{"id":5743,"date":"2021-03-05T07:25:20","date_gmt":"2021-03-05T05:25:20","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=5743"},"modified":"2022-04-01T12:54:50","modified_gmt":"2022-04-01T10:54:50","slug":"le-commerce-du-miel-et-des-abeilles-entre-fables-et-realites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=5743","title":{"rendered":"Le commerce du miel et des abeilles, entre fables et r\u00e9alit\u00e9s"},"content":{"rendered":"<figure>\n<p><div style=\"width: 764px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382176\/original\/file-20210203-17-1xgd11v.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;rect=0%2C115%2C1263%2C905&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip\" alt=\"\" width=\"754\" height=\"540\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Les abeilles parcourent l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un tour du monde et visitent cinq millions de fleurs pour produire un seul pot de miel.Pixabay , FAL<\/p><\/div><\/figure>\n<p><em>Cet article est republi\u00e9 \u00e0 partir de <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/theconversation.com\">The Conversation<\/a><\/span><\/span> sous licence Creative Commons. Lire l\u2019<span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/theconversation.com\/le-commerce-du-miel-et-des-abeilles-entre-fables-et-realites-154444\">article original<\/a><\/span>.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>On raconte beaucoup de fables sur le miel et les abeilles. Les \u00e9conomistes n\u2019y \u00e9chappent pas, prenant appui sur des ruches imaginaires pour fonder leurs th\u00e9ories. Les di\u00e9t\u00e9ticiens ne sont pas en reste : les bienfaits du miel pour notre sant\u00e9 sont fantaisistes s\u2019il provient de Chine, a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 par du sirop de sucre et contient des antibiotiques. Petit tour d\u2019horizon de quelques fabulations et v\u00e9rit\u00e9s de son commerce\u2026 ainsi que quelques conseils pour vos prochains achats.<\/p>\n<figure class=\"align-right zoomable\">\n<p><div style=\"width: 299px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382180\/original\/file-20210203-17-1bcgyke.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" src=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382180\/original\/file-20210203-17-1bcgyke.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=237&amp;fit=clip\" sizes=\"(min-width: 1466px) 754px, (max-width: 599px) 100vw, (min-width: 600px) 600px, 237px\" srcset=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382180\/original\/file-20210203-17-1bcgyke.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=975&amp;fit=crop&amp;dpr=1 600w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382180\/original\/file-20210203-17-1bcgyke.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=30&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=975&amp;fit=crop&amp;dpr=2 1200w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382180\/original\/file-20210203-17-1bcgyke.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=15&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=975&amp;fit=crop&amp;dpr=3 1800w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382180\/original\/file-20210203-17-1bcgyke.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=1225&amp;fit=crop&amp;dpr=1 754w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382180\/original\/file-20210203-17-1bcgyke.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=30&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=1225&amp;fit=crop&amp;dpr=2 1508w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382180\/original\/file-20210203-17-1bcgyke.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=15&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=1225&amp;fit=crop&amp;dpr=3 2262w\" alt=\"\" width=\"289\" height=\"481\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\">\u00ab\u00a0La fable des abeilles\u00a0\u00bb, \u00e9dition de 1724.Wikimedia<\/p><\/div><\/figure>\n<p>La vie sociale des abeilles lib\u00e8re l\u2019imagination. L\u2019\u00e9crivain romain Pline l\u2019Ancien (23-79) admirait leur organisation en soci\u00e9t\u00e9 politique avec ses chefs et ses conseils. Il les voyait m\u00eame <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"http:\/\/remacle.org\/bloodwolf\/erudits\/plineancien\/livre11.htm\">anim\u00e9es d\u2019une morale<\/a><\/span>. Pr\u00e8s de 1\u00a0700\u00a0ans plus tard, \u00e0 l\u2019inverse, l\u2019auteur Anglo-N\u00e9erlandais Bernard Mandeville d\u00e9crit une ruche opulente habit\u00e9e d\u2019abeilles \u00e9go\u00efstes o\u00f9 r\u00e8gne le vice. Elle p\u00e9riclitera lorsque la vertu leur sera impos\u00e9e. Son ouvrage, <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.institutcoppet.org\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/La-fable-des-abeilles.pdf\"><em>La fable des abeilles<\/em><\/a><\/span>, deviendra une r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019\u00e9conomie politique. Pr\u00e9curseur d\u2019Adam Smith et de sa main invisible des int\u00e9r\u00eats personnels conduisant au bien commun, Mandeville veut prouver que l\u2019\u00e9go\u00efsme est productif, contrairement \u00e0 l\u2019altruisme. Adversaire de la frugalit\u00e9 (le voleur de la richesse d\u2019un avare la fera ruisseler), il inspirera John Maynard Keynes dans sa d\u00e9nonciation de l\u2019\u00e9pargne excessive.<\/p>\n<p>\u00c0 la d\u00e9charge de Pline, de Mandeville et de bien d\u2019autres anciens fabulistes des abeilles, la ruche et ses cadres mobiles en bois n\u2019avaient pas encore \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s. L\u2019observation de la vie et des m\u0153urs des abeilles restait difficile. Pas de parois vitr\u00e9es pour les voir s\u2019agiter et pour compter les faux bourdons, ces m\u00e2les qui ne servent quasiment \u00e0 rien d\u2019autre qu\u2019\u00e0 f\u00e9conder une reine. Moins encore de marqueurs \u00e9lectroniques pour \u00e9tudier les d\u00e9placements incessants des abeilles et \u00e9tablir qu\u2019un pot de miel d\u2019un demi-kilo leur fait parcourir la distance d\u2019un tour du monde et leur fait visiter <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"http:\/\/rucherecole68.thann.free.fr\/Calendrier%20apicole\/des_abeilles_des_chiffres.pdf\">cinq millions de fleurs<\/a><\/span>.<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 d\u2019observation n\u2019est pas en revanche une excuse recevable pour James Meade, \u00e9conomiste anglais distingu\u00e9 par le prix de la Banque de Su\u00e8de en m\u00e9moire \u00e0 Alfred Nobel pour ses travaux d\u2019\u00e9conomie internationale. Il s\u2019est aventur\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a01950 \u00e0 vouloir illustrer ses r\u00e9flexions th\u00e9oriques sur les externalit\u00e9s \u00e0 partir de <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/2227173?seq=1#metadata_info_tab_contents\">l\u2019exemple de pomiculteurs et d\u2019apiculteurs d\u2019une m\u00eame r\u00e9gion<\/a><\/span>. Les premiers rendent service aux seconds en offrant des fleurs \u00e0 butiner \u00e0 leurs abeilles qui en feront du miel et les seconds rendent service aux premiers en pollinisant leurs fleurs qui fructifieront en pommes. Mais ces services r\u00e9ciproques ne pouvant pas \u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s, les uns et les autres sous-investissent.<\/p>\n<p>Les apiculteurs installent moins de ruches que n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019optimum \u00e9conomique car ils ne percevront pas le b\u00e9n\u00e9fice marginal qu\u2019en retireront les pomiculteurs en kilos de pommes suppl\u00e9mentaires et ces derniers plantent moins de pommiers que n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019optimum \u00e9conomique car ils ne percevront pas le b\u00e9n\u00e9fice marginal qu\u2019en retireront les apiculteurs en kilos de miel suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Cet exemple, sans doute par son caract\u00e8re bucolique et printanier, a connu un grand succ\u00e8s aupr\u00e8s des professeurs d\u2019\u00e9conomie et de leurs \u00e9tudiants. Dommage car il rel\u00e8ve de la pure fabulation. James Meade s\u2019est doublement fourvoy\u00e9. D\u2019abord, mais passe encore, il ignore que les fleurs de pommier produisent tr\u00e8s peu de nectar. Le miel de pommier, si vous en trouvez ainsi \u00e9tiquet\u00e9, sera en r\u00e9alit\u00e9 issu d\u2019autres fleurs de la pommeraie.<\/p>\n<h3>Les abeilles voyagent parfois en camion<\/h3>\n<p>Surtout, et c\u2019est r\u00e9dhibitoire, il ignore les nombreux arrangements en vigueur entre les arboriculteurs et les apiculteurs pour se rendre service et r\u00e9mun\u00e9rer leurs prestations. Pas de trace en r\u00e9alit\u00e9 de facteurs de production gratuits et impay\u00e9s, donc pas d\u2019externalit\u00e9s manifestes. Un \u00e9conomiste am\u00e9ricain sp\u00e9cialiste des droits de propri\u00e9t\u00e9 et des co\u00fbts de transaction, Steven Cheung, <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/724823?seq=1#metadata_info_tab_contents\">l\u2019a bien montr\u00e9<\/a><\/span> en r\u00e9alisant une enqu\u00eate aupr\u00e8s des apiculteurs et des arboriculteurs. Il a observ\u00e9 qu\u2019ils s\u2019arrangeaient entre eux selon des r\u00e8gles forg\u00e9es par la tradition ou bien qu\u2019ils signaient entre eux de v\u00e9ritables contrats.<\/p>\n<p>Les apiculteurs am\u00e9ricains font payer leurs services de pollinisation depuis longtemps. Mais le ph\u00e9nom\u00e8ne a pris une dimension incroyable avec le boom de la consommation d\u2019amandes. Chaque ann\u00e9e, plus d\u2019un million de ruches transport\u00e9es par camions migrent vers les amanderaies de Californie. Couvrant l\u2019\u00e9quivalent de la moiti\u00e9 de la Corse et fournissant pr\u00e8s de 80\u00a0% de la production mondiale, elles re\u00e7oivent ainsi pour quelques semaines une <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.scientificamerican.com\/article\/migratory-beekeeping-mind-boggling-math\/\">trentaine de milliards d\u2019abeilles venues d\u2019ailleurs<\/a><\/span>. Les ruches repartent ensuite en Floride ou au Texas pour polliniser d\u2019autres vergers.<\/p>\n<figure class=\"align-center \">\n<p><div style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382173\/original\/file-20210203-23-12kcvd8.JPG?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip\" sizes=\"(min-width: 1466px) 754px, (max-width: 599px) 100vw, (min-width: 600px) 600px, 237px\" srcset=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382173\/original\/file-20210203-23-12kcvd8.JPG?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=450&amp;fit=crop&amp;dpr=1 600w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382173\/original\/file-20210203-23-12kcvd8.JPG?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=30&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=450&amp;fit=crop&amp;dpr=2 1200w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382173\/original\/file-20210203-23-12kcvd8.JPG?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=15&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=450&amp;fit=crop&amp;dpr=3 1800w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382173\/original\/file-20210203-23-12kcvd8.JPG?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=566&amp;fit=crop&amp;dpr=1 754w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382173\/original\/file-20210203-23-12kcvd8.JPG?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=30&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=566&amp;fit=crop&amp;dpr=2 1508w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382173\/original\/file-20210203-23-12kcvd8.JPG?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=15&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=566&amp;fit=crop&amp;dpr=3 2262w\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"450\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Apiculteurs nord-am\u00e9ricains chargeant des \u00ab\u00a0ruchers itin\u00e9rantes\u00a0\u00bb sur un semi-remorque.Pollinator\/Wikimedia, CC BY<\/p><\/div><\/figure>\n<p>En France, les abeilles voyagent aussi parfois en camion de r\u00e9gion en r\u00e9gion. Elles sont d\u00e9plac\u00e9es pour butiner des coins de floraison plus favorables. Une m\u00eame ruche produira, par exemple, du miel de garrigue, puis du miel d\u2019acacia, et enfin de lavande. Contrairement \u00e0 leurs coll\u00e8gues am\u00e9ricains, les apiculteurs professionnels fran\u00e7ais tirent leurs recettes de la production de miel et non principalement des services de pollinisation. Le commerce des abeilles est chez nous peu r\u00e9pandu.<\/p>\n<p>En Chine \u00e9galement la transhumance des abeilles est jusqu\u2019\u00e0 maintenant pratiqu\u00e9e pour le miel plus que pour la pollinisation. Dans certaines r\u00e9gions comme le Sichuan, la pollinisation se fait pourtant \u00e0 la main, \u00e0 un co\u00fbt \u00e9videmment sup\u00e9rieur. L\u2019insuffisance de la population locale d\u2019abeilles face \u00e0 l\u2019augmentation des surfaces en arboriculture en est indirectement l\u2019origine. La cause principale est l\u2019<span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/planete\/article\/2014\/04\/23\/dans-les-vergers-du-sichuan-les-hommes-font-le-travail-des-abeilles_4405686_3244.html\">utilisation massive de pesticides dans les vergers<\/a><\/span> de pommiers et de poiriers. Apr\u00e8s avoir perdu leurs colonies, les apiculteurs ne veulent plus y d\u00e9placer leurs ruches.<\/p>\n<figure><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/_KlN3fXNeo4?wmode=transparent&amp;start=0\" width=\"440\" height=\"260\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><figcaption><em><span class=\"caption\">Reportage de France 2\u00a0sur la pollinisation manuelle r\u00e9alis\u00e9e par des femmes en Chine (2017).<\/span><\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>Le commerce du miel op\u00e8re sur de plus grandes distances encore que celui des abeilles. Vous pouvez vous procurer \u00e0 Paris du miel de Nouvelle-Z\u00e9lande ou de Cuba. Il est en vente en magasins sp\u00e9cialis\u00e9s et en \u00e9piceries fines. Dans la grande distribution, vous pouvez aussi acheter du miel provenant de Chine mais alors sans le savoir ni le rechercher. Il suffit que l\u2019\u00e9tiquette sur le pot indique \u00ab\u00a0m\u00e9lange de miels non originaires de l\u2019UE\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0m\u00e9lange de miels originaires et non originaires de l\u2019UE\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La Chine est en effet la premi\u00e8re provenance des miels non continentaux import\u00e9s en France. En r\u00e9alit\u00e9, j\u2019aurais d\u00fb normalement employer un temps pass\u00e9 de l\u2019indicatif. En premier lieu, car les importations d\u2019Argentine ont dor\u00e9navant <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"http:\/\/blog-itsap.fr\/marche-miel-france-point-importations-2019\/\">d\u00e9pass\u00e9 les importations chinoises<\/a><\/span> pour le commerce lointain avec la France et parce que ce sont les importations d\u2019Ukraine et non plus de Chine qui occupent aujourd\u2019hui dans l\u2019Hexagone la premi\u00e8re place des importations extracommunautaires.<\/p>\n<p>En second lieu, les r\u00e8gles d\u2019\u00e9tiquetage ont chang\u00e9 depuis le d\u00e9but de cette ann\u00e9e. Pour les miels m\u00e9lang\u00e9s, l\u2019indication de la provenance de chaque pays est devenue obligatoire\u00a0: par exemple, miel de Chine (70\u00a0%), de France (20\u00a0%) et de Roumanie (10\u00a0%). Pour un miel d\u2019origine g\u00e9ographique unique, rien n\u2019est en revanche modifi\u00e9, l\u2019\u00e9tiquette doit mentionner \u00ab\u00a0R\u00e9colt\u00e9 en Espagne\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0R\u00e9colt\u00e9 en Italie\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0R\u00e9colt\u00e9 en Moldavie\u00a0\u00bb. Si vous vous rendez en magasin vous verrez toutefois encore dans le rayon miel les pots de m\u00e9langes avec l\u2019ancien \u00e9tiquetage UE\/non UE. Le m\u00e9nage n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait.<\/p>\n<h3>Fraudes massives<\/h3>\n<p>Comme dans beaucoup d\u2019autres domaines, la Chine est le premier producteur et exportateur de miel dans le monde. Les statistiques de production et d\u2019\u00e9change sont cependant \u00e0 utiliser avec prudence\u00a0: le miel fait l\u2019objet de fraudes multiples et massives.<\/p>\n<p>La plus courante consiste \u00e0 ajouter un sirop de sucre. Il est beaucoup moins cher et pas toujours d\u00e9tect\u00e9. Soit parce que les pots ne sont pas contr\u00f4l\u00e9s \u2013 les contr\u00f4les \u00e0 la production et \u00e0 l\u2019importation restent exceptionnels \u2013, soit parce que sa pr\u00e9sence n\u2019est pas d\u00e9cel\u00e9e \u2013 certains sucres ajout\u00e9s sont seulement observables avec des techniques co\u00fbteuses comme la r\u00e9sonnance magn\u00e9tique nucl\u00e9aire \u2013.<\/p>\n<p>Un article paru dans <em>l\u2019American Bee Journal<\/em> soutient de fa\u00e7on convaincante que la croissance des volumes de miel export\u00e9s entre 2007 et 2015\u00a0par la Chine, l\u2019Inde, et m\u00eame l\u2019Ukraine ne peut s\u2019expliquer que par l\u2019ajout de sucres. En effet, dans ces pays \u2013 comme ailleurs dans le monde \u2013 la demande int\u00e9rieure n\u2019a pas diminu\u00e9 (ce qui aurait lib\u00e9r\u00e9 des quantit\u00e9s pour l\u2019export), la productivit\u00e9 des ruches non plus (les abeilles souffrent de probl\u00e8mes sanitaires et environnementaux de plus en plus s\u00e9v\u00e8res) et le nombre de ruches n\u2019a que mod\u00e9r\u00e9ment augment\u00e9 (\u00e0 d\u00e9faut d\u2019une rentabilit\u00e9 attractive et d\u2019une formation significative de nouveaux apiculteurs).<\/p>\n<p>Une seconde fraude consiste \u00e0 blanchir le miel en falsifiant son origine. Certains pays comme la Tha\u00eflande et le Vietnam exportent visiblement plus de miel qu\u2019ils sont capables d\u2019en produire, m\u00eame en ajoutant du sucre\u00a0! La diff\u00e9rence vient d\u2019importations chinoises en transit vers les \u00c9tats-Unis. Elles y font l\u2019objet d\u2019une taxe anti-dumping dissuasive depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a02000. Labelis\u00e9s en provenance du pays d\u2019escale, les miels chinois contournent l\u2019obstacle.<\/p>\n<p>Le non-respect des r\u00e9glementations sanitaires constitue une troisi\u00e8me fraude. Il entra\u00eene la pr\u00e9sence dans le miel de pesticides et d\u2019antibiotiques interdits ou en quantit\u00e9 d\u00e9passant les limites autoris\u00e9es. Les antibiotiques peuvent provenir de traitements des colonies malades (par exemple contre la loque am\u00e9ricaine, une maladie caus\u00e9e par une bact\u00e9rie sporulante) ou bien de l\u2019environnement des abeilles (d\u00e9gradation de produits chimiques utilis\u00e9s en agriculture, fumier et lisier de b\u00e9tail).<\/p>\n<figure class=\"align-center \">\n<p><div style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382179\/original\/file-20210203-19-lzltwm.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip\" sizes=\"(min-width: 1466px) 754px, (max-width: 599px) 100vw, (min-width: 600px) 600px, 237px\" srcset=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382179\/original\/file-20210203-19-lzltwm.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=368&amp;fit=crop&amp;dpr=1 600w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382179\/original\/file-20210203-19-lzltwm.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=30&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=368&amp;fit=crop&amp;dpr=2 1200w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382179\/original\/file-20210203-19-lzltwm.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=15&amp;auto=format&amp;w=600&amp;h=368&amp;fit=crop&amp;dpr=3 1800w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382179\/original\/file-20210203-19-lzltwm.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=462&amp;fit=crop&amp;dpr=1 754w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382179\/original\/file-20210203-19-lzltwm.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=30&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=462&amp;fit=crop&amp;dpr=2 1508w, https:\/\/images.theconversation.com\/files\/382179\/original\/file-20210203-19-lzltwm.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=15&amp;auto=format&amp;w=754&amp;h=462&amp;fit=crop&amp;dpr=3 2262w\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"368\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Falsifier l\u2019origine de la production constitue l\u2019une des principales fraudes sur le march\u00e9 du miel.Pixabay, FAL<\/p><\/div><\/figure>\n<p>Ing\u00e9rer de fortes doses d\u2019antibiotiques en mangeant du miel est paradoxal car il est connu pour ses propri\u00e9t\u00e9s antibact\u00e9riennes gr\u00e2ce \u00e0 des petites mol\u00e9cules qu\u2019il contient, les d\u00e9fensines. Le miel contient aussi un antitussif naturel, le dextrom\u00e9thormane, mais rassurez-vous, dans des quantit\u00e9s telles que contrairement aux sirops et g\u00e9lules de synth\u00e8se son usage ne peut \u00eatre d\u00e9tourn\u00e9 pour obtenir un effet psychotrope.<\/p>\n<p>Comme pour les antibiotiques, la pr\u00e9sence de pesticides dans le miel r\u00e9sulte de traitements apicoles (insecticides contre les acariens infestant la ruche, par exemple) ou agricoles (produits phytosanitaires). La majorit\u00e9 des miels \u00e0 travers le monde contient quelques microgrammes ou nanogrammes de ces mol\u00e9cules chimiques. D\u00e8s lors que les interdictions et les seuils sont respect\u00e9s, les r\u00e9sidus de pesticides dans le miel, m\u00eame consomm\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement, ne pr\u00e9sentent pas de danger pour la sant\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>Tel n\u2019est pas le cas pour la sant\u00e9 des abeilles avec certains produits, en particulier les n\u00e9onicotino\u00efdes. Des exp\u00e9riences montrent qu\u2019ils induisent des d\u00e9sorientations qui <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/itsap.asso.fr\/projet_recherche\/presentation-de-lumt-prade-protection-des-abeilles-dans-lenvironnement\/les-abeilles-desorientees-par-une-faible-dose-dinsecticide\/\">emp\u00eachent les abeilles de retrouver le chemin de la ruche<\/a><\/span>. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les pesticides contribuent, pour une <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.anses.fr\/fr\/content\/travaux-de-l%E2%80%99anses-sur-les-n%C3%A9onicotino%C3%AFdes\">part cependant difficile \u00e0 d\u00e9terminer<\/a><\/span>, au syndrome d\u2019effondrement des colonies, un ph\u00e9nom\u00e8ne aux causes multiples \u00e0 l\u2019origine d\u2019une forte mortalit\u00e9 des abeilles depuis plus de vingt ans en Europe et aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<figure><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/FyK1ZdvX5LY?wmode=transparent&amp;start=0\" width=\"440\" height=\"260\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><figcaption><em><span class=\"caption\">Le syndrome d\u2019effondrement des colonies d\u2019abeilles (National Geographic Wild France, 2015).<\/span><\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>Comme les pr\u00e9c\u00e9dentes, cette fraude agit sur les courants d\u2019\u00e9changes car elle favorise les producteurs et les r\u00e9gions de miels de mauvaise qualit\u00e9 qui les font passer pour de bons produits. La mauvaise qualit\u00e9 \u00e9tant moins co\u00fbteuse les producteurs et les r\u00e9gions de miels de qualit\u00e9 font face \u00e0 des prix insuffisamment r\u00e9mun\u00e9rateurs et perdent des parts de march\u00e9. Les consommateurs sont \u00e9galement p\u00e9nalis\u00e9s\u00a0: les vertus m\u00e9dicinales et nutritionnelles du miel deviennent des fables quand le miel qu\u2019ils mangent est pour partie du sirop de ma\u00efs ou de canne et contient de fortes doses de produits chimiques.<\/p>\n<h3>D\u00e9lice de contrefacteur<\/h3>\n<p>Le lecteur aura compris que je ne lui recommanderais pas d\u2019acheter du miel chinois. M\u00eame s\u2019il en existe bien s\u00fbr certainement de bonne qualit\u00e9 mais il faut alors les conna\u00eetre et savoir comment et o\u00f9 se les procurer. Ce conseil vaut m\u00eame si vous recherchez un miel de p\u00e2te \u00e0 tartiner tr\u00e8s bon march\u00e9. Pr\u00e9f\u00e9rez alors un miel argentin.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019autre extr\u00eame de la gamme de prix, je vous sugg\u00e8re d\u2019\u00eatre vigilant dans l\u2019achat de miel n\u00e9o-z\u00e9landais. Ce miel monofloral de Manuka, un arbuste austral, se caract\u00e9rise par les propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques et antibact\u00e9riennes exceptionnelles. \u00c0 cause de son prix extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9, la Nouvelle-Z\u00e9lande talonne la Chine au rang de premier exportateur de miel en valeur, c\u2019est-\u00e0-dire en dollars et non plus en tonnes.<\/p>\n<p>\u00c0 plus de 100\u00a0euros le kilo il fait \u00e9videmment le d\u00e9lice des contrefacteurs\u00a0: cinq fois plus de tonnes sont vendues dans le monde qu\u2019il n\u2019en est produit en Nouvelle-Z\u00e9lande, pourtant le seul pays exportateur. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, si vous souhaitez acheter un produit de qualit\u00e9 d\u2019origine extracommunautaire, approvisionnez-vous dans une boutique sp\u00e9cialis\u00e9e o\u00f9 les miels sont s\u00e9lectionn\u00e9s et analys\u00e9s (par exemple, <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.miel-factory.com\">Miel Factory<\/a><\/span>).<\/p>\n<p>Pour un miel ordinaire et moins exotique, je vous recommande d\u2019acheter un miel produit dans l\u2019Union europ\u00e9enne. Les normes sanitaires et de qualit\u00e9 y sont plus s\u00e9v\u00e8res, mieux respect\u00e9es et plus souvent contr\u00f4l\u00e9es. Cela vous laisse un tr\u00e8s large choix en particulier celui d\u2019opter pour un miel produit dans votre r\u00e9gion que vous pourrez acheter en vente directe \u00e0 un apiculteur sur un march\u00e9 ou dans une grande surface. Si vous craignez les r\u00e9sidus de pesticides et d\u2019antibiotiques, il vous faut choisir un miel certifi\u00e9 bio. Ou, \u00e0 d\u00e9faut, si vous appr\u00e9ciez les miels au go\u00fbt prononc\u00e9, un miel de garrigue, de maquis ou de for\u00eat (de ch\u00e2taigner, par exemple) mais surtout pas le miel d\u2019une r\u00e9gion d\u2019agriculture intensive.<\/p>\n<p>En l\u2019absence de mention d\u2019une origine locale sur l\u2019\u00e9tiquette, je ne ferais pas de distinction entre les nationalit\u00e9s des miels de l\u2019Union europ\u00e9enne. L\u2019origine locale est pertinente car elle correspond \u00e0 un \u00e9cosyst\u00e8me v\u00e9g\u00e9tal et floral qui joue fondamentalement sur la qualit\u00e9 du miel. L\u2019origine europ\u00e9enne est aussi pertinente car c\u2019est l\u2019\u00e9chelle des r\u00e9glementations, dont le niveau d\u2019exigence et le respect d\u00e9termine \u00e9galement la qualit\u00e9. Entre ces deux \u00e9chelles, le niveau national permet seulement de jouer sur l\u2019attachement des consommateurs pour leur pays, \u2013 pourquoi pas\u00a0? \u2013, ou sur un r\u00e9flexe identitaire plus probl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Distinguer le miel fran\u00e7ais de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rique promeut le 100\u00a0% made in France. Un ancien ministre de l\u2019\u00e9conomie et du redressement productif en a fait son cheval de bataille. Il a cr\u00e9\u00e9 la marque <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.bleu-blanc-ruche.fr\">Bleu Blanc Ruche<\/a><\/span> pour ne distribuer que du miel national et contribuer au \u00ab\u00a0repeuplement de la France en abeilles\u00a0\u00bb. Grand pourfendeur du lib\u00e9ralisme, nul doute qu\u2019il ne partage pas les th\u00e8ses de Mandeville sur les vertus du vice et du laissez-faire que les abeilles lui ont inspir\u00e9es. Pollinisant les fleurs et produisant du miel, les abeilles nourrissent les hommes, mais aussi leur fertile imagination.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Fran\u00e7ois L\u00e9v\u00eaque est l\u2019auteur de \u00ab Les entreprises hyperpuissantes. G\u00e9ants et Titans, la fin du mod\u00e8le global \u00bb \u00e0 para\u00eetre chez Odile Jacob.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/theconversation.com\/profiles\/francois-leveque-196391\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\">Fran\u00e7ois L\u00e9v\u00eaque<\/span><\/span><\/a>, Professeur d\u2019\u00e9conomie, <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><em><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/theconversation.com\/institutions\/mines-paristech-2266\">Mines ParisTech<\/a><\/em><\/span><\/p>\n<p>Cet article est republi\u00e9 \u00e0 partir de <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/theconversation.com\">The Conversation<\/a><\/span><\/span> sous licence Creative Commons. Lire l\u2019<span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/theconversation.com\/le-commerce-du-miel-et-des-abeilles-entre-fables-et-realites-154444\">article original<\/a><\/span>.<\/p>\n<p><!-- Ci-dessous se trouve le compteur de pages de The Conversation. Veuillez ne pas l'enlever. --><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important; text-shadow: none !important;\" src=\"https:\/\/counter.theconversation.com\/content\/154444\/count.gif?distributor=republish-lightbox-basic\" alt=\"The Conversation\" width=\"1\" height=\"1\" \/><!-- Fin du code. 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Les \u00e9conomistes n\u2019y \u00e9chappent pas, prenant appui sur des ruches imaginaires pour fonder leurs th\u00e9ories. Les di\u00e9t\u00e9ticiens ne sont pas en reste : les bienfaits du miel pour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":303,"featured_media":5774,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-5743","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-microeconomie","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5743","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/303"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5743"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5743\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5774"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5743"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5743"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5743"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}