{"id":5747,"date":"2021-02-26T07:20:59","date_gmt":"2021-02-26T05:20:59","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=5747"},"modified":"2021-02-26T08:48:47","modified_gmt":"2021-02-26T06:48:47","slug":"pour-un-bouclier-sanitaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=5747","title":{"rendered":"Pour un bouclier sanitaire"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019endettement public de la France ne restera soutenable que si les d\u00e9penses et le d\u00e9ficit publics sont stabilis\u00e9s en pourcentage du PIB \u00e0 l\u2019issue de la crise actuelle (cf. <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/fipeco.fr\/fiche\/Lendettement-public-de-la-France-est-il-soutenable-%3F\">note sur ce sujet<\/a><\/span><\/span>). Or les d\u00e9penses de sant\u00e9 augmenteront certainement beaucoup dans les prochaines ann\u00e9es sous l\u2019effet d\u2019abord des d\u00e9cisions prises dans le cadre du \u00ab\u00a0S\u00e9gur de la sant\u00e9\u00a0\u00bb (revalorisations salariales, recrutements et investissements) puis de celles qui seront probablement prises pour r\u00e9pondre aux nombreux appels \u00e0 de nouvelles augmentations des moyens du syst\u00e8me de sant\u00e9. Si des \u00e9conomies restent possibles et souhaitables, le pr\u00e9sent billet montre qu\u2019il est \u00e9galement possible et souhaitable d\u2019accro\u00eetre la participation financi\u00e8re des m\u00e9nages aux d\u00e9penses de sant\u00e9 tout en prot\u00e9geant les plus modestes et en simplifiant les modalit\u00e9s de remboursement de ces d\u00e9penses.<\/p>\n<p><strong>La part des d\u00e9penses de sant\u00e9 qui est pay\u00e9e directement par les m\u00e9nages est en France la plus faible de l\u2019Union europ\u00e9enne et il faudrait l\u2019augmenter, mais le reste \u00e0 charge des m\u00e9nages modestes serait excessif. Les dispositifs actuels visant \u00e0 l\u2019att\u00e9nuer sont en effet insuffisants et trop complexes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Presque tous les m\u00e9nages sont certes couverts par les assurances maladie compl\u00e9mentaires et la part de celles-ci dans le financement de la sant\u00e9 est particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9e en France au regard des autres pays europ\u00e9ens. Les assurances maladie compl\u00e9mentaires existent cependant seulement parce que la s\u00e9curit\u00e9 sociale ne permet pas \u00e0 chacun d\u2019\u00eatre soign\u00e9 en fonction de ses besoins. Leurs co\u00fbts de gestion sont tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s pour une valeur ajout\u00e9e tr\u00e8s faible. Leurs primes sont d\u2019autant plus importantes en pourcentage du revenu des m\u00e9nages que ce revenu est faible. Au total, les restes \u00e0 charge apr\u00e8s remboursement des assurances obligatoire et compl\u00e9mentaires sont beaucoup plus importants pour les m\u00e9nages pauvres, en pourcentage de leur revenu, ce qui est un facteur d\u2019in\u00e9galit\u00e9 et de renoncement aux soins.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il faut mettre en place un \u00ab\u00a0bouclier sanitaire\u00a0\u00bb garantissant \u00e0 chaque m\u00e9nage que son reste \u00e0 charge de l\u2019ann\u00e9e ne d\u00e9passera pas un pourcentage raisonnable de son revenu annuel, ce qui ne pose pas de probl\u00e8mes techniques majeurs. Une fois les m\u00e9nages ainsi prot\u00e9g\u00e9s, il sera possible d\u2019augmenter les tickets mod\u00e9rateurs et franchises pour r\u00e9duire la part de la s\u00e9curit\u00e9 sociale dans le financement de la sant\u00e9. Le pourcentage du revenu qui d\u00e9clenche le bouclier sanitaire pourrait \u00e9galement \u00eatre augment\u00e9 dans le m\u00eame but. Le Parlement d\u00e9terminerait ainsi le montant maximal que chaque Fran\u00e7ais affecterait \u00e0 ses d\u00e9penses de sant\u00e9 en fonction de ses moyens. Ce bouclier rendrait bien moins utile la souscription d\u2019une assurance compl\u00e9mentaire et des mesures transitoires devraient \u00eatre mises en place pour faciliter la restructuration des assureurs compl\u00e9mentaires.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Au total, la part de la s\u00e9curit\u00e9 sociale dans le financement de la sant\u00e9 pourrait diminuer, celle des assurances compl\u00e9mentaires baisserait fortement et celle des m\u00e9nages augmenterait en contrepartie, mais ils seraient prot\u00e9g\u00e9s par le bouclier contre des restes \u00e0 charge excessifs.<\/strong><\/p>\n<h3>A)\u00a0\u00a0 La part des d\u00e9penses de sant\u00e9 financ\u00e9e directement par les m\u00e9nages devrait \u00eatre augment\u00e9e mais la protection actuelle des plus modestes est insuffisante et trop complexe<\/h3>\n<p>Les d\u00e9penses de sant\u00e9, au sens de la \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.fipeco.fr\/fiche.php?url=Lassurance-maladie\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">consommation de biens et services m\u00e9dicaux<\/span><\/span>\u00a0<\/a>\u00bb (soit 208 Md\u20ac en 2019), sont financ\u00e9es par l\u2019assurance maladie obligatoire (AMO) et l\u2019Etat<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> \u00e0 hauteur de 79,6 %, par les assurances maladie compl\u00e9mentaires (AMC) \u00e0 hauteur de 13,4 % et directement par les m\u00e9nages eux-m\u00eames \u00e0 hauteur de 6,9 %. L\u2019AMO est elle-m\u00eame financ\u00e9e en 2019 par la CSG pour 33 %, par des cotisations sociales pour 34 % et par la TVA et les taxes sur les tabacs pour 25 %. Les AMC sont financ\u00e9es par les primes de leurs clients, \u00e9ventuellement compl\u00e9t\u00e9es par un abondement de leur employeur.<\/p>\n<h5>1)\u00a0\u00a0\u00a0 La part financ\u00e9e par l\u2019AMO devrait plut\u00f4t \u00eatre r\u00e9duite<\/h5>\n<p>La France est au premier rang de l\u2019OCDE pour le taux de ses pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires, ce qui contribue \u00e0 r\u00e9duire la comp\u00e9titivit\u00e9 de ses entreprises et l\u2019attractivit\u00e9 de son territoire. En outre, le consentement \u00e0 l\u2019imp\u00f4t y est fragile. Enfin, et surtout, la reprise de la consommation et de l\u2019investissement \u00e0 la sortie de la crise sanitaire pourrait \u00eatre fortement frein\u00e9e par la perspective d\u2019une nouvelle hausse des pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires. Il est donc pr\u00e9f\u00e9rable de diminuer la part des d\u00e9penses de sant\u00e9 qui est financ\u00e9e par l\u2019AMO.<\/p>\n<h5>2)\u00a0\u00a0\u00a0 La part financ\u00e9e par les m\u00e9nages est tr\u00e8s faible et devrait \u00eatre augment\u00e9e<\/h5>\n<p>La France est le pays de l\u2019Union europ\u00e9enne o\u00f9 la part des d\u00e9penses de sant\u00e9 financ\u00e9e directement par les m\u00e9nages est la plus faible (9,2 % en 2018 selon Eurostat dont la d\u00e9finition des d\u00e9penses de sant\u00e9 diff\u00e8re de celle des comptes fran\u00e7ais de la sant\u00e9).<\/p>\n<div id=\"attachment_5748\" style=\"width: 910px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5748\" class=\"wp-image-5748\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/i1.png\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"455\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/i1.png 2500w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/i1-300x152.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/i1-1024x517.png 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/i1-600x303.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/i1-1080x546.png 1080w\" sizes=\"(max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><p id=\"caption-attachment-5748\" class=\"wp-caption-text\">Source : Eurostat ; FIPECO<\/p><\/div>\n<p>L\u2019AMO a toujours laiss\u00e9 une partie des d\u00e9penses de sant\u00e9 \u00e0 la charge des m\u00e9nages pour les dissuader de recourir \u00e0 des soins inutiles et pour r\u00e9duire le montant de ses remboursements. Aux \u00ab\u00a0<em>tickets mod\u00e9rateurs<\/em>\u00a0\u00bb, instaur\u00e9s d\u00e8s 1930 et exprim\u00e9s en pourcentage du montant de la d\u00e9pense, se sont notamment ajout\u00e9s un \u00ab\u00a0<em>forfait<\/em>\u00a0\u00bb hospitalier en euros par jour en 1983 et des \u00ab\u00a0<em>franchises\u00a0<\/em>\u00bb en euros par consultation ou par bo\u00eete de m\u00e9dicaments en 2008. Ces tickets mod\u00e9rateurs, forfaits et franchises pourraient \u00eatre relev\u00e9s.<\/p>\n<h5>3)\u00a0\u00a0\u00a0 Le reste \u00e0 charge des plus modestes pourrait cependant \u00eatre trop \u00e9lev\u00e9 et les dispositifs visant \u00e0 le r\u00e9duire sont tr\u00e8s complexes<\/h5>\n<p>Cependant, le \u00ab\u00a0<em>reste \u00e0 charge<\/em>\u00a0\u00bb des m\u00e9nages, qui comprend les tickets mod\u00e9rateurs, forfaits et franchises ainsi que les d\u00e9passements des tarifs fix\u00e9s par la s\u00e9curit\u00e9 sociale, peut \u00eatre tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, en euros ou en pourcentage de leur revenu. Il peut donc conduire les plus modestes \u00e0 renoncer \u00e0 des soins essentiels.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me existent depuis tr\u00e8s longtemps des dispositifs d\u2019exon\u00e9ration ou de plafonnement des tickets mod\u00e9rateurs, forfaits et franchises. Le plus important est le r\u00e9gime dit des \u00ab\u00a0<em>affections de longue dur\u00e9e<\/em>\u00a0\u00bb (ALD) qui, cr\u00e9\u00e9 en 1945, permet un remboursement de 100 % du co\u00fbt des soins n\u00e9cessit\u00e9s par une trentaine de \u00ab\u00a0<em>maladies longues et co\u00fbteuses<\/em>\u00a0\u00bb. Il b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 16 % de la population et co\u00fbte 13 Md\u20ac par an selon la Cour des comptes<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. D\u2019autres dispositifs exon\u00e8rent de tickets mod\u00e9rateurs ou de forfaits certaines cat\u00e9gories de personnes\u00a0: invalides, femmes enceintes, nouveau-n\u00e9s\u2026<\/p>\n<p>Ces dispositifs sont incoh\u00e9rents, des personnes dans des situations \u00e9quivalentes pouvant \u00eatre rembours\u00e9es diff\u00e9remment, selon que leur pathologie est ou non sur la liste des ALD. Ils sont tr\u00e8s complexes, les forfaits et franchises faisant, par exemple, l\u2019objet de plafonds variables. Surtout, le remboursement \u00e0 100 % dans le cadre d\u2019une ALD s\u2019applique seulement aux soins li\u00e9s \u00e0 cette affection, ce qui oblige les m\u00e9decins \u00e0 distinguer le traitement des autres pathologies dont souffre une personne ayant une ALD. Les m\u00e9decins de la s\u00e9curit\u00e9 sociale doivent v\u00e9rifier que cette distinction est correctement faite. Ces v\u00e9rifications occupent une grande partie des moyens des services de contr\u00f4le m\u00e9dical des caisses avec pour r\u00e9sultat une d\u00e9gradation de leurs relations avec les m\u00e9decins, la fronti\u00e8re entre l\u2019ALD et les autres affections \u00e9tant souvent artificielle et contestable. Les affections connexes \u00e0 une ALD sont souvent nombreuses et importantes, si bien que le reste \u00e0 charge est parfois tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 malgr\u00e9 le remboursement \u00e0 100 % du traitement de l\u2019affection principale (Cf. <a href=\"https:\/\/www.tresor.economie.gouv.fr\/Articles\/2015\/04\/15\/tresor-eco-n-145-quel-avenir-pour-le-dispositif-de-prise-en-charge-des-affections-de-longue-duree-ald\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">\u00e9tude<\/span><\/span><\/a> de la direction g\u00e9n\u00e9rale du tr\u00e9sor sur les ALD).<\/p>\n<h3>B)\u00a0\u00a0 Le financement des d\u00e9penses de sant\u00e9 par les assurances compl\u00e9mentaires n\u2019est pas une bonne solution<\/h3>\n<h5>1)\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019intervention des AMC est inutile, co\u00fbteuse et atypique en Europe<\/h5>\n<p>Les assurances maladie compl\u00e9mentaires (AMC) compl\u00e8tent presque syst\u00e9matiquement les remboursements de l\u2019assurance maladie obligatoire (AMO) et ne font souvent que les compl\u00e9ter sans aucune valeur ajout\u00e9e (hors prise en charge des d\u00e9passements tarifaires). Si elles avaient une politique autonome vis-\u00e0-vis des professionnels de sant\u00e9, celle-ci pourrait d\u2019ailleurs \u00eatre contradictoire avec celle de l\u2019AMO. Leur intervention est un facteur de complexit\u00e9 puisque les m\u00e9nages et les professionnels doivent avoir des relations avec deux assureurs pour chaque soin. La g\u00e9n\u00e9ralisation du tiers payant pose d\u2019ailleurs des difficult\u00e9s pour les professionnels de sant\u00e9 surtout en raison de la n\u00e9cessit\u00e9 de se faire payer par des dizaines d\u2019AMC diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>L\u2019existence des AMC n\u2019est justifi\u00e9e que par le risque pour les m\u00e9nages de supporter un reste \u00e0 charge laiss\u00e9 par l\u2019AMO tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 et \u00e9ventuellement incompatible avec leurs ressources. Elles n\u2019existent que parce que la s\u00e9curit\u00e9 sociale ne permet pas \u00e0 chacun d\u2019\u00eatre soign\u00e9 en fonction de ses besoins, contrairement aux objectifs affich\u00e9s depuis sa cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>Or l\u2019intervention des AMC est particuli\u00e8rement co\u00fbteuse pour les m\u00e9nages, ou leurs employeurs, qui les financent par leurs primes car elle se traduit par une duplication inutile des frais de gestion de l\u2019assurance maladie. Les co\u00fbts de gestion des AMC (7,5 Md\u20ac en 2018) sont quasiment les m\u00eames que ceux de l\u2019AMO (7,3 Md\u20ac) et sont constitu\u00e9s pour 40 % de \u00ab\u00a0frais d\u2019acquisition\u00a0\u00bb (publicit\u00e9, d\u00e9marchage, ouverture des dossiers\u2026).<\/p>\n<p>Les gouvernements successifs et les partenaires sociaux ont pourtant progressivement \u00e9tendu le champ d\u2019intervention des AMC au cours du temps. L\u2019accord national interprofessionnel de 2013 a ainsi rendu obligatoire l\u2019affiliation \u00e0 une AMC pour tous les salari\u00e9s du secteur priv\u00e9. La loi de financement de la s\u00e9curit\u00e9 sociale pour 2019 a cr\u00e9\u00e9 un \u00ab\u00a0panier 100 % sant\u00e9\u00a0\u00bb d\u2019\u00e9quipements et de soins en optique, aides auditives et proth\u00e8ses dentaires dont les tarifs sont r\u00e9glement\u00e9s et pour lesquels le cumul des remboursements de l\u2019AMO et des AMC doit atteindre 100 % de ces tarifs, le co\u00fbt de ce dispositif \u00e9tant partag\u00e9 entre AMO et AMC.<\/p>\n<p>Dans deux pays europ\u00e9ens, les Pays-Bas et la Suisse, le financement public des d\u00e9penses de sant\u00e9 est tr\u00e8s faible et les assurances priv\u00e9es ont un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant mais elles sont tr\u00e8s fortement r\u00e9glement\u00e9es. Dans les autres pays, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019Irlande et de la Slov\u00e9nie, la part des assurances priv\u00e9es est bien plus faible qu\u2019en France (13,5 % en 2017 selon Eurostat)\u00a0: 10,3 % en Allemagne\u00a0; 5,2 % au Royaume-Uni\u00a0; 2,6 % en Italie\u00a0; 5,8 % en Espagne\u00a0; 5,2 % en Belgique\u00a0; 1,3 % en Su\u00e8de.<\/p>\n<h5>2)\u00a0\u00a0\u00a0 Un syst\u00e8me injuste<\/h5>\n<p>Les restes \u00e0 charge (RAC) apr\u00e8s AMO, et avant AMC, peuvent \u00eatre tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s. Selon le <a href=\"http:\/\/www.securite-sociale.fr\/IMG\/pdf\/rapport_annuel_2013.pdf\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">rapport annuel de 2013<\/span><\/span><\/a> du Haut Conseil pour l\u2019avenir de l\u2019assurance maladie (HCAAM), ils s\u2019\u00e9levaient en 2012 (derni\u00e8re ann\u00e9e disponible) \u00e0 507 \u20ac en moyenne pour l\u2019ensemble de la population et atteignaient 2\u00a0146 \u20ac en moyenne pour les 10 % de la population dont le RAC \u00e9tait le plus \u00e9lev\u00e9 et 5\u00a0095 \u20ac pour le 1 % de la population dont le RAC \u00e9tait le plus \u00e9lev\u00e9. Les RAC les plus importants r\u00e9sultent plus des soins de ville que des soins hospitaliers et \u00e0 peu pr\u00e8s autant des soins factur\u00e9s au tarif de la s\u00e9curit\u00e9 sociale que des d\u00e9passements de ce tarif.<\/p>\n<p>Des personnes tr\u00e8s riches ayant une ALD peuvent avoir un RAC tr\u00e8s faible et le \u00ab\u00a0<em>taux d\u2019effort<\/em>\u00a0<em>brut<\/em> \u00bb des m\u00e9nages, \u00e9gal au rapport entre leur reste \u00e0 charge et leur revenu disponible brut<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, est d\u00e9croissant avec le revenu, ce qui accentue les in\u00e9galit\u00e9s.<\/p>\n<p>Certes, 95 % de la population est couverte par une assurance maladie compl\u00e9mentaire en 2018<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> mais, au prix d\u2019une complexit\u00e9 accrue et d\u2019un co\u00fbt \u00e9lev\u00e9, cette couverture compl\u00e9mentaire ne r\u00e9duit pas ces in\u00e9galit\u00e9s et n\u2019\u00e9vite pas de fr\u00e9quents renoncements aux soins pour des raisons financi\u00e8res.<\/p>\n<p>En effet, la couverture maladie compl\u00e9mentaire, comme toute assurance, est factur\u00e9e \u00e0 un prix qui d\u00e9pend des risques pr\u00e9sent\u00e9s par les assur\u00e9s. S\u2019agissant de la sant\u00e9, les primes sont ainsi g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9es \u00e0 leur \u00e2ge\u00a0: en moyenne 830 \u20ac par an pour les 25-45 ans et 1\u00a0475 \u20ac pour les plus de 75 ans selon \u00a0une <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.strategie.gouv.fr\/sites\/strategie.gouv.fr\/files\/atoms\/files\/document_de_travail_hcaam-_complementaire_sante_et_prevoyance_-_janvier_2021.pdf\">note de janvier 2021<\/a><\/span><\/span> du Haut conseil pour l\u2019avenir de l\u2019assurance maladie (HCAAM). Elles ne tiennent g\u00e9n\u00e9ralement pas compte de leur capacit\u00e9 financi\u00e8re<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Elles s\u2019\u00e9l\u00e8vent en moyenne \u00e0 950 \u20ac par an pour les m\u00e9nages du premier d\u00e9cile et 1\u00a0095 \u20ac pour ceux du dernier d\u00e9cile. Elles sont donc d\u00e9gressives en pourcentage du revenu. Les ressources de l\u2019AMO sont, au contraire, progressives du fait des exon\u00e9rations et taux r\u00e9duits de CSG ainsi que des all\u00e9gements de cotisations patronales sur les bas salaires.<\/p>\n<p>Pour aider les m\u00e9nages les plus modestes \u00e0 obtenir une couverture compl\u00e9mentaire, il a fallu cr\u00e9er la \u00ab\u00a0<em>couverture maladie universelle compl\u00e9mentaire<\/em>\u00a0\u00bb (CMU-C) et une \u00ab\u00a0<em>aide au paiement de garanties contractuelles priv\u00e9es d\u2019assurance<\/em>\u00a0\u00bb (ACS), avec des aides publiques. La complexit\u00e9 de ces dispositifs \u00e9tait telle que les b\u00e9n\u00e9ficiaires potentiels de ces aides n\u2019y recouraient pas \u00e0 hauteur de 28 \u00e0 40 % d\u2019entre eux pour la CMU-C et de 59 \u00e0 72 % pour l\u2019ACS selon un <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.ccomptes.fr\/sites\/default\/files\/EzPublish\/20150603-rapport-fonds-financement-pccurm.pdf\">rapport<\/a><\/span><\/span> de la Cour des comptes de 2015. La CMU-C et l\u2019ACS ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s fin 2019 par une \u00ab\u00a0<em>compl\u00e9mentaire sant\u00e9 solidaire<\/em>\u00a0\u00bb suppos\u00e9e \u00eatre plus simple.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces aides publiques, le taux de couverture du premier quintile par une AMC est de seulement 88 % et la moiti\u00e9 des personnes non couvertes sont en situation de pauvret\u00e9 (note pr\u00e9cit\u00e9e du HCAAM).<\/p>\n<p>En outre, selon le rapport pr\u00e9cit\u00e9 de la Cour des comptes, les 5 % des assur\u00e9s ayant le RAC le plus \u00e9lev\u00e9 apr\u00e8s remboursement par les AMC doivent r\u00e9gler plus de 1\u00a0300 \u20ac en moyenne sur leurs propres deniers. Il en r\u00e9sulte, selon les enqu\u00eates pr\u00e9cit\u00e9es du HCAAM, que 33 % des personnes sans couverture compl\u00e9mentaire, 14 % de celles ayant une compl\u00e9mentaire priv\u00e9e et 20 % de celles b\u00e9n\u00e9ficiant de la CMU-C ont renonc\u00e9 \u00e0 des soins pour des raisons financi\u00e8res au cours des douze derniers mois. Ces taux de renoncement aux soins sont plus \u00e9lev\u00e9s en France que dans la plupart des autres pays.<\/p>\n<p>Le graphique suivant pr\u00e9sente, en pourcentage du revenu, le reste \u00e0 charge apr\u00e8s AMO et ce m\u00eame reste \u00e0 charge apr\u00e8s d\u00e9duction des remboursements des AMC et ajout des primes vers\u00e9es par les m\u00e9nages aux AMC (le RAC apr\u00e8s AMO et AMC). Ce RAC est d\u00e9croissant avec le revenu, encore plus fortement apr\u00e8s primes et remboursements des AMC.<\/p>\n<p>Le RAC apr\u00e8s AMO et AMC est, sauf pour le premier d\u00e9cile du fait des aides publiques, toujours sup\u00e9rieur au RAC apr\u00e8s AMO. En effet, les remboursements des AMC sont inf\u00e9rieurs aux primes, du fait de leurs co\u00fbts de gestion et de leurs marges.<\/p>\n<div id=\"attachment_5749\" style=\"width: 954px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5749\" class=\"wp-image-5749 size-full\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/i2.png\" alt=\"\" width=\"944\" height=\"509\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/i2.png 944w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/i2-300x162.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/i2-600x324.png 600w\" sizes=\"(max-width: 944px) 100vw, 944px\" \/><p id=\"caption-attachment-5749\" class=\"wp-caption-text\">Source : DREES ; FIPECO.<\/p><\/div>\n<p>Dans une <a href=\"https:\/\/www.cae-eco.fr\/Refonder-l-assurance-maladie\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">note du conseil d\u2019analyse \u00e9conomique<\/span><\/span><\/a> de 2014, B. Dormont, P.Y Geoffard et J.\u00a0Tirole consid\u00e9raient qu\u2019il \u00e9tait \u00ab\u00a0imp\u00e9ratif de mettre fin \u00e0 ce syst\u00e8me mixte d\u2019assurance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3>C)\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut mettre en place un bouclier sanitaire<\/h3>\n<h5>1)\u00a0\u00a0\u00a0 Les caract\u00e9ristiques, tr\u00e8s simples, du bouclier sanitaire<\/h5>\n<p>Les principes de construction d\u2019un bouclier sanitaire seraient les suivants\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>les tickets mod\u00e9rateurs, forfaits et franchises actuels seraient remplac\u00e9s par un ticket mod\u00e9rateur \u00e0 taux unique en m\u00e9decine de ville et une franchise journali\u00e8re \u00e0 l\u2019h\u00f4pital ;<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>les dispositifs destin\u00e9s \u00e0 en att\u00e9nuer les effets (ALD, panier \u00ab 100 % sant\u00e9 \u00bb\u2026) seraient tous supprim\u00e9s et remplac\u00e9s par une seule disposition l\u00e9gislative selon laquelle le RAC laiss\u00e9 par l\u2019AMO sur une ann\u00e9e (hors d\u00e9passements tarifaires) ne peut pas \u00eatre sup\u00e9rieur \u00e0 un certain pourcentage du revenu annuel du m\u00e9nage de l\u2019assur\u00e9 ;<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>si ce pourcentage du revenu \u00e9tait atteint \u00e0 un moment de l\u2019ann\u00e9e, les d\u00e9penses de sant\u00e9 ult\u00e9rieures seraient rembours\u00e9es \u00e0 100 % du tarif de la s\u00e9curit\u00e9 sociale jusqu\u2019au 31 d\u00e9cembre, \u00e9ventuellement sans avance de frais ;<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>ce revenu serait transmis par les services fiscaux aux caisses d\u2019assurance maladie, comme ils le font d\u00e9j\u00e0 pour les caisses d\u2019allocations familiales<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La cr\u00e9ation d\u2019un bouclier sanitaire a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e par Martin Hirsch, alors Haut-Commissaire aux solidarit\u00e9s actives contre la pauvret\u00e9, en juin 2007 apr\u00e8s l\u2019annonce de nouveaux forfaits et franchises. Le gouvernement a alors demand\u00e9 un rapport sur cette proposition, notamment sur son impact et ses conditions techniques de mise en \u0153uvre, \u00e0 <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.vie-publique.fr\/sites\/default\/files\/rapport\/pdf\/074000602.pdf\">R. Briet et B. Fragonard<\/a><\/span><\/span>. Leur rapport a valid\u00e9 sa faisabilit\u00e9 technique, moyennant des ajustements des syst\u00e8mes informatiques des caisses d\u2019assurance maladie qui prendraient quelques mois. Les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s depuis lors dans la transmission des informations des services fiscaux aux caisses de s\u00e9curit\u00e9 sociale devraient rendre ces ajustements plus faciles. Les caisses d\u2019assurance maladie devraient ainsi pouvoir conna\u00eetre tr\u00e8s vite les revenus d\u2019une grande partie de leurs affili\u00e9s.<\/p>\n<p>Un dispositif analogue au bouclier sanitaire existe dans plusieurs pays, notamment en Allemagne, en Belgique et en Suisse. Le plafonnement des RAC est soit en pourcentage du revenu (Allemagne et Belgique), soit en euros mais variable selon les tranches de revenu (Suisse).<\/p>\n<h5>2)\u00a0\u00a0\u00a0 Un dispositif plus juste<\/h5>\n<p>Le pourcentage des revenus au-del\u00e0 duquel les soins seraient rembours\u00e9s \u00e0 100 % pourrait \u00eatre fix\u00e9, dans un premier temps, pour que le total des remboursements de l\u2019AMO ne change pas. Les simulations, comme celles de la <a href=\"https:\/\/www.tresor.economie.gouv.fr\/Articles\/b0b861c8-1d39-4adf-9d9b-5e437f5f5e6a\/files\/3ed5e98f-e7d3-47b1-b754-67a4967496bb\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">direction g\u00e9n\u00e9rale du tr\u00e9sor<\/span><\/span><\/a>, montrent qu\u2019il serait alors compris entre 3 et 5 % du revenu.<\/p>\n<p>Dans ces conditions, la plupart des m\u00e9nages les plus modestes n\u2019auraient plus \u00e0 renoncer aux soins pour des raisons financi\u00e8res puisque leur RAC apr\u00e8s remboursement de l\u2019AMO ne d\u00e9passerait pas 3 \u00e0 5 % de leur revenu, alors qu\u2019il est aujourd\u2019hui en moyenne sup\u00e9rieur \u00e0 5 % pour les cinq premiers d\u00e9ciles.<\/p>\n<p>Sa mise en place \u00e0 d\u00e9penses constantes pour l\u2019assurance maladie ferait des gagnants et des perdants, dans le sens d\u2019une redistribution verticale des revenus au profit des plus modestes.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas pour autant de mettre les remboursements de l\u2019assurance maladie sous condition de ressources. Tous les m\u00e9nages continueraient \u00e0 \u00eatre rembours\u00e9s, quels que soient leurs revenus. Les plus riches seraient seulement moins rapidement prot\u00e9g\u00e9s par le bouclier.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me pos\u00e9 par le d\u00e9veloppement excessif des d\u00e9passements tarifaires peut et doit \u00eatre r\u00e9solu par d\u2019autres voies, notamment en r\u00e9gulant mieux les autorisations de d\u00e9passement et la r\u00e9partition spatiale des professionnels de sant\u00e9 qui en b\u00e9n\u00e9ficient.<\/p>\n<h5>3)\u00a0\u00a0\u00a0 Une ma\u00eetrise plus facile des d\u00e9penses de l\u2019assurance maladie obligatoire<\/h5>\n<p>Une fois le bouclier sanitaire mis en place, le taux des tickets mod\u00e9rateurs et les franchises pourraient \u00eatre major\u00e9s pour r\u00e9duire les d\u00e9penses rembours\u00e9es par l\u2019AMO et le d\u00e9ficit de la s\u00e9curit\u00e9 sociale sans effets d\u00e9favorables sur les m\u00e9nages les plus modestes, ceux-ci \u00e9tant d\u00e9sormais prot\u00e9g\u00e9s contre les restes \u00e0 charge excessifs.<\/p>\n<p>Le pourcentage du revenu qui d\u00e9clenche le bouclier sanitaire, avec remboursement \u00e0 100 %, pourrait \u00e9galement \u00eatre augment\u00e9 dans le m\u00eame but. Le Parlement d\u00e9terminerait ainsi le montant maximal que chacun, en fonction de ses moyens, affecterait \u00e0 ses d\u00e9penses de sant\u00e9.<\/p>\n<p>Le plafonnement du RAC en pourcentage du revenu pourrait ainsi \u00eatre un outil de r\u00e9\u00e9quilibrage automatique des comptes de l\u2019assurance maladie obligatoire.<\/p>\n<p>Le bouclier sanitaire laisserait enti\u00e8re la question de l\u2019efficience, ou de l\u2019inefficience, des d\u00e9penses de sant\u00e9 rembours\u00e9es par l\u2019assurance maladie car ce n\u2019est pas son objet. Les r\u00e9formes n\u00e9cessaires pour ma\u00eetriser ces d\u00e9penses le resteraient.<\/p>\n<p>On pourrait craindre que le remboursement \u00e0 100 % au-del\u00e0 du plafond de RAC favorise la consommation de soins inutiles. Toutefois, d\u2019une part, les tickets mod\u00e9rateurs continueraient \u00e0 avoir leur effet responsabilisant sur les m\u00e9nages jusqu\u2019au plafond\u00a0et ces effets seraient d\u2019ailleurs renforc\u00e9s par la disparition des remboursements des AMC devenus inutiles (cf. plus loin) ; d\u2019autre part, les remboursements \u00e0 100 % existent d\u00e9j\u00e0 et le bouclier sanitaire ne ferait que changer ses b\u00e9n\u00e9ficiaires. Au total, l\u2019impact sur la consommation de biens et services de sant\u00e9 serait probablement limit\u00e9.<\/p>\n<h5>4)\u00a0\u00a0\u00a0 Une restructuration des assurances compl\u00e9mentaires et un profond changement du financement des d\u00e9penses de sant\u00e9<\/h5>\n<p>Chaque m\u00e9nage \u00e9tant assur\u00e9 de ne pas avoir \u00e0 payer plus de 3 \u00e0 5 % de son revenu pour sa sant\u00e9, la souscription d\u2019une assurance compl\u00e9mentaire deviendrait inutile, sauf pour couvrir le co\u00fbt des soins non rembours\u00e9s par l\u2019assurance maladie obligatoire et les d\u00e9passements de tarifs des professionnels, voire le reste \u00e0 charge pour les m\u00e9nages les plus riches. Des \u00e9conomies substantielles pourraient en r\u00e9sulter (les frais de gestion des AMC s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 7\u00a0Md\u20ac), au prix d\u2019une restructuration du secteur de l\u2019assurance compl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p>C\u2019est la raison de sa tr\u00e8s forte opposition \u00e0 la mise en place d\u2019un bouclier sanitaire et cette restructuration devra \u00eatre pr\u00e9vue et accompagn\u00e9e. Dans un premier temps, un partage du \u00ab\u00a0march\u00e9\u00a0\u00bb pourrait \u00eatre envisag\u00e9 entre l\u2019AMO et les AMC, la premi\u00e8re laissant enti\u00e8rement aux seconds la couverture de certaines d\u00e9penses comme celles qui rel\u00e8vent de l\u2019optique ou des soins dentaires.<\/p>\n<p>Au total, la mise en place d\u2019un bouclier sanitaire conduirait \u00e0 une profonde modification du financement des d\u00e9penses de sant\u00e9. La part de l\u2019AMO pourrait diminuer, celle des AMC baisserait fortement (sauf si une partie du march\u00e9 lui \u00e9tait enti\u00e8rement laiss\u00e9e par l\u2019AMO) et celle des m\u00e9nages augmenterait en contrepartie, mais ils seraient prot\u00e9g\u00e9s par le bouclier contre des restes \u00e0 charge excessifs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Cet article reproduit celui publi\u00e9 par Fran\u00e7ois Ecalle sur <a href=\"https:\/\/fipeco.fr\/commentaire\/Pour%20un%20bouclier%20sanitaire\">son site FIPECO, le 24 f\u00e9vrier dernier<\/a>.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Financement d\u2019une compl\u00e9mentaire sant\u00e9 pour les m\u00e9nages modestes.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Surco\u00fbt par rapport aux remboursements de droit commun.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Les m\u00e9nages sont class\u00e9s par niveau de vie (revenu disponible divis\u00e9 par un indicateur de la taille du m\u00e9nage).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Y compris la \u00ab\u00a0<em>couverture maladie universelle compl\u00e9mentaire<\/em>\u00a0\u00bb (CMU-C).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Les primes d\u00e9pendent du salaire dans seulement 20 % des contrats individuels et 43 % des contrats collectifs.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> La notion d\u2019ayant-droit aux prestations d\u2019assurance maladie devrait \u00eatre harmonis\u00e9e avec celle de membre d\u2019un foyer fiscal.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019endettement public de la France ne restera soutenable que si les d\u00e9penses et le d\u00e9ficit publics sont stabilis\u00e9s en pourcentage du PIB \u00e0 l\u2019issue de la crise actuelle (cf. note sur ce sujet). Or les d\u00e9penses de sant\u00e9 augmenteront certainement beaucoup dans les prochaines ann\u00e9es sous l\u2019effet d\u2019abord des d\u00e9cisions prises dans le cadre du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":193,"featured_media":5751,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[120],"tags":[],"class_list":["post-5747","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-sante","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5747","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/193"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5747"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5747\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5751"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5747"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5747"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5747"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}