{"id":4896,"date":"2020-04-30T07:50:27","date_gmt":"2020-04-30T05:50:27","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=4896"},"modified":"2020-05-13T09:01:38","modified_gmt":"2020-05-13T07:01:38","slug":"des-catholiques-contre-la-science-economique-en-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=4896","title":{"rendered":"Des catholiques contre la science \u00e9conomique en France"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e9cid\u00e9ment, tout le monde n\u2019aime pas la science \u00e9conomique (celle que l\u2019on qualifie parfois d\u2019orthodoxe ou de n\u00e9oclassique). Cette science-l\u00e0, cette discipline si l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re, a toujours eu des d\u00e9tracteurs, mais qui avaient des raisons diff\u00e9rentes de ne pas l\u2019aimer. Certains ne l&rsquo;aimaient pas parce qu\u2019ils n\u2019aimaient pas un syst\u00e8me \u00e9conomique qu\u2019elle justifierait complaisamment, d\u2019autres parce qu\u2019ils n\u2019aimaient pas les math\u00e9matiques, ou qu\u2019ils les aimaient trop, d\u2019autres la jugeaient trop restrictive, alors que l\u2019histoire, la statistique ou la sociologie offriraient de meilleurs perspectives. Nous voulons ajouter une quatri\u00e8me raison de ne pas aimer la science \u00e9conomique, qui a peut-\u00eatre disparu aujourd\u2019hui, mais qui \u00e9tait importante jadis. C\u2019est que les \u00e9conomistes d\u00e9velopperaient des id\u00e9es contraires \u00e0 l\u2019enseignement du Christ. Personne ne s\u2019en soucie aujourd\u2019hui, mais les contemporains de Jean-Baptiste Say n\u2019ignoraient pas ses origines protestantes et une partie du monde catholique expliquait ainsi son adh\u00e9sion suppos\u00e9e \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 des doctrines fond\u00e9es sur la concurrence, l\u2019argent, l\u2019accumulation de richesses mat\u00e9rielles, l\u2019\u00e9go\u00efsme.<\/p>\n<h3><strong>Une discipline ne se d\u00e9finit pas par la foi de ses promoteurs<\/strong><\/h3>\n<p>En s\u2019int\u00e9ressant aux relations entre catholiques et \u00e9conomistes, nous ne souscrivons \u00e9videmment pas \u00e0 la th\u00e8se d\u2019une science \u00e9conomique qui serait, par exemple, fondamentalement protestante. Le contenu d\u2019aucune science ne peut se qualifier par la foi de ses promoteurs. Il n\u2019existait pas de science physique juive opposable \u00e0 une science physique qui aurait \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0authentiquement\u00a0\u00bb allemande, pas plus qu\u2019il n\u2019existait une dimension juive des raisonnements de Ricardo\u00a0; mais Alfred Marshall le croyait, et aussi Ren\u00e9 Gonnard, \u00e9minent \u00e9conomiste lyonnais, bon catholique et contestable historien de la pens\u00e9e \u00e9conomique. Le contenu d\u2019une science ne rel\u00e8ve pas de la foi, et la th\u00e9ologie, par exemple, n\u2019a rien \u00e0 faire dans la d\u00e9monstration ou la r\u00e9futation des lois de la population de Malthus. Pourtant, ce cas illustre bien la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019invoquer la foi pour comprendre les d\u00e9bats suscit\u00e9s par le malthusianisme. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, on invoquait l\u2019ordre divin\u00a0: \u00ab\u00a0Croissez et multipliez\u00a0\u00bb. En face, on calculait que la soci\u00e9t\u00e9 ne gagnerait rien \u00e0 multiplier les enfants abandonn\u00e9s, si elle ne pouvait pas leur laisser l\u2019espoir d\u2019une vie bonne. On objectera, et \u00e0 juste titre, que ces d\u00e9bats n\u2019avaient rien \u00e0 voir avec l\u2019analyse scientifique des th\u00e9ories en question\u00a0; mais l\u2019histoire des id\u00e9es s\u2019int\u00e9resse moins aux id\u00e9es qu\u2019aux conditions de leur \u00e9mission et de leur propagation.<\/p>\n<h3><strong>L<\/strong><strong>\u2019impact de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/strong><\/h3>\n<p>La R\u00e9volution fut, en grande partie, une r\u00e9volution contre l\u2019\u00e9glise catholique. Elle lui enleva ses terres, ses biens immobiliers, ses revenus\u00a0; elle r\u00e9voqua des pr\u00eatres, choisit leurs rempla\u00e7ants, se m\u00eala de ses rites, de ses processions, de ses congr\u00e9gations, de ses dimanches m\u00eame\u00a0; elle contesta son r\u00f4le dans les affaires familiales, l\u2019assistance et l\u2019enseignement. Or, il s\u2019est trouv\u00e9 que les \u00e9conomistes lib\u00e9raux fran\u00e7ais ont <em>tous<\/em> adh\u00e9r\u00e9 aux id\u00e9aux r\u00e9volutionnaires, \u00e0 ceux de 1789 mais pas \u00e0 ceux de 1793. Beaucoup d\u2019entre eux ont m\u00eame particip\u00e9 activement \u00e0 l\u2019entreprise r\u00e9volutionnaire, alors que les catholiques fervents, exil\u00e9s ou pas, vivaient des ann\u00e9es de d\u00e9faites et de d\u00e9solation. Les rapports entre \u00e9conomistes et catholiques commen\u00e7aient donc de la plus mauvaise fa\u00e7on. Les uns avaient partag\u00e9 des moments d\u2019enthousiasme, au nom du progr\u00e8s et de la Raison, les autres subissaient la destruction inexorable de leur univers, mat\u00e9riel, politique et spirituel.<\/p>\n<p>Mais il y avait autre chose. La R\u00e9volution avait aussi remplac\u00e9 un syst\u00e8me \u00e9conomique par un autre. L\u2019Ancien R\u00e9gime laissait la place \u00e0 un \u00ab\u00a0syst\u00e8me industriel\u00a0\u00bb bas\u00e9 sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 politique, l\u2019individualisme, la concurrence, les libert\u00e9s du travail et des \u00e9changes. Or, tous ces principes \u00e9taient ceux auxquels les \u00e9conomistes adh\u00e9raient, soit qu\u2019ils les avaient trouv\u00e9s chez Adam Smith, soit qu\u2019ils les aient h\u00e9rit\u00e9s des philosophes des Lumi\u00e8res, soit qu\u2019ils correspondaient aux aspirations de tous les lib\u00e9raux de l\u2019\u00e9poque, \u00e9conomistes ou pas.<\/p>\n<p>Les \u00e9conomistes se consid\u00e9raient comme des savants. Ils raisonnaient de fa\u00e7on aussi \u00ab\u00a0philosophique\u00a0\u00bb que possible, c\u2019est-\u00e0-dire abstraitement\u00a0et sans affect ; ils utilisaient parfois des statistiques ou des faits isol\u00e9s, mais il ne faudrait pas trop s\u2019y fier, il fallait trouver des lois objectives au-del\u00e0 des comportement individuels et des volont\u00e9s politiques. La soci\u00e9t\u00e9 ne serait qu\u2019une r\u00e9union d\u2019individus libres, elle n\u2019aurait pas de volont\u00e9 propre, pas d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 promouvoir. Les \u00e9conomistes analys\u00e8rent ce que serait une telle soci\u00e9t\u00e9 livr\u00e9e \u00e0 la seule logique des march\u00e9s, et ils montr\u00e8rent qu\u2019elle serait stable, juste et efficace. Chacun y vivrait selon ses m\u00e9rites, certains connaitraient la mis\u00e8re, mais du moins ne serait-ce que par leur faute, ou par malchance\u00a0; malheureusement, nul ne saurait s\u2019y attaquer directement, ici ou maintenant, sans l\u2019aggraver davantage, ailleurs ou plus tard. On n\u2019appelait pas encore \u00e7a des \u00ab\u00a0effets pervers\u00a0\u00bb, mais l\u2019id\u00e9e y \u00e9tait.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le concordat de 1801, quelques catholiques traditionalistes cessent de ha\u00efr la R\u00e9volution. Ils admettent que la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019Ancien R\u00e9gime m\u00e9ritait d\u2019\u00eatre r\u00e9form\u00e9e, quelques-uns adh\u00e8rent m\u00eame sinc\u00e8rement au principe de la libert\u00e9 politique\u00a0; chacun, catholique ou pas, devrait pouvoir exprimer ses convictions sans que l\u2019\u00c9tat ne s\u2019en m\u00eale. Pour les plus lib\u00e9raux des catholiques, l\u2019\u00c9glise devrait m\u00eame \u00eatre s\u00e9par\u00e9e de l\u2019\u00c9tat, pour retrouver son influence pass\u00e9e, et pour \u00e9viter l\u2019opprobre des classes populaires, quand celles-ci contesteraient trop vigoureusement le pouvoir en place. Mais <em>aucun<\/em> catholique revendiqu\u00e9 comme tel, catholique lib\u00e9ral ou catholique traditionnel, n\u2019approuve le lib\u00e9ralisme \u00e9conomique d\u00e9fini par la libert\u00e9 du travail, la libert\u00e9 des \u00e9changes et l\u2019abstention de l\u2019\u00c9tat. Aucun ne se r\u00e9jouit du syst\u00e8me \u00e9conomique et social que l\u2019on appelle alors \u00ab\u00a0industriel\u00a0\u00bb\u00a0et qui installe ses \u00e9lites au pouvoir ; aucun n\u2019applaudit l\u2019\u00e9volution du salariat, la croissance des manufactures et des banques, le progr\u00e8s des machines. Jusqu\u2019\u00e0 la moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle, les catholiques traditionalistes adressent aux \u00e9conomistes et \u00e0 la science \u00e9conomique les m\u00eames critiques, extr\u00eamement virulentes, et que nous allons r\u00e9sumer en les simplifiant un peu.<\/p>\n<h3><strong>Les premi\u00e8res critiques catholiques<\/strong><\/h3>\n<p>L\u2019histoire, selon les premiers catholiques traditionalistes, commence avec une Antiquit\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par la cruaut\u00e9 politique et la luxure. Puis vint le Sauveur, qui lib\u00e9ra les esclaves, pacifia les relations sociales et purifia les m\u0153urs. L\u2019\u00c9glise y veillait. Alors, la R\u00e9forme, poursuivant des objectifs inavouables, fit croire que la Raison primait sur l\u2019autorit\u00e9, que l\u2019individu \u00e9tait au-dessus de la communaut\u00e9, que la tradition ne comptait pour rien. L\u2019Europe se d\u00e9chira, avant une sorte de r\u00e9pit, en France, avec le r\u00e8gne de Louis XIV. Puis commen\u00e7a la propagande insidieuse des philosophes, qui ne faisait que continuer celle de la R\u00e9forme. Alors, la soci\u00e9t\u00e9 ne parvint plus \u00e0 se r\u00e9former comme elle l\u2019avait toujours fait, progressivement et en respectant ses traditions, et ce fut donc la R\u00e9volution. Le syst\u00e8me \u00e9conomique qui en r\u00e9sulta validait le culte de l\u2019argent, l\u2019\u00e9go\u00efsme et le d\u00e9sir des jouissances mat\u00e9rielles, autant de valeurs absolument contraires \u00e0 l\u2019enseignement du Christ. Les \u00e9conomistes justifiaient le nouvel ordre impie, occup\u00e9s qu\u2019ils \u00e9taient \u00e0 chercher comment augmenter les richesses d\u2019une nation. Dans leur doctrine comme dans la nouvelle soci\u00e9t\u00e9, on pouvait s\u2019enrichir en sp\u00e9culant, en achetant \u00e0 vil prix, en trompant ses associ\u00e9s\u00a0: les \u00e9conomistes justifiaient tous ces comportements. On pouvait aussi abuser de la faiblesse des ouvriers, parce que la libert\u00e9 du travail les avait livr\u00e9s sans d\u00e9fenses \u00e0 leurs nouveaux ma\u00eetres. L\u2019interdiction des anciennes solidarit\u00e9s professionnelles avait en effet entrain\u00e9 des salaires de mis\u00e8re, mais les \u00e9conomistes jugeaient que cela \u00e9tait conforme \u00e0 la loi de l\u2019offre et de la demande de travail et qu\u2019il ne fallait pas y d\u00e9roger. Les familles ouvri\u00e8res ne pouvaient plus \u00e9lever dignement leurs enfants, l\u2019avilissement des t\u00e2ches professionnelles amenait les ouvriers au cabaret, les filles \u00e0 la d\u00e9bauche\u00a0; les enfants \u00e9taient livr\u00e9s aux patrons d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de six ans, ils ne sauraient presque pas lire, ils ne sauraient rien de la morale chr\u00e9tienne. Mais les \u00e9conomistes comptaient sur des pratiques inavouables\u00a0 pour diminuer le nombre des naissances chez les ouvriers, ce qui devrait augmenter, plus tard, leurs salaires. La science \u00e9conomique ne se soucierait que d\u2019augmenter la production de richesses mat\u00e9rielles\u00a0; selon le d\u00e9plorable exemple anglais, elle ne s\u2019int\u00e9resserait pas \u00e0 la distribution des richesses, elle ne s\u2019int\u00e9resserait pas aux moyens de secourir ceux, par exemple, que le manque de travail laisserait sans ressources.<\/p>\n<h3><strong>Catholiques et socialistes<\/strong><\/h3>\n<p>On comprend que les discours de certains catholiques \u00e9taient tr\u00e8s proches de ceux des socialistes quand il s\u2019agissait de d\u00e9noncer les \u00e9conomistes et le syst\u00e8me qu\u2019ils \u00e9taient cens\u00e9s l\u00e9gitimer. Les rh\u00e9toriques \u00e9taient tr\u00e8s semblables dans les deux camps, on y invoquait <em>pareillement<\/em> l\u2019enseignement du Christ, avec une prose lyrique oppos\u00e9e aux raisonnements froids et impitoyables des \u00e9conomistes. Lamennais \u00e9tait l\u2019auteur catholique le plus admir\u00e9 sous la monarchie de Juillet, il fut condamn\u00e9 \u00e0 un an de prison pour avoir d\u00e9nonc\u00e9 le paup\u00e9risme et appel\u00e9 presque \u00e0 un soul\u00e8vement populaire. Un an plus tard, le socialiste Fourier \u00e9tait jug\u00e9 pour les m\u00eames motifs, il fut acquitt\u00e9. Lamennais fut enterr\u00e9 sans service religieux, Fourier eut un enterrement catholique. Les deux partageaient la m\u00eame d\u00e9testation des \u00e9conomistes et de leurs doctrines.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s juin 1848, les socialistes cessent de se r\u00e9f\u00e9rer au Christ et les catholiques, pas seulement pour cette raison, n\u2019ont plus aucune sympathie pour leurs discours r\u00e9volutionnaires. N\u00e9anmoins, des voix catholiques reprennent les diatribes initiales contre le syst\u00e8me capitaliste. Des catholiques, en tant que tels, demandent aux patrons de prendre en charge les ouvriers et leurs familles, de ne pas se contenter de leur payer un salaire selon les heures effectu\u00e9es. Des catholiques plaident pour que des corporations organisent la production des branches. Ces propositions durent tant que la p\u00e9rennit\u00e9 du syst\u00e8me capitaliste et celle du r\u00e9gime politique ne semblent pas acquises, tant qu\u2019elles sont per\u00e7ues comme une \u00e9tape vers autre chose, vers un monde qui serait plus respectueux de l\u2019humain, du collectif et du spirituel. Parall\u00e8lement, la science \u00e9conomique est souvent accus\u00e9e de ne pas tenir compte de ces aspirations, mais pas de fa\u00e7on unanime comme jadis. En effet, d\u00e8s la fin du XIXe si\u00e8cle, beaucoup de catholiques cessent de critiquer l\u2019\u00e9conomie politique lib\u00e9rale, au moins parce que le socialisme ath\u00e9e leur semble autrement plus mena\u00e7ant. Par ailleurs, des voix sp\u00e9cifiquement protestantes participent d\u00e9sormais \u00e0 la contestation de la science \u00e9conomique et de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste.<\/p>\n<p>Le personnalisme de Mounier, entre les deux guerres, attaque la notion d\u2019individu \u00e0 la fa\u00e7on des premiers contre-r\u00e9volutionnaires catholiques et r\u00eave d\u2019une jonction avec le peuple \u00e0 la fa\u00e7on des catholiques lib\u00e9raux un si\u00e8cle avant lui\u00a0; il s\u2019exprime avec la m\u00eame fi\u00e8vre romantique que ceux-l\u00e0, il d\u00e9nonce la science \u00e9conomique, certes en passant, mais parce que la cause \u00e9tait entendue. Fran\u00e7ois Perroux appartient \u00e0 la m\u00eame mouvance catholique, mais il est professeur de science \u00e9conomique et incontestablement le plus honor\u00e9 en France, ce qui semble donc contredire nos sch\u00e9mas. Nullement\u00a0! Car Perroux d\u00e9teste le syst\u00e8me capitaliste lib\u00e9ral, il d\u00e9teste la science \u00e9conomique dominante, c\u2019est-\u00e0-dire anglo-saxonne, et il proposa m\u00eame une organisation corporatiste et catholique de la soci\u00e9t\u00e9 pendant l\u2019occupation allemande.<\/p>\n<h3><strong>La fin des hostilit\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>?<\/strong><\/h3>\n<p>Daniel Villey, \u00e0 la fois catholique fervent et \u00e9conomiste lib\u00e9ral, d\u00e9plore en 1954 que \u00ab\u00a0les th\u00e9ologiens et les \u00e9conomistes catholiques r\u00e9pudient presque tous le lib\u00e9ralisme \u00e9conomique \u00bb. Malgr\u00e9 cette impression, la critique sp\u00e9cifiquement catholique de la science \u00e9conomique semble cesser, disons dans les ann\u00e9es 1960, mais pour des raisons peu claires. Peut-\u00eatre parce que les catholiques ont fini par accepter la soci\u00e9t\u00e9 issue de la R\u00e9volution\u00a0; peut-\u00eatre parce que la science \u00e9conomique est devenue si math\u00e9matique que les questions de foi n\u2019y ont plus de prise. Les catholiques auront donc fini par tol\u00e9rer un discours non religieux sur la soci\u00e9t\u00e9, comme ils ont fini par le tol\u00e9rer sur le mouvement des plan\u00e8tes, l\u2019\u00e2ge de la Terre ou l\u2019origine de l\u2019humanit\u00e9. Deux noms t\u00e9moignent de la fin de la longue hostilit\u00e9 entre catholiques et \u00e9conomistes, ceux de Henri Guitton et d\u2019Edmond Malinvaud. Ces deux \u00e9conomistes \u00e9minents furent aussi deux catholiques revendiqu\u00e9s, et ils ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la prise en compte de la science \u00e9conomique anglo-saxonne dans les cursus fran\u00e7ais, respectivement \u00e0 l\u2019universit\u00e9 et dans certaines grandes \u00e9coles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : science \u00e9conomique &#8211; catholicisme &#8211; protes<wbr \/>tantisme<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><em><strong>R\u00e9f\u00e9rence<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>Fran\u00e7ois Etner et Claire Silvant\u00a0: Histoire de la pens\u00e9e \u00e9conomique en France depuis 1789, Economica, 2017.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9cid\u00e9ment, tout le monde n\u2019aime pas la science \u00e9conomique (celle que l\u2019on qualifie parfois d\u2019orthodoxe ou de n\u00e9oclassique). 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