{"id":4441,"date":"2019-10-11T07:45:34","date_gmt":"2019-10-11T05:45:34","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=4441"},"modified":"2019-10-11T07:59:35","modified_gmt":"2019-10-11T05:59:35","slug":"la-decision-publique-face-aux-risques-sociaux-de-la-theorie-a-la-pratique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=4441","title":{"rendered":"La d\u00e9cision publique face aux risques sociaux, de la th\u00e9orie \u00e0 la pratique"},"content":{"rendered":"<p>Quelle attitude convient-il d\u2019adopter face \u00e0 un projet tel que le stockage g\u00e9ologique des d\u00e9chets nucl\u00e9aires, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019\u00e9tat de nos connaissances, de ses avantages, de ses co\u00fbts et des risques\u00a0? En mati\u00e8re de politiques publiques comme dans le monde \u00e9conomique et dans la vie commune, de tels probl\u00e8mes de d\u00e9cision en pr\u00e9sence d\u2019incertitude abondent. Les risques sociaux, tels que ceux li\u00e9s aux catastrophes naturelles, aux grands accidents industriels ou aux \u00e9pid\u00e9mies, en sont des arch\u00e9types, et constituent de ce fait un terrain d\u2019\u00e9tude fertile pour les sciences sociales. La science \u00e9conomique ne fait pas exception, et elle a tent\u00e9 d\u2019approcher le sujet tant sur le plan conceptuel que sur celui des applications. Nous proposons ici un survol de ces approches, de leurs enseignements et de leurs limites.<\/p>\n<h3><strong>1. La th\u00e9orie<\/strong><\/h3>\n<p>Une grande partie de la th\u00e9orie \u00e9conomique moderne est fond\u00e9e sur le choix de l\u2019individualisme m\u00e9thodologique\u00a0: son objectif premier est de rendre compte de fa\u00e7on satisfaisante des comportements individuels\u00a0; lorsqu\u2019elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 des dynamiques ou des choix collectifs, elle tente de les reconstituer \u00e0 partir de l\u2019\u00e9chelon individuel, quitte \u00e0 accepter pour cela des hypoth\u00e8ses fortement simplificatrices. C\u2019est aussi la voie principale suivie par la th\u00e9orie dans le domaine qui nous int\u00e9resse.<\/p>\n<p>Le principal cadre conceptuel relatif aux choix et comportements individuels en pr\u00e9sence d\u2019incertitude est celui de la th\u00e9orie bay\u00e9sienne de la d\u00e9cision. Il repr\u00e9sente le probl\u00e8me d\u2019un d\u00e9cideur qui ne conna\u00eet pas les cons\u00e9quences de ses actes de fa\u00e7on certaine, mais qui est capable d\u2019en faire un inventaire complet, et aussi d\u2019exprimer des pr\u00e9f\u00e9rences entre les actes qui lui sont propos\u00e9s. La th\u00e9orie de la d\u00e9cision d\u00e9termine des conditions n\u00e9cessaires et suffisantes pour que ces pr\u00e9f\u00e9rences soient d\u00e9composables en une distribution de probabilit\u00e9s et une fonction d\u2019utilit\u00e9, que le d\u00e9cideur combine selon le crit\u00e8re bien connu d\u2019esp\u00e9rance d\u2019utilit\u00e9\u00a0: entre deux options, il pr\u00e9f\u00e8re celle qui maximise l\u2019esp\u00e9rance de son utilit\u00e9 selon des probabilit\u00e9s refl\u00e9tant son incertitude \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des cons\u00e9quences de son choix. L\u2019un des attraits de ce r\u00e9sultat est qu\u2019il appr\u00e9hende naturellement le comportement d\u2019aversion pour le risque, qui est notamment \u00e0 l\u2019origine de l\u2019assurance.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> La th\u00e9orie distingue en outre les situations o\u00f9 la distribution de probabilit\u00e9s est pr\u00e9\u00e9tablie (ou \u00ab\u00a0objective\u00a0\u00bb) de celles o\u00f9 elle est implicite aux choix du d\u00e9cideur et semble refl\u00e9ter ses croyances personnelles (sous forme d\u2019une distribution de probabilit\u00e9s \u00ab\u00a0subjectives\u00a0\u00bb).<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Il est convenu de qualifier les premi\u00e8res de situations de risque et les secondes de situations d\u2019incertitude.<\/p>\n<p>Ce cadre de r\u00e9f\u00e9rence a constitu\u00e9 le socle de nombreux r\u00e9sultats th\u00e9oriques en \u00e9conomie et en finance. Pour ses auteurs, il repr\u00e9sentait l\u2019un des piliers de la construction d\u2019une \u00ab\u00a0science \u00e9conomique\u00a0\u00bb au sens de l\u2019empirisme logique\u00a0: un champ d\u2019investigations th\u00e9oriques dont les principaux r\u00e9sultats (ici la maximisation de l\u2019esp\u00e9rance d\u2019utilit\u00e9) sont d\u00e9duits \u00e0 partir d\u2019une axiomatique claire (les conditions n\u00e9cessaires et suffisantes portant sur les pr\u00e9f\u00e9rences du d\u00e9cideur) et peuvent \u00eatre test\u00e9s empiriquement. Son ancrage positiviste se doublait d\u2019une ambition normative. En effet, comme il peut \u00eatre facilement montr\u00e9 qu\u2019un parieur d\u00e9rogeant au crit\u00e8re d\u2019esp\u00e9rance d\u2019utilit\u00e9 courrait \u00e0 sa ruine (argument dit des paris hollandais), les axiomes de la th\u00e9orie de la d\u00e9cision ont souvent \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9s comme une norme de rationalit\u00e9 individuelle.<\/p>\n<p>\u00c0 peine formul\u00e9s, cependant, ces axiomes, ainsi que l\u2019id\u00e9e qu\u2019ils pourraient constituer une norme comportementale, firent l\u2019objet de critiques fondamentales. Les premi\u00e8res mises en cause prirent la forme d\u2019exp\u00e9riences de pens\u00e9e dans lesquelles des attitudes naturelles face \u00e0 une situation particuli\u00e8re d&rsquo;incertitude entraient en contradiction avec les hypoth\u00e8ses de la th\u00e9orie.<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky s&#8217;employ\u00e8rent tout au long des ann\u00e9es 1970 \u00e0 montrer, cette fois \u00e0 partir d&rsquo;exp\u00e9riences r\u00e9elles, que les pr\u00e9f\u00e9rences des individus s\u2019\u00e9cartaient en tous points des crit\u00e8res de rationalit\u00e9 de la th\u00e9orie bay\u00e9sienne, par exemple en se montrant sensibles aux effets de \u00ab\u00a0cadrage\u00a0\u00bb.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Dans le prolongement de leurs travaux, des \u00e9tudes dites psychom\u00e9triques montr\u00e8rent que les appr\u00e9ciations individuelles du risque d\u00e9pendaient d&rsquo;aspects qui n&rsquo;entraient pas dans le cadre conceptuel de la th\u00e9orie, comme le caract\u00e8re volontaire ou subi de la situation, ou encore l\u2019angoisse li\u00e9e \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un accident.<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>Cette litt\u00e9rature suscita des r\u00e9actions importantes dans le champ de la th\u00e9orie de la d\u00e9cision. La branche empirique de la discipline abandonna progressivement le cadre bay\u00e9sien et, en s\u2019enrichissant des apports de la psychologie puis des sciences cognitives, contribua \u00e0 la naissance de l\u2019\u00e9conomie comportementale. La branche th\u00e9orique chercha \u00e0 \u00e9largir la repr\u00e9sentation du comportement humain \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes tels que l\u2019envie, le regret, l\u2019impatience ou la pr\u00e9f\u00e9rence pour la flexibilit\u00e9. L\u2019un de ses principaux axes de r\u00e9flexion fut la remise en cause de l&rsquo;hypoth\u00e8se (fondamentalement bay\u00e9sienne) selon laquelle tout \u00e9tat d\u2019incertitude peut \u00eatre enti\u00e8rement r\u00e9sum\u00e9 par une distribution de probabilit\u00e9s subjectives. Pour rendre compte des situations o\u00f9 le d\u00e9cideur ne peut pas se donner des probabilit\u00e9s avec une grande pr\u00e9cision ou une grande confiance, comme lorsqu\u2019il fait face\u00a0\u00e0 une technologie ou une maladie nouvelles, les chercheurs propos\u00e8rent de distinguer une nouvelle cat\u00e9gorie de situations d&rsquo;incertitude qualifi\u00e9e d\u2019ambigu\u00eft\u00e9.<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Le d\u00e9cideur peut alors montrer une aversion pour l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 qui vient se cumuler \u00e0 son aversion pour le risque.<\/p>\n<p>Pour passer des d\u00e9cisions individuelles aux d\u00e9cisions collectives, la principale piste suivie par la th\u00e9orie est celle de l\u2019agr\u00e9gation des pr\u00e9f\u00e9rences. C\u2019est l\u00e0 le domaine de la th\u00e9orie du choix social, qui s\u2019int\u00e9resse aux conditions dans lesquelles les pr\u00e9f\u00e9rences de la soci\u00e9t\u00e9 peuvent \u00eatre d\u00e9riv\u00e9es \u00e0 partir de celles de ses membres. John Harsanyi a montr\u00e9 qu\u2019en pr\u00e9sence de probabilit\u00e9s objectives, un d\u00e9cideur social pouvait s\u2019appuyer sur une combinaison lin\u00e9aire des utilit\u00e9s individuelles tout en respectant \u00e0 la fois les conditions de rationalit\u00e9 de la th\u00e9orie de la d\u00e9cision et des crit\u00e8res minimaux de repr\u00e9sentativit\u00e9.<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019existence de probabilit\u00e9s objectives ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019absence de relation entre la distribution de probabilit\u00e9s utilis\u00e9e par le d\u00e9cideur social et celles des individus peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme une limitation du th\u00e9or\u00e8me d\u2019agr\u00e9gation de Harsanyi. Mais les choses se compliquent d\u00e8s que l\u2019on cherche en outre \u00e0 agr\u00e9ger les probabilit\u00e9s individuelles en se d\u00e9pla\u00e7ant de l\u2019univers du risque dans celui de l\u2019incertitude. Les crit\u00e8res de repr\u00e9sentativit\u00e9 entrent alors en conflit avec les conditions de rationalit\u00e9 de la th\u00e9orie de la d\u00e9cision, aboutissant \u00e0 des r\u00e9sultats d\u2019impossibilit\u00e9.<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>En raison de ces difficult\u00e9s, l\u2019essentiel des d\u00e9veloppements th\u00e9oriques s\u2019int\u00e9ressant aux probl\u00e8mes de d\u00e9cision collective se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une situation de risque o\u00f9, de surcro\u00eet, le d\u00e9cideur public est consid\u00e9r\u00e9 <em>a priori<\/em> repr\u00e9sentatif. Les applications du mod\u00e8le d\u2019utilit\u00e9 esp\u00e9r\u00e9e permettent alors d\u2019\u00e9tudier les choix collectifs statiques et dynamiques face au risque.<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> L\u2019un des avantages pr\u00eat\u00e9s au mod\u00e8le dans un contexte de risque social est le r\u00e9sultat de neutralit\u00e9 collective au risque\u00a0: si la population est suffisamment grande, le d\u00e9cideur social peut n\u2019avoir aucune aversion au risque en raison de la faiblesse de la part de risque port\u00e9e par chaque individu.<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> En \u00e9vitant ainsi la t\u00e2che d\u00e9licate d\u2019estimation d\u2019un degr\u00e9 d\u2019aversion collective pour le risque, on se ram\u00e8ne \u00e0 un crit\u00e8re de d\u00e9cision fond\u00e9 sur la simple comparaison des avantages et des co\u00fbts esp\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<h3><strong>2. Les applications<\/strong><\/h3>\n<p>A l\u2019instar des d\u00e9veloppements th\u00e9oriques, les \u00e9valuations pratiques des risques sociaux ont \u00e9t\u00e9 parcourues par les tensions entre la repr\u00e9sentation des comportements face \u00e0 l\u2019incertitude tels qu\u2019ils sont et la d\u00e9finition de choix rationnels tels qu\u2019ils devraient \u00eatre. L\u2019approche empirique du risque social s\u2019est articul\u00e9e autour de la notion d\u2019acceptabilit\u00e9, qui a gagn\u00e9 en influence au point de devenir, depuis les ann\u00e9es 1990, un instrument central de gestion et de communication des risques sociaux, notamment dans le domaine industriel et technologique. Son origine remonte \u00e0 des travaux qui, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, simplifiaient \u00e0 l\u2019extr\u00eame l\u2019approche de la th\u00e9orie de la d\u00e9cision.<\/p>\n<p>En 1967, dans le cadre d\u2019\u00e9changes internationaux sur la s\u00fbret\u00e9 des centrales nucl\u00e9aires, Frank Farmer proposa de d\u00e9finir le seuil d\u2019acceptabilit\u00e9 du risque pos\u00e9 par ces installations \u00e0 partir d\u2019une droite trac\u00e9e de fa\u00e7on relativement arbitraire dans le plan (probabilit\u00e9 d\u2019un accident, logarithme des cons\u00e9quences).<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> La proposition de Farmer constituait un progr\u00e8s notable par rapport aux pratiques de l\u2019\u00e9poque, qui consistaient \u00e0 ne prendre en compte que la probabilit\u00e9 d\u2019un hypoth\u00e9tique \u00ab\u00a0accident maximal cr\u00e9dible\u00a0\u00bb. Elle relevait cependant d\u2019un raisonnement d\u2019ing\u00e9nierie de la s\u00fbret\u00e9 qui ne s\u2019int\u00e9ressait pas \u00e0 l\u2019ensemble des co\u00fbts et avantages en jeu pour la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Deux ans plus tard, Chauncey Starr publia une \u00e9tude dans laquelle il faisait figurer sur un diagramme (b\u00e9n\u00e9fices, risques) une vaste gamme de situations de risque, allant des catastrophes naturelles \u00e0 la guerre du Vietnam, en passant par le ski ou les d\u00e9placements en voiture.<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> Les risques \u00e9taient mesur\u00e9s par une probabilit\u00e9 de d\u00e9c\u00e8s par heure d\u2019exposition, et les b\u00e9n\u00e9fices par une estimation de surplus \u00e9conomique. La position des points d\u00e9limitait une plage bord\u00e9e en bas par une courbe d\u2019aspect logarithmique regroupant les situations <em>subies<\/em> et en haut par une deuxi\u00e8me courbe reliant les situations <em>choisies<\/em>. Ces courbes, selon Starr, refl\u00e9taient les pr\u00e9f\u00e9rences de la soci\u00e9t\u00e9 dans ses choix de situations \u00e0 risque, notamment de technologies risqu\u00e9es, \u00e0 la mani\u00e8re de la m\u00e9thode des pr\u00e9f\u00e9rences r\u00e9v\u00e9l\u00e9es en \u00e9conomie. Elles permettaient, disait-il, de d\u00e9terminer si les risques pos\u00e9s par une technologie \u00e9taient acceptables au regard des b\u00e9n\u00e9fices qui en \u00e9taient attendus.<\/p>\n<p>L\u2019approche de Farmer avait n\u00e9anmoins l\u2019avantage d\u2019une plus grande simplicit\u00e9 et dans les d\u00e9cennies suivantes, l\u2019acceptabilit\u00e9 du risque, abusivement simplifi\u00e9e sous forme d\u2019un seuil de probabilit\u00e9 annuelle pour un accident d\u2019un certain type ou un d\u00e9c\u00e8s caus\u00e9, devint une notion centrale pour la gestion des risques sociaux. Ce n\u2019est qu\u2019au tournant du si\u00e8cle que cet \u00e9tat de fait commen\u00e7a \u00e0 \u00e9voluer, gr\u00e2ce notamment \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat retrouv\u00e9 des \u00e9conomistes pour l&rsquo;application des m\u00e9thodes de calcul \u00e9conomique \u00e0 des probl\u00e8mes de d\u00e9cision publique en situation d&rsquo;incertitude.<\/p>\n<p>Une contribution embl\u00e9matique \u00e0 cet \u00e9gard est le rapport de Nicholas Stern sur l&rsquo;\u00e9conomie du changement climatique, publi\u00e9 en 2006.<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> L&rsquo;\u00e9tude prenait pour point de d\u00e9part la description de l&rsquo;incertitude relative au changement climatique fournie par les sc\u00e9narios du Groupe d&rsquo;Experts Inter-gouvernemental sur l&rsquo;\u00c9volution du Climat (GIEC) et l&rsquo;estimation des impacts \u00e9conomiques, sociaux et environnementaux du r\u00e9chauffement dans chaque sc\u00e9nario. En \u00e9valuant la probabilit\u00e9 que diff\u00e9rentes actions de mitigation du changement climatique m\u00e8nent \u00e0 chacun des sc\u00e9narios, l&rsquo;\u00e9tude proposait une analyse d\u00e9taill\u00e9e des avantages et co\u00fbts esp\u00e9r\u00e9s de ces actions et montrait qu&rsquo;une politique ambitieuse de lutte contre le r\u00e9chauffement \u00e9tait \u00e9conomiquement justifi\u00e9e. L&rsquo;\u00e9tude innovait notamment en tenant compte d&rsquo;une aversion collective pour le risque et pour l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9, qu&rsquo;elle justifiait par l&rsquo;ampleur des pertes possibles et de l&rsquo;incertitude\u00a0; elle plaidait aussi pour l&rsquo;application de taux d&rsquo;actualisation particuli\u00e8rement faibles afin de respecter un principe d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnel. Ce dernier choix suscita de vives critiques de la part de certains \u00e9conomistes, d&rsquo;autant qu\u2019il conditionnait largement les conclusions de l&rsquo;\u00e9tude. La controverse qui s\u2019ensuivit eut le m\u00e9rite de conduire \u00e0 un renouveau de la r\u00e9flexion sur la pratique de l&rsquo;actualisation dans l&rsquo;analyse des d\u00e9cisions publiques engageant le tr\u00e8s long terme.<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>L&rsquo;exigence d&rsquo;\u00e9valuation des politiques publiques, inscrite dans la loi dans un nombre croissant de pays et de domaines, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 un puissant catalyseur du renouveau des applications de la th\u00e9orie de la d\u00e9cision. Aux Etats-Unis, la loi intitul\u00e9e <em>Regulatory Right to Know Act<\/em> adopt\u00e9e par le Congr\u00e8s en 2002 donna mandat au Bureau de la gestion et du budget (<em>Office of Management and Budget<\/em>) de la Maison Blanche pour \u00e9valuer syst\u00e9matiquement l\u2019activit\u00e9 r\u00e9glementaire des agences f\u00e9d\u00e9rales du pays par le biais d\u2019une analyse co\u00fbts-avantages. La loi renfor\u00e7a la pratique d&rsquo;\u00e9valuation \u00e9conomique des r\u00e9glementations des risques sociaux, d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pandue outre-Atlantique.<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> Les pays europ\u00e9ens connurent une \u00e9volution similaire, bien que plus tardive, notamment sous l\u2019influence des directives de l\u2019Union Europ\u00e9enne. Le r\u00e8glement europ\u00e9en n\u00b01907\/6006 concernant l\u2019enregistrement, l\u2019\u00e9valuation et l\u2019autorisation des substances chimiques (REACH), par exemple, imposa en 2006 que dans certains cas, la proposition de restrictions par un pays membre soit accompagn\u00e9e et motiv\u00e9e par une analyse socio-\u00e9conomique de l\u2019impact de la mesure.<\/p>\n<p>En France, la r\u00e9vision constitutionnelle du 23 juillet 2008 inscrivit le principe de l\u2019\u00e9valuation des politiques publiques par le Parlement dans la loi fondamentale. La loi organique du 15 avril 2009 \u00e9tablit que les projets de loi feraient d\u00e9sormais l&rsquo;objet d&rsquo;une \u00e9tude d&rsquo;impact exposant notamment \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9valuation des cons\u00e9quences \u00e9conomiques, financi\u00e8res, sociales et environnementales, ainsi que des co\u00fbts et b\u00e9n\u00e9fices financiers attendus\u00a0\u00bb. Par la suite, la loi de programmation des finances publiques pour les ann\u00e9es 2012 \u00e0 2017 imposa \u00e9galement la conduite d&rsquo;une \u00e9valuation socio-\u00e9conomique pr\u00e9alable pour les projets d&rsquo;investissements civils financ\u00e9s par l&rsquo;Etat et ses \u00e9tablissements publics.<\/p>\n<p>Certaines de ces \u00e9valuations concernent directement des situations de risque social et continuent de poser des d\u00e9fis \u00e0 la mise en \u0153uvre des outils de la th\u00e9orie de la d\u00e9cision. Consid\u00e9rons par exemple le projet Cig\u00e9o de stockage g\u00e9ologique des d\u00e9chets radioactifs sur le site de Bure, dont les demandes de d\u00e9claration d\u2019utilit\u00e9 publique et d\u2019autorisation de cr\u00e9ation doivent \u00eatre d\u00e9pos\u00e9es dans les prochains mois par l\u2019Andra. Le principal avantage attendu du projet est de ne pas pr\u00e9juger de la capacit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 assurer le confinement de la mati\u00e8re radioactive pour les centaines de mill\u00e9naires \u00e0 venir, et d\u2019en confier le soin \u00e0 la lithosph\u00e8re.<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> Comment \u00e9valuer l\u2019ampleur des risques \u00e9vit\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 cette \u00ab\u00a0s\u00fbret\u00e9 passive\u00a0\u00bb\u00a0? Comment rendre m\u00eame compte de notre incertitude sur de telles \u00e9chelles de temps\u00a0? C\u2019est \u00e0 de telles questions que l\u2019\u00e9valuation socio-\u00e9conomique du projet devra tenter de r\u00e9pondre.<\/p>\n<h3><strong>3. En guise de conclusion<\/strong><\/h3>\n<p>L\u2019influence croissante des m\u00e9thodes issues de la th\u00e9orie de la d\u00e9cision dans l\u2019\u00e9valuation (et, par ce biais, dans l\u2019\u00e9laboration) des politiques publiques n\u2019a pas manqu\u00e9 de susciter des critiques y voyant une nouvelle illustration de \u00ab\u00a0l\u2019imp\u00e9rialisme de l\u2019\u00e9conomie\u00a0\u00bb. Il est vrai que les tenants de ces m\u00e9thodes n\u2019ont pas toujours su garder en vue leurs limites et le caract\u00e8re relatif des pr\u00e9conisations qui en d\u00e9coulent. Cependant, comme ce court tour d\u2019horizon a cherch\u00e9 \u00e0 le montrer, la discipline elle-m\u00eame s\u2019est progressivement \u00e9loign\u00e9e d\u2019une vision monolithique de l\u2019analyse des d\u00e9cisions publiques.<\/p>\n<p>Les contradictions du mod\u00e8le canonique du comportement rationnel sont apparues de fa\u00e7on plus claire dans la th\u00e9orie de la d\u00e9cision que dans la th\u00e9orie du choix, son \u00e9quivalent en univers certain. La prise en compte de la diversit\u00e9 des situations d\u2019incertitude a conduit, par exemple, \u00e0 valider l\u2019usage du principe de pr\u00e9caution.<\/p>\n<p>En outre, il est apparu que la mise en \u0153uvre pratique des outils de la th\u00e9orie faisait intervenir de nombreux choix en dehors du champ de la th\u00e9orie elle-m\u00eame, particuli\u00e8rement s\u2019agissant de d\u00e9cisions publiques. Ainsi, le choix de la mesure de l\u2019incertitude et des croyances consid\u00e9r\u00e9es admissibles, celui du degr\u00e9 d\u2019aversion pour le risque ou l\u2019ambigu\u00eft\u00e9, ou encore celle du taux d\u2019actualisation, sont en partie du domaine de l\u2019\u00e9thique et m\u00eame de la politique.<\/p>\n<p>De m\u00eame, les d\u00e9bats au sujet de la valorisation de la vie ont conduit au remplacement progressif de l\u2019approche \u00ab\u00a0objective\u00a0\u00bb fond\u00e9e sur le capital humain par des mesures subjectives fond\u00e9es sur le consentement \u00e0 payer ou \u00e0 recevoir.<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> Enfin, la contestation de l\u2019usage d\u2019une unit\u00e9 de mesure unique des cons\u00e9quences, g\u00e9n\u00e9ralement mon\u00e9taire, a conduit au d\u00e9veloppement de l\u2019analyse multicrit\u00e8res.<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>A la lumi\u00e8re de ces consid\u00e9rations, il faut bien constater qu\u2019en mati\u00e8re de d\u00e9cision face aux risques sociaux, comme dans bien d\u2019autres domaines de l\u2019analyse \u00e9conomique, nous ne disposons pas de th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale fournissant des r\u00e9ponses \u00ab\u00a0cl\u00e9 en mains\u00a0\u00bb \u00e0 des questions pratiques. Nous disposons en revanche d\u2019un ensemble d\u2019outils th\u00e9oriques et empiriques permettant de mieux poser et analyser quantit\u00e9 de probl\u00e8mes de d\u00e9cisions complexes &#8211; et donc d\u2019am\u00e9liorer nos choix collectifs. Ces outils restent tr\u00e8s pertinents et productifs pour mener une analyse syst\u00e9matique des alternatives, qui permette d\u2019int\u00e9grer les points de vue de diff\u00e9rentes parties prenantes et les apports de disciplines diverses. La th\u00e9orie de la d\u00e9cision s\u2019enrichit en retour de ces exp\u00e9riences, comme elle l\u2019a fait depuis son origine.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Un d\u00e9cideur a de l\u2019aversion pour le risque si, entre deux loteries pr\u00e9sentant la m\u00eame esp\u00e9rance de gains, il pr\u00e9f\u00e8re celle dont la variance est la moindre, ce qu\u2019il fait pr\u00e9cis\u00e9ment lorsqu\u2019il choisit de verser des primes d\u2019assurance pour se pr\u00e9munir contre une perte actuariellement moindre.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Les r\u00e9f\u00e9rences centrales pour ces deux cas sont respectivement von Neumann, J. et O. Morgenstern (1944), Theory of Games and Economic Behavior. Princeton University Press, Princeton; et Savage, L. (1954), The Foundations of Statistics. Dover Publications, New York.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Allais, M. (1953), \u2018Le comportement de l\u2019homme rationnel devant le risque : Critique de l\u2019\u00e9cole<\/em><\/p>\n<p><em>am\u00e9ricaine\u2019, Econometrica, 21, pp. 503-46; Ellsberg, D. (1961), \u2018Risk, Ambiguity, and the Savage Axioms\u2019, Quarterly Journal of Economics, 75(4), pp. 643-69.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Tversky, A. et D. Kahneman (1973), \u2018Availability: A Heuristic for Judging Frequency and Probability\u2019, Cognitive Psychology, 5, pp. 207-232, Tversky, A. et D. Kahneman (1974), \u2018Judgment Under Uncertainty: Heuristics and Biases\u2019, Science, 185, pp. 1124-31; Tversky, A. et D. Kahneman (1981), \u2018The Framing of Decisions and the Psychology of Choice\u2019, Science, 211, pp. 453-8.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> Slovic, P. (sous la direction de) (2000), The Perception of Risk. Earthscan, Londres.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Une incertitude de ce type peut \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e par des probabilit\u00e9s de second ordre ou par des mesures sous-additives. Voir Etner, J., Jeleva, M. et J.-M. Tallon (2012), &lsquo;Decision Theory Under Ambiguity&rsquo;, Journal of Economic Surveys, 26 (2), pp.234-70.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> Les crit\u00e8res de repr\u00e9sentativit\u00e9, dits de Pareto, assurent que le d\u00e9cideur est indiff\u00e9rent entre deux \u00e9tats A et B lorsque tous les membres de la soci\u00e9t\u00e9 le sont (Pareto faible) et qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re strictement A \u00e0 B lorsqu\u2019un seul individu en fait de m\u00eame et qu\u2019aucun autre n\u2019a la pr\u00e9f\u00e9rence inverse (Pareto fort). Voir Harsanyi, J. (1955), \u2018Cardinal Welfare, Individualistic Ethics, and Inter-personal Comparisons of Utility\u2019, Journal of Political Economy, 63, pp. 309-21.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> On d\u00e9montre ainsi que les pr\u00e9f\u00e9rences d\u2019un groupe d\u2019individus ayant des go\u00fbts et des croyances divers ne pouvaient \u00eatre agr\u00e9g\u00e9es sans contrevenir soit aux crit\u00e8res de rationalit\u00e9 bay\u00e9sienne, soit \u00e0 l\u2019une des conditions de repr\u00e9sentativit\u00e9 par\u00e9tienne. Voir Mongin, P. (1995), \u2018Consistent Bayesian Aggregation\u2019, Journal of Economic Theory, 66, pp. 313-51.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> Gollier, C. (2001), The Economics of Risk and Time. The MIT Press, Cambridge, Massachussetts.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> Arrow, K. J. et R. C. Lind (1970), \u2018Uncertainty and the Evaluation of Public Investment Decisions\u2019,<\/em><\/p>\n<p><em>American Economic Review, 60, pp. 364-78. Il faut toutefois noter que ce r\u00e9sultat d\u00e9pend du rapport entre l\u2019importance des pertes encourues et le nombre d\u2019agents et, de ce fait, ne peut \u00eatre suppos\u00e9 valide pour des risques catastrophiques tels que ceux d\u2019une pand\u00e9mie ou d\u2019un accident nucl\u00e9aire.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> Farmer, F. R. (1967), &lsquo;Siting Criteria: A New Approach&rsquo;, Proceedings of the IAEA Symposium<\/em><\/p>\n<p><em>on Nuclear Siting, pp. 303-29. Agence Internationale de l\u2019\u00c9nergie Atomique, Vienne.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> Starr, C. (1969), \u2019Social Benefit versus Technological Risk\u2019, Science, 165, pp. 1232-8.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> Stern,\u00a0 N.\u00a0 (2006), The Economics of Climate Change: The Stern Review. Cambridge University Press, Cambridge et New York.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> Voir Gollier, C. et M. Weitzman (2010), &lsquo;How should the distant future be discounted when discount rates are uncertain?&rsquo;, Economics Letters, 107(3), pp.350-3; Arrow. K. J. et al. (2014), &lsquo; Should Governments Use a Declining Discount Rate in Project Analysis?&rsquo;, Review of Environmental Economics and Policy, 8(2), pp.145\u201363.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> Pour une revue des applications \u00e0 la r\u00e9glementation des risques sanitaires et environnementaux, on pourra se reporter \u00e0 Viscusi, W. K. (2007), \u2019Regulation of Health, Safety and Environmental Risks\u2019, in A. M. Polinsky et S. Shavell (sous la direction de), Handbook of Law and Economics, Vol. 1, Elsevier, North- Holland.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> Voir Andra (2016), Dossier d\u2019options de s\u00fbret\u00e9 \u2013 Partie apr\u00e8s fermeture (DOS-AF). Document technique 398-B. Agence nationale pour la gestion des d\u00e9chets radioactifs.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> Pour une discussion synth\u00e9tique et assez compl\u00e8te des m\u00e9thodes de l\u2019analyse co\u00fbts-b\u00e9n\u00e9fices, on pourra se reporter \u00e0 Adler, M. D. et E. A. Posner (1999), Rethinking Cost-Benefit Analysis, Yale Law Journal, 109(2), pp. 165-230.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a> Keeney, R. L. et H. Raiffa (1976), Decisions with Multiple Objectives: Preferences and Value Trade-offs. Wiley, New York.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle attitude convient-il d\u2019adopter face \u00e0 un projet tel que le stockage g\u00e9ologique des d\u00e9chets nucl\u00e9aires, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019\u00e9tat de nos connaissances, de ses avantages, de ses co\u00fbts et des risques\u00a0? En mati\u00e8re de politiques publiques comme dans le monde \u00e9conomique et dans la vie commune, de tels probl\u00e8mes de d\u00e9cision en pr\u00e9sence d\u2019incertitude abondent. 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