{"id":4493,"date":"2019-11-06T08:25:09","date_gmt":"2019-11-06T06:25:09","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=4493"},"modified":"2020-04-30T15:41:18","modified_gmt":"2020-04-30T13:41:18","slug":"pour-la-defense-des-principes-fondateurs-de-la-statistique-publique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=4493","title":{"rendered":"Pour la d\u00e9fense des principes fondateurs de la statistique publique"},"content":{"rendered":"<p><em>Jean-Fran\u00e7ois a fait toute sa carri\u00e8re \u00e0 l\u2019INSEE o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 notamment chef du d\u00e9partement de l\u2019action r\u00e9gionale. Il est retrait\u00e9 depuis 2010 et s\u2019est investi dans le groupe \u00ab\u00a0Statistique et enjeux publics\u00a0\u00bb de la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de statistique qu\u2019il a pr\u00e9sid\u00e9 de 2010 \u00e0 2013. <\/em><\/p>\n<p>Depuis huit ans, un statisticien public grec, Andr\u00e9as Georgiou, est poursuivi par la justice de son pays pour des faits li\u00e9s \u00e0 son exercice du m\u00e9tier. Cette affaire m\u00e9rite d\u2019\u00eatre m\u00e9dit\u00e9e par tous car elle met en lumi\u00e8re les relations entre statistique publique et politique et pose les questions cruciales de l\u2019objectivit\u00e9 et de l\u2019ind\u00e9pendance dans un contexte o\u00f9 certains points de vue mettent en cause les principes de base qui doivent gouverner la statistique publique.<\/p>\n<h3><strong>L\u2019affaire Georgiou<\/strong><\/h3>\n<p>Cette affaire s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e dans un contexte politique et \u00e9conomique exceptionnel. En rentrant\u00a0 dans l\u2019euro en 2001, la Gr\u00e8ce a souscrit aux r\u00e8gles europ\u00e9ennes fix\u00e9es par le trait\u00e9 de Maastricht, entre autres celles qui assignent des limites au d\u00e9ficit des administrations publiques et \u00e0 la dette publique. C\u2019est au nom de ces r\u00e8gles, parce que ces limites avaient \u00e9t\u00e9 franchies, que l\u2019\u00c9tat grec a \u00e9t\u00e9 soumis, \u00e0 partir de 2010, \u00e0 une politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 drastique mise en place par ses gouvernements successifs, tant de droite que de gauche. Depuis 2017, la Gr\u00e8ce est sortie de la \u00ab\u00a0proc\u00e9dure de d\u00e9ficits excessifs\u00a0\u00bb et a recouvr\u00e9 son autonomie financi\u00e8re.<\/p>\n<p>Cette histoire dramatique illustre l\u2019importance de la mesure des agr\u00e9gats de d\u00e9ficit public et de dette publique. C\u2019est parce que ces indicateurs ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s acceptables que la Gr\u00e8ce a pu entrer dans l\u2019euro en 2001 et conduire ensuite sa politique budg\u00e9taire et financi\u00e8re de fa\u00e7on autonome, comme tous les autres pays, de 2001 \u00e0 2009. C\u2019est parce qu\u2019ils ont fortement d\u00e9rap\u00e9 en 2009 qu\u2019elle a d\u00fb se plier en 2010 aux exigences europ\u00e9ennes, sauf \u00e0 risquer de devoir sortir de la zone euro.<\/p>\n<p>Que s\u2019est-il pass\u00e9 entre 2009 et 2010\u00a0? Un changement de majorit\u00e9 politique en Gr\u00e8ce en octobre 2009 a \u00e9t\u00e9 suivi d\u2019une r\u00e9vision majeure de l\u2019estimation du d\u00e9ficit public du pays. Le gouvernement pr\u00e9c\u00e9dent avait pr\u00e9vu un d\u00e9ficit public de 3,7 % du PIB pour l\u2019ann\u00e9e 2009\u00a0; le nouveau gouvernement a port\u00e9 cette estimation \u00e0 12,7 % d\u00e8s la fin de cette m\u00eame ann\u00e9e. Il en est r\u00e9sult\u00e9 une crise europ\u00e9enne. Un changement aussi brusque r\u00e9v\u00e9lait un probl\u00e8me majeur dans la mesure des finances publiques et la statistique fut imm\u00e9diatement mise sur la sellette.<\/p>\n<p>Depuis plusieurs ann\u00e9es, l\u2019institut de statistique \u00e9tait en effet r\u00e9guli\u00e8rement critiqu\u00e9 par Eurostat pour des d\u00e9fauts majeurs de calcul de ces indicateurs et la rumeur publique l\u2019accusait de ne pas \u00eatre ind\u00e9pendant. En 2010, le nouveau gouvernement grec a donc voulu le r\u00e9former. Andr\u00e9as Georgiou, alors en poste au d\u00e9partement statistique du Fonds Mon\u00e9taire International, a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019un institut r\u00e9nov\u00e9 et renomm\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0Elstat\u00a0\u00bb. Dans cette fonction il est parvenu \u00e0 ce qu\u2019Eurostat juge syst\u00e9matiquement conformes les chiffres transmis entre 2010 et 2015, alors qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement rejet\u00e9s auparavant. Accus\u00e9 d\u2019\u00eatre responsable de la crise grecque dans les m\u00e9dias et surtout sur le plan judiciaire, il a quitt\u00e9 son poste en 2015 de son plein gr\u00e9, mais avec un fort sentiment d\u2019injustice ; il est alors retourn\u00e9 vivre aux \u00c9tats-Unis. Son objectif professionnel a \u00e9t\u00e9 pleinement atteint\u00a0: \u00a0les statistiques transmises par la Gr\u00e8ce n\u2019ont plus \u00e9t\u00e9 remises en question par l\u2019Union Europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Le volet juridique de l\u2019affaire Georgiou commence d\u00e8s 2011. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, des dirigeants de l\u2019ancien institut statistique grec portent plainte contre lui. Ils l\u2019accusent d\u2019avoir nui d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment \u00e0 son pays en \u00ab\u00a0falsifiant\u00a0\u00bb, \u00e0 la hausse, les estimations du d\u00e9ficit public grec de 2009, en octobre 2010.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> Il s\u2019agissait d\u2019une incrimination de quasi-trahison. Selon eux, ce crime aurait \u00e9t\u00e9 commis \u00e0 l\u2019instigation de l\u2019Union Europ\u00e9enne et avec la complicit\u00e9 de cadres d\u2019Eurostat. Sur cette accusation principale Andr\u00e9as Georgiou a \u00e9t\u00e9 relax\u00e9 en 2014 et en 2016, mais la proc\u00e9dure a \u00e9t\u00e9 relanc\u00e9e les deux fois. Ce n\u2019est qu\u2019en 2019 que ce grief a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement abandonn\u00e9 par la justice grecque. \u00c0 cette accusation principale se sont ajout\u00e9s plusieurs griefs secondaires : en 2016 Andreas Georgiou a perdu un proc\u00e8s en diffamation cons\u00e9cutif \u00e0 des propos qu\u2019il a tenus \u00e0 propos de la gestion pr\u00e9c\u00e9dente de la statistique grecque (un an de prison avec sursis), et en 2017 il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 pour n\u2019avoir pas inform\u00e9 le conseil d\u2019administration d\u2019Elstat avant de transmettre fin 2010 les chiffres du d\u00e9ficit public de 2009 (deux ans de prison, confirm\u00e9s en appel).<\/p>\n<p>Pendant toutes ces ann\u00e9es, Andr\u00e9as Georgiou a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un soutien sans faille des milieux internationaux de la statistique officielle\u00a0: ses coll\u00e8gues des instituts de statistique, ainsi que les soci\u00e9t\u00e9s savantes de statistique ont multipli\u00e9 les d\u00e9marches en sa faveur aupr\u00e8s des autorit\u00e9s grecques. Cette unanimit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger contraste avec l\u2019\u00e9tat de l\u2019opinion en Gr\u00e8ce. Manifestement, les accusations port\u00e9es contre Andreas Georgiou ont \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9es par un secteur non n\u00e9gligeable de l\u2019opinion grecque. En t\u00e9moignent des articles de presse, des manifestations \u00e0 l\u2019occasion de ses proc\u00e8s et l\u2019acharnement de ses accusateurs.<\/p>\n<h3><strong>Un point de vue sociologique <\/strong><\/h3>\n<p>Pourquoi ce contraste\u00a0? Un sociologue fran\u00e7ais, Benjamin Lemoine, avance une explication dans un article publi\u00e9 au d\u00e9but de 2019<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Pour lui, Andr\u00e9as Georgiou s\u2019est align\u00e9 compl\u00e8tement sur les positions europ\u00e9ennes, au lieu de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de l\u2019\u00c9tat grec.<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0L\u2019absence tangible (pour les acteurs) d\u2019alt\u00e9rit\u00e9 entre l\u2019administration grecque charg\u00e9e du chiffrage et Eurostat, charg\u00e9 de la surveillance statistique europ\u00e9enne, et le d\u00e9ficit d\u2019interm\u00e9diaires, d\u2019ar\u00e8nes de discussion et de possibilit\u00e9s d\u2019allers et retours a provoqu\u00e9 la judiciarisation, et, paradoxalement, une certaine fragilit\u00e9 de r\u00e9sultats quantitatifs (alors qu\u2019ils sont salu\u00e9s par la communaut\u00e9 internationale des experts).<\/em><em>\u00a0\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019auteur oppose cette \u00ab\u00a0absence d\u2019alt\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb avec le fonctionnement \u00ab\u00a0normal\u00a0\u00bb des \u00e9changes entre les instituts nationaux de statistique et Eurostat, fonctionnement marqu\u00e9 par des discussions, des n\u00e9gociations, et non pas par la pr\u00e9\u00e9minence de l\u2019entit\u00e9 europ\u00e9enne sur les autres. En d\u2019autres termes, l\u2019origine de l\u2019affaire Georgiou serait \u00e0 chercher dans une r\u00e9action de la soci\u00e9t\u00e9 grecque face \u00e0 un comportement de plus en plus dominateur des instances statistiques et comptables europ\u00e9ennes \u2013 une \u00ab\u00a0radicalisation\u00a0du pouvoir comptable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9action, Benjamin Lemoine en donne une justification \u00e0 contenu \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb. \u00c0 propos des chiffres de finances publiques, il demande qu\u2019on s\u2019interroge sur \u00ab\u00a0<em>les int\u00e9r\u00eats et les publics que ces nombres servent<\/em>\u00a0\u00bb, et il avance une r\u00e9ponse\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Ces formes quantifi\u00e9es permettent de maintenir dans les opinions publiques la vigilance quant aux finances publiques \u00ab\u00a0\u00e9quilibr\u00e9es\u00a0\u00bb et naturalisent une politique budg\u00e9taire et d\u2019investissement public et social verrouill\u00e9e, qui sert tout particuli\u00e8rement les int\u00e9r\u00eats des investisseurs financiers et d\u00e9tenteurs de la dette publique.\u00a0\u00bb <\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>D\u2019apr\u00e8s lui, la norme statistique et comptable, quand elle est appliqu\u00e9e aussi rigoureusement, ne rel\u00e8ve donc pas d\u2019une expertise d\u00e9mocratiquement l\u00e9gitime, mais du service\u00a0d\u2019int\u00e9r\u00eats particuliers, en l\u2019occurrence ceux de la finance. Et lorsque les statisticiens publics invoquent \u00ab\u00a0<em>une certaine id\u00e9e de la scientificit\u00e9, de la robustesse des chiffres<\/em>\u00a0\u00bb et revendiquent leur ind\u00e9pendance pour promouvoir cette id\u00e9e, ils ne font qu\u2019activer \u00ab\u00a0<em>une fa\u00e7ade institutionnelle<\/em>\u00a0\u00bb. Finalement, sans jamais se prononcer sur la validit\u00e9 des arguments des accusateurs d\u2019Andr\u00e9as Georgiou, Benjamin Lemoine justifie leur action, au nom de la d\u00e9fense d\u2019une \u00ab\u00a0<em>d\u00e9mocratie d\u00e9faite<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3><strong>L\u2019\u00e9l\u00e9phant dans la pi\u00e8ce<\/strong><\/h3>\n<p>Dans le cas des finances publiques grecques et de l\u2019affaire Georgiou, Benjamin Lemoine ne voit pas, ou feint de ne pas voir, l\u2019aspect trivial de la question \u2013 \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9l\u00e9phant dans la pi\u00e8ce\u00a0\u00bb. Cet aspect trivial, c\u2019est la triche, la manipulation des chiffres, la falsification intentionnelle\u00a0; et la mauvaise foi. Chacune des deux parties met l\u2019autre en cause. Si l\u2019estimation du d\u00e9ficit grec a bondi de plus de dix points de PIB en quelques mois, ce n\u2019est pas parce que les statisticiens grecs charg\u00e9s de ce chiffrage avant 2010 avaient une interpr\u00e9tation particuli\u00e8re de la comptabilit\u00e9 nationale, c\u2019est, si l\u2019on en croit les sp\u00e9cialistes internationaux, parce que les chiffres de 2009 \u00e9taient volontairement sous-estim\u00e9s par le gouvernement grec de l\u2019\u00e9poque. Et les accusateurs d\u2019Andr\u00e9as Georgiou ne le taxent pas d\u2019incomp\u00e9tence\u00a0; ils l\u2019accusent d\u2019avoir falsifi\u00e9 les chiffres de finances publiques, \u00e0 la hausse, pour satisfaire ses \u00ab\u00a0ma\u00eetres\u00a0\u00bb internationaux. Devant une telle pol\u00e9mique, qui n\u2019a rien d\u2019une controverse scientifique, invoquer un \u00ab\u00a0d\u00e9ficit d\u2019ar\u00e8nes de discussion\u00a0\u00bb, c\u2019est totalement m\u00e9conna\u00eetre la situation. Les deux points de vue ne peuvent pas \u00eatre concili\u00e9s en pr\u00e9cisant certains concepts. Quelqu\u2019un a menti, dans cette affaire. Et quiconque regarde de pr\u00e8s les documents n\u2019a plus de doute\u00a0: ce sont les accusateurs de Georgiou qui sont de mauvaise foi. Seule une fausse sym\u00e9trie peut \u00e9riger leurs arguments statistiques en une th\u00e8se qui m\u00e9riterait discussion.<\/p>\n<p>Si je viens de rappeler ces faits violemment, c\u2019est qu\u2019ils constituent notre rempart intellectuel contre l\u2019utilisation, abusive \u00e0 mon sens, d\u2019arguments sociologiques. La sociologie est dans son r\u00f4le quand elle met en lumi\u00e8re des forces sociales \u00e0 l\u2019\u0153uvre, en cherchant \u00e0 appr\u00e9cier leur impact. Et l\u2019enracinement des concepts statistiques et des pratiques de la statistique dans le fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9, avec des influences dans les deux sens, ne fait de doute pour personne<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Pas plus que ne fait doute l\u2019existence de \u00ab\u00a0franges\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0marges\u00a0\u00bb autour des concepts statistiques ou comptables, pouvant donner lieu \u00e0 des n\u00e9gociations entre les acteurs. De nombreux exemples peuvent \u00eatre donn\u00e9s de telles n\u00e9gociations, dans le domaine des finances publiques en particulier\u00a0: Fran\u00e7ois Lequiller, sp\u00e9cialiste de ces questions, en cite plusieurs dans son ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 ce sujet<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.\u00a0 Mais ces consid\u00e9rations sont hors de propos dans l\u2019affaire Georgiou, \u00e9tant donn\u00e9 les ordres de grandeur des diff\u00e9rences en jeu. Elles ne peuvent servir qu\u2019\u00e0 jeter de la poudre aux yeux. Et elles ont le grave pouvoir de mettre en doute, bien au-del\u00e0 de ce qui est justifi\u00e9, les principes qui fondent l\u2019action des statisticiens. Entre une foi obtuse dans la puret\u00e9 des chiffres et l\u2019imputation d\u2019asservissement \u00e0 des forces sociales, il y a un moyen terme pr\u00e9cieux. M\u00eame si \u00ab\u00a0l\u2019objectivit\u00e9 n\u2019existe pas\u00a0\u00bb, la recherche de l\u2019objectivit\u00e9, elle, existe bel et bien. Elle suppose l\u2019honn\u00eatet\u00e9 et l\u2019ind\u00e9pendance. Puissent les travaux des sociologues ne pas nous le faire oublier.<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s : Statistique &#8211;\u00a0 D\u00e9ficit &#8211;\u00a0 Dette &#8211; Ind\u00e9pendance &#8211; Sociologie<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> On notera que cette r\u00e9vision d\u2019octobre 2010 a \u00e9t\u00e9 limit\u00e9e \u00e0 une hausse de 1,7 % du d\u00e9ficit. Ce n\u2019est nullement cette r\u00e9vision qui a \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9tincelle de la crise grecque mais celle d\u2019octobre 2009, lorsque le nouveau gouvernement a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 d\u2019admettre que la pr\u00e9vision n\u2019\u00e9tait pas de 3 % mais de 12,7 %<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Statistique et soci\u00e9t\u00e9 volume 6 n\u00b02 \u00ab\u00a0D\u00e9mocratie des faits ou d\u00e9mocratie d\u00e9faite\u00a0?\u00a0\u00bb Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de statistique<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Cf. les nombreux ouvrages d\u2019Alain Desrosi\u00e8res<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> \u00ab\u00a0D\u00e9ficit et dette en temps de crise\u00a0\u00bb paru aux \u00e9ditions Economica en 2018<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Fran\u00e7ois a fait toute sa carri\u00e8re \u00e0 l\u2019INSEE o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 notamment chef du d\u00e9partement de l\u2019action r\u00e9gionale. 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