir aux besoins de leurs enfants mineurs ou poursuivant des \u00e9tudes\u00a0; les gouvernements successifs refusent que des jeunes \u00ab\u00a0s\u2019installent dans l\u2019assistanat\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les p\u00e9riodes de la vie ont recul\u00e9. L\u2019\u00e2ge m\u00e9dian du premier emploi est maintenant de 23 ans, du premier emploi stable de 28 ans, de sorte que s\u2019est ouverte une p\u00e9riode de 18 ans (l\u2019\u00e2ge du bac) \u00e0 23 ans, o\u00f9 le jeune adulte passe du soutien total de sa famille \u00e0 l\u2019autonomie financi\u00e8re. Cette p\u00e9riode est aujourd\u2019hui rendue plus difficile par la pr\u00e9carisation de l\u2019emploi et la difficult\u00e9 \u00e0 trouver un emploi, mais la probl\u00e9matique subsisterait quelle que soit la conjoncture\u00a0: il n\u2019est pas acceptable de laisser un jeune sans ressources, mais qui doit fournir ces ressources entre la famille et la soci\u00e9t\u00e9 ?<\/p>\n<p>Il faut choisir entre deux points de vue. Selon le point de vue familialiste, le jeune adulte reste \u00e0 la charge de sa famille, sauf s\u2019il appartient \u00e0 une famille pauvre. Toute aide doit donc \u00eatre attribu\u00e9e sous condition de ressources de la famille. Selon le point de vue autonomiste, le jeune adulte doit \u00eatre autonome, donc \u00eatre socialement pris en charge, mais cette solution est co\u00fbteuse et les jeunes des familles les plus riches pourront toujours cumuler la prestation sociale et l\u2019aide de la famille.<\/p>\n<p>En 2019, selon Eurostat, le taux de pauvret\u00e9 des 18-24 ans est de 21,7 % (contre 13,6 % pour l\u2019ensemble de la population). Cet \u00e9cart est g\u00e9n\u00e9ral\u00a0: en Su\u00e8de, le taux de pauvret\u00e9 des jeunes est de 30,0 % (contre 17,1 %), au Danemark de 36,7 % (contre 12,3 %). Les conventions statistiques font que plus les jeunes quittent t\u00f4t le domicile familial, plus le taux de pauvret\u00e9 mesur\u00e9 est fort puisqu\u2019un jeune est consid\u00e9r\u00e9 partager les ressources de sa famille tant qu\u2019il reste dans le domicile familial et que les aides de sa famille, quand il n\u2019y r\u00e9side plus, sont mal mesur\u00e9es.<\/p>\n<p>On obtient des r\u00e9sultats tr\u00e8s diff\u00e9rents si on regarde le taux de privation mat\u00e9riel<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Toujours selon Eurostat, il est en France de 10,5 % pour les 20-24 ans contre 13,1 % pour l\u2019ensemble de la population\u00a0; au Danemark de 10 % (contre 7,1 %)\u00a0; en Su\u00e8de de 6,7 % (contre 4 %).\u00a0 Il appara\u00eet que toutes les familles aident leurs jeunes adultes dans la mesure de leurs moyens, de sorte que les in\u00e9galit\u00e9s sont entre jeunes plut\u00f4t qu\u2019entre g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n<p>Selon Eurostat, en 2019 en France, les 20-24 ans \u00e9taient pour 51 % en emploi, 11 % en ch\u00f4mage, 30 % en formation, 8 % ni en activit\u00e9, ni en formation (mais sont compt\u00e9s en emploi, les emplois pr\u00e9caires et les \u00e9tudiants qui travaillent).<\/p>\n<p>En 2021, le seuil de pauvret\u00e9 (60 % du revenu m\u00e9dian) devrait \u00eatre de 1\u00a0084 euros, tandis que le RSA est \u00e0 565 euros. Le RSA ne sort pas de la pauvret\u00e9. Cela pose probl\u00e8me pour d\u00e9finir un niveau ad\u00e9quat de prestations pour les jeunes.<\/p>\n<h3><strong>Les aides actuelles<\/strong><\/h3>\n<p>L\u2019obligation alimentaire oblige les parents \u00e0 subvenir aux besoins d\u2019un jeune, mineur ou \u00e9tudiant, cela dans la mesure de leurs moyens\u00a0; en cas de conflit familial, cette aide peut \u00eatre r\u00e9clam\u00e9e par voie de justice. Les allocations familiales prennent fin \u00e0 20 ans. Le jeune peut \u00eatre rattach\u00e9 fiscalement \u00e0 sa famille jusqu\u2019\u00e0 21 ans (25 ans s\u2019il poursuit des \u00e9tudes), mais le gain fiscal est limit\u00e9 \u00e0 1\u00a0570 euros par an (pour une famille d\u2019un ou deux enfants, le double \u00e0 partir du troisi\u00e8me). Le m\u00e9nage peut d\u00e9clarer fiscalement une aide de 6\u00a0000 euros par an \u00e0 son jeune adulte (des pi\u00e8ces justificatives peuvent \u00eatre demand\u00e9es). Un jeune (de 18 \u00e0 23\/25 ans) peut \u00eatre dans six situations.<\/p>\n<ul>\n<li>Le jeune travaille et dispose d\u2019un logement autonome. Il a droit \u00e0 la prime d\u2019activit\u00e9 et aux allocations logement.<\/li>\n<li>Le jeune travaille et vit chez ses parents. Il peut choisir entre demander la prime d\u2019activit\u00e9 \u00e0 son nom ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, s\u2019imputer sur le RSA\/prime d\u2019activit\u00e9 de sa famille.<\/li>\n<li>Le jeune est ch\u00f4meur, sans ressource et vit chez ses parents. Il n\u2019a droit \u00e0 aucune allocation sp\u00e9cifique et est donc en quasi-totalit\u00e9 \u00e0 la charge de sa famille. Si sa famille touche le RSA, le suppl\u00e9ment de RSA est de 226 euros par mois. Si elle est imposable, elle peut d\u00e9clarer fiscalement une aide de 3\u00a0600 euros par an, soit une r\u00e9duction d\u2019imp\u00f4t de 90 euros par mois (pour la tranche marginale \u00e0 30 %). Entre les m\u00e9nages pr\u00e9caires et les m\u00e9nages imposables, l\u2019aide est nulle.<\/li>\n<li>Le jeune est ch\u00f4meur, sans ressource, et dispose d\u2019un logement autonome. Il n\u2019a droit \u00e0 aucune allocation sp\u00e9cifique, sauf cas particulier (pour le RSA, avoir d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 deux ans ou \u00eatre parent). Il a droit \u00e0 l\u2019allocation logement qui peut atteindre 310 euros par mois. Les parents peuvent avoir une r\u00e9duction d\u2019imp\u00f4t de 150 euros par mois pour la tranche de 30 %.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une jeune en situation de pr\u00e9carit\u00e9, sans aide de ses parents, peut signer un contrat d\u2019insertion, avec une mission locale du minist\u00e8re de l\u2019emploi qui lui fournit un revenu de 500 euros par mois, pour une dur\u00e9e maximale de 18 mois. Le nombre de b\u00e9n\u00e9ficiaires est limit\u00e9 actuellement \u00e0 200\u00a0000.<\/p>\n<ul>\n<li>Le jeune est \u00e9tudiant et vit dans sa famille. Il peut \u00eatre impos\u00e9 avec sa famille jusqu\u2019\u00e0 25 ans. Si sa famille touche le RSA, le suppl\u00e9ment de RSA est de 226 euros par mois. Si elle est imposable, elle peut d\u00e9clarer fiscalement une aide de 3\u00a0600 euros par an, soit une r\u00e9duction d\u2019imp\u00f4t de 90 euros par mois pour la tranche \u00e0 30 %, de 123 euros pour la tranche \u00e0 41 %. Il peut recevoir une bourse d\u2019\u00e9tudes selon le revenu des parents\u00a0; cette bourse peut atteindre 568 euros par mois vers\u00e9 pendant 10 mois par ann\u00e9e scolaire. Mais, seulement 36,8\u00a3% des \u00e9tudiants sont boursiers et 2,5% touchent ces 568 euros. L\u00e0 aussi, l\u2019aide est nulle ou faible pour les m\u00e9nages interm\u00e9diaires.<\/li>\n<li>Le jeune est \u00e9tudiant et dispose d\u2019un logement autonome. Il peut \u00eatre rattach\u00e9 fiscalement \u00e0 sa famille jusqu\u2019\u00e0 25 ans (comme personne \u00e0 charge, gain d\u2019imp\u00f4t maximal, 131 ou 261 euros par mois) ou d\u00e9clar\u00e9 comme recevant une pension de 500 euros par mois, soit une r\u00e9duction d\u2019imp\u00f4t de 150 euros par mois. Il peut recevoir une bourse d\u2019\u00e9tudes selon le revenu des parents, qui peut atteindre 568 euros par mois sur 10 mois. Il a droit \u00e0 l\u2019allocation logement, qui peut atteindre 210 euros par mois. Le cumul Allocation logement\/rattachement fiscal est possible. L\u2019aide est nulle ou faible pour les m\u00e9nages interm\u00e9diaires.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Que le jeune soit ch\u00f4meur ou \u00e9tudiant, l\u2019aide ne couvre pas les besoins\u00a0; <em>l<\/em><em>\u2019avantage fiscal <\/em>est loin de couvrir pas \u00e0 la charge r\u00e9elle du jeune adulte. Un syst\u00e8me plus satisfaisant sera obligatoirement plus co\u00fbteux.<\/p>\n<h3><strong>Que proposer\u00a0<\/strong><strong>? <\/strong><\/h3>\n<p>Toute r\u00e9forme nous semble devoir int\u00e9grer cinq \u00e9l\u00e9ments contradictoires : (i) Il ne faut pas trop avantager les \u00e9tudiants (souvent issus de familles plus ais\u00e9es) par rapport \u00e0 aux jeunes qui travaillent d\u00e9j\u00e0; (ii) Il est d\u00e9licat d\u2019aider les enfants de familles riches qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u00e9j\u00e0 des aides de leur famille; (iii) par contre, les organisations d\u2019\u00e9tudiants veulent des allocations aux jeunes et pas \u00e0 leurs familles, des allocations ne d\u00e9pendant pas du revenu des parents; (iv) il faut aider les jeunes ch\u00f4meurs en oubliant l\u2019argument que cela les incite \u00e0 rester dans l\u2019oisivet\u00e9, au contraire cela les s\u00e9curise dans leur recherche d\u2019emploi<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>; (v) il est normal que les jeunes adultes soient relativement instables dans leur vie professionnelle ou sentimentale.<\/p>\n<p>Plusieurs projets sont sur la table, avec de nombreuses variantes. Nous en donnons ici une interpr\u00e9tation personnelle.<\/p>\n<p><strong>L<\/strong><strong>\u2019allocation d<\/strong><strong>\u2019autonomie<\/strong> serait vers\u00e9e pendant 5 ans \u00e0 tous les jeunes entre 18 et 25 ans. Elle serait d\u2019un montant du RSA, 565 euros par mois, soit 33\u00a0900 euros sur 5 ans, soit d\u2019un co\u00fbt brut de l\u2019ordre de 27 milliards. Pour la financer, il faudrait, par exemple, augmenter la CSG de 1,7 point ou multiplier les droits de succession par 1,8. Cette allocation \u00e9viterait de distinguer entre les jeunes. En contrepartie, seraient supprim\u00e9s les avantages fiscaux et sociaux (sauf l\u2019allocation logement), mais cela ne permettrait pas de financer la mesure (le quotient familial rapporte au mieux g\u00e9n\u00e9ralement 131 euros par mois, l\u2019avantage fiscal 150 euros par mois, le RSA 226 euros par mois). Les jeunes ch\u00f4meurs utiliseraient la prestation pour vivre\u00a0; les \u00e9tudiants pour \u00e9tudier\u00a0; ceux qui travaillent d\u00e9j\u00e0 pourraient la capitaliser pour financer une formation.<\/p>\n<p>Il ne serait pas acceptable de ne verser l\u2019allocation d\u2019autonomie qu\u2019aux \u00e9tudiants car ils sont, en moyenne, de familles plus riches que les ch\u00f4meurs ou les jeunes qui travaillent.<\/p>\n<p>Notons que ces 565 euros par mois, malgr\u00e9 leur co\u00fbt global, ne sortiraient pas les jeunes de la pauvret\u00e9 au sens statistique. Les familles riches pourront compl\u00e9ter. On n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la question\u00a0: faut-il aider plus les jeunes issus de familles \u00e0 faibles ressources\u00a0?<\/p>\n<p>Le point d\u00e9licat est de convaincre les contribuables que la hausse de l\u2019imposition est compens\u00e9e sur le plan individuel par le fait de ne plus avoir \u00e0 charge leurs enfants d\u00e8s 18 ans, et sur le plan global d\u2019avoir heureusement compl\u00e9t\u00e9 notre syst\u00e8me social, de fa\u00e7on \u00e0 \u00e9viter le sentiment d\u2019injustice de certaines g\u00e9n\u00e9rations, en particulier apr\u00e8s la crise sanitaire.<\/p>\n<p><strong>L<\/strong><strong>\u2019allocation d<\/strong><strong>\u2019entr\u00e9e dans la vie active\u00a0: <\/strong>la mesure est identique, mais elle serait r\u00e9serv\u00e9e aux jeunes dont la famille est en dessous d\u2019un certain niveau de revenu (par exemple\u00a0: dont la famille est non-imposable). Les familles plus riches seraient cens\u00e9es pouvoir verser ces 565 euros\u00a0; elles auraient toujours droit \u00e0 l\u2019avantage fiscal. Le principe de l\u2019obligation alimentaire serait renforc\u00e9 pour les plus riches (un jeune pourrait plus facilement la r\u00e9clamer par l\u2019interm\u00e9diaire de la CAF, par exemple). Cela diviserait le co\u00fbt de la prestation par deux ou permettrait de verser une prestation plus importante (840 euros, ce qui sortirait les jeunes de la pauvret\u00e9, compte tenu des allocations logement). Toutefois, reste la question des effets de seuil, du passage en biseau entre ceux qui n\u2019ont pas droit et ceux qui ont droit \u00e0 l\u2019allocation.<\/p>\n<p><strong>Le cr\u00e9dit<\/strong><strong> d<\/strong><strong>\u2019autonomie <\/strong>serait une allocation identique (565 euros par mois pendant 5 ans), mais elle serait remboursable par le jeune adulte d\u00e8s qu\u2019il aurait atteint un certain niveau de revenu, par exemple 282,5 euros par mois pendant 10 ans d\u00e8s que le salari\u00e9 atteint le revenu m\u00e9dian (de l\u2019ordre de 1\u00a0780 euros). Cette proposition nous semble malvenue. Elle frapperait des jeunes adultes au moment o\u00f9 ils ont besoin de ressources pour s\u2019installer, \u00e9lever des enfants, acqu\u00e9rir un logement. Pendant une longue p\u00e9riode de temps, leurs hausses de revenus seraient absorb\u00e9es par la hausse des remboursements \u00e0 effectuer. Il nous semble pr\u00e9f\u00e9rable que l\u2019allocation aux jeunes soit financ\u00e9e par des imp\u00f4ts progressifs comme l\u2019imp\u00f4t sur le revenu ou les droits de successions.<\/p>\n<p><strong>L<\/strong><strong>\u2019extension du RSA\u00a0:<\/strong> Les jeunes non \u00e9tudiants qui disposent d\u2019un logement autonome auraient droit au RSA, sans tenir compte du revenu de leurs parents, mais en tenant compte de l\u2019aide de leur famille. L\u2019avantage est clair\u00a0: ce serait la voiture-balai de tous les dispositifs, en particulier des dispositifs d\u2019insertion. Chaque jeune est assur\u00e9 d\u2019avoir un revenu minimum garanti, quels que soient les al\u00e9as de sa vie professionnelle. Cependant, il est difficile de mesurer l\u2019aide des parents. Ceux-ci auraient int\u00e9r\u00eat \u00e0 ne pas aider leurs enfants si l\u2019aide vient en soustraction du RSA. Soit une famille qui verse 650 euros par mois \u00e0 sa fille\u00a0; elle n\u2019a pas droit au RSA\u00a0; si la famille ne verse que 300, la jeune femme a droit \u00e0 250 euros de RSA\u00a0; si la famille ne verse rien, elle a droit \u00e0 550 euros. La tentation est donc de d\u00e9clarer ne rien verser, mais de continuer \u00e0 verser 100 euros. Si l\u2019aide des parents n\u2019est pas prise en compte, le RSA sera vers\u00e9 \u00e0 tous les jeunes non \u00e9tudiants non en activit\u00e9, mais le principe de l\u2019obligation alimentaire devrait \u00eatre oubli\u00e9 (ce qui pose probl\u00e8me pour les autres allocations). Les dispositifs d\u2019insertion pour les jeunes ne seraient pas diff\u00e9rents de ceux des autres titulaires du RSA, ce qui ne correspondrait pas \u00e0 leur situation. L\u2019instabilit\u00e9 des cohabitations poserait probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudiants n\u2019auraient pas droit \u00e0 l\u2019allocation\u00a0: il parait difficile de leur verser le RSA (qui n\u2019est pas fait pour cela)\u00a0; cela encombrerait les services sociaux, poserait la m\u00eame question (en pire) de la prise en compte de l\u2019aide parentale.<\/p>\n<p><strong>Une allocation d<\/strong><strong>\u2019insertion\u00a0<\/strong>: Elle serait destin\u00e9e aux jeunes \u00e0 la recherche d\u2019un emploi (et de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale aux personnes reprenant un emploi sans droit aux prestations ch\u00f4mage). Ce serait une prestation individuelle, ne tenant pas compte du revenu des parents, ni de la situation familiale, soumise \u00e0 cotisation retraite, vers\u00e9e par l\u2019Un\u00e9dic (qui serait rembours\u00e9e par l\u2019\u00c9tat), accompagn\u00e9e d\u2019offres de formations et de stages\u00a0; ceux-ci ne seraient pas une condition \u00e0 l\u2019allocation, mais le refus persistant pourrait \u00eatre un motif de suspension (avec des possibilit\u00e9s de recours). L\u2019allocation serait toujours de 560 euros dans un premier temps, donc \u00e9quivalente au RSA. Ainsi, l\u2019individualisation \u00e9viterait les questions d\u2019aide des parents et d\u2019instabilit\u00e9 des cohabitations. Le lien avec l\u2019Unedic et donc P\u00f4le emploi s\u2019accompagnerait de dispositifs sp\u00e9cifiques d\u2019insertion.<\/p>\n<p><strong>Augmenter les bourses des \u00e9tudiants<\/strong>. On accepterait que les jeunes de familles ais\u00e9es restent \u00e0 la charge de leurs parents pour ne pas donner un avantage exorbitant aux \u00e9tudiants par rapport aux jeunes actifs. L\u2019aide serait concentr\u00e9e sur les \u00e9tudiants issus de familles pauvres et moyennes en augmentant massivement les plafonds de ressources et le niveau des bourses (565 euros par mois + 200 euros d\u2019allocation logement pour la masse des \u00e9tudiants).\u00a0 Les familles ais\u00e9es seraient cens\u00e9es d\u00e9bourser ces 564 euros (en b\u00e9n\u00e9ficiant du quotient familial)\u00a0; en cas de probl\u00e8me, l\u2019\u00e9tudiant pourrait r\u00e9clamer cette aide \u00e0 ses parents par la CAF.<\/p>\n<p><strong>Pour conclure<\/strong>. Aucune solution n\u2019est parfaite. Deux solutions me semblent acceptables\u00a0: soit l\u2019allocation d\u2019autonomie (qui est co\u00fbteuse), soit la combinaison\u00a0allocation d\u2019insertion pour les jeunes \u00e0 la recherche d\u2019emploi plus augmentation des bourses pour les \u00e9tudiants.<\/p>\n<p>* Voir aussi la note du HCF\u00a0\u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.hcfea.fr\/IMG\/pdf\/4_Tome_IV_2016_05_03.pdf.\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">Les termes des d\u00e9bats sur les aides publiques aux jeunes majeurs<\/span><\/span>\u00a0<\/a>\u00bb, qui est malheureusement timor\u00e9e, en raison de la contrainte accept\u00e9e de ne pas augmenter les d\u00e9penses sociales.<\/p>\n<p><em><span class=\"Aucun\">Mots-cl\u00e9s : RSA jeunes &#8211; situation des \u00e9tudiants<\/span><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><em><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Indicateur statistique mesurant le pourcentage de personnes dans l\u2019incapacit\u00e9 de se procurer certains biens et services, socialement jug\u00e9s n\u00e9cessaires.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Voir <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/blogs.alternatives-economiques.fr\/abherve\/2021\/02\/10\/esther-duflo-faire-confiance-aux-jeunes-en-leur-donnant-un-revenu-cela-peut-donc-etre-productif\">l\u2019article d\u2019Esther Duflo<\/a><\/span><\/span> ou l\u2019\u00e9tude de\u00a0 d\u2019Olivier Bargain et\u00a0 Augustin Vicard\u00a0: \u00ab\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/1521320\">Le RMI et son successeur le RSA d\u00e9couragent\u2011ils certains jeunes de travailler ? Une analyse sur les jeunes autour de 25 ans<\/a><\/span><\/span>\u00a0\u00bb,<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise sanitaire a remis au premier plan la question de la pauvret\u00e9 des jeunes adultes (les 18-24 ans), qu\u2019ils soient \u00e9tudiants, en emploi pr\u00e9caire, \u00e0 la recherche d\u2019un premier emploi, s\u2019ils ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de l\u2019aide de leur famille. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, un jeune adulte (de moins de 25 ans) n\u2019a pas droit individuel au [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":53,"featured_media":5790,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[222],"tags":[],"class_list":["post-5788","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-societe","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5788","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/53"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5788"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5788\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5790"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5788"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5788"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5788"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}