{"id":5620,"date":"2021-01-11T07:20:55","date_gmt":"2021-01-11T05:20:55","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=5620"},"modified":"2021-04-13T15:00:52","modified_gmt":"2021-04-13T13:00:52","slug":"covid-19-et-stagnation-seculaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=5620","title":{"rendered":"COVID-19 et Stagnation S\u00e9culaire"},"content":{"rendered":"<p><em>Pour lire une synth\u00e8se de cet article sur le site de notre partenaire\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.polytechnique-insights.com\/tribunes\/economy\/la-pandemie-va-t-elle-pieger-les-economies-dans-une-stagnation-seculaire\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=https:\/\/www.polytechnique-insights.com\/tribunes\/economy\/la-pandemie-va-t-elle-pieger-les-economies-dans-une-stagnation-seculaire\/&amp;source=gmail&amp;ust=1618402249242000&amp;usg=AFQjCNHV_7eq8oge_O5YtD2dVanBM9f8iQ\">Polytechnique Insights<\/a><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>La pand\u00e9mie de COVID-19 et les mesures prises pour la contenir ont fait basculer l&rsquo;\u00e9conomie mondiale dans une r\u00e9cession sans \u00e9quivalent \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne. Cet article sugg\u00e8re que le choc caus\u00e9 par la COVID-19 pourrait constituer un point de basculement pour le monde d\u00e9velopp\u00e9, avec un risque fortement accru de se trouver englu\u00e9 dans une p\u00e9riode prolong\u00e9e de croissance atone et ce, pour trois raisons principales. Tout d\u2019abord, la Grande R\u00e9cession de 2020 entra\u00eenera des pertes de potentiel de production. Ensuite, le choc du coronavirus est susceptible d\u2019entra\u00eener des changements structurels dans les comportements des m\u00e9nages et des entreprises, notamment dans leurs habitudes d&rsquo;\u00e9pargne, qui sont de nature \u00e0 intensifier les forces pouvant conduire \u00e0 une \u00ab\u00a0stagnation s\u00e9culaire\u00a0\u00bb.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> Enfin, la pand\u00e9mie donne une formidable impulsion \u00e0 la transition num\u00e9rique, ce qui contribuera \u00e0 accro\u00eetre les in\u00e9galit\u00e9s sociales, elles-m\u00eames facteur de stagnation s\u00e9culaire. Le salut pour la croissance pourrait venir des mutations technologiques en cours si elles devaient entra\u00eener un choc de productivit\u00e9 positif<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. \u00c0 ce stade, cependant, la question de savoir comment la nouvelle \u00e9conomie num\u00e9rique modifiera l\u2019\u00e9volution de la productivit\u00e9 reste ouverte<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<h3><strong>1. Hyst\u00e9r\u00e8se<\/strong><\/h3>\n<p>En 2020, l\u2019\u00e9conomie mondiale s\u2019est contract\u00e9e de 4,4 %, selon le FMI. Les \u00e9pisodes d\u2019effondrement massif de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique sont rares, du moins dans les pays industrialis\u00e9s. Par le pass\u00e9, les r\u00e9cessions profondes ont le plus souvent caus\u00e9 des dommages durables aux principales variables macro\u00e9conomiques (PIB, productivit\u00e9, ch\u00f4mage), m\u00eame apr\u00e8s dissipation compl\u00e8te du choc initial. Le concept d&rsquo;hyst\u00e9r\u00e8se a mis en \u00e9vidence les s\u00e9quelles que les r\u00e9cessions causent au potentiel de croissance \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>Les pertes de potentiel de croissance d&rsquo;une \u00e9conomie peuvent \u00eatre provoqu\u00e9es par plusieurs facteurs\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Les cicatrices laiss\u00e9es par la crise sur les travailleurs licenci\u00e9s, qui sont susceptibles de rendre certains d&rsquo;entre eux inemployables ou de les \u00e9carter d\u00e9finitivement du march\u00e9 de l\u2019emploi, avec pour cons\u00e9quence une augmentation du ch\u00f4mage structurel et un recul du taux de participation de la main d\u2019\u0153uvre au march\u00e9 du travail.<\/li>\n<li>Une diminution de l&rsquo;accumulation de capital (due aux faillites, \u00e0 la d\u00e9gradation des bilans des entreprises, au surendettement, etc.) susceptible d&rsquo;entra\u00eener une baisse \u00e0 long terme du stock de capital productif.<\/li>\n<li>La perturbation des activit\u00e9s \u00e9conomiques, avec un impact n\u00e9gatif sur la croissance de la productivit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Toutes choses \u00e9gales par ailleurs, la Grande R\u00e9cession de 2020 aura sur la productivit\u00e9 du travail et la production potentielle des s\u00e9quelles durables, qui acc\u00e9l\u00e9reront la tendance multid\u00e9cennale au ralentissement de la croissance potentielle et de la productivit\u00e9.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 une guerre, la pand\u00e9mie de coronavirus n\u2019a pas d\u00e9grad\u00e9 le stock de capital physique. Mais les entreprises n&rsquo;investiront pas dans l&rsquo;expansion de leurs capacit\u00e9s tant qu&rsquo;elles ne seront pas convaincues que la pand\u00e9mie a \u00e9t\u00e9 ma\u00eetris\u00e9e. Il est aussi pr\u00e9visible que le choc de la COVID-19 entra\u00eene l&rsquo;obsolescence pr\u00e9matur\u00e9e d&rsquo;une partie du stock de capital productif existant, ce qui se traduira par un taux d&rsquo;amortissement croissant et une moindre accumulation de capital. L\u2019\u00e9conomie devra \u00e9galement compter avec la destruction du capital organisationnel et informationnel que vont provoquer la d\u00e9gradation des bilans des entreprises et les faillites en cascade.<\/p>\n<p>Par ailleurs, la mortalit\u00e9 due \u00e0 la COVID-19, qui touche de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e les personnes \u00e2g\u00e9es, a largement \u00e9pargn\u00e9 la population active. Cependant, le ch\u00f4mage de masse li\u00e9 \u00e0 la multiplication des faillites est source de pr\u00e9occupations majeures pour l&#8217;employabilit\u00e9 et la productivit\u00e9 \u00e0 venir des travailleurs. De nombreux travailleurs se retrouvant au ch\u00f4mage seront affect\u00e9s \u00e0 vie, car leurs comp\u00e9tences et leur expertise pourraient rapidement devenir obsol\u00e8tes, surtout \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les nouvelles technologies de l&rsquo;information et de la communication se d\u00e9veloppent rapidement. La baisse de leur productivit\u00e9 risque de se traduire par un recul de leurs salaires, qui pourrait d\u00e9passer la p\u00e9riode de r\u00e9cession pour perdurer tout au long de leurs vies professionnelles. Le ch\u00f4mage et les difficult\u00e9s pourraient \u00e9galement d\u00e9moraliser les employ\u00e9s, voire les conduire \u00e0 la d\u00e9pression, r\u00e9duisant leur productivit\u00e9 et donc leur attrait pour les employeurs. Des taux de ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9s, \u00e9ventuellement associ\u00e9s \u00e0 des traumatismes psychologiques, pourraient d\u00e9courager certains ch\u00f4meurs de chercher un nouvel emploi et les inciter \u00e0 quitter la vie active, conduisant \u00e0 une baisse des taux d&rsquo;activit\u00e9.<\/p>\n<h3><strong>2. L\u2019ombre projet\u00e9e par la crise financi\u00e8re de 2008<\/strong><\/h3>\n<p>Plusieurs \u00e9conomies \u2013 notamment les plus avanc\u00e9es \u2013 ont abord\u00e9 cette crise dans un \u00e9tat vuln\u00e9rable, avec des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat historiquement bas et des niveaux d&rsquo;endettement records en temps de paix. Ceci refl\u00e8te en partie l&rsquo;h\u00e9ritage de la crise financi\u00e8re de 2008.<\/p>\n<h5><strong>Des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat au plancher \u00a0<\/strong><\/h5>\n<p>La crise de 2008 a conduit les grandes banques centrales \u00e0 r\u00e9duire leurs taux directeurs \u00e0 z\u00e9ro, voire l\u00e9g\u00e8rement en dessous de z\u00e9ro. Une fois ces taux \u00e0 z\u00e9ro, il est cependant difficile de poursuivre l&rsquo;assouplissement mon\u00e9taire, car les taux ne peuvent \u00eatre abaiss\u00e9s (substantiellement) en dessous de z\u00e9ro. La raison en est que les acteurs \u00e9conomiques ont toujours la possibilit\u00e9 de d\u00e9tenir des liquidit\u00e9s plut\u00f4t que des actifs \u00e0 rendement n\u00e9gatif. La lutte contre la r\u00e9cession requ\u00e9rant une baisse des taux de, typiquement, 400 \u00e0 500\u00a0points de base, le fait d\u2019arriver \u00e0 la limite inf\u00e9rieure (\u00e0 z\u00e9ro ou effective) sur les taux contraint consid\u00e9rablement la politique mon\u00e9taire.<\/p>\n<div id=\"attachment_5621\" style=\"width: 426px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5621\" class=\"size-full wp-image-5621\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/d1.png\" alt=\"\" width=\"416\" height=\"302\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/d1.png 416w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/d1-300x218.png 300w\" sizes=\"(max-width: 416px) 100vw, 416px\" \/><p id=\"caption-attachment-5621\" class=\"wp-caption-text\">Source\u00a0: Refinitiv.<\/p><\/div>\n<h5><strong>Les effets de richesse et d\u2019endettement en soutien de la croissance<\/strong><\/h5>\n<p>Contraintes par la limite inf\u00e9rieure effective (LIE), les banques centrales ont, dans le sillage de la crise financi\u00e8re, recouru \u00e0 des politiques mon\u00e9taires \u00ab\u00a0non conventionnelles\u00a0\u00bb, notamment les programmes d\u2019assouplissement quantitatif, en vue de r\u00e9duire le co\u00fbt de l&#8217;emprunt pour stimuler la demande globale en encourageant les m\u00e9nages et les entreprises \u00e0 emprunter davantage, et de soutenir les prix des actifs pour relancer la consommation en dopant la richesse des m\u00e9nages.<\/p>\n<div id=\"attachment_5622\" style=\"width: 426px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5622\" class=\"size-full wp-image-5622\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/d2.png\" alt=\"\" width=\"416\" height=\"302\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/d2.png 416w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/d2-300x218.png 300w\" sizes=\"(max-width: 416px) 100vw, 416px\" \/><p id=\"caption-attachment-5622\" class=\"wp-caption-text\">Source\u00a0: Refinitiv.<\/p><\/div>\n<p>Les politiques mon\u00e9taires non conventionnelles sont-elles efficaces\u00a0? La question reste, \u00e0 ce stade, ouverte. Certaines \u00e9tudes sugg\u00e8rent qu&rsquo;elles ont l\u00e9g\u00e8rement stimul\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique. Mais, en pesant de mani\u00e8re persistante sur les rendements \u00e0 long terme, elles ont \u00e9galement ouvert la voie \u00e0 une accumulation de vuln\u00e9rabilit\u00e9s financi\u00e8res, telles que des valorisations boursi\u00e8res \u00e9lev\u00e9es, une explosion des emprunts d&rsquo;entreprises d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s endett\u00e9es et une \u00e9rosion marqu\u00e9e des normes de cr\u00e9dit.<\/p>\n<h5><strong>La COVID-19\u00a0et les plans de relance XXL<\/strong><\/h5>\n<p>Les programmes de relance de la p\u00e9riode\u00a02008-2009 font cependant p\u00e2le figure en comparaison des plans de soutien mis en \u0153uvre pour faire face \u00e0 la pand\u00e9mie de coronavirus. Les principaux gouvernements ont engag\u00e9 des dizaines de milliards de dollars de d\u00e9penses publiques, tandis que les banques centrales ont inject\u00e9 des montants records de liquidit\u00e9s dans l&rsquo;\u00e9conomie, gonflant encore davantage leurs bilans d\u00e9j\u00e0 hypertrophi\u00e9s.<\/p>\n<h3><strong>3. Stagnation s\u00e9culaire<\/strong><\/h3>\n<h5><strong>La limite inf\u00e9rieure effective sur les taux a \u00e9t\u00e9, et continuera d\u2019\u00eatre, un gros probl\u00e8me<\/strong><\/h5>\n<p>Avant la crise de 2008, le probl\u00e8me de la limite inf\u00e9rieure effective sur les taux \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9 comme une bizarrerie. Certes, la Banque du Japon avait longtemps maintenu ses taux \u00e0 z\u00e9ro, mais cela avait \u00e9t\u00e9 largement analys\u00e9 comme le reflet de facteurs propres \u00e0 ce pays. Depuis 2008, cependant, nombre de grandes banques centrales ont atteint leurs propres limites inf\u00e9rieures effectives\u00a0; une p\u00e9riode qui s&rsquo;est accompagn\u00e9e de performances macro\u00e9conomiques d\u00e9cevantes\u00a0: les rebonds cycliques connus par les \u00e9conomies avanc\u00e9es se sont av\u00e9r\u00e9s mod\u00e9r\u00e9s et temporaires\u00a0; l&rsquo;inflation sous-jacente est demeur\u00e9e, pendant la plus grande partie de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, inf\u00e9rieure aux objectifs des banques centrales\u00a0; et les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 long terme ont poursuivi leur tendance baissi\u00e8re. Si les politiques mon\u00e9taires extr\u00eamement accommodantes men\u00e9es ont finalement permis de retrouver le chemin d\u2019une croissance m\u00e9diocre, c\u2019est au prix de l\u2019accumulation de vuln\u00e9rabilit\u00e9s financi\u00e8res, d&rsquo;un ralentissement de l&rsquo;ajustement structurel et de d\u00e9cisions d&rsquo;investissement fauss\u00e9es.<\/p>\n<p>Cette situation est-elle susceptible de perdurer\u00a0? La r\u00e9ponse est \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb, sans \u00e9quivoque.<\/p>\n<h5><strong>Pi\u00e9g\u00e9s dans un monde de taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat naturels bas<\/strong><\/h5>\n<p>Le taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat que les banquiers centraux cherchent \u00e0 atteindre est le taux auquel l&rsquo;\u00e9conomie n&rsquo;est ni d\u00e9prim\u00e9e et g\u00e9n\u00e9ratrice de d\u00e9flation, ni en surchauffe et source d\u2019inflation. Il s\u2019agit, en d\u2019autres termes, du \u00ab\u00a0taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat naturel\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. La plupart des estimations sugg\u00e8rent que le taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat naturel dans les pays avanc\u00e9s a diminu\u00e9 pendant la majeure partie des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es. Une tendance baissi\u00e8re \u00e0 laquelle la crise de 2008 a conf\u00e9r\u00e9 une vigueur renouvel\u00e9e. Aujourd\u2019hui, on estime que le taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat naturel a chut\u00e9 \u00e0 moins de 1 % aux \u00c9tats-Unis et \u00e0 moins de 0,5 % en zone euro.<\/p>\n<div id=\"attachment_5623\" style=\"width: 426px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5623\" class=\"size-full wp-image-5623\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/d3.png\" alt=\"\" width=\"416\" height=\"302\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/d3.png 416w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/d3-300x218.png 300w\" sizes=\"(max-width: 416px) 100vw, 416px\" \/><p id=\"caption-attachment-5623\" class=\"wp-caption-text\">Sources\u00a0:\u00a0 Bloomberg, Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale.<\/p><\/div>\n<p>Pour les responsables politiques, les implications d&rsquo;un taux naturel tr\u00e8s bas sont consid\u00e9rables, puisque la politique mon\u00e9taire est accommodante tant que les taux courts r\u00e9els sont inf\u00e9rieurs au taux naturel. Et comme les taux directeurs ne peuvent descendre (significativement) en dessous de z\u00e9ro, des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat naturels ultra bas signifient que les banques centrales ne peuvent abaisser leurs taux aux niveaux qui seraient n\u00e9cessaires pour combattre une r\u00e9cession. Depuis 2008, les banques centrales ont \u00e9t\u00e9 en mesure d\u2019assouplir davantage la politique mon\u00e9taire <em>via<\/em> des m\u00e9thodes non conventionnelles. Mais des politiques mon\u00e9taires ultra-accommodantes pendant une p\u00e9riode inhabituellement longue ouvrent la voie \u00e0 l\u2019accumulation d\u2019exc\u00e8s financiers \u2013 prise de risque disproportionn\u00e9e, endettement excessif, etc.<\/p>\n<h5><strong>Exc\u00e8s d\u2019\u00e9pargne<\/strong><\/h5>\n<p>On consid\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement que l&rsquo;\u00e9volution du taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat naturel est dict\u00e9e par les variations des d\u00e9terminants sous-jacents de l&rsquo;\u00e9pargne et de l\u2019investissement. Ainsi, le fait que le taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat naturel \u2013 et avec lui toute la gamme des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u2013 connaisse un recul tendanciel depuis si longtemps est per\u00e7u comme l\u2019expression d&rsquo;un exc\u00e8s de l&rsquo;\u00e9pargne d\u00e9sir\u00e9e par rapport \u00e0 l&rsquo;investissement souhait\u00e9 et\/ou d\u2019une baisse de la productivit\u00e9 du capital.<\/p>\n<p>Les explications apport\u00e9es \u00e0 la tendance baissi\u00e8re du taux naturel \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire au manque \u00ab\u00a0d&rsquo;app\u00e9tit\u00a0\u00bb pour l&rsquo;investissement par rapport \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;app\u00e9tit\u00a0\u00bb pour l&rsquo;\u00e9pargne \u2013 se divisent en deux grandes cat\u00e9gories\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>La d\u00e9gradation du potentiel de croissance dans les \u00e9conomies avanc\u00e9es \u2013elle-m\u00eame le fruit de toute une s\u00e9rie de facteurs, tels que le tassement de la croissance de la productivit\u00e9 et la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration de la croissance de la population active \u2013 et le recul cons\u00e9cutif de l\u2019app\u00e9tit pour l\u2019investissement.<\/li>\n<li>L&rsquo;atonie de la demande globale et l\u2019augmentation associ\u00e9e de l\u2019app\u00e9tit pour l\u2019\u00e9pargne.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Plusieurs facteurs se sont combin\u00e9s au cours des d\u00e9cennies r\u00e9centes pour augmenter la propension des agents \u00e0 \u00e9pargner\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>La hausse de la part du revenu national capt\u00e9e par les hauts revenus, les m\u00e9nages \u00e0 revenus \u00e9lev\u00e9s ayant une plus grande propension \u00e0 \u00e9pargner que les autres m\u00e9nages.<\/li>\n<li>L\u2019accumulation de r\u00e9serves de change par un certain nombre de banques centrales, principalement en Asie et en Europe.<\/li>\n<li>Un long cycle de d\u00e9sendettement apr\u00e8s 2008 dans une grande partie du monde d\u00e9velopp\u00e9.<\/li>\n<li>L&rsquo;incertitude croissante concernant la dur\u00e9e de la retraite et la disponibilit\u00e9 des prestations,\u00a0qui pousse les soci\u00e9t\u00e9s vieillissantes \u00e0 accumuler de l\u2019\u00e9pargne pour en vivre \u00e0 la retraite.<\/li>\n<\/ul>\n<h5><strong>L&rsquo;hypoth\u00e8se de la stagnation s\u00e9culaire<\/strong><\/h5>\n<p>Au total, tout un ensemble de changements structurels, allant d&rsquo;une d\u00e9mographie d\u00e9favorable \u00e0 l&rsquo;accroissement des in\u00e9galit\u00e9s, ont eu pour effet d\u2019augmenter l&rsquo;app\u00e9tit d&rsquo;\u00e9pargne par rapport \u00e0 l&rsquo;app\u00e9tit d&rsquo;investissements productifs dans les principales \u00e9conomies avanc\u00e9es. Deux cons\u00e9quences en ont d\u00e9coul\u00e9\u00a0: une baisse de la demande globale\u00a0; la chute du taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat naturel \u00e0 des niveaux extr\u00eamement bas. Le bas niveau du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat naturel a, \u00e0 son tour, constitu\u00e9 un obstacle majeur \u00e0 une croissance soutenue en compromettant l\u2019efficacit\u00e9 de la politique mon\u00e9taire. S\u2019il est vrai que l&rsquo;\u00e9conomie mondiale a connu, entre 2017 et 2019, un taux de croissance relativement robuste, cette croissance a repos\u00e9 sur des bases financi\u00e8res fragiles. Le gonflement de la dette et les bulles de prix d\u2019actifs deviennent, \u00e0 l\u2019heure de la stagnation s\u00e9culaire, les fondements de la croissance \u00e9conomique<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>Le message principal de l\u2019hypoth\u00e8se de la stagnation s\u00e9culaire est que les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat vont rester si bas que les banques centrales vont fr\u00e9quemment se trouver dans l&rsquo;incapacit\u00e9 de r\u00e9duire suffisamment leurs taux pour faire face efficacement \u00e0 une nouvelle r\u00e9cession. R\u00e9sultat : des p\u00e9riodes de ralentissement \u00e9conomique plus fr\u00e9quentes, plus profondes et plus longues que les p\u00e9riodes de reprise de l&rsquo;activit\u00e9, tirant la croissance moyenne du PIB vers le bas. Contrainte par la limite inf\u00e9rieure effective sur les taux, l&rsquo;\u00e9conomie ne peut alors s&rsquo;approcher du plein emploi des ressources que si les gouvernements augmentent leurs d\u00e9ficits publics ou si la politique mon\u00e9taire devient fortement expansionniste, encourageant la distribution du cr\u00e9dit et la hausse des prix des actifs, qui deviennent le moteur de la croissance \u00e9conomique. Une \u00e9conomie souffrant de stagnation s\u00e9culaire ne va pas rester en permanence en panne de croissance. Mais les fondements de cette croissance ne sont pas tenables \u00e0 long terme.<\/p>\n<h3><strong>4. Le choc provoqu\u00e9 par la COVID-19 aggrave le probl\u00e8me de l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;\u00e9pargne<\/strong><\/h3>\n<p>Aux facteurs de stagnation s\u00e9culaire d\u00e9crits ci-dessus s&rsquo;est ajout\u00e9 le choc sismique de la pand\u00e9mie de COVID-19.<\/p>\n<h5><strong>Hausse de l\u2019aversion au risque<\/strong><\/h5>\n<p>Avant 2020, peu nombreux \u00e9taient ceux qui envisageaient la possibilit\u00e9 d&rsquo;une pand\u00e9mie mondiale. Les \u00e9v\u00e9nements cr\u00e9ant un risque \u00ab\u00a0extr\u00eame\u00a0\u00bb (c&rsquo;est-\u00e0-dire, des \u00e9v\u00e9nements rares et inattendus ayant un impact consid\u00e9rable, \u00e9galement appel\u00e9s \u00ab\u00a0cygnes noirs\u00a0\u00bb dans le secteur financier) g\u00e9n\u00e8rent g\u00e9n\u00e9ralement de fortes r\u00e9actions comportementales et \u00e9motionnelles, au point de faire vaciller notre ancien syst\u00e8me de croyances. Les pertes consid\u00e9rables que la pand\u00e9mie de COVID-19 infligent \u00e0 de larges pans de la soci\u00e9t\u00e9 ne manqueront pas d\u2019affecter le comportement des individus\u00a0: d\u00e9sormais, les m\u00e9nages et les entreprises vont prendre leurs d\u00e9cisions en gardant \u00e0 l\u2019esprit le risque d&rsquo;une autre pand\u00e9mie ou de toute autre crise impr\u00e9vue. Et cela s&rsquo;ajoutera aux pertes de production \u00e0 court terme li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie de coronavirus.<\/p>\n<p>Comme l&rsquo;ont soulign\u00e9 Kozlowski et al. (2020)\u00a0: \u00ab<em>\u00a0Le co\u00fbt \u00e9conomique le plus important de la pand\u00e9mie de COVID-19 pourrait r\u00e9sulter de changements de comportement qui persistent longtemps apr\u00e8s la r\u00e9solution imm\u00e9diate de la crise sanitaire. Une source potentielle de changement comportemental durable pourrait \u00eatre l\u2019alt\u00e9ration des croyances \u2013 une modification persistante dans la perception de la probabilit\u00e9 d&rsquo;un choc extr\u00eame, n\u00e9gatif \u00e0 l\u2019avenir<\/em>\u00bb<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Le choc provoqu\u00e9 par la COVID-19 risque fort d\u2019alimenter l&rsquo;aversion au risque du secteur priv\u00e9. Les m\u00e9nages pourraient r\u00e9duire certaines d\u00e9penses discr\u00e9tionnaires, afin de disposer d&rsquo;un matelas d&rsquo;\u00e9pargne plus important en cas de crises futures. Et si les m\u00e9nages \u00e9pargnent davantage et consomment moins, cela entra\u00eenera une baisse des investissements des entreprises du fait du recul de leurs d\u00e9bouch\u00e9s. De plus, comme le secteur priv\u00e9 va prendre le risque \u00e9pid\u00e9miologique en compte, certaines activit\u00e9s, certains biens et services et certains processus de production vont \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme plus risqu\u00e9s. D\u2019o\u00f9 une augmentation de la prime de risque requise sur certains investissements en capital physique qui freinera l\u2019investissement. Le recul de la demande adress\u00e9e aux entreprises, conjugu\u00e9 \u00e0 leur d\u00e9sir de se constituer un coussin suppl\u00e9mentaire de tr\u00e9sorerie et \u00e0 un plus grand risque d&rsquo;obsolescence, ne manquera pas de ralentir l&rsquo;accumulation du capital physique.<\/p>\n<h5><strong>Accroissement des in\u00e9galit\u00e9s<\/strong><\/h5>\n<p>Avant la pand\u00e9mie de coronavirus, les in\u00e9galit\u00e9s augmentaient d\u00e9j\u00e0 dans pratiquement tous les pays d\u00e9velopp\u00e9s, bien qu&rsquo;\u00e0 des rythmes diff\u00e9rents. La pand\u00e9mie de COVID-19, qui fait peser un fardeau disproportionn\u00e9 sur les personnes en mauvaise sant\u00e9 et ayant un acc\u00e8s limit\u00e9 aux services de sant\u00e9 et sur les personnes appartenant aux groupes sociaux les plus d\u00e9favoris\u00e9s, qui sont plus susceptibles d&rsquo;occuper des emplois dans des secteurs contraints de fermer durant l\u2019\u00e9pid\u00e9mie et peu propices au travail \u00e0 distance (h\u00f4tellerie, etc.), aggrave les in\u00e9galit\u00e9s existantes. La pand\u00e9mie a interagi avec les clivages ant\u00e9rieurs en termes de niveau d&rsquo;\u00e9ducation, de comp\u00e9tences, de revenus et d&rsquo;\u00e2ge, exacerbant les in\u00e9galit\u00e9s pr\u00e9existantes.<\/p>\n<p>Les grandes \u00e9pid\u00e9mies survenues depuis une centaine d&rsquo;ann\u00e9es ont aggrav\u00e9 les in\u00e9galit\u00e9s de revenus<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. Et ces effets de r\u00e9partition vont \u00eatre in\u00e9vitablement amplifi\u00e9s par le formidable soutien qu\u2019apporte la COVID-19 \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie num\u00e9rique. L&rsquo;un des principaux facteurs de divergence des revenus au cours des d\u00e9cennies r\u00e9centes a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;\u00e9volution des technologies de l&rsquo;information et de la communication. Deux ph\u00e9nom\u00e8nes ont jou\u00e9 :<\/p>\n<ul>\n<li>Le progr\u00e8s technologique a favoris\u00e9 de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e les travailleurs hautement qualifi\u00e9s (\u00ab\u00a0skill-biased technological change\u00a0\u00bb).<\/li>\n<li>La baisse du co\u00fbt du capital induite par les nouvelles technologies a entra\u00een\u00e9 un remplacement croissant de la main-d&rsquo;oeuvre par des machines, qui a p\u00e9nalis\u00e9 pour l\u2019essentiel les travailleurs moyennement qualifi\u00e9s, ceux-ci \u00e9tant plus susceptibles d&rsquo;avoir des emplois routiniers, tr\u00e8s expos\u00e9s \u00e0 l&rsquo;automatisation.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La crise caus\u00e9e par la COVID-19 acc\u00e9l\u00e8re consid\u00e9rablement la num\u00e9risation de l&rsquo;\u00e9conomie. La propagation du coronavirus a incit\u00e9 des millions de personnes \u00e0 travers le monde \u00e0 se tourner vers les plateformes num\u00e9riques en ligne ou \u00e0 les utiliser plus activement. Les achats en ligne, les paiements num\u00e9riques et sans contact, le travail \u00e0 distance, etc. s\u2019inscrivent dans une nouvelle tendance qui contribue \u00e0 r\u00e9duire le risque d&rsquo;infection et \u00e0 modifier nos \u00e9conomies. Les innovations apport\u00e9es par la quatri\u00e8me r\u00e9volution industrielle \u2013 diffusion d&rsquo;Internet, des technologies de la robotique et de l&rsquo;intelligence artificielle, Internet des objets, consommation de donn\u00e9es \u00e0 grande \u00e9chelle \u2013 transforment de nombreux aspects de nos \u00e9conomies, dont la base de production et le nombre et le type d&#8217;emplois cr\u00e9\u00e9s.<\/p>\n<p>Les robots sont vou\u00e9s \u00e0 remplacer les humains, chaque fois que cela sera possible, au d\u00e9triment surtout des travailleurs peu ou moyennement qualifi\u00e9s. L&rsquo;augmentation du stock de capital productif inh\u00e9rente \u00e0 l&rsquo;automatisation va creuser encore davantage le foss\u00e9 des in\u00e9galit\u00e9s, la propri\u00e9t\u00e9 du capital \u00e9tant plus in\u00e9galement r\u00e9partie que les revenus du travail. Une concentration croissante des richesses et des revenus s\u2019ensuivra, qui g\u00e9n\u00e9rera un surcro\u00eet d\u2019\u00e9pargne du fait de la plus grande propension marginale \u00e0 \u00e9pargner au sommet de la pyramide des revenus.<\/p>\n<h3><strong>Conclusion<\/strong><\/h3>\n<p>La pand\u00e9mie de COVID-19 va probablement avoir des cons\u00e9quences \u00e0 long terme sur l&rsquo;\u00e9pargne priv\u00e9e, la demande globale et la croissance \u00e9conomique. En r\u00e9ponse \u00e0 la crise, tant les consommateurs que les entreprises modifient leurs comportements et nombre de ces changements devraient s\u2019inscrire dans la dur\u00e9e. Les populations pourraient devenir plus averses au risque, entra\u00eenant une augmentation de l&rsquo;offre relative d&rsquo;\u00e9pargne (de pr\u00e9caution), tandis que le ralentissement du rythme de croissance sous-jacent rendra les investissements moins attrayants. \u00c0 mesure que les soci\u00e9t\u00e9s deviendront de plus en plus in\u00e9gales, la propension collective \u00e0 consommer diminuera. Ainsi le choc provoqu\u00e9 par la COVID-19 pourrait-il aggraver l\u2019exc\u00e8s d&rsquo;\u00e9pargne priv\u00e9e, renfor\u00e7ant ce faisant les facteurs de stagnation s\u00e9culaire. La stagnation s\u00e9culaire n\u2019est pourtant pas une fatalit\u00e9, la politique budg\u00e9taire pouvant jouer un r\u00f4le accru<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Et si le tant attendu choc de productivit\u00e9 li\u00e9 \u00e0 la transformation num\u00e9rique venait \u00e0 se concr\u00e9tiser, le risque de stagnation s\u00e9culaire dispara\u00eetrait.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Le terme \u00ab\u00a0stagnation s\u00e9culaire\u00a0\u00bb, invent\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es\u00a01930 par Alvin Hansen, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment remis au go\u00fbt du jour par Lawrence Summers. Voir, par exemple, Lawrence Summers (2014), \u00ab\u00a0Perspectives \u00e9conomiques aux \u00c9tats-Unis\u00a0: stagnation s\u00e9culaire, hyst\u00e9r\u00e8se et borne inf\u00e9rieure z\u00e9ro\u00a0\u00bb, Discours d\u2019ouverture de la conf\u00e9rence politique de la NABE, 24\u00a0f\u00e9vrier.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Selon Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, l&rsquo;\u00e9conomie est \u00e0 l&rsquo;aube d&rsquo;une pouss\u00e9e de croissance, associ\u00e9e \u00e0 une productivit\u00e9 en forte hausse en raison de la r\u00e9volution num\u00e9rique. Voir Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee (2014), Le deuxi\u00e8me \u00e2ge de la machine\u00a0: travail, progr\u00e8s et prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque des technologies de pointe, Norton.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Une discussion sur les nombreuses fa\u00e7ons dont la transformation num\u00e9rique peut r\u00e9duire ou accro\u00eetre l&rsquo;efficacit\u00e9 avec laquelle l&rsquo;\u00e9conomie utilise ses intrants d\u00e9passe le cadre de cet article.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Voir Knut Wicksell (1898), Interest and Prices.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Voir Lawrence Summers (2015), \u00ab\u00a0Faibles taux r\u00e9els, stagnation s\u00e9culaire et avenir des politiques de stabilisation\u00a0\u00bb, discours prononc\u00e9 lors du s\u00e9minaire de la Banque du Chili, 20\u00a0novembre.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Voir Kozlowski, Julian, Laura Veldkamp et Venky Venkateswaran (2020), \u00ab\u00a0Cicatrisation du corps et de l&rsquo;esprit\u00a0: les effets \u00e0 long terme de la COVID-19 sur la cicatrisation des croyances\u00a0\u00bb, NBER Working Paper Series, WP n\u00b0\u00a027439, juin.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>\u00a0\u00a0 Voir Furceri, D, P Loungani, J D Ostry et P Pizzuto (2020), \u00ab La pand\u00e9mie de Covid-19 affectera-t-elle les in\u00e9galit\u00e9s ? Le\u00e7ons des pand\u00e9mies pr\u00e9c\u00e9dentes \u00bb, Covid Economics 12 : 138-57.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Voir Olivier Blanchard et Lawrence Summers, \u00e9d., \u00c9volution ou r\u00e9volution\u00a0? Repenser la politique macro\u00e9conomique apr\u00e8s la Grande R\u00e9cession, MIT Press, 2019.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour lire une synth\u00e8se de cet article sur le site de notre partenaire\u00a0Polytechnique Insights La pand\u00e9mie de COVID-19 et les mesures prises pour la contenir ont fait basculer l&rsquo;\u00e9conomie mondiale dans une r\u00e9cession sans \u00e9quivalent \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne. Cet article sugg\u00e8re que le choc caus\u00e9 par la COVID-19 pourrait constituer un point de basculement pour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":278,"featured_media":5627,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[214],"tags":[],"class_list":["post-5620","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-coronavirus","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5620","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/278"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5620"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5620\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5627"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5620"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5620"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5620"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}