{"id":5716,"date":"2021-02-15T07:25:21","date_gmt":"2021-02-15T05:25:21","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=5716"},"modified":"2021-02-15T09:01:05","modified_gmt":"2021-02-15T07:01:05","slug":"le-financement-des-entreprises-europeennes-apres-la-crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=5716","title":{"rendered":"Le financement des entreprises europ\u00e9ennes apr\u00e8s la crise"},"content":{"rendered":"<h3><strong>Introduction<\/strong><\/h3>\n<p>Le contexte de long terme d\u2019avant-crise dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s \u00e9tait celui d\u2019une augmentation de l\u2019endettement priv\u00e9 et public, d\u2019une baisse de l\u2019investissement, d\u2019une baisse de la croissance de la productivit\u00e9, et d\u2019une divergence de productivit\u00e9 entre entreprises. Les r\u00e9ponses men\u00e9es avant la crise ont pour partie \u00e9chou\u00e9 \u00e0 r\u00e9soudre ces probl\u00e8mes. Avec la crise du coronavirus, il y a eu un accord rapide sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une intervention \u00e9tatique de court terme afin d\u2019assurer le financement et la survie des entreprises. Cependant, la d\u00e9t\u00e9rioration de la situation \u00e9conomique oblige \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aux solutions de long terme. Comment passer des assurances tous-risques r\u00e9cemment d\u00e9ploy\u00e9es \u00e0 une solution durable\u00a0?<\/p>\n<h3><strong>1- L\u2019impact de la crise sur le financement des entreprises en Europe<\/strong><\/h3>\n<p>L\u2019endettement des entreprises europ\u00e9ennes a fortement augment\u00e9 entre 2008 et 2019. En France, un indicateur composite d\u2019acc\u00e8s des PME \u00e0 la finance cr\u00e9\u00e9 par les chercheurs du Fonds europ\u00e9en d\u2019investissement (Torfs, 2020) pla\u00e7ait la France au second rang europ\u00e9en en mati\u00e8re d\u2019acc\u00e8s des PME \u00e0 la finance par dette et par capital. Le ratio d\u2019endettement sur fonds propres \u00e9tait dans la moyenne europ\u00e9enne. Cependant, les entreprises avaient des difficult\u00e9s \u00e0 cro\u00eetre, \u00e0 s\u2019internationaliser, et \u00e0 investir en coh\u00e9rence avec les engagements environnementaux du pays.<\/p>\n<h5 style=\"padding-left: 40px;\"><em>1.1 &#8211; Le financement des entreprises en Europe avant la crise<\/em><\/h5>\n<p>Concernant l\u2019endettement bancaire, le ratio d\u2019endettement des entreprises fran\u00e7aises, notamment des PME, restait avant crise nettement sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne europ\u00e9enne et am\u00e9ricaine. Or, l\u2019investissement des petites entreprises diminue au-del\u00e0 d\u2019un certain seuil d\u2019endettement (Gebauer, 2015). 10 % des entreprises europ\u00e9ennes \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es en 2019 comme vuln\u00e9rables (AFME, 2021). Le financement en capital manquant repr\u00e9sentait en France 9 % du PIB, contre seulement 5 % en moyenne dans l\u2019Union europ\u00e9enne (Torfs, 2020). Les fonds d\u2019investissement sond\u00e9s par le FEI se disaient cependant r\u00e9cemment optimistes sur la situation \u00e9conomique (Botsari et al, 2020). De nombreuses PME fran\u00e7aises se plaignaient d\u2019un manque d\u2019acc\u00e8s au capital, au-dessus de la moyenne europ\u00e9enne (Sondage SAFE). Ce sont essentiellement les entreprises cot\u00e9es qui ont augment\u00e9 leurs marges ces derni\u00e8res ann\u00e9es (Diez et al, 2019). Or, l\u2019Europe est en retard en mati\u00e8re d\u2019approfondissement des march\u00e9s de capitaux.<\/p>\n<p>La situation europ\u00e9enne actuelle n\u2019oriente pas suffisamment le financement vers l\u2019investissement en capital. En effet, un biais fiscal taxe les int\u00e9r\u00eats du capital, alors que les int\u00e9r\u00eats sur dette sont exempt\u00e9s d\u2019imp\u00f4ts. De plus, les march\u00e9s de capitaux europ\u00e9ens sont peu profonds et peu int\u00e9gr\u00e9s. En cons\u00e9quence, les banques privil\u00e9gient les pr\u00eats. Seuls les investisseurs disposant d\u2019un capital propre important, capables de supporter des co\u00fbts, et ayant un app\u00e9tit pour le risque, tendent \u00e0 investir en capital. Ces investisseurs tendent aussi \u00e0 appartenir \u00e0 la partie la plus riche de la population.<\/p>\n<h5 style=\"padding-left: 40px;\"><em>1.2 &#8211; L\u2019impact de la crise <\/em><\/h5>\n<p>Le PIB fran\u00e7ais a chut\u00e9 de 9 % en 2020, l\u2019investissement priv\u00e9 de 10 %, le taux de ch\u00f4mage devrait monter \u00e0 11 % en 2021, et la dette publique \u00e0 120 % du PIB (Banque de France, 2020). Une r\u00e9cente \u00e9tude du Fonds europ\u00e9en d\u2019investissement men\u00e9e avant la deuxi\u00e8me vague montre que le capital-investissement et le capital-risque europ\u00e9ens se dirigent aujourd\u2019hui vers une stagnation ou une forte chute des investissements comparable \u00e0 celle observ\u00e9e en 2008 suite \u00e0 la crise financi\u00e8re (Botsari et al, 2020).<\/p>\n<p>Les pays europ\u00e9ens les plus touch\u00e9s risquent \u00e9galement une forte hausse des faillites, avec de sensibles divergences entre pays. Dans un premier temps, le nombre de faillites a baiss\u00e9. Cependant, cette baisse transitoire et technique devrait se transformer \u00e0 terme en une hausse de 14 % en Europe de l\u2019Ouest et de 25 % en France (Allianz, 2020). La part des PME de la zone euro en mauvaise posture financi\u00e8re va aussi augmenter. Un stock de 324 milliards d\u2019euros de dettes d\u2019entreprises serait aujourd\u2019hui \u00e0 risque, dont plus de la moiti\u00e9 sont des dettes de PME. Il est encore trop t\u00f4t pour mesurer pr\u00e9cis\u00e9ment la part des pr\u00eats garantis dans ces dettes \u00e0 risque, mais elle est probablement \u00e9lev\u00e9e. Le capital global des entreprises europ\u00e9ennes diminuerait d\u2019entre 0,7 et 1,2 billion d\u2019euros (AFME, 2021).<\/p>\n<p>La premi\u00e8re vague a eu un impact tr\u00e8s n\u00e9gatif sur l\u2019acc\u00e8s au capital des PME. Les institutions ont probablement sous-\u00e9valu\u00e9 les risques d\u2019amplification de la crise li\u00e9s aux in\u00e9galit\u00e9s entre entreprises et aux in\u00e9galit\u00e9s entre individus qui leur sont intimement li\u00e9es. Les pays qui ont le plus eu recours aux garanties de cr\u00e9dit tendent aussi \u00e0 \u00eatre ceux qui ont les plus hauts ratios d\u2019endettement des entreprises par rapport \u00e0 leur PIB. Les jeunes entreprises technologiques sont dans une position particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable.<strong> \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/strong><\/p>\n<h3><strong>2 &#8211; Les options \u00e0 court et long terme<\/strong><\/h3>\n<p>Parmi les solutions financi\u00e8res, la premi\u00e8re question est celle des garanties de cr\u00e9dit et de leur impact.<\/p>\n<h5 style=\"padding-left: 40px;\"><em>2.1 &#8211; Le probl\u00e8me des garanties de cr\u00e9dit <\/em><\/h5>\n<p>Afin de lisser le co\u00fbt de la crise dans le temps, de maintenir le lien employeur-employ\u00e9, et ainsi de limiter le ch\u00f4mage \u00e0 long terme, d\u2019importants programmes de garanties de cr\u00e9dit ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s aux Etats-Unis et en Europe, notamment en Italie et en France, conduisant \u00e0 une nouvelle augmentation de l\u2019endettement. A l\u2019objectif de soutien d\u2019urgence succ\u00e8dent trois objectifs\u00a0principaux : le maintien du secours en financement, la r\u00e9allocation sectorielle, et la r\u00e9allocation des types de financement. Une solution d\u2019urgence est le renouvellement des pr\u00eats garantis, \u00e9ventuellement en \u00e9largissant la part garantie par l\u2019Etat. Les contre-garanties propos\u00e9es par l\u2019Union europ\u00e9enne pourraient \u00e9galement permettre une certaine redistribution des risques entre Etats europ\u00e9ens in\u00e9galement touch\u00e9s.<\/p>\n<p>Les risques sont grands \u00e0 long terme. Moody\u2019s projetait avant la deuxi\u00e8me vague des pertes sur garanties de cr\u00e9dit significatives en France et en Italie. Nous pouvons y ajouter le poids pour les finances publiques, et les limites des capacit\u00e9s de gestion des institutions financi\u00e8res charg\u00e9es de ces politiques. Dans ce cadre, les instruments europ\u00e9ens de garantie permettent de compl\u00e9ter et d\u2019amplifier l\u2019impact des garanties nationales l\u00e0 o\u00f9 leurs volumes sont contraints par les budgets nationaux. Il est enfin difficile pour l\u2019Etat d\u2019avoir \u00e0 faire des choix discr\u00e9tionnaires en termes de r\u00e9allocation sectorielle, d\u2019o\u00f9 de nombreuses h\u00e9sitations sur les conditionnalit\u00e9s, pour l\u2019instant assez lib\u00e9rales. Le risque \u00e0 \u00e9tendre cette politique \u00e0 l\u2019infini serait finalement de maintenir artificiellement en vie des entreprises zombies en Europe. Cela s\u2019opposerait \u00e0 une situation am\u00e9ricaine de r\u00e9allocation sectorielle et g\u00e9ographique qui appara\u00eet brutale, mais efficace.<\/p>\n<h5 style=\"padding-left: 40px;\"><em>2.2 &#8211; Les options pour les entreprises en difficult\u00e9<\/em><\/h5>\n<p>L\u2019Etat ne va pas devenir actionnaire de toutes les PME. N\u00e9anmoins, pour les entreprises les plus grandes, les plus productives, ou qui correspondent \u00e0 la strat\u00e9gie de long terme de l\u2019Etat, notamment les entreprises jeunes et innovantes, il serait possible de transformer une partie de ces garanties en investissement en capital \u00e0 travers une recapitalisation publique ou en quasi-fonds propres. Des instruments hybrides d\u2019investissement en quasi-capital pourraient \u00eatre mis en place au niveau europ\u00e9en et soutenus par les institutions europ\u00e9ennes en exemption des restrictions aux aides publiques (AFME, 2021). Les banques publiques de d\u00e9veloppement comme la BEI ou la BPI seraient des candidats privil\u00e9gi\u00e9s pour la mise en place de tels programmes. Une r\u00e9cente \u00e9tude du Fonds europ\u00e9en d\u2019investissement a notamment montr\u00e9 que le soutien public en capital-risque permet aux entreprises d\u2019allonger leurs strat\u00e9gies de rentabilit\u00e9 sur le long terme (Pavlova et Signore, 2019). Le choix des entreprises pourrait \u00eatre fond\u00e9 sur les priorit\u00e9s publiques en termes de r\u00e9allocation sectorielle et de politique industrielle, notamment en mati\u00e8re de transition num\u00e9rique et \u00e9nerg\u00e9tique. A long terme, la sortie de l\u2019Etat du capital pourrait \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 une politique de d\u00e9veloppement des march\u00e9s boursiers pour PME. Un r\u00e9cent rapport de l\u2019AFME (<em>Association for Financial Markets in Europe<\/em>) soutient cette possibilit\u00e9, qui reste encore \u00e0 pr\u00e9ciser.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, pour les petites entreprises au niveau de productivit\u00e9 interm\u00e9diaire, une solution proche de la strat\u00e9gie am\u00e9ricaine consisterait \u00e0 convertir les pr\u00eats garantis en subventions, par exemple lorsque le maintien d\u2019un nombre suffisant d\u2019emplois est av\u00e9r\u00e9. C\u2019est une forme d\u2019investissement public, dont l\u2019augmentation est largement pr\u00f4n\u00e9e aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Finalement, pour les entreprises les moins productives sans r\u00e9el avenir, la cr\u00e9ation d\u2019une structure de d\u00e9faisance pour traiter les d\u00e9fauts en limitant les co\u00fbts, associ\u00e9e \u00e0 une aide \u00e0 la reconversion pour les employ\u00e9s, pourrait limiter le co\u00fbt des faillites pour l\u2019\u00e9conomie. La BCE a r\u00e9cemment appel\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une telle structure. Pour ces entreprises en faillite, l\u2019aide \u00e0 la reconversion pour les employ\u00e9s pourrait jouer le premier r\u00f4le, notamment \u00e0 travers la formation dans le num\u00e9rique. Une structure de d\u00e9faisance bien g\u00e9r\u00e9e pourrait aussi promouvoir une r\u00e9allocation sectorielle plus efficace et le d\u00e9veloppement des march\u00e9s de capitaux en Europe.<\/p>\n<p>Les solutions de la recapitalisation et de la structure de d\u00e9faisance seraient avantageusement accompagn\u00e9es par l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de l\u2019Union des march\u00e9s de capitaux, qui appara\u00eet plus que jamais comme une priorit\u00e9. Cette Union permettrait de redonner au march\u00e9, un march\u00e9 continental, son r\u00f4le en mati\u00e8re de r\u00e9allocation sectorielle.<\/p>\n<h3><strong>3 \u2013 Quel impact de l<\/strong><strong>\u2019aide europ\u00e9enne\u00a0<\/strong><strong>?<\/strong><\/h3>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>L\u2019objectif de la r\u00e9ponse europ\u00e9enne, c\u2019est la compl\u00e9mentarit\u00e9 avec les r\u00e9ponses nationales. Le plan de relance europ\u00e9en vient d\u2019\u00eatre approuv\u00e9 par les Etats membres.<\/p>\n<h5 style=\"padding-left: 40px;\"><em>3.1 &#8211; La r\u00e9ponse de l\u2019Union europ\u00e9enne <\/em><\/h5>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un budget europ\u00e9en renforc\u00e9 \u00e0 1,1 billion d\u2019euros, et du plan de relance lui-m\u00eame, NextGenerationEU, \u00e0 750 milliards, compos\u00e9 pour l\u2019essentiel du programme intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Facilit\u00e9 pour la reprise et la r\u00e9silience\u00a0\u00bb, moiti\u00e9 d\u2019allocations et moiti\u00e9 de cr\u00e9dits soutenant r\u00e9formes et investissements n\u00e9cessaires pour r\u00e9pondre \u00e0 la crise, essentiellement centr\u00e9s sur l\u2019environnement et la num\u00e9risation. Le programme InvestEU, n\u00e9 de la crise de 2008, est \u00e9galement renouvel\u00e9 avec 23 milliards de garanties de cr\u00e9dit cibl\u00e9es. L\u2019Union europ\u00e9enne cherche notamment \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 un manque de financement en capital estim\u00e9 entre 450 et 600 milliards d\u2019euros (AFME, 2021) pour l\u2019ensemble de l\u2019UE.<\/p>\n<p>La Banque europ\u00e9enne d\u2019investissement esp\u00e8re jouer un r\u00f4le contra-cyclique et de convergence continentale, central dans ce dispositif, en d\u00e9ployant le Fonds pan-europ\u00e9en de garantie, un fonds de 25 milliards qui esp\u00e8re soutenir 200 milliards de financements. Elle propose notamment 10 milliards pour soutenir les fonds de roulement des PME, et 10 milliards pour soutenir la titrisation des pr\u00eats aux PME. En parall\u00e8le, elle s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9e avant la crise \u00e0 faire monter \u00e0 50 % la part de ses investissements dans le climat et l\u2019environnement.<\/p>\n<p>Au sein du Groupe Banque europ\u00e9enne d\u2019investissement, le Fonds europ\u00e9en d\u2019investissement<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> devrait augmenter ses dotations pour garanties d\u2019un milliard, soutenant 8 milliards d\u2019investissements. Sa sp\u00e9cificit\u00e9 est le ciblage de ses programmes. Le programme COSME vise les PME en forte croissance et \u00e0 fort risque, le programme InnovFin les PME innovantes, le programme EaSi les entreprises sociales, et le programme CCS la culture. Tous ces programmes b\u00e9n\u00e9ficient d\u00e9j\u00e0 d\u2019un r\u00e9seau europ\u00e9en d\u2019interm\u00e9diaires financiers avec leurs clients, et d\u2019un suivi int\u00e9gr\u00e9. Les taux de garanties ont \u00e9t\u00e9 augment\u00e9s, et l\u2019accent mis sur les r\u00e9gions les plus vuln\u00e9rables.<\/p>\n<h5 style=\"padding-left: 40px;\"><em>3.2 \u2013 Evaluer l\u2019efficacit\u00e9 des politiques d\u2019aide au financement des entreprises <\/em><\/h5>\n<p>Il s\u2019agit de comparer les entreprises qui b\u00e9n\u00e9ficient de ces programmes aux entreprises similaires qui n\u2019en b\u00e9n\u00e9ficient pas. Les \u00e9tudes d\u2019avant la crise de la Covid-19 montrent un r\u00e9sultat positif des garanties de cr\u00e9dit sur la survie des entreprises et leur croissance en termes de capital, de chiffre d\u2019affaires, d\u2019emploi et de capital immat\u00e9riel, tout particuli\u00e8rement pour les jeunes et petites entreprises, et dans les services, l\u2019impact croissant avec la taille du pr\u00eat garanti (Brault et Signore, 2019). Une r\u00e9cente \u00e9tude de BPI trouve aussi un impact positif en termes d\u2019investissement et d\u2019emploi (Gazaniol et Le, 2020). Tous ces \u00e9l\u00e9ments, bien que venant d\u2019un contexte historique ant\u00e9rieur \u00e0 la crise actuelle, sont de bonnes nouvelles pour les programmes massifs actuellement mis en place.<\/p>\n<p>Cependant, il ne semble pas y avoir d\u2019impact significatif sur la rentabilit\u00e9 ou les entreprises \u00e0 forte teneur technologique. L\u2019impact sur la productivit\u00e9 n\u2019est pas toujours significatif, et il n\u2019agit dans tous les cas qu\u2019\u00e0 long terme. L\u2019impact varie fortement entre pays, m\u00eame si ces divergences peuvent \u00eatre limit\u00e9es par les politiques europ\u00e9ennes de contre-garanties. En d\u2019autres termes, les garanties prot\u00e8gent les PME, compensent leurs d\u00e9savantages en termes de financement bancaire, mais ont probablement un impact de court terme modeste en termes de r\u00e9allocations sectorielles.<\/p>\n<p>Le soutien public au capital-risque pourrait en partie prendre le relais des garanties de cr\u00e9dit, pour les entreprises les plus innovantes notamment, et \u00eatre plus efficace, avec l\u2019interm\u00e9diaire des banques et des fonds d\u2019investissement. Il y aurait donc une transition \u00e0 orchestrer dans ce domaine pour aider \u00e0 la reprise.<\/p>\n<h3><strong>Conclusion<\/strong><\/h3>\n<p>Nous avons montr\u00e9 le fort impact de la crise sur le financement des entreprises en Europe. Ces probl\u00e8mes de financement ne sont cependant pas tous n\u00e9s de la crise, et prennent leurs racines dans de nombreuses faiblesses ant\u00e9rieures en mati\u00e8re d\u2019endettement, de croissance et de productivit\u00e9. Les programmes d\u00e9ploy\u00e9s pendant la crise, notamment les garanties de cr\u00e9dit, ont permis la survie de nombreuses entreprises \u00e0 court terme. N\u00e9anmoins, leur expiration prochaine pose probl\u00e8me et pourrait conduire \u00e0 une vague de faillites. Plusieurs solutions existent, notamment des subventions, des conversions en capital, et la cr\u00e9ation de structures de d\u00e9faisance. Ces options n\u00e9cessitent des m\u00e9thodes d\u2019\u00e9valuation appropri\u00e9es. Dans ce cadre, les institutions europ\u00e9ennes, notamment le Groupe BEI (BEI &amp; FEI), jouent un r\u00f4le central en mati\u00e8re de soutien aux Etats, de convergence et d\u2019\u00e9valuation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : Crise de la Covid-19 \u2013 Finance d\u2019entreprise &#8211; Garanties de cr\u00e9dit \u2013 Union europ\u00e9enne \u2013 Endettement \u2013 Financement en capital \u2013 Evaluation d\u2019impact<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3><strong>Bibliographie<\/strong><\/h3>\n<p>AFME (2021). <em>Recapitalizing EU businesses post COVID-19<\/em>. Janvier 2021.<\/p>\n<p>Allianz (2020). <em>Calm before the storm\u00a0: COVID-19 and the business insolvency time bomb<\/em>. 16\/07\/2020.<\/p>\n<p>Banque de France (2020). <em>Macroeconomic projections<\/em> \u2013 France. 14\/12\/2020.<\/p>\n<p>Bertoni, F., Brault, J., Colombo, M., Quas, A., et Signore, S. (2019). <em>Econometric study on the impact of EU loan guarantee financial instruments on growth and jobs of SMEs<\/em>. EIF Working Paper.<\/p>\n<p>Botsari, A., Lang, F., Pal, K., Pavlova, E., Signore, S., et Torfs, W. (2020). <em>The market sentiment in European Private Equity and Venture Capital : Impact of Covid-19<\/em>. EIF Working Paper.<\/p>\n<p>Botsari, A., Gvetadze, S., Lang, F., et Torfs, W. (2020). <em>European small business finance outlook 2020 : the impact of COVID-19 on SME financing markets<\/em>. EIF Working Paper.<\/p>\n<p>Brault, J. (2019). L\u2019impact des programmes europ\u00e9ens de garantie de cr\u00e9dit. Note BSI-Economics.<\/p>\n<p>Brault, J. (2020). La soutenabilit\u00e9 des garanties de cr\u00e9dit aux entreprises apr\u00e8s la crise du coronavirus. Note BSI-Economics.<\/p>\n<p>Brault, J., et Signore, S. (2019). <em>The real effects of EU loan guarantee schemes for SMEs : a pan-European assessment<\/em>. EIF Working Paper.<\/p>\n<p>Brault, J., et Signore, S. (2020). <em>Credit guarantees in the COVID-19 crisis \u2013 Relevance and economic impact<\/em>. SUERF Policy Note.<\/p>\n<p>Diez, Frederico, Fan, Jiayue, et Villegas-Sanchez, C. (2019). <em>Global declining competition<\/em>. IMF Working Paper.<\/p>\n<p>Gazaniol, A., et Le, M. (2020). Evaluation de l\u2019impact \u00e9conomique des fonds de garantie de place op\u00e9r\u00e9s par BPI-France. BPI-France.<\/p>\n<p>Gebauer, S., Setzer, R., et Westphal, Andreas (2017). <em>Corporate debt and investment : a firm-level analysis for stressed euro-area countries<\/em>. ECB Working Paper.<\/p>\n<p>INSEE (2021). <em>Corporate bankruptcies<\/em> <em>\u2013 France<\/em>. Stat-info. 13\/01\/2021.<\/p>\n<p>Pavlova, E., et Signore, S. (2019). <em>The European venture capital landscape: an EIF perspective<\/em>. <em>Volume V: The economic impact of VC investments supported by the EIF.<\/em> EIF Working Paper.<\/p>\n<p>Torfs, W. 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Plus d\u2019information est disponible sur son site\u00a0: <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.eif.org\">https:\/\/www.eif.org<\/a><\/span><\/span> .<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Le contexte de long terme d\u2019avant-crise dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s \u00e9tait celui d\u2019une augmentation de l\u2019endettement priv\u00e9 et public, d\u2019une baisse de l\u2019investissement, d\u2019une baisse de la croissance de la productivit\u00e9, et d\u2019une divergence de productivit\u00e9 entre entreprises. Les r\u00e9ponses men\u00e9es avant la crise ont pour partie \u00e9chou\u00e9 \u00e0 r\u00e9soudre ces probl\u00e8mes. 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