{"id":5043,"date":"2021-10-15T07:20:51","date_gmt":"2021-10-15T05:20:51","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=5043"},"modified":"2021-10-15T07:56:12","modified_gmt":"2021-10-15T05:56:12","slug":"pourquoi-encore-trop-peu-deleves-ingenieures","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=5043","title":{"rendered":"Pourquoi encore trop peu d\u2019\u00e9l\u00e8ves-ing\u00e9nieurEs ?"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div><span style=\"color: #0000ff;\"><em>La presse a r\u00e9cemment fait \u00e9cho de violences sexistes et sexuelles d\u00e9nonc\u00e9es par les \u00e9l\u00e8ves de CentraleSupelec dans une \u00e9tude interne diligent\u00e9e par la direction de l\u2019\u00e9cole. Ce sujet qui interpelle l\u2019ensemble de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur fait partie des r\u00e9flexions que chaque \u00e9cole m\u00e8ne pour lutter contre les discriminations et les violences. Dans ce cadre, nous publions \u00e0 nouveau l\u2019article de Samya Aboutajdine \u00ab\u00a0Pourquoi encore trop peu d\u2019\u00e9l\u00e8ves-ing\u00e9nieures ?\u00a0\u00bb qui explore et questionne les raisons du malaise ressenti par nombre de jeunes filles \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019int\u00e9grer une \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieur.e.s, environnement qu\u2019elles anticipent parfois comme peu accueillant.\u00a0<\/em><\/span><\/div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<hr \/>\n<p>Progression en demi-teinte pour la situation des filles en \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieur.e.s\u00a0: c\u2019est le constat fait lors de la r\u00e9cente conf\u00e9rence donn\u00e9e par Coline Briquet \u00e0 l\u2019ENSAE. Invit\u00e9e par les associations Agora et Fem\u2019ENSAE, Coline Briquet est Adjointe \u00e0 la Directrice des \u00e9tudes et r\u00e9f\u00e9rente \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 femmes-hommes de l\u2019I\u00c9SEG School of Management. Elle poursuit des travaux de recherche sur ce sujet et a publi\u00e9, en 2019, une \u00e9tude<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> titr\u00e9e \u00ab De la banalisation de la violence de genre en \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieur.e.s \u00bb, parue dans \u00ab Les Cahiers du Genre \u00bb, revue affili\u00e9e au CNRS. Les ing\u00e9nieur.e.s en devenir de l\u2019ENSAE ont r\u00e9pondu pr\u00e9sent \u00e0 cet appel \u00e0 d\u00e9battre : sur les bancs de l\u2019ENSAE, comme dans nombre d\u2019\u00e9coles, les \u00e9l\u00e8ves sont nombreux \u00e0 se questionner sur les in\u00e9galit\u00e9s de genre.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu de la conf\u00e9rence \u00e9tait de cerner les discriminations dont les filles font l\u2019objet en \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieur.e.s. L\u2019occasion d\u2019informer sur un probl\u00e8me bien connu, reconnu, mais encore sujet \u00e0 approximations. Les id\u00e9es re\u00e7ues, vraies ou fausses, ont d\u00e9fil\u00e9 pendant la conf\u00e9rence\u00a0: les filles sont-elles moins \u00e9panouies en \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieur.e.s\u00a0? Le sexisme est-il plus fr\u00e9quent dans les \u00e9coles comptant moins de 30 % de filles\u00a0? Les filles sont-elles surexpos\u00e9es \u00e0 des violences physiques et sexuelles sur les campus\u00a0?&#8230;<\/p>\n<p>La litt\u00e9rature sociologique abonde en travaux sondant les d\u00e9s\u00e9quilibres d&rsquo;orientation dans les formations scientifiques et technologiques : Baudelot et Establet (<em>Allez les filles<\/em>, 1992), Duru-Bellat (<em>L&rsquo;\u00e9cole des filles : quelle formation pour quels r\u00f4les sociaux ?<\/em>, 2004), Stevanovic (<em>L&rsquo;insertion professionnelle des dipl\u00f4m\u00e9s de l&rsquo;EPF \u00c9cole d&rsquo;Ing\u00e9nieurs : l&rsquo;insertion au f\u00e9minin et au masculin<\/em>, 2012) ou Vouillot (<em>L&rsquo;orientation aux prises avec le genre<\/em>, 2007).<\/p>\n<p>Dans son \u00e9tude, Coline Briquet a choisi de braquer ses projecteurs sur l&rsquo;exp\u00e9rience des filles en \u00e9coles d&rsquo;ing\u00e9nieur.e.s. Sensibilis\u00e9e aux violences sexistes quand elle occupait des fonctions p\u00e9dagogiques \u00e0 l\u2019Ecole polytechnique et \u00e0 l\u2019\u00e9cole Centrale, elle souhaitait \u00e9tablir une mesure la plus pr\u00e9cise possible de ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Faute d&rsquo;\u00e9tudes r\u00e9centes documentant les violences de genre au sein des formations d\u2019ing\u00e9nieur.e.s, le cadre th\u00e9orique de l\u2019\u00e9tude s\u2019est \u00e9tabli sur la base de travaux portant sur les milieux professionnels \u00e0 faible mixit\u00e9. Les travaux de Cromer et Lemaire (2007) pointent ainsi une pr\u00e9valence de l&rsquo;humour sexiste ou grivois dans certains environnements de travail \u00e0 faible proportion f\u00e9minine, qui, certes, se veut favoriser l\u2019entente dans le groupe, mais soude essentiellement les hommes autour de la masculinit\u00e9 et laisse peu de place \u00e0 l\u2019int\u00e9gration f\u00e9minine. Chez Tougas et al. (1995), on rel\u00e8ve le concept de \u00ab\u00a0<em>n\u00e9o-sexisme<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0: \u00e0 l&rsquo;heure d&rsquo;un universalisme tr\u00e8s largement soutenu, le d\u00e9nigrement des femmes s&rsquo;incarnerait par <em>\u00ab\u00a0des vestiges de croyances et de sentiments n\u00e9gatifs envers les femmes\u00bb<\/em> en lieu et place du sexisme traditionnel.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire est identique en \u00e9coles d&rsquo;ing\u00e9nieur.e.s, comme le r\u00e9v\u00e8lent les r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude de Coline Briquet. Celle-ci, co-lanc\u00e9e en 2016 avec l&rsquo;association Femmes Ing\u00e9nieures, couvre 90 \u00e9coles d&rsquo;ing\u00e9nieur.e.s parmi les 206 r\u00e9pertori\u00e9es \u00e0 cette date. Les \u00e9tudiant.e.s ou r\u00e9cent.e.s dipl\u00f4m\u00e9.e.s r\u00e9pondaient en ligne et sur la base du volontariat \u00e0 un questionnaire diffus\u00e9 via les associations \u00e9tudiantes de leurs \u00e9coles et le r\u00e9seau Femmes Ing\u00e9nieures. 1 534 \u00e9tudiant.e.s r\u00e9pondirent au questionnaire, 920 filles et 634 gar\u00e7ons. Les r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude ainsi men\u00e9e mettent en garde contre les biais induits par une telle m\u00e9thode d&rsquo;enqu\u00eate, qui ont cependant \u00e9t\u00e9 minimis\u00e9s en pr\u00e9sentant aux interview\u00e9.e.s l&rsquo;enqu\u00eate comme une exploration g\u00e9n\u00e9rale sur les conditions d&rsquo;\u00e9tudes des filles en \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieur.e.s afin d\u2019\u00e9largir les motivations \u00e0 r\u00e9pondre. Pour que les \u00e9tudiant.e.s puissent s&rsquo;exprimer et t\u00e9moigner en toute libert\u00e9, leur anonymat \u00e9tait pr\u00e9serv\u00e9 par le recueil des seules donn\u00e9es de sexe, d&rsquo;\u00e9tablissement et de r\u00e9gion de r\u00e9sidence. C&rsquo;est par la longueur du questionnaire (110 questions pour les gar\u00e7ons et 150 pour les filles) et par leur formulation que les r\u00e9ponses fallacieuses pouvaient \u00eatre identifi\u00e9es. Autre point m\u00e9thodologique qu&rsquo;il convient de relever : conform\u00e9ment \u00e0 la m\u00e9thode utilis\u00e9e par l&rsquo;INED en 2016 dans son enqu\u00eate \u00ab\u00a0Viols et agressions sexuelles en France\u00a0\u00bb, les termes \u00ab harc\u00e8lement \u00bb, \u00ab agression \u00bb et \u00ab viol \u00bb n&rsquo;\u00e9taient pas utilis\u00e9s dans les questions permettant de recenser la part de filles ayant subi des violences sexistes ou sexuelles, en pr\u00e9vention des confusions portant parfois sur ces notions. Ces cat\u00e9gories juridiques \u00e9taient \u00e9voqu\u00e9es dans les questions par la seule r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des faits s&rsquo;y rapportant. Avec cette m\u00e9thodologie, l\u2019enqu\u00eate r\u00e9v\u00e8le que pr\u00e8s de 10 % des r\u00e9pondantes ont \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de violences sexuelles lors de leurs \u00e9tudes (contre 1,38 % \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale selon l\u2019INED).<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats de Coline Briquet nous apprennent que\u00a0le sexisme dans les \u00e9coles d&rsquo;ing\u00e9nieur.e.s n&rsquo;est plus \u00e0 chercher dans les d\u00e9clarations des \u00e9tudiant.e.s \u00e9voquant une \u00ab\u00a0inf\u00e9riorit\u00e9\u00a0\u00bb des femmes, de m\u00eame que le sexisme traditionnel a laiss\u00e9 place dans le cadre professionnel \u00e0 un n\u00e9o-sexisme plus diffus. En grande majorit\u00e9, les gar\u00e7ons interrog\u00e9s valident sans ambigu\u00eft\u00e9 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 hommes-femmes et la l\u00e9gitimit\u00e9 de leurs camarades f\u00e9minines en tant que futures ing\u00e9nieures. Mais dans le m\u00eame temps, les t\u00e9moignages d\u2019\u00e9tudiant.e.s trahissent dans l\u2019enqu\u00eate la <em>\u00ab\u00a0sur-sexualisation\u00a0\u00bb<\/em> des femmes dans la vie \u00e9tudiante : sont en cause notamment des classements des filles selon leur physique, la promotion d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements sur la base d&rsquo;une image de la femme jug\u00e9e d\u00e9gradante selon les propres mots des \u00e9tudiant.e.s, ou l&rsquo;\u00e9talage de la vie intime des filles. Le sexisme est donc souvent int\u00e9gr\u00e9 aux traditions des \u00e9coles d&rsquo;ing\u00e9nieur.e.s, avec pour effet pervers selon l\u2019\u00e9tude de d\u00e9sinciter les \u00e9tudiant.e.s \u00e0 \u00e9lever la voix : d\u00e9noncer les normes sexistes reviendrait \u00e0 g\u00e2cher l&rsquo;ambiance et vaudrait l&rsquo;\u00e9tiquette de trouble-f\u00eate.<\/p>\n<p>Pour des \u00e9tudiant.e.s naturellement tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9.e.s par leur int\u00e9gration, le choix est parfois vite fait entre relever ces situations ou s&rsquo;en accommoder au mieux. Au sujet des classements des filles en fonction de leur physique, une jeune fille interrog\u00e9e fait l&rsquo;analyse suivante : \u00ab <em>\u00c7a m&rsquo;a beaucoup d\u00e9rang\u00e9e mais je n&rsquo;ai pas os\u00e9 trop agir, \u00e7a arrive \u00e0 un moment o\u00f9 nous sommes cens\u00e9es nous int\u00e9grer \u00e0 la promo, moi je ne connaissais personne, je ne me voyais pas me faire remarquer en remettant en cause quelque chose que tout le monde avait l&rsquo;air de trouver normal et hyper marrant<\/em> \u00bb. L\u2019\u00e9tude de Coline Briquet met en \u00e9vidence une prise de conscience survenant parfois plus tard, alors que les dipl\u00f4m\u00e9.e.s prennent leur marque dans le monde du travail, et que devient possible une forme de recul par rapport \u00e0 la bulle \u00e9cole\u00a0: \u00ab\u00a0<em>J\u2019aurais aim\u00e9 \u00eatre plus sensibilis\u00e9e \u00e0 cette question \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et\u00a0 surtout\u00a0 j\u2019aurais\u00a0 aim\u00e9\u00a0 qu\u2019on\u00a0 soit\u00a0 nombreux\u00a0 et\u00a0 nombreuses\u00a0 \u00e0 avoir une prise de conscience et \u00e0 lutter contre le sexisme\u00a0<\/em>\u00bb, \u00ab\u00a0<em>J\u2019aimerais bien pouvoir dire que je n\u2019ai pas particip\u00e9 \u00e0 l\u2019ambiance sexiste\u00a0<\/em>\u00bb, lit-on dans l\u2019espace commentaires de l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>Si l\u2019on en croit la corr\u00e9lation inverse tr\u00e8s prononc\u00e9e entre l\u2019\u00e9tendue des discriminations et le pourcentage de filles dans l\u2019\u00e9cole mise en \u00e9vidence dans l\u2019\u00e9tude, il apparait n\u00e9cessaire selon Coline Briquet d\u2019assurer au plus vite, si ce n\u2019est la parit\u00e9, un niveau seuil d\u2019effectif f\u00e9minin pour pr\u00e9venir les discriminations en \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieur.e.s.<\/p>\n<p>Mais comment encourager l\u2019entr\u00e9e des filles en \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieur.e.s\u00a0? La proportion des \u00e9l\u00e8ves-ing\u00e9nieures s\u2019est am\u00e9lior\u00e9e, de 15 % en 1985 \u00e0 28 % en moyenne aujourd\u2019hui, et elles sont 98% de r\u00e9pondantes pr\u00eates \u00e0 recommander les \u00e9tudes d\u2019ing\u00e9nierie \u00e0 des lyc\u00e9ennes\u00a0dans l\u2019enqu\u00eate de Coline Briquet. Mais cette tendance haussi\u00e8re s\u2019aplanit, et un long chemin reste \u00e0 faire avant la parit\u00e9. Doit-on instaurer des quotas pour changer durablement la tendance\u00a0? Depuis 2019, le gouvernement a bien mis en place une mesure de discrimination positive en imposant un taux minimal de b\u00e9n\u00e9ficiaires f\u00e9minines de bourse au lyc\u00e9e. Mais dans le cas pr\u00e9cis des \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieur.e.s, comme en leur temps l\u2019avaient d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 Baudelot et Establet, le probl\u00e8me n\u2019est pas que les filles r\u00e9ussissent moins dans les \u00e9tudes secondaires, au contraire, mais bien qu\u2019elles envisagent moins souvent d\u2019entrer en classes pr\u00e9paratoires pour faire des \u00e9tudes d\u2019ing\u00e9nierie. Par ailleurs, comme toute discrimination positive, il est toujours \u00e0 craindre des effets retour venant des populations qui peuvent imaginer en p\u00e2tir, ce qui dans le cas \u00e9tudi\u00e9 pourraient renforcer des attitudes sexistes. Parall\u00e8lement \u00e0 ces actions gouvernementales, aujourd\u2019hui encore sans grand effet, des actions de promotions s\u2019organisent, port\u00e9es par diff\u00e9rents r\u00e9seaux de femmes ing\u00e9nieures qui t\u00e9moignent de l\u2019int\u00e9r\u00eat de leur m\u00e9tier\u00a0: Femmes Ing\u00e9nieurs, Elles bougent, Femmes et Sciences, autant d\u2019initiatives qui permettent de faire germer l\u2019envie d\u2019\u00eatre ing\u00e9nieure, au-del\u00e0 des repr\u00e9sentations fig\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour Coline Briquet cette sensibilisation doit devenir plus syst\u00e9matique et \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la formation des \u00e9tudiant.e.s. Plus que t\u00e9moigner de l\u2019int\u00e9r\u00eat du m\u00e9tier d\u2019ing\u00e9nieur.e.s, il faut aussi travailler selon elle sur les d\u00e9rives sexistes constat\u00e9es dans ces \u00e9coles, qui en font un environnement peu accueillant pour les filles. En 2017, \u00e0 la date de la derni\u00e8re cartographie des initiatives de lutte contre les violences sexistes et sexuelles r\u00e9alis\u00e9e par le Minist\u00e8re de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur, moins de dix \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieur.e.s avaient mis en \u0153uvre un dispositif de pr\u00e9vention des violences sexistes et sexuelles. N\u00e9anmoins, en ne rendant pas obligatoire ces ateliers de pr\u00e9vention dispens\u00e9s aujourd\u2019hui aux \u00e9tudiant.e.s, Coline Briquet souligne que l\u2019on risque de limiter leurs actions aux seul.e.s d\u00e9j\u00e0 convaincu.e.s. Enfin, une fois leurs \u00e9tudes termin\u00e9es, les ing\u00e9nieures int\u00e9gr\u00e9es au monde du travail, il revient aux entreprises de renvoyer l\u2019image d\u2019un environnement professionnel ouvert et accueillant de mani\u00e8re volontariste. Car elles ne sont que 21% de femmes \u00e0 exercer le m\u00e9tier d\u2019ing\u00e9nieure d\u2019apr\u00e8s la derni\u00e8re enqu\u00eate de l\u2019IESF<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>\u00a0 (Soci\u00e9t\u00e9 des Ing\u00e9nieurs et Scientifiques de France).<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas outre-Atlantique que la France pourrait chercher un mod\u00e8le\u00a0: on d\u00e9plore une proportion de 21.3 % de femmes dans la promotion 2017 de dipl\u00f4m\u00e9.e.s d\u2019un Bachelor en ing\u00e9nierie aux Etats-Unis (Engineering by the Numbers, Yoder, 2017). Dans l\u2019observation des pays tiers, il y a n\u00e9anmoins des analogies \u00e0 faire : selon une \u00e9tude<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> du Harvard Business Review men\u00e9e en 2017, une des raisons de la faible pr\u00e9sence des femmes en \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieur.e.s aux Etats-Unis est le caract\u00e8re collaboratif du m\u00e9tier. La diff\u00e9rence de traitement re\u00e7u par les \u00e9l\u00e8ves-ing\u00e9nieures dans des groupes de travail \u00e0 majorit\u00e9 masculine, accentue un sentiment de mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart.<\/p>\n<p>On en revient ainsi \u00e0 un m\u00eame point, ce m\u00e9canisme faisant que moins il y a de femmes dans un milieu acad\u00e9mique ou professionnel, plus elles sont expos\u00e9es \u00e0 des discriminations, et plus cela agit sur l\u2019inconscient des jeunes filles, faisant par cons\u00e9quent barri\u00e8re \u00e0 leur entr\u00e9e.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-cahiers-du-genre-2019-1-page-109.htm\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-cahiers-du-genre-2019-1-page-109.htm<\/a><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.iesf.fr\/offres\/doc_inline_src\/752\/IESF-ENQUETE2019-Resume.pdf\">https:\/\/www.iesf.fr\/offres\/doc_inline_src\/752\/IESF-ENQUETE2019-Resume.pdf<\/a><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/hbr.org\/2016\/08\/why-do-so-many-women-who-study-engineering-leave-the-field\">https:\/\/hbr.org\/2016\/08\/why-do-so-many-women-who-study-engineering-leave-the-field<\/a><\/span><\/span><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La presse a r\u00e9cemment fait \u00e9cho de violences sexistes et sexuelles d\u00e9nonc\u00e9es par les \u00e9l\u00e8ves de CentraleSupelec dans une \u00e9tude interne diligent\u00e9e par la direction de l\u2019\u00e9cole. Ce sujet qui interpelle l\u2019ensemble de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur fait partie des r\u00e9flexions que chaque \u00e9cole m\u00e8ne pour lutter contre les discriminations et les violences. 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