{"id":5015,"date":"2020-05-04T08:00:14","date_gmt":"2020-05-04T06:00:14","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=5015"},"modified":"2020-05-11T08:28:08","modified_gmt":"2020-05-11T06:28:08","slug":"maitriser-les-chiffres-pour-ne-pas-ceder-a-la-panique-economique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=5015","title":{"rendered":"Ma\u00eetriser les chiffres pour ne pas c\u00e9der \u00e0 la panique \u00e9conomique"},"content":{"rendered":"<p>[et_pb_section transparent_background=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb allow_player_pause=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb inner_shadow=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb custom_padding=\u00a0\u00bb37.9063px|0px|0px|0px\u00a0\u00bb make_fullwidth=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb use_custom_width=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb width_unit=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb custom_width_px=\u00a0\u00bb1080px\u00a0\u00bb custom_width_percent=\u00a0\u00bb80%\u00a0\u00bb make_equal=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb use_custom_gutter=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb fullwidth=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb specialty=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb admin_label=\u00a0\u00bbsection\u00a0\u00bb disabled=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb][et_pb_row make_fullwidth=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb use_custom_width=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb width_unit=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb custom_width_px=\u00a0\u00bb1080px\u00a0\u00bb custom_width_percent=\u00a0\u00bb80%\u00a0\u00bb use_custom_gutter=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb gutter_width=\u00a0\u00bb3&Prime; custom_padding=\u00a0\u00bb18.9531px|0px|0px|0px\u00a0\u00bb allow_player_pause=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb make_equal=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_1=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_1=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb parallax_2=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_2=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb parallax_3=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_3=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb parallax_4=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_4=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb admin_label=\u00a0\u00bbrow\u00a0\u00bb disabled=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb][et_pb_column type=\u00a0\u00bb4_4&Prime; disabled=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb][et_pb_text background_layout=\u00a0\u00bblight\u00a0\u00bb text_orientation=\u00a0\u00bbleft\u00a0\u00bb admin_label=\u00a0\u00bbTexte\u00a0\u00bb use_border_color=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb border_style=\u00a0\u00bbsolid\u00a0\u00bb disabled=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb]<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Avertissement\u00a0: cette tribune a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e le 21 avril, soit neuf jours avant la publication par l\u2019Insee, le 30 avril, d\u2019un chiffre plus solide pour le premier trimestre. Ce chiffre est de -5,8 %. Dans les paragraphes ci-dessous, je me suis bas\u00e9 sur le -6 % pr\u00e9vu par la Banque de France. La diff\u00e9rence entre les deux n\u2019est pas significative dans le contexte des calculs ci-dessous.<\/em><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p>La p\u00e9riode que nous vivons est terrible et je pense \u00e0 tous ceux qui en souffrent dans leur chair et leur esprit. Elle est aussi si stup\u00e9fiante qu\u2019elle est propice aux \u00e9lucubrations de disciples de \u00ab\u00a0Philippulus\u00a0\u00bb. Les \u00ab\u00a0fake news\u00a0\u00bb et les th\u00e9ories du complot se multiplient sur les r\u00e9seaux (a)sociaux. Aujourd\u2019hui, on est \u00e0 un stade de la crise o\u00f9 ces errements sont en train de se d\u00e9placer du terrain sanitaire au terrain \u00e9conomique. \u00c0 entendre certains, les gouvernements nous cachent qu\u2019on va \u00eatre confront\u00e9s \u00e0 une crise plus importante que la crise de 1929. Or, rappelons-nous comment cette derni\u00e8re s\u2019est termin\u00e9e\u00a0: par une guerre mondiale\u00a0! Bient\u00f4t ces proph\u00e8tes de malheur vont terroriser le bon peuple en nous pr\u00e9disant la m\u00eame fin.<\/p>\n<p>Or, les comparaisons historiques ont leurs limites. Il y a deux diff\u00e9rences essentielles entre la crise de 29 et celle d\u2019aujourd\u2019hui. La premi\u00e8re est que la crise actuelle ne provient pas de l\u2019\u00e9conomie mais de la r\u00e9ponse technique \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie sous la forme de l\u2019imposition brutale d\u2019un arr\u00eat de l\u2019activit\u00e9. Ce n\u2019est pas une mesure \u00e9conomique. C\u2019est une mesure sanitaire dont l\u2019effet sur l\u2019\u00e9conomie est massif et imm\u00e9diat. Il faut bien comprendre que l\u2019interruption de cette mesure sanitaire, si elle pouvait avoir sur l\u2019activit\u00e9 l\u2019effet inverse qu\u2019a eu sa mise en place, induirait une reprise tout aussi massive et imm\u00e9diate. C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui s\u2019est pass\u00e9 en 1968. Apparemment, ce retour sera plus progressif, mais il se fera, m\u00eame si certains s\u2019inqui\u00e8tent, \u00e0 plus long terme, de la perte d\u00e9finitive de certaines capacit\u00e9s de production. La seconde raison est que les gouvernements d\u2019aujourd\u2019hui ne sont pas ceux des ann\u00e9es 30. Les le\u00e7ons de Keynes ont bien \u00e9t\u00e9 assimil\u00e9es et on est loin du laisser-faire de l\u2019\u00e9poque. En France, l\u2019Etat va injecter 150 Mds\u20ac, soit 6 % du PIB. On parle d\u2019un plan de relance de 550 Mds\u20ac au niveau europ\u00e9en. Aux Etats-Unis, le gouvernement a annonc\u00e9 un plan de 2200 Mds$\u00a0! La BCE et La FED sont ainsi en train d\u2019inonder nos \u00e9conomies de centaines de milliards, dont on ne sait pas comment on va les rembourser plus tard<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, mais qui, pour le moment, constituent un contre-feu massif. Il ne faut pas parler d\u2019argent \u00ab\u00a0h\u00e9licopt\u00e8re\u00a0\u00bb mais d\u2019argent \u00ab\u00a0Canadair\u00a0\u00bb\u00a0!<\/p>\n<p>Dans ce contexte, il est essentiel de raison garder pour ne pas accentuer la r\u00e9cession macro-\u00e9conomique par une d\u00e9pression macro-psychologique. C\u2019est l\u2019objet, de la part d\u2019un ancien comptable national, de cette tribune consacr\u00e9e \u00e0 une interpr\u00e9tation raisonn\u00e9e de nos chiffres.<\/p>\n<h3><strong>Ne pas tomber dans des pronostics farfelus<\/strong><\/h3>\n<p>La Banque de France vient de publier son estimation du PIB du premier trimestre (T1)\u00a0: -6 %. Ce chiffre est facilement reconstituable. En effet, la seule information \u00e0 peu pr\u00e8s solide au moment o\u00f9 j\u2019\u00e9cris cette tribune est celle que l\u2019Insee, jouant parfaitement son r\u00f4le, a faite (et confirm\u00e9e r\u00e9cemment) sur l\u2019impact du confinement sur le niveau du PIB : &#8211;\u00a035 %. En consid\u00e9rant que le PIB \u00ab\u00a0normal\u00a0\u00bb d\u2019une semaine donn\u00e9e est \u00e9gal \u00e0 100, l\u2019Insee estime que celui d\u2019une semaine de confinement est \u00e9gal \u00e0 65. Cela donne donc (en consid\u00e9rant qu\u2019il y a 4 semaines dans un mois), les r\u00e9sultats suivants pour janvier, f\u00e9vrier puis mars\u00a0: 100\u00a0; 100\u00a0; 82,5. En effet, il n\u2019y a pas de confinement en janvier et f\u00e9vrier ni pendant les deux premi\u00e8res semaines de mars mais il y a confinement pendant les deux derni\u00e8res semaines de mars. Au total, la moyenne trimestrielle du T1 est \u00e9gale \u00e0 94,2, soit \u00e0 peu pr\u00e8s -6 %, chiffre compatible avec celui de la Banque de France. On verra ce que publie l\u2019Insee en fin de mois, si mes valeureux coll\u00e8gues parviennent \u00e0 calculer un compte trimestriel dans les conditions actuelles.<\/p>\n<p>On peut extrapoler ce calcul au T2. La suite pour avril, mai, juin serait alors\u00a0: 65\u00a0; 72,5\u00a0; 90. Avril est en effet enti\u00e8rement en confinement, donc \u00e9gal \u00e0 65. Les deux premi\u00e8res semaines de mai le sont \u00e9galement. En revanche, on peut pr\u00e9voir une reprise d\u00e8s l\u2019arr\u00eat du confinement. Pour le mois de mai, on pourrait donc avoir les nombres suivants pour les quatre semaines\u00a0du mois : 65\u00a0; 65\u00a0; 75\u00a0; 85. C\u2019est-\u00e0-dire une reprise nette mais encore situ\u00e9e en dessous du niveau normal \u00e0 la fin du mois. Ceci donne pour le mois de mai le 72,5 figurant ci-dessus. En consid\u00e9rant que la reprise continue mais en restant jusqu\u2019au 1<sup>er<\/sup> octobre \u00e0 un niveau de 90 car le tourisme et les restaurants, etc\u2026 ne reprennent pas encore, on obtient le niveau de 90 pour juin. Au total, le T2 se situe \u00e0 75,8, soit une baisse tout \u00e0 fait in\u00e9dite de &#8211;\u00a019,5 %\u00a0! C\u2019est du jamais vu en termes de comptes trimestriels.<\/p>\n<p>On peut ainsi continuer le calcul jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. Comme j\u2019ai fait l\u2019hypoth\u00e8se prudente que le PIB retrouvait son niveau normal au 1<sup>er<\/sup> octobre. Ceci donne pour juillet, ao\u00fbt, septembre la suite\u00a0: 90\u00a0; 90\u00a0; 90. Soit en moyenne trimestrielle\u00a0: 90, c\u2019est-\u00e0-dire une croissance de +18,7 % par rapport au second trimestre. Enfin, les derniers mois et, donc, le T4, se situent \u00e0 100, soit une croissance de +11,1 % pour le T4. Le graphique ci-dessous illustre cette estimation\u00a0:<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5016 size-full\" src=\"wp-content\/uploads\/2020\/04\/Graphique-retouch\u00e9-v2.jpg\" alt=\"\" width=\"889\" height=\"647\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Graphique-retouch\u00e9-v2.jpg 889w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Graphique-retouch\u00e9-v2-300x218.jpg 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Graphique-retouch\u00e9-v2-600x437.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 889px) 100vw, 889px\" \/><\/p>\n<p>La courbe en bleu donne le niveau du PIB mensuel. La courbe en orange donne le niveau trimestriel qui correspond \u00e0 la moyenne des niveaux mensuels. On retrouve, sur cette courbe orange, la suite\u00a0des croissances trimestrielles donn\u00e9es plus haut :\u00a0-6 %, -19,5 %, +18,7 %, +11,1 %. Avec ce profil infra-annuel, on obtient une moyenne annuelle de 90,0, soit une baisse de 10 % par rapport \u00e0 2019. Cette estimation de coin de table est un peu moins optimiste que celle sur laquelle le gouvernement et la Banque de France misent \u00e0 l\u2019heure actuelle. Tous deux ont en effet annonc\u00e9 une pr\u00e9vision de PIB de -8 % en moyenne annuelle.<\/p>\n<p>J\u2019ai vu pourtant circuler des pr\u00e9visions apocalyptiques qui annoncent qu\u2019on nous cache une baisse annuelle du PIB de 20 %\u00a0pour 2020 ! Une telle affirmation est d\u2019un pessimisme absurde. Elle implique qu\u2019en fin d\u2019ann\u00e9e nous serions encore \u00e0 un niveau de 80 par rapport \u00e0 un niveau de PIB de 100, c\u2019est-\u00e0-dire 20\u00a0% en dessous d\u2019une activit\u00e9 normale\u00a0! Ce sc\u00e9nario est illustr\u00e9 par la courbe en gris. Cela correspondrait \u00e0 un sc\u00e9nario tr\u00e8s noir, par exemple de deuxi\u00e8me vague massive. L\u2019encadr\u00e9 ci-dessous met aussi en \u00e9vidence le mauvais pronostic qui pourrait \u00eatre fait pour l\u2019ann\u00e9e par l\u2019habitude discutable de nos coll\u00e8gues am\u00e9ricains de donner des chiffres trimestriels en \u00ab\u00a0rythme annuel\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[\/et_pb_text][\/et_pb_column][\/et_pb_row][et_pb_row make_fullwidth=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb use_custom_width=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb width_unit=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb custom_width_px=\u00a0\u00bb1080px\u00a0\u00bb custom_width_percent=\u00a0\u00bb80%\u00a0\u00bb use_custom_gutter=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb gutter_width=\u00a0\u00bb3&Prime; custom_padding=\u00a0\u00bb0px|0px|18.9531px|0px\u00a0\u00bb allow_player_pause=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb make_equal=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_1=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_1=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb parallax_2=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_2=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb parallax_3=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_3=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb parallax_4=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_4=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb disabled=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb][et_pb_column type=\u00a0\u00bb4_4&Prime; disabled=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb][et_pb_blurb url_new_window=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb use_icon=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb icon_color=\u00a0\u00bb#00a8ff\u00a0\u00bb use_circle=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb circle_color=\u00a0\u00bb#00a8ff\u00a0\u00bb use_circle_border=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb circle_border_color=\u00a0\u00bb#00a8ff\u00a0\u00bb icon_placement=\u00a0\u00bbtop\u00a0\u00bb animation=\u00a0\u00bbtop\u00a0\u00bb background_layout=\u00a0\u00bblight\u00a0\u00bb text_orientation=\u00a0\u00bbcenter\u00a0\u00bb use_icon_font_size=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb icon_font_size=\u00a0\u00bb96px\u00a0\u00bb background_color=\u00a0\u00bb#ededed\u00a0\u00bb use_border_color=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb border_color=\u00a0\u00bb#ffffff\u00a0\u00bb border_width=\u00a0\u00bb1px\u00a0\u00bb border_style=\u00a0\u00bbsolid\u00a0\u00bb disabled=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb]<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Rythme annuel\u00a0: une pr\u00e9sentation inappropri\u00e9e dans le contexte actuel.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le BEA (Insee am\u00e9ricain) a l\u2019habitude de pr\u00e9senter la croissance trimestrielle en \u00ab\u00a0rythme annualis\u00e9\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire en la portant \u00e0 la puissance 4. Ceci a l\u2019avantage de pr\u00e9senter les chiffres trimestriels dans un format compatible avec le chiffre annuel. Cependant, cette pr\u00e9sentation repose sur l\u2019hypoth\u00e8se que la croissance trimestrielle va se poursuivre au m\u00eame rythme pendant les trois trimestres suivants. Si on adoptait cette pr\u00e9sentation pour l\u2019estimation que je fais plus haut du deuxi\u00e8me trimestre en France, on aboutirait au chiffre effrayant de \u2013 58 %\u00a0! Ce serait aberrant\u00a0!\u00a0 Car, comme expliqu\u00e9 plus haut, les trimestres suivants ne ressembleront pas du tout au deuxi\u00e8me trimestre. L\u2019Insee n\u2019utilise pas, \u00e0 juste titre, cette pr\u00e9sentation. Il utilise une pr\u00e9sentation en \u00ab\u00a0acquis\u00a0\u00bb. Mais, compte tenu de l\u2019exceptionnalit\u00e9 de la p\u00e9riode, il a m\u00eame renonc\u00e9 \u00e0 cette pr\u00e9sentation. Esp\u00e9rons que le BEA, s\u2019il ne renonce pas \u00e0 cette pr\u00e9sentation trompeuse, publiera au moins un avertissement en diffusant le chiffre du deuxi\u00e8me trimestre qui va \u00eatre \u00e9videmment, comme en France, catastrophique.<\/em><\/p>\n<p>[\/et_pb_blurb][\/et_pb_column][\/et_pb_row][et_pb_row make_fullwidth=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb use_custom_width=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb width_unit=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb custom_width_px=\u00a0\u00bb1080px\u00a0\u00bb custom_width_percent=\u00a0\u00bb80%\u00a0\u00bb use_custom_gutter=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb gutter_width=\u00a0\u00bb3&Prime; allow_player_pause=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb make_equal=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_1=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_1=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb parallax_2=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_2=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb parallax_3=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_3=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb parallax_4=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method_4=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb disabled=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb][et_pb_column type=\u00a0\u00bb4_4&Prime; disabled=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb parallax_method=\u00a0\u00bbon\u00a0\u00bb][et_pb_text background_layout=\u00a0\u00bblight\u00a0\u00bb text_orientation=\u00a0\u00bbleft\u00a0\u00bb use_border_color=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb border_style=\u00a0\u00bbsolid\u00a0\u00bb disabled=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb]<\/p>\n<p>Suis-je pour autant trop optimiste\u00a0? La chute de la courbe en bleu est totalement li\u00e9e au confinement. En d\u2019autres termes, ce n\u2019est pas une chute \u00e9conomique, c\u2019est une chute drastique due \u00e0 l\u2019obligation de ne pas travailler\u00a0! Il n\u2019y a pas de raison de ne pas inverser ce raisonnement quand le confinement s\u2019arr\u00eatera. Bien s\u00fbr, le retour \u00e0 la normale ne se fera pas tout de suite. Dans mon sc\u00e9nario, on reviendrait \u00e0 un niveau normal au 1<sup>er<\/sup> octobre. L\u2019important est de bien comprendre que, autant le deuxi\u00e8me trimestre, avec quelque chose comme\u00a0\u2013\u00a020 %, appara\u00eetra comme catastrophique, autant le rebond du troisi\u00e8me trimestre sera impressionnant. Il sera d\u2019ailleurs important pour l\u2019Insee et les \u00e9conomistes s\u00e9rieux de bien expliquer ce futur rebond au moment de la publication du deuxi\u00e8me trimestre (c\u2019est-\u00e0-dire fin juillet). Sinon, ce chiffre extraordinairement mauvais va relancer les sp\u00e9culations des catastrophistes.<\/p>\n<p>Je sais que de grands noms, comme Martin Wolf, envisagent des sc\u00e9narios plus pessimistes pour l\u2019avenir. Ce que je dis plus haut n\u2019est qu\u2019une discussion sur le court terme (un an c\u2019est du court terme). La crise va-t-elle avoir un impact de long terme en affectant de mani\u00e8re irr\u00e9versible certaines capacit\u00e9s\u00a0? Honn\u00eatement, on n\u2019en sait encore rien et \u00e7a ne sert \u00e0 rien de jouer avec les peurs. C\u2019est plut\u00f4t le moment de pousser les gens \u00e0 l\u2019optimisme pour qu\u2019ils consomment vite l\u2019\u00e9pargne forc\u00e9e qu\u2019ils ont amass\u00e9e pendant ce douloureux confinement.<\/p>\n<h3><strong>Bien faire comprendre que le PIB est une mesure de la production, pas du revenu des m\u00e9nages<\/strong><\/h3>\n<p>Le PIB, tout le monde en parle, mais peu connaissent sa d\u00e9finition exacte. On entend parler souvent de \u00ab\u00a0richesse nationale\u00a0\u00bb. Le PIB ne repr\u00e9sente pas la \u00ab\u00a0richesse nationale\u00a0\u00bb, qui est un concept de stock. Le PIB est un concept de flux. Comme son nom l\u2019indique (le P = \u00ab\u00a0produit\u00a0\u00bb), c\u2019est une mesure globale de la <em>production <\/em>pendant un trimestre ou un an. Quand on pr\u00e9voit donc une baisse du PIB de 8 % pour l\u2019ann\u00e9e 2020, on parle d\u2019une baisse de la <em>production<\/em> du pays par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p>Or, ce qui est important pour moi, pour vous, comme pour tous les citoyens, ce n\u2019est pas la <em>production<\/em>, c\u2019est le <em>revenu<\/em> qui va me permettre de consommer (ou d\u2019\u00e9pargner). C\u2019est bien pour cela qu\u2019une des premi\u00e8res recommandations du fameux rapport \u00ab\u00a0Stiglitz-Sen-Fitoussi\u00a0\u00bb \u00e9tait, non pas de r\u00e9former le PIB, mais de se pencher davantage sur les chiffres de la comptabilit\u00e9 nationale pour les m\u00e9nages. Ce qui compte, c\u2019est leur bien-\u00eatre ! Et c\u2019est cela qu\u2019il faut faire pour nous remonter le moral\u00a0!<\/p>\n<p>Si le PIB est \u00e9gal \u00e0 la production, il est aussi \u00e9gal au revenu global que cette production cr\u00e9e, qu\u2019on appelle \u00ab\u00a0valeur ajout\u00e9e\u00a0\u00bb. Cette valeur ajout\u00e9e se partage entre les entreprises (profits) et les m\u00e9nages (r\u00e9mun\u00e9rations). On pourrait donc craindre que la baisse de 8 % de la production entra\u00eene une baisse \u00e9quivalente des r\u00e9mun\u00e9rations. Mais ce ne sera pas le cas\u00a0! Pourquoi\u00a0? Parce que, m\u00eame si beaucoup d\u2019entreprises, mises \u00e0 l\u2019arr\u00eat, ne cr\u00e9ent plus de valeur ajout\u00e9e, l\u2019\u00c9tat se substitue \u00e0 elles. En France, il a fait le choix (audacieux et judicieux) de r\u00e9mun\u00e9rer directement leurs employ\u00e9s\u00a0! Aux Etats-Unis, cela passera par une augmentation substantielle des allocations ch\u00f4mage et autres aides d\u2019exception. En d\u2019autres termes, l\u2019Etat emprunte massivement pour donner massivement aux m\u00e9nages. Au total, il n\u2019y aura pas de baisse de 8 % du revenu des m\u00e9nages, gr\u00e2ce \u00e0 ces transferts d\u2019ampleur historique\u00a0!<\/p>\n<p>Il sera difficile pour un bon moment d\u2019illustrer ce ph\u00e9nom\u00e8ne car les chiffres des comptes trimestriels sur les m\u00e9nages sont plus tardifs que pour le PIB. En France, le PIB est publi\u00e9 \u00e0 T + 30 jours, tandis que les chiffres sur les m\u00e9nages le sont \u00e0 T + 60 jours et je ne sais m\u00eame pas si l\u2019Insee va pouvoir assurer ce calendrier (remarquable, sur le plan international) cette ann\u00e9e. Mais on peut l\u2019illustrer sur les chiffres de la crise de 2008-2010. Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, si le PIB de la France et celui des Etats-Unis ont bien marqu\u00e9 une baisse significative \u00e0 partir du quatri\u00e8me trimestre 2008 jusqu\u2019au troisi\u00e8me trimestre 2009, ce n\u2019est pas le cas pour le revenu des m\u00e9nages qui a certes stagn\u00e9 mais n\u2019a presque pas baiss\u00e9<a name=\"_ftnref3\"><\/a><a href=\"#_ftn3\">[2]<\/a>. C\u2019est le r\u00e9sultat des stabilisateurs automatiques, c\u2019est-\u00e0-dire des transferts en provenance des administrations publiques (allocations de ch\u00f4mage, mesures de soutien aux m\u00e9nages, etc.). Le m\u00eame effet va se produire cette ann\u00e9e. La courbe de la baisse du PIB sera beaucoup plus forte (-20 % en deuxi\u00e8me trimestre 2020, apr\u00e8s -6 au premier) mais les mesures de soutien, particuli\u00e8rement en France, vont compenser cette baisse pour les m\u00e9nages.<\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5019 aligncenter size-full\" src=\"wp-content\/uploads\/2020\/04\/ImageB.png\" alt=\"\" width=\"894\" height=\"659\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ImageB.png 894w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ImageB-300x221.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ImageB-600x442.png 600w\" sizes=\"(max-width: 894px) 100vw, 894px\" \/><\/strong><\/p>\n<h3><strong>Bien interpr\u00e9ter les chiffres probl\u00e9matiques <\/strong><\/h3>\n<p>J\u2019ai expliqu\u00e9 dans une tribune de Variances (<a href=\"?p=3923\">http:\/\/variances.eu\/?p=3923<\/a>) que, parfois, les chiffres de la comptabilit\u00e9 nationale pouvaient \u00eatre aberrants. Cela a \u00e9t\u00e9 le cas du chiffre astronomique de hausse du PIB de 25 % publi\u00e9 par l\u2019Irlande en 2015. Or, la crise du coronavirus pourrait avoir un effet inverse assez surprenant sur les chiffres publi\u00e9s par mes coll\u00e8gues irlandais pour le premier trimestre 2020. En effet, il faut se rappeler que le fameux +25\u00a0% irlandais s\u2019explique par une nouvelle r\u00e8gle de la comptabilit\u00e9 nationale qui veut que les exportations soient enregistr\u00e9es \u00e0 partir du pays qui a la propri\u00e9t\u00e9 des produits et de leurs composants. Ainsi, des smartphones assembl\u00e9s en Chine mais qui restent la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019une multinationale dont la r\u00e9sidence l\u00e9gale est en Irlande sont, dans cette nouvelle comptabilit\u00e9 nationale, export\u00e9s vers le reste du monde par l\u2019Irlande m\u00eame si, physiquement, ils le sont par la Chine\u00a0! L\u2019essentiel du fameux + 25 % est le r\u00e9sultat de cette r\u00e8gle contestable.<\/p>\n<p>Or, que s\u2019est-il pass\u00e9 au premier trimestre 2020 en Chine\u00a0? Les usines se sont arr\u00eat\u00e9es au point qu\u2019il semble que la multinationale en question n\u2019avait plus de stock pour servir la demande. L\u2019\u00e9tranget\u00e9 de la r\u00e8gle nouvelle de comptabilit\u00e9 nationale est que l\u2019arr\u00eat de ces usines va se r\u00e9percuter sur les exportations irlandaises, provoquant peut-\u00eatre une \u00e9norme r\u00e9cession artificielle pour l\u2019Irlande\u00a0! Son l\u2019ampleur pourrait peut-\u00eatre m\u00eame affecter l\u2019estimation de la croissance de la zone euro malgr\u00e9 le faible poids de ce pays. Mon hypoth\u00e8se reste \u00e0 confirmer, mais la logique sous-tendue est imparable. Si c\u2019\u00e9tait le cas, il faudrait donc que les \u00e9conomistes s\u2019emploient \u00e0 relativiser ce chiffre en d\u00e9mystifiant son c\u00f4t\u00e9 terrorisant.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em><a name=\"_ftn1\"><\/a><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Voir l\u2019article de Fran\u00e7ois Meunier dans Variances\u00a0: \u00ab\u00a0Apr\u00e8s le corona-choc, comment g\u00e9rer la dette publique\u00a0?\u00a0\u00bb\u00a0 <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"?p=4882\">http:\/\/variances.eu\/?p=4882<\/a><\/span><\/em><\/p>\n<p><em><a name=\"_ftn3\"><\/a><a href=\"#_ftnref3\">[2]<\/a> Dans ce graphique, les variables fran\u00e7aises sont des indices base 100 au premier trimestre 2008 et les variables am\u00e9ricaines en base 90 au m\u00eame trimestre. J\u2019ai choisi cette convention, qui n\u2019a aucun effet sur l\u2019analyse dynamique, simplement pour ne pas que les courbes am\u00e9ricaines et fran\u00e7aises soient confondues.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>[\/et_pb_text][\/et_pb_column][\/et_pb_row][\/et_pb_section]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avertissement\u00a0: cette tribune a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e le 21 avril, soit neuf jours avant la publication par l\u2019Insee, le 30 avril, d\u2019un chiffre plus solide pour le premier trimestre. Ce chiffre est de -5,8 %. Dans les paragraphes ci-dessous, je me suis bas\u00e9 sur le -6 % pr\u00e9vu par la Banque de France. 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Elle est aussi si stup\u00e9fiante qu\u2019elle est propice aux \u00e9lucubrations de disciples de \u00ab\u00a0Philippulus\u00a0\u00bb. Les \u00ab\u00a0fake news\u00a0\u00bb et les th\u00e9ories du complot se multiplient sur les r\u00e9seaux (a)sociaux. Aujourd\u2019hui, on est \u00e0 un stade de la crise o\u00f9 ces errements sont en train de se d\u00e9placer du terrain sanitaire au terrain \u00e9conomique. \u00c0 entendre certains, les gouvernements nous cachent qu\u2019on va \u00eatre confront\u00e9s \u00e0 une crise plus importante que la crise de 1929. Or, rappelons-nous comment cette derni\u00e8re s\u2019est termin\u00e9e\u00a0: par une guerre mondiale\u00a0! Bient\u00f4t ces proph\u00e8tes de malheur vont terroriser le bon peuple en nous pr\u00e9disant la m\u00eame fin.<\/p><p>Or, les comparaisons historiques ont leurs limites. Il y a deux diff\u00e9rences essentielles entre la crise de 29 et celle d\u2019aujourd\u2019hui. La premi\u00e8re est que la crise actuelle ne provient pas de l\u2019\u00e9conomie mais de la r\u00e9ponse technique \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie sous la forme de l\u2019imposition brutale d\u2019un arr\u00eat de l\u2019activit\u00e9. Ce n\u2019est pas une mesure \u00e9conomique. C\u2019est une mesure sanitaire dont l\u2019effet sur l\u2019\u00e9conomie est massif et imm\u00e9diat. Il faut bien comprendre que l\u2019interruption de cette mesure sanitaire, si elle pouvait avoir sur l\u2019activit\u00e9 l\u2019effet inverse qu\u2019a eu sa mise en place, induirait une reprise tout aussi massive et imm\u00e9diate. C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui s\u2019est pass\u00e9 en 1968. Apparemment, ce retour sera plus progressif, mais il se fera, m\u00eame si certains s\u2019inqui\u00e8tent, \u00e0 plus long terme, de la perte d\u00e9finitive de certaines capacit\u00e9s de production. La seconde raison est que les gouvernements d\u2019aujourd\u2019hui ne sont pas ceux des ann\u00e9es 30. Les le\u00e7ons de Keynes ont bien \u00e9t\u00e9 assimil\u00e9es et on est loin du laisser-faire de l\u2019\u00e9poque. En France, l\u2019Etat va injecter 150 Mds\u20ac, soit 6 % du PIB. On parle d\u2019un plan de relance de 550 Mds\u20ac au niveau europ\u00e9en. Aux Etats-Unis, le gouvernement a annonc\u00e9 un plan de 2200 Mds$\u00a0! La BCE et La FED sont ainsi en train d\u2019inonder nos \u00e9conomies de centaines de milliards, dont on ne sait pas comment on va les rembourser plus tard<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, mais qui, pour le moment, constituent un contre-feu massif. Il ne faut pas parler d\u2019argent \u00ab\u00a0h\u00e9licopt\u00e8re\u00a0\u00bb mais d\u2019argent \u00ab\u00a0Canadair\u00a0\u00bb\u00a0!<\/p><p>Dans ce contexte, il est essentiel de raison garder pour ne pas accentuer la r\u00e9cession macro-\u00e9conomique par une d\u00e9pression macro-psychologique. C\u2019est l\u2019objet, de la part d\u2019un ancien comptable national, de cette tribune consacr\u00e9e \u00e0 une interpr\u00e9tation raisonn\u00e9e de nos chiffres.<\/p><h3><strong>Ne pas tomber dans des pronostics farfelus<\/strong><\/h3><p>La Banque de France vient de publier son estimation du PIB du premier trimestre (T1)\u00a0: -6 %. Ce chiffre est facilement reconstituable. En effet, la seule information \u00e0 peu pr\u00e8s solide au moment o\u00f9 j\u2019\u00e9cris cette tribune est celle que l\u2019Insee, jouant parfaitement son r\u00f4le, a faite (et confirm\u00e9e r\u00e9cemment) sur l\u2019impact du confinement sur le niveau du PIB : -\u00a035 %. En consid\u00e9rant que le PIB \u00ab\u00a0normal\u00a0\u00bb d\u2019une semaine donn\u00e9e est \u00e9gal \u00e0 100, l\u2019Insee estime que celui d\u2019une semaine de confinement est \u00e9gal \u00e0 65. Cela donne donc (en consid\u00e9rant qu\u2019il y a 4 semaines dans un mois), les r\u00e9sultats suivants pour janvier, f\u00e9vrier puis mars\u00a0: 100\u00a0; 100\u00a0; 82,5. En effet, il n\u2019y a pas de confinement en janvier et f\u00e9vrier ni pendant les deux premi\u00e8res semaines de mars mais il y a confinement pendant les deux derni\u00e8res semaines de mars. Au total, la moyenne trimestrielle du T1 est \u00e9gale \u00e0 94,2, soit \u00e0 peu pr\u00e8s -6 %, chiffre compatible avec celui de la Banque de France. On verra ce que publie l\u2019Insee en fin de mois, si mes valeureux coll\u00e8gues parviennent \u00e0 calculer un compte trimestriel dans les conditions actuelles.<\/p><p>On peut extrapoler ce calcul au T2. La suite pour avril, mai, juin serait alors\u00a0: 65\u00a0; 72,5\u00a0; 90. Avril est en effet enti\u00e8rement en confinement, donc \u00e9gal \u00e0 65. Les deux premi\u00e8res semaines de mai le sont \u00e9galement. En revanche, on peut pr\u00e9voir une reprise d\u00e8s l\u2019arr\u00eat du confinement. Pour le mois de mai, on pourrait donc avoir les nombres suivants pour les quatre semaines\u00a0du mois : 65\u00a0; 65\u00a0; 75\u00a0; 85. C\u2019est-\u00e0-dire une reprise nette mais encore situ\u00e9e en dessous du niveau normal \u00e0 la fin du mois. Ceci donne pour le mois de mai le 72,5 figurant ci-dessus. En consid\u00e9rant que la reprise continue mais en restant jusqu\u2019au 1<sup>er<\/sup> octobre \u00e0 un niveau de 90 car le tourisme et les restaurants, etc\u2026 ne reprennent pas encore, on obtient le niveau de 90 pour juin. Au total, le T2 se situe \u00e0 75,8, soit une baisse tout \u00e0 fait in\u00e9dite de -\u00a019,5 %\u00a0! C\u2019est du jamais vu en termes de comptes trimestriels.<\/p><p>On peut ainsi continuer le calcul jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. Comme j\u2019ai fait l\u2019hypoth\u00e8se prudente que le PIB retrouvait son niveau normal au 1<sup>er<\/sup> octobre. Ceci donne pour juillet, ao\u00fbt, septembre la suite\u00a0: 90\u00a0; 90\u00a0; 90. Soit en moyenne trimestrielle\u00a0: 90, c\u2019est-\u00e0-dire une croissance de +18,7 % par rapport au second trimestre. Enfin, les derniers mois et, donc, le T4, se situent \u00e0 100, soit une croissance de +11,1 % pour le T4. Le graphique ci-dessous illustre cette estimation\u00a0:<\/p><p><img class=\"wp-image-5016 size-full\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Graphique-retouch\u00e9-v2.jpg\" alt=\"\" width=\"889\" height=\"647\" \/><\/p><p>La courbe en bleu donne le niveau du PIB mensuel. La courbe en orange donne le niveau trimestriel qui correspond \u00e0 la moyenne des niveaux mensuels<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. On retrouve, sur cette courbe orange, la suite\u00a0des croissances trimestrielles donn\u00e9es plus haut :\u00a0-6 %, -19,5 %, +18,7 %, +11,1 %. Avec ce profil infra-annuel, on obtient une moyenne annuelle de 90,0, soit une baisse de 10 % par rapport \u00e0 2019. Cette estimation de coin de table est un peu moins optimiste que celle sur laquelle le gouvernement et la Banque de France misent \u00e0 l\u2019heure actuelle. Tous deux ont en effet annonc\u00e9 une pr\u00e9vision de PIB de -8 % en moyenne annuelle.<\/p><p>J\u2019ai vu pourtant circuler des pr\u00e9visions apocalyptiques qui annoncent qu\u2019on nous cache une baisse annuelle du PIB de 20 %\u00a0pour 2020 ! Une telle affirmation est d\u2019un pessimisme absurde. Elle implique qu\u2019en fin d\u2019ann\u00e9e nous serions encore \u00e0 un niveau de 80 par rapport \u00e0 un niveau de PIB de 100, c\u2019est-\u00e0-dire 20\u00a0% en dessous d\u2019une activit\u00e9 normale\u00a0! Ce sc\u00e9nario est illustr\u00e9 par la courbe en gris. Cela correspondrait \u00e0 un sc\u00e9nario tr\u00e8s noir, par exemple de deuxi\u00e8me vague massive. L\u2019encadr\u00e9 ci-dessous met aussi en \u00e9vidence le mauvais pronostic qui pourrait \u00eatre fait pour l\u2019ann\u00e9e par l\u2019habitude discutable de nos coll\u00e8gues am\u00e9ricains de donner des chiffres trimestriels en \u00ab\u00a0rythme annuel\u00a0\u00bb.<\/p><p>\u00a0<\/p>","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[214,18,135],"tags":[],"class_list":["post-5015","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-coronavirus","category-statistiques","category-tribune","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5015","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/180"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5015"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5015\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5021"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5015"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5015"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5015"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}