{"id":4034,"date":"2019-04-08T08:31:22","date_gmt":"2019-04-08T06:31:22","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=4034"},"modified":"2019-04-08T08:44:18","modified_gmt":"2019-04-08T06:44:18","slug":"jeux-dargent-entre-economie-sante-publique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=4034","title":{"rendered":"Les jeux d\u2019argent : entre \u00e9conomie et sant\u00e9 publique"},"content":{"rendered":"<p>D\u2019abord interdits en France, les jeux de hasard et d\u2019argent ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9galis\u00e9s progressivement \u00e0 partir du dernier tiers du XVIIIe si\u00e8cle avec notamment la cr\u00e9ation de la Loterie royale. Au XIXe si\u00e8cle, vont se d\u00e9velopper en France les casinos (d\u00e9cret de 1806 qui permit au Pr\u00e9fet de police de d\u00e9livrer des autorisations d\u00e9rogatoires pour les stations baln\u00e9aires) ; puis au XXe si\u00e8cle le PMU (Pari mutuel urbain en 1931) et la Loterie nationale (en 1933).<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, la politique fran\u00e7aise des jeux est assise sur ce r\u00e9gime ancien de droits exclusifs accord\u00e9s a\u0300 la Fran\u00e7aise des jeux (FDJ) pour les jeux de tirage ou de grattage et les paris sportifs dans son r\u00e9seau de points de vente, au PMU pour des paris hippiques dans son propre r\u00e9seau de points de vente, et aux casinos pour op\u00e9rer des jeux de table ou des machines \u00e0 sous, compl\u00e9t\u00e9 en 2010 par un nouveau r\u00e9gime d\u2019agr\u00e9ments d\u2019op\u00e9rateurs priv\u00e9s, d\u00e9livr\u00e9s par une autorit\u00e9 de r\u00e9gulation (ARJEL), sur trois secteurs de jeux d\u2019argent en ligne : les paris sportifs, les paris hippiques et le poker.<\/p>\n<h3><strong>Un secteur \u00e9conomique florissant<\/strong><\/h3>\n<p>Le jeu a pris une place croissante dans le budget des Fran\u00e7ais. Les d\u00e9penses de jeu ont r\u00e9guli\u00e8rement augment\u00e9 ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es. Elles repr\u00e9sentent environ 10\u00a0% des d\u00e9penses que les m\u00e9nages consacrent aux loisirs et \u00e0 la culture, soit 0,8 % de l\u2019ensemble de leurs d\u00e9penses. En 2017, ces d\u00e9penses s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 10,5 milliards d\u2019euros, soit une d\u00e9pense nette de 200 euros par habitant majeur [1].<\/p>\n<p>Trois activit\u00e9s regroupent la grande majorit\u00e9 des d\u00e9penses des m\u00e9nages en mati\u00e8re de jeux d\u2019argent : loterie, casinos et paris hippiques. Les d\u00e9penses de loterie (jeux de tirage ou grattage achet\u00e9s en point de vente ou sur Internet) sont, de loin les plus importantes. Ces jeux repr\u00e9sentent un peu plus de 40\u00a0% des d\u00e9penses totales. Les d\u00e9penses affect\u00e9es aux jeux de casinos, dont les machines \u00e0 sous, et aux paris hippiques viennent en deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me position. Ces deux secteurs sont en d\u00e9croissance sur la p\u00e9riode, plus tardivement pour les paris hippiques qui occupent la deuxi\u00e8me place depuis 2009. Enfin, les paris sportifs, dont la part dans les d\u00e9penses (tous supports confondus) reste encore modeste, sont la seule activit\u00e9 qui enregistre une augmentation continue et remarquable sur ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es (de 0 \u00e0 10,3\u00a0% des d\u00e9penses en 2017).<\/p>\n<p>Internet prend une place croissante dans la part des d\u00e9penses nettes (11,2 % en 2017). La progression de la part des d\u00e9penses sur Internet s\u2019explique par le d\u00e9veloppement des moyens de connexion mobiles ainsi que par l\u2019\u00e9volution du cadre r\u00e9glementaire.<\/p>\n<h3><strong>Les pratiques de jeu des Fran\u00e7ais<\/strong><\/h3>\n<p>En 2014, 74 % des Fran\u00e7ais \u00e2g\u00e9s de 15 \u00e0 75 ans d\u00e9clarent avoir jou\u00e9 au moins une fois \u00e0 un jeu d\u2019argent et de hasard au cours de leur vie et 56,2 % au moins une fois au cours de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e [2].<\/p>\n<p>Les activit\u00e9s les plus pratiqu\u00e9es sont les jeux de loterie (tirage ou grattage), tr\u00e8s loin devant les paris hippiques ou sportifs, les jeux de casino et le poker. Les supports de jeu traditionnels (point de vente de la FDJ ou du PMU, casinos) restent largement dominants. Toutefois, on estime que le jeu en ligne est pratiqu\u00e9 par environ 10 % de l\u2019ensemble des joueurs, soit entre 2,4 millions et 2,9 millions de personnes. Ce vecteur de jeu est surtout utilis\u00e9 par les joueurs de poker (quatre joueurs sur dix) et, dans une moindre mesure, par les adeptes des paris sportifs (un joueur sur quatre).<\/p>\n<p>Une large majorit\u00e9 des personnes pratiquant des jeux d\u2019argent et de hasard le font de mani\u00e8re occasionnelle. Parmi les joueurs au cours de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e, la moiti\u00e9 joue entre 1 et 15 fois dans l\u2019ann\u00e9e, pr\u00e8s d\u2019un tiers (31,5 %) pratique ce type d\u2019activit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement, c\u2019est-\u00e0-dire au moins 52 fois dans l\u2019ann\u00e9e, et 15,4 % jouent au moins 104 fois, soit deux fois ou plus par semaine. Un peu plus de la moiti\u00e9 des joueurs d\u00e9pense moins de 100\u20ac par an pour leur activit\u00e9, un sur dix d\u00e9pense plus de 1000\u20ac.<\/p>\n<h3><strong>Le \u00ab jeu probl\u00e9matique \u00bb<\/strong><\/h3>\n<p>Les pratiques de jeu sont d\u00e9crites dans les enqu\u00eates \u00e9pid\u00e9miologiques selon un continuum allant du jeu \u00ab sans risque \u00bb au jeu \u00ab pathologique \u00bb en passant par le jeu \u00ab \u00e0 risque \u00bb (faible ou mod\u00e9r\u00e9). Les qualifications sont variables pour un niveau de risque donn\u00e9. Au niveau international, on dispose de plusieurs outils permettant de classer un individu dans une cat\u00e9gorie \u00e0 l\u2019aide de diff\u00e9rents crit\u00e8res. C\u2019est l\u2019Indice canadien du jeu excessif (ICJE) qui a \u00e9t\u00e9 choisi pour les enqu\u00eates \u00e9pid\u00e9miologiques en France [3].<\/p>\n<p>Le joueur pathologique (ou excessif) est un joueur qui r\u00e9pond aux crit\u00e8res cliniques d\u2019une addiction, c\u2019est-\u00e0-dire une app\u00e9tence pour le jeu &#8211; et ses effets h\u00e9doniques et psychostimulants &#8211; alli\u00e9e \u00e0 une perte de contr\u00f4le avec la poursuite du comportement de jeu malgr\u00e9 ses effets n\u00e9fastes physiques, psychiques ou sociaux (Goodman). Un joueur \u00e0 risque (mod\u00e9r\u00e9) est un joueur pour lequel on rel\u00e8ve des dommages li\u00e9s \u00e0 son comportement de jeu mais qui garde une certaine capacit\u00e9 de contr\u00f4le sur son comportement.<\/p>\n<h3><strong>Les pratiques de jeu \u00e0 risque en France<\/strong><\/h3>\n<p>En 2014, selon les estimations fond\u00e9es sur l\u2019ICJE, parmi les personnes ayant d\u00e9clar\u00e9 avoir jou\u00e9 un jeu d\u2019argent et de hasard au cours de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e, 3,9 % peuvent \u00eatre class\u00e9s comme joueurs \u00e0 risque mod\u00e9r\u00e9 et 0,9 % comme des joueurs excessifs. Rapport\u00e9es \u00e0 l\u2019ensemble de la population, ces donn\u00e9es donnent une pr\u00e9valence de : 2,2 % de joueurs \u00e0 risque mod\u00e9r\u00e9 et 0,5 % de joueurs excessifs soit respectivement, environ 1 million d\u2019une part et 220 000 Fran\u00e7ais d\u2019autre part.<\/p>\n<p>La pr\u00e9valence du jeu probl\u00e9matique est li\u00e9e aux variables relatives aux habitudes et pratiques de jeu : la fr\u00e9quence, la d\u00e9pense, le type de jeu pratiqu\u00e9, le fait de jouer en ligne, la multi-activit\u00e9 et la pr\u00e9cocit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rimentation du jeu d\u2019argent. Ce constat est \u00e9galement v\u00e9rifi\u00e9 dans des enqu\u00eates \u00e9quivalentes \u00e0 l\u2019enqu\u00eate fran\u00e7aise [4,5]. Il est \u00e9galement soutenu par de nombreux travaux scientifiques [6].<\/p>\n<h3><strong>La politique publique sur les jeux d\u2019argent\u00a0: des objectifs en tension<\/strong><\/h3>\n<p>Les objectifs de la politique publique relative aux jeux d\u2019argent et de hasard sont\u00a0: d\u2019encadrer le d\u00e9veloppement de ce secteur \u00e9conomique d\u2019importance, de s\u2019assurer que cette activit\u00e9 s\u2019exerce sur l\u2019offre r\u00e9gul\u00e9e par l\u2019Etat et de contenir l\u2019ampleur des dommages socio-sanitaires qu\u2019elle peut entrainer pour certains joueurs.<\/p>\n<p>Un des moyens d\u2019\u00e9valuer si ce dernier objectif est atteint est de mesurer la pr\u00e9valence du jeu probl\u00e9matique : proportion de joueurs ayant une pratique \u00ab probl\u00e9matique \u00bb du jeu au regard de crit\u00e8res de rep\u00e9rage scientifiquement \u00e9tablis.<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue \u00e9conomique, quand on observe le chiffre d\u2019affaires du commerce des jeux d\u2019argent, on constate que le poids relatif des \u00ab\u00a0joueurs probl\u00e9matiques\u00a0\u00bb est bien plus important. En effet, les d\u00e9penses des joueurs probl\u00e9matiques repr\u00e9sentent 40 % des d\u00e9penses totales de l\u2019ensemble des joueurs (dont : 23,6 % pour les joueurs \u00e0 risque mod\u00e9r\u00e9, 16,6 % pour les joueurs excessifs).<\/p>\n<p>Les joueurs probl\u00e9matiques d\u00e9pensent bien plus que les autres joueurs. Il n\u2019est donc pas \u00e9tonnant que la part des d\u00e9penses de jeu attribuables aux joueurs probl\u00e9matiques soit bien plus \u00e9lev\u00e9e que leur poids relatif en termes d\u2019effectifs. Ces r\u00e9sultats sur l\u2019enqu\u00eate fran\u00e7aise sont confirm\u00e9s par de nombreuses \u00e9tudes men\u00e9es sur des donn\u00e9es d\u2019autres pays [7,8,9,10].<\/p>\n<h3><strong>Concentration des d\u00e9penses et jeu probl\u00e9matique<\/strong><\/h3>\n<p>La d\u00e9pense annuelle moyenne d\u00e9clar\u00e9e par l\u2019ensemble des joueurs est de 685 \u20ac. Ce chiffre moyen n\u2019a pas beaucoup de sens car la distribution des joueurs selon leur niveau de d\u00e9pense est tr\u00e8s asym\u00e9trique. Une majorit\u00e9 des joueurs ne consacre que de petites sommes \u00e0 leur activit\u00e9 de jeu et une toute petite minorit\u00e9 y d\u00e9pense de fortes sommes ; ceci explique la grande diff\u00e9rence entre m\u00e9diane et moyenne. La d\u00e9pense m\u00e9diane est de 96\u20ac. Les trois quarts des d\u00e9penses sont attribuables aux 10 % des joueurs les plus d\u00e9pensiers ; 1 % des joueurs les plus d\u00e9pensiers repr\u00e9sentent 62 % des d\u00e9penses (Figure 1).<\/p>\n<div id=\"attachment_4035\" style=\"width: 730px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-4035\" class=\"size-full wp-image-4035\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/2.png\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"575\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/2.png 720w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/2-300x240.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/2-600x479.png 600w\" sizes=\"(max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><p id=\"caption-attachment-4035\" class=\"wp-caption-text\">Figure 1 : Courbe de concentration des d\u00e9penses des joueurs en France en 2014<\/p><\/div>\n<p>Cette concentration varie selon le type de jeu. Les jeux pour lesquels cette concentration est la plus forte sont aussi ceux pour lesquels on rel\u00e8ve une plus grande proportion de joueurs probl\u00e9matiques\u00a0: les machines \u00e0 sous et jeux de casino, le poker et les paris sportifs et hippiques par rapport aux jeux de tirage ou de grattage.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude r\u00e9cente, s\u2019appuyant sur les donn\u00e9es d\u2019enqu\u00eates nationales de trois pays ayant des contextes de jeux d\u2019argent diff\u00e9rents, montre de fortes relations positives entre l\u2019indice de Gini des d\u00e9penses de jeux d\u2019argent dans les pays concern\u00e9s et (1) la part des revenus provenant des joueurs probl\u00e9matiques, et (2) les d\u00e9penses exc\u00e9dentaires des joueurs probl\u00e9matiques (d\u00e9finies comme la diff\u00e9rence entre la part des revenus provenant du groupe des joueurs probl\u00e9matiques et la pr\u00e9valence des joueurs probl\u00e9matiques parmi les joueurs). Cette \u00e9tude interpr\u00e8te ces r\u00e9sultats comme un lien entre l\u2019effet du jeu probl\u00e9matique &#8211; d\u00e9penses excessives et disproportionn\u00e9es &#8211; et la concentration de la demande de jeux [11].<\/p>\n<h3><strong>Conclusion<\/strong><\/h3>\n<p>La derni\u00e8re enqu\u00eate nationale men\u00e9e en France sur ce sujet nous indique que les jeux d\u2019argent et de hasard sont pratiqu\u00e9s actuellement par une majorit\u00e9 de Fran\u00e7ais et que cette activit\u00e9 s\u2019inscrit tr\u00e8s massivement dans une pratique de type occasionnel, sans risques av\u00e9r\u00e9s. Toutefois, dans 5 % des cas, ces pratiques peuvent devenir probl\u00e9matiques et avoir un impact n\u00e9gatif sur le plan sanitaire ou social. Ceci concernerait plus d\u2019un million de Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Les joueurs probl\u00e9matiques d\u00e9pensant plus que les autres joueurs, leur contribution au chiffre d\u2019affaires du jeu est bien plus importante que leur poids relatif dans la population des joueurs. On estime ainsi que 40 % du chiffre d\u2019affaires des jeux est g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par l\u2019activit\u00e9 des joueurs probl\u00e9matiques. Il existe un lien av\u00e9r\u00e9 entre indicateurs de concentration des d\u00e9penses relatives \u00e0 un jeu et sa dimension probl\u00e9matique. Ceci devrait nous conduire \u00e0 utiliser de tels indicateurs de concentration pour surveiller le risque social sur les march\u00e9s des jeux d\u2019argent.<\/p>\n<p><em>Mots-cl\u00e9s :\u00a0Jeu &#8211; Jeu probl\u00e9matique &#8211; Sant\u00e9 &#8211; Loterie<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><em>BIBLIOGRAPHIE<\/em><\/p>\n<p><em>[1] Costes, J.-M., &amp; Eroukmanoff, V. (2017). Evolution des d\u00e9penses aux jeux d\u2019argent et de hasard sur la p\u00e9riode 2000 &#8211; 2016. ODJ, (8), 5.<\/em><\/p>\n<p><em>[2] Costes, J.-M., Eroukmanoff, V., Richard, J.-B., &amp; Tovar, M.-L. (2015). Les jeux d\u2019argent et de hasard en France en 2014. ODJ, (4), 9.<\/em><\/p>\n<p><em>[3] Ferris, J., &amp; Wynne, H. (2001). The Canadian problem gambling index. Ottawa, ON: Canadian Centre on Substance Abuse.<\/em><\/p>\n<p><em>[4] Kairouz, S., Nadeau, L., &amp; Paradis, C. (2011). Enqu\u00eate ENHJEU &#8211; Qu\u00e9bec. Portrait du jeu au Qu\u00e9bec\u202f: pr\u00e9valence, incidence et trajectoires sur quatre ans. Montr\u00e9al: Universit\u00e9 Concordia.<\/em><\/p>\n<p><em>[5] Wardle, H. (2011). British gambling prevalence survey 2010 (National Centre for Social Research-Gambling Commission). Norwich: TSO.<\/em><\/p>\n<p><em>[6] Inserm. (2008). Jeux de hasard et d\u2019argent. Contextes et addictions. Paris: Inserm.<\/em><\/p>\n<p><em>[7]\u00a0Australia Productivity Commission. (2010). Gambling Inquiry Report. Canberra: Productivity Commission.<\/em><\/p>\n<p><em>[8]\u00a0Orford, J., Wardle, H., &amp; Griffiths, M. (2013). What proportion of gambling is problem gambling? Estimates from the 2010 British Gambling Prevalence Survey. International Gambling Studies, 13(1), 4\u201118.<\/em><\/p>\n<p><em>[9] Williams, R. J., &amp; Wood, R. T. (2004). The proportion of gaming revenue derived from problem gamblers: Examining the issues in a Canadian context. Analyses of social issues and public policy, 4(1), 33\u201345.<\/em><\/p>\n<p><em>[10]\u00a0Williams, R. J., &amp; Wood, R. T. (2007). The Proportion of Ontario Gambling Revenue Derived From Problem Gamblers. Canadian Public Policy, 33(3), 367\u2011388.<\/em><\/p>\n<p><em>[11] Fiedler, I., Kairouz, S., Costes, J.-M., &amp; Wei\u00dfm\u00fcller, K. S. (2019). Gambling spending and its concentration on problem gamblers. Journal of Business Research, 98, 82\u201191.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019abord interdits en France, les jeux de hasard et d\u2019argent ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9galis\u00e9s progressivement \u00e0 partir du dernier tiers du XVIIIe si\u00e8cle avec notamment la cr\u00e9ation de la Loterie royale. 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