{"id":3581,"date":"2018-11-05T10:08:10","date_gmt":"2018-11-05T08:08:10","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=3581"},"modified":"2018-11-05T10:08:10","modified_gmt":"2018-11-05T08:08:10","slug":"representation-cartographique-villes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=3581","title":{"rendered":"La repr\u00e9sentation cartographique des villes"},"content":{"rendered":"<p>Le num\u00e9ro 53 d\u2019Insee Analyses Ile-de-France propose une analyse sur \u00ab\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/2572750\">une mosa\u00efque sociale propre \u00e0<\/a> Paris<\/span><\/span>\u00a0\u00bb, proposant la carte de la Figure 1.<\/p>\n<div id=\"attachment_3583\" style=\"width: 636px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3583\" class=\"size-full wp-image-3583\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/1.png\" alt=\"\" width=\"626\" height=\"578\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/1.png 626w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/1-300x277.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/1-600x554.png 600w\" sizes=\"(max-width: 626px) 100vw, 626px\" \/><p id=\"caption-attachment-3583\" class=\"wp-caption-text\">Figure 1 : INSEE, Insee Analyses 53, 2017<\/p><\/div>\n<p>Cette carte est <em>a priori<\/em> famili\u00e8re \u00e0 beaucoup de monde, dans le sens o\u00f9 on reconnait rapidement la ville repr\u00e9sent\u00e9e, on sait y retrouver rapidement diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments, et on sait lire l\u2019information pr\u00e9sent\u00e9e, presque instinctivement. Dans l\u2019histoire urbaine, la mani\u00e8re dont on voyait, et dont on repr\u00e9sentait les cartes, a souvent \u00e9t\u00e9 \u00e0 la base de l\u2019am\u00e9nagement des villes. Changer de repr\u00e9sentation a permis de modifier la structure des villes. Nous allons reprendre ici les deux grands tournants historiques, \u00e9voqu\u00e9s dans S\u00f6derstr\u00f6m (1996), en nous inspirant de deux ouvrages r\u00e9cents : la repr\u00e9sentation de Rome au d\u00e9but de la Renaissance, et les premiers plans ichnographiques, d\u00e9crite dans Maier (2015), et les cartes \u00ab\u00a0sociales\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0sanitaires\u00a0\u00bb de Londres des fonctionnaires victoriens, d\u00e9crites dans Vaughan (2018). En particulier, ces derni\u00e8res sont les anc\u00eatres des cartes de zonage, abondamment utilis\u00e9es en urbanisme, mais correspondant aussi \u00e0 la majorit\u00e9 des cartes produites par les statisticiens et les \u00e9conomistes (la carte de l\u2019INSEE en est un exemple). Et certaines cartes datant du si\u00e8cle pass\u00e9 n\u2019ont rien \u00e0 envier aux cartes produites aujourd\u2019hui, \u00e0 l\u2019\u00e8re du <em>big data<\/em>.<\/p>\n<h3>Rome, Leon Battista Alberti et Leonardo Bufalini, et les mobiles immuables<\/h3>\n<p>Dans l\u2019histoire de l\u2019urbanisme, <em>De Re Aedificatoria<\/em> d&rsquo;Alberti (pr\u00e9sent\u00e9 sous forme manuscrite au pape Nicolas V en 1452, mais publi\u00e9 seulement en 1485) est souvent mentionn\u00e9 comme un texte fondateur, comme le rappelle Choay (1980). Le trait\u00e9 d&rsquo;Alberti est effectivement le premier texte \u00e0 consid\u00e9rer la construction (Alberti pr\u00e9f\u00e8re le terme \u00ab\u00a0\u00e9dification\u00a0\u00bb &#8211; <em>\u00e6dificatoria<\/em> &#8211; pour couvrir \u00e0 la fois l&rsquo;architecture et l&rsquo;urbanisme) en termes d&rsquo;un domaine autonome auquel la m\u00e9thode rationnelle doit \u00eatre appliqu\u00e9e. L\u2019histoire de la repr\u00e9sentation voit un tournant avec la Renaissance, avec des formes figur\u00e9es pour repr\u00e9senter l\u2019espace urbain. On va quitter l\u2019esth\u00e9tique m\u00e9di\u00e9vale avec la red\u00e9couverte de la perspective, qui va produire une rationalisation de ce qui peut \u00eatre vu, m\u00eame si elle induit souvent une vision partielle de l\u2019objet. Dans son trait\u00e9, Leon Battista Alberti propose une m\u00e9thode scientifique r\u00e9gissant l\u2019art de la construction de la maison, mais aussi de la ville enti\u00e8re. Mais c\u2019est dans <em>Descriptio urbis Romae<\/em>, \u00e9crit probablement \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, qu\u2019il approfondit l\u2019id\u00e9e de la planification urbaine, en prenant l\u2019exemple particulier de Rome.<\/p>\n<p>Dans son ouvrage, Alberti ne propose aucun plan de Rome, mais une liste d\u2019instructions \u00e0 suivre pour en constituer un, avec les tableaux de coordonn\u00e9es de plusieurs \u00e9l\u00e9ments importants de la ville, naturels, mais aussi artificiels. La liste inclut les remparts, le fleuve (le Tibre), les portes de la ville, plus d\u2019une trentaine de b\u00e2timents publics, incluant le Capitole, qui pour Alberti, constitue le point de r\u00e9f\u00e9rence du plan urbain. Il propose pour repr\u00e9senter la ville d\u2019utiliser un disque d\u00e9coup\u00e9 en 48 portions, et d\u2019utiliser la distance au Capitole (en plus d\u2019un compas) pour placer n\u2019importe quel \u00e9difice. Tous les calculs sont d\u00e9taill\u00e9s dans <em>Ludi Matematici Descriptio<\/em>, utilisant des techniques de triangulation. En 1450, Alberti invente le plan g\u00e9om\u00e9trique, correspondant \u00e0 ce que nous appellerions aujourd\u2019hui le plan d\u2019une ville, m\u00eame si la forme circulaire peut surprendre au premier abord (voir la Figure 2), et ne correspond pas au plan ichnographique que nous utilisons tous aujourd\u2019hui (obtenu par projection horizontale et g\u00e9om\u00e9trale sur un plan).<\/p>\n<div id=\"attachment_3585\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3585\" class=\"wp-image-3585\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/2-1024x907.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"620\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/2-1024x907.png 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/2-300x266.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/2-600x531.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/2-1080x956.png 1080w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/2.png 1319w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-3585\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2\u00a0: reconstitution de la carte d\u2019Alberti dans Descriptio urbis Romae, par Luigi Vagnetti dans Lo studio di Roma negli scritti albertiani (1974). Source\u00a0: Maier (2015)<\/p><\/div>\n<p>Son plan correspond \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un nouveau mode de repr\u00e9sentation, tr\u00e8s g\u00e9om\u00e9trique. Mais il faudra attendre le plan de Leonardo Bufalini en 1531 pour voir arriver le premier plan ichnographique (il serait injuste d\u2019oublier le plan d\u2019Imola dessin\u00e9 en 1503 par L\u00e9onard de Vinci). Si le plan d\u2019Alberti indiquait les coordonn\u00e9es d\u2019un \u00e9difice, Bufalini d\u00e9cida d\u2019incorporer le plan au sol des b\u00e2timents dans son plan de la ville.<\/p>\n<div id=\"attachment_3586\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3586\" class=\"wp-image-3586\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/3-1024x853.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"583\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/3-1024x853.png 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/3-300x250.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/3-600x500.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/3-1080x899.png 1080w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/3-1320x1099.png 1320w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/3.png 1321w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-3586\" class=\"wp-caption-text\">Figure 3\u00a0: carte de Bufalini, Roma, 1551, British Library Londres. Source\u00a0: Maier (2015)<\/p><\/div>\n<p>Mais si le plan d\u2019Alberti a autant marqu\u00e9, c\u2019est aussi parce qu\u2019il est arriv\u00e9 au moment o\u00f9 le pape Nicolas V lan\u00e7a un plan de reconstruction de Rome, concernant un quartier entier, allant du ch\u00e2teau Saint Ange \u2013 ou <em>Castel Sant&rsquo;Angelo<\/em> \u2013 et le Vatican. C\u2019est probablement la premi\u00e8re planification urbaine \u00e0 cette \u00e9chelle, proposant d\u2019utiliser la forme urbaine comme instrument d\u2019ing\u00e9nierie sociale. La repr\u00e9sentation d\u2019Alberti a aid\u00e9 ce projet, avec une vision scientifique de la carte, n\u2019\u00e9tant plus tributaire des comp\u00e9tences artistiques de l\u2019artiste, ou d\u2019inscrire la carte dans un r\u00e9cit qui lui donnerait sens. Cette carte urbaine est autosuffisante, contenant les termes de sa propre signification. Pour reprendre la terminologie de Latour (1989), ces repr\u00e9sentations qui peuvent \u00eatre d\u00e9tach\u00e9es du lieu (ou de l&rsquo;objet) qu&rsquo;elles repr\u00e9sentent, \u00ab\u00a0<em>tout en restant immuables pour qu&rsquo;elles puissent \u00eatre d\u00e9<\/em><em>plac\u00e9es dans toutes les directions sans distorsion, perte ou corruption suppl\u00e9mentaire<\/em>\u00a0\u00bb correspondent \u00e0 des mobiles immuables. La carte d\u2019Alberti est un des premiers exemples de ces mobiles immuables. Elle juxtapose le naturel et la construction humaine, le profane et le sacr\u00e9, pla\u00e7ant la mesure et la position comme uniques valeurs.<\/p>\n<p>Ces plans voient l\u2019espace urbain comme un tout, ne proposant pas un unique point de vue, comme les cartes plus classiques (pour l\u2019\u00e9poque) de Jacopo Filippo Foresti, par exemple (voir Figure 4). Il est possible de prendre le point de vue de Foresti pour voir sa carte. La carte d\u2019Alberti, elle, n\u2019existe qu\u2019en tant qu\u2019objet abstrait.<\/p>\n<div id=\"attachment_3587\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3587\" class=\"wp-image-3587\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/4-1024x819.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"560\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/4-1024x819.png 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/4-300x240.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/4-600x480.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/4-1080x863.png 1080w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/4-1320x1055.png 1320w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/4.png 1321w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-3587\" class=\"wp-caption-text\">Figure 4\u00a0: vue de Rome par Jacopo Filippo Foresti, 1490. Source\u00a0: Maier (2015)<\/p><\/div>\n<p>Si la carte de Leonardo Bufalini a r\u00e9volutionn\u00e9 la cartographie urbaine, et si le plan ichnographique est la repr\u00e9sentation dominante aujourd\u2019hui, ces cartes sont toutefois rest\u00e9es longtemps marginales, car exclusivement r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 des fins administratives, militaires ou administratives. La carte de Foresti n\u2019a d\u2019ailleurs pas compl\u00e8tement disparu\u00a0: on la retrouve dans les cartes touristiques, par exemple, peu soucieuses des proportions, cherchant simplement \u00e0 mettre en sc\u00e8ne des monuments, ou \u00e0 signaler des itin\u00e9raires. On oppose alors une vision souvent locale, horizontale (\u00e0 l\u2019\u00e9chelle humaine finalement) \u00e0 une vision parfois dite z\u00e9nithale qui propose de concevoir les objets en termes abstraits. C\u2019est cette derni\u00e8re qui permet de repr\u00e9senter la ville sous formes de quartiers diff\u00e9rents, avec des niveaux de richesses diff\u00e9rents par exemple, aboutissant aux plans g\u00e9om\u00e9triques de statistique sociale \u00e0 l\u2019\u00e9poque victorienne, permettant de faire l\u2019objet de recensement, de mesure, de comparaison.<\/p>\n<p>On pourra noter \u00e9galement la carte de Rome de 1748 cr\u00e9\u00e9e par Giambattista Nolli. Auparavant, Leonardo Bufalini proposa de prendre le point de vue d&rsquo;un aigle, volant au-dessus de la ville. Nolli a \u00e9tabli la pratique d\u00e9sormais courante, de repr\u00e9senter des villes enti\u00e8res d&rsquo;en haut sans un seul point focal, chaque bloc \u00e9tant plut\u00f4t consid\u00e9r\u00e9 comme si le cartographe \u00e9tait directement au-dessus.<\/p>\n<div id=\"attachment_3588\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3588\" class=\"wp-image-3588\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/5-1024x615.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"420\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/5-1024x615.jpg 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/5-300x180.jpg 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/5-600x360.jpg 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/5-1080x648.jpg 1080w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/5-1280x768.jpg 1280w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/5-627x376.jpg 627w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/5-440x264.jpg 440w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/5.jpg 1319w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-3588\" class=\"wp-caption-text\">Figure 5 : la carte de Rome de Giambattista Nolli, 1748. Source : Sylvain Mottet<\/p><\/div>\n<h3>Londres, Thomas More et Charles Booth, et les cartes de zonage<\/h3>\n<p>\u00c0 la fin du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle (\u00e0 partir de 1870) on voit en Allemagne les premi\u00e8res \u00ab\u00a0cartes sociales\u00a0\u00bb, n\u00e9es dans le contexte d\u2019une population urbaine de plus en plus dense, de tensions sociales importantes, et d\u2019une d\u00e9t\u00e9rioration des conditions sanitaires. Les urbanistes allemands ont propos\u00e9 une vision de la ville novatrice, comme un organisme vivant qu\u2019il convenait de faire fonctionner plus efficacement. En 1876, Reinhard Baumeister dans <em>Stadterweiterungen in technischer, baupolizeilicher und wirtschaftlicher Beziehung<\/em> et surtout Josef St\u00fcbben dans <em>Der St\u00e4<\/em><em>dtebau<\/em>, en 1890, ont propos\u00e9 les premiers manuels de planification urbaine. Ainsi, Baumeister propose, vers la fin du premier chapitre, de recourir \u00e0 un plan d&rsquo;expansion urbaine, un plan directeur destin\u00e9 \u00e0 organiser l&rsquo;espace urbain futur. Pour lui, il s&rsquo;agissait d&rsquo;assurer la stabilit\u00e9 et le bon fonctionnement d&rsquo;une ville con\u00e7ue comme un organisme vivant pour faire face aux probl\u00e8mes auxquels elle est confront\u00e9e : surpopulation dans certains quartiers, probl\u00e8mes de circulation et d&rsquo;hygi\u00e8ne, troubles sociaux, etc. Pour ce faire, il sugg\u00e8re de sp\u00e9cialiser les secteurs de la ville en termes fonctionnels et sociaux \u2013 ce que nous appellerons par la suite un \u00ab\u00a0plan de zonage\u00a0\u00bb (ou <em>Bauzonenplan<\/em>) \u2013 et de garantir la p\u00e9rennit\u00e9 de cette sp\u00e9cialisation. Toutefois, il met en garde contre un plan directeur trop rigide et inflexible\u00a0: le d\u00e9veloppement urbain ne peut \u00eatre planifi\u00e9 avec trop de pr\u00e9cision, et il est donc contre-productif de vouloir le figer dans un cadre totalement pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9. Son plan vise \u00e0 fournir des directives g\u00e9n\u00e9rales n\u00e9cessaires \u00e0 la coh\u00e9sion de l&rsquo;organisme urbain. Il note en particulier que plus il y aura de directives, plus elles devront faire l&rsquo;objet de plans locaux dont l&rsquo;horizon temporel sera limit\u00e9.<\/p>\n<p>Le plan de zonage n&rsquo;a certes pas \u00e9t\u00e9 con\u00e7u \u00e0 l&rsquo;origine comme faisant partie du plan directeur, mais il est tr\u00e8s vite devenu le document cl\u00e9, sa partie la plus claire et la plus efficace. L\u2019objectif \u00e9tait de comprendre, en un seul coup d&rsquo;\u0153il, l&rsquo;ensemble de la ville dans le cadre d\u2019un projet administratif. Il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019avoir une vision d&rsquo;ensemble de la ville (ce que le plan ichnographique permettait d\u00e9j\u00e0) mais d\u2019utiliser des codes de couleurs facilitant aussi la r\u00e9gulation totale de cette ville. Ce plan de zonage a en particulier permis de pr\u00e9dire plusieurs ann\u00e9es, voire des d\u00e9cennies \u00e0 l&rsquo;avance, quelles seraient les caract\u00e9ristiques morphologiques et fonctionnelles d&rsquo;une zone d\u00e9termin\u00e9e. En particulier, il permettait aux investisseurs d&rsquo;anticiper l&rsquo;avenir d&rsquo;une zone et de garantir un certain retour sur leurs investissements.<\/p>\n<p>Cette vision propos\u00e9e par Baumeister a ainsi permis de mieux voir, par exemple, que les zones les plus bourgeoises \u00e9taient souvent situ\u00e9es dans l\u2019ouest des villes. Cette position s\u2019explique simplement par le fait que ces zones sont souvent plus saines d\u2019un point de sanitaire\u00a0: la fum\u00e9e et le smog produits par les villes sont dispers\u00e9s dans les couches sup\u00e9rieures de l&rsquo;atmosph\u00e8re, et lorsque le vent vient de l&rsquo;ouest (ce qui arrive le plus souvent dans la majorit\u00e9 des villes europ\u00e9ennes) la fum\u00e9e et le smog sont transport\u00e9s vers l&rsquo;est et vers les couches inf\u00e9rieures de l&rsquo;atmosph\u00e8re. A partir de cette observation, il devient naturel de construire les usines \u00e0 l\u2019est et les habitations \u00e0 l\u2019ouest. Les travaux de Baumeister n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 que th\u00e9oriques\u00a0: il a travaill\u00e9 \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement de la ville de Francfort en 1891, puis Berlin, Cologne, Essen, etc. A Francfort, il propose ainsi l\u2019id\u00e9e de zones concentriques, reprise par la suite par de nombreux \u00e9conomistes. La Figure 6 reprend cette forme de ville, dans un article publi\u00e9 en 1925 par Ernest Burgess (qui sera par la suite un des fondateurs de l\u2019\u00e9cole de Chicago). Au d\u00e9but de la premi\u00e8re guerre mondiale, toutes les villes allemandes avaient un plan de zonage. Et dans les ann\u00e9es suivantes, ce sont les \u00c9tats-Unis qui ont adopt\u00e9 le concept, avec New York en 1916, et plus de 500 villes en 1926. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, le zonage a \u00e9t\u00e9 officiellement institutionnalis\u00e9, avec l\u2019accord de la Cour Supr\u00eame. En 1933, c\u2019est la Charte d\u2019Ath\u00e8nes qui reconna\u00eet le zonage comme t\u00e2che principale et centrale de la planification urbaine.<\/p>\n<div id=\"attachment_3589\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3589\" class=\"wp-image-3589\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/6-992x1024.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"723\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/6-992x1024.png 992w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/6-291x300.png 291w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/6-600x619.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/6-1080x1115.png 1080w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/6.png 1234w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-3589\" class=\"wp-caption-text\">Figure 6\u00a0: Burgess, la ville concentrique, 1925. Source\u00a0: Vaughan (2018)<\/p><\/div>\n<p>Mais en parall\u00e8le du d\u00e9veloppement allemand, o\u00f9 les fonctionnaires imaginent les instruments de l\u2019urbanisme contemporain, la planification sociale en Angleterre se fait dans un contexte de tensions sociales fortes. La paup\u00e9risation d&rsquo;une grande partie de la population, les nombreux logements tr\u00e8s pr\u00e9caires, les conditions sanitaires d\u00e9sastreuses et l&rsquo;augmentation de la criminalit\u00e9 dans les grandes villes ont fait de la gestion du d\u00e9veloppement urbain un sujet extr\u00eamement sensible, et politique. Il n\u2019est pas surprenant de voir para\u00eetre les travaux de Patrick Geddes \u00e0 \u00c9dimbourg. Biologiste de formation (on retrouve la ville vue comme un organisme vivant) et anarchiste militant, il pensait l\u2019image, la cartographie comme outils centraux pour lutter contre la pauvret\u00e9. Il a d\u00e9velopp\u00e9 et plaid\u00e9 en faveur de l&rsquo;utilisation de la statistique et de la cartographie dans le cadre de l&rsquo;am\u00e9nagement du territoire et de l&rsquo;urbanisme, probablement plus que quiconque \u00e0 cette \u00e9poque. Mais l\u2019histoire retiendra surtout les travaux de Charles Booth, \u00e0 Londres, \u00e0 partir de 1886.<\/p>\n<p>Charles Booth, qui a commenc\u00e9 comme marchand et armateur, s\u2019est consacr\u00e9 pleinement \u00e0 la fin du 19<sup>\u00e8me<\/sup> aux premi\u00e8res enqu\u00eates sociales, bas\u00e9es sur une taxonomie pr\u00e9cise des cat\u00e9gories sociales. Il fut ainsi le premier \u00e0 produire des cartes sociales couvrant l&rsquo;ensemble d&rsquo;un espace urbain. Ses enqu\u00eates se concentr\u00e8rent d&rsquo;abord sur l&rsquo;East End, le quartier le plus d\u00e9favoris\u00e9 de Londres, avant de s&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 toute la ville, sur plus de 17 ann\u00e9es. Son objectif \u00e9tait de fournir une \u00e9tude scientifique des conditions de vie de la population londonienne afin de mettre un terme aux images des quartiers d\u00e9favoris\u00e9s. Comme il le dit en 1902, son objectif \u00e9tait d\u2019\u00e9tablir \u00ab\u00a0<em>the numerical relation which poverty, misery and depravity bear to regular earnings and comparative comfort, and to describe the general conditions under which each class lives<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;approche adopt\u00e9e par Booth a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur la cr\u00e9ation d&rsquo;une classification statistique des cat\u00e9gories sociales, allant de A (la classe inf\u00e9rieure) \u00e0 H (la classe moyenne sup\u00e9rieure). Il a donc cr\u00e9\u00e9, \u00e0 partir des notes prises sur le terrain par les inspecteurs, une taxonomie qui distingue les diff\u00e9rents secteurs du spectre social. Il a ainsi chiffr\u00e9 le nombre de \u00ab\u00a0pauvres\u00a0\u00bb (classes A-D) \u00e0 300 000 personnes dans l&rsquo;East End et 1 300 000 pour l&rsquo;ensemble de la ville, soit pr\u00e8s du tiers de la population totale \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. L&rsquo;impact des chiffres sur le public a \u00e9t\u00e9 \u00e9norme et a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9 par les cartes de la pauvret\u00e9 qui ont \u00e9t\u00e9 incluses dans les volumes de r\u00e9sultats traitant d&rsquo;abord de l&rsquo;East End, puis, quelques ann\u00e9es plus tard, de la ville enti\u00e8re, comme illustr\u00e9 par la Figure 7.<\/p>\n<div id=\"attachment_3590\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3590\" class=\"wp-image-3590\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/7-1024x808.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"553\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/7-1024x808.png 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/7-300x237.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/7-600x474.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/7-1080x853.png 1080w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/7.png 1320w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-3590\" class=\"wp-caption-text\">Figure 7\u00a0: Charles Booth, Map Descriptive of London Poverty, 1898. Source\u00a0: Vaughan (2018). Voir aussi https:\/\/booth.lse.ac.uk\/map\/<\/p><\/div>\n<p>La carte permet de passer d\u2019une logique sociale \u00e0 une logique spatiale\u00a0: une classe particuli\u00e8re se trouve traduite en termes cartographiques, devient un b\u00e2timent, un bloc de maisons, une rue, une zone urbaine enti\u00e8re. La carte sociale a donc permis de penser la ville en termes d&rsquo;unit\u00e9s spatiales homog\u00e8nes. Ce raisonnement est essentiel pour l&rsquo;urbanisme : il ne pouvait en effet pas se d\u00e9velopper dans le contexte de la complexit\u00e9 du discours, distinguant les diff\u00e9rents habitants d&rsquo;un m\u00eame b\u00e2timent. Cette vision sociale de la cartographie, en mettant l\u2019accent sur les bidonvilles et les quartiers pauvres, est \u00e0 rapprocher d\u2019un objectif sanitaire.<\/p>\n<p>Cela dit, penser le d\u00e9veloppement urbain en termes d&rsquo;interventions sanitaires, destin\u00e9es \u00e0 gu\u00e9rir la soci\u00e9t\u00e9 de ses maux, n\u2019est pas nouveau. En 1516, Thomas More a fond\u00e9 l&rsquo;une des formes principales de la th\u00e9orie de l&rsquo;urbanisme, commen\u00e7ant par un diagnostic de la maladie pour ensuite proposer une solution d\u00e9finitive par une restructuration totale de la forme urbaine. Au cours du 18<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, la traduction de ce principe consistait \u00e0 en isoler des zones d&rsquo;intervention particuli\u00e8res (caract\u00e9ris\u00e9es par leur insalubrit\u00e9) et de les supprimer, balayant le pass\u00e9 urbain. La solution retenue \u00e0 la fin du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle est plut\u00f4t de travailler \u00e0 partir de ce qui existait d\u00e9j\u00e0, et de trouver les solutions les plus efficaces pour g\u00e9rer les changements futurs probables dans le contexte urbain.<\/p>\n<p>On commence \u00e0 relier les maladies \u00e0 la densit\u00e9 de population, \u00e0 une mauvaise ventilation et \u00e0 l&rsquo;humidit\u00e9. \u00ab <em>Le sale, le malsain, l\u2019infectieux, le corrompu ou simplement la puanteur sont les cat\u00e9gories qui permettent de penser ce que nous nommons aujourd\u2019hui la pollution<\/em> \u00bb pour reprendre les termes de Fureix et Jarrige (2015). On passe alors de la carte sociale \u00e0 la \u00ab\u00a0carte morale\u00a0\u00bb, une ville pens\u00e9e par les hygi\u00e9nistes. La g\u00e9ographie morale, qui jusqu&rsquo;alors faisait l&rsquo;objet d&rsquo;observations partielles et non syst\u00e9matis\u00e9es, trouve dans la carte un espace (graphique) qui la synth\u00e9tise et l&rsquo;organise. La carte sociale a donn\u00e9 la vision globalisatrice n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;une planification urbaine, et \u00e0 la localisation pr\u00e9cise des sites n\u00e9cessaires au fonctionnement cibl\u00e9 et rationnel de son action th\u00e9rapeutique. On a en t\u00eate la cartographie du docteur John Snow en 1854 sur l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra, pr\u00e9sent\u00e9e (et actualis\u00e9e) sur la Figure 8. A l\u2019\u00e9poque, la th\u00e9orie dominante \u00e9tait la th\u00e9orie des miasmes, affirmant que les maladies comme la peste ou le chol\u00e9ra se propageaient sous la forme de mauvais air. En 1854, avec l&rsquo;aide du r\u00e9v\u00e9rend Henry Whitehead, en interrogeant des r\u00e9sidents du quartier, il\u00a0 \u00e9tablit la r\u00e9partition g\u00e9ographique des cas, et identifie la source de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie : une pompe d&rsquo;eau publique dans Broad Street. Si les recherches microbiennes n\u2019ont pas \u00e9tabli scientifiquement le danger de la pompe d\u2019eau, l\u2019\u00e9tude cartographique de la propagation de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie a suffi \u00e0 convaincre les autorit\u00e9s de la fermer.<\/p>\n<div id=\"attachment_3591\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3591\" class=\"wp-image-3591\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/8-1024x578.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"395\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/8-1024x578.png 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/8-300x169.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/8-600x339.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/8-1080x610.png 1080w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/8-1320x745.png 1320w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/8.png 1360w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-3591\" class=\"wp-caption-text\">Figure 8\u00a0: John Snow, On the Mode of Communication of Cholera, 1855. Source\u00a0:\u00a0 https:\/\/tabsoft.co\/2y82nbf<\/p><\/div>\n<p>Cela dit, comme le rappelle Vaughan (2018), on retrouve des travaux similaires partout en Angleterre \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, comme la <em>Sanitary Map of the Town of Leeds<\/em> d\u2019Edwin Chadwick, repr\u00e9sent\u00e9e sur la Figure 9. Sur cette carte, Chadwick identifie deux groupes d\u2019habitations\u00a0: les maisons de la classe ouvri\u00e8re et les magasins, les <em>workhouses <\/em>et les maisons des artisans. Les points de couleurs, indiquant des maladies contagieuses, ne semblent prolif\u00e9rer que dans les quartiers populaires. En particulier, la carte a permis de noter que les malades ne vivaient pas dans des r\u00e9gions contigu\u00ebs, mais qu&rsquo;ils sont parsem\u00e9s autour de la carte.<\/p>\n<div id=\"attachment_3592\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3592\" class=\"wp-image-3592\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/9-1024x1020.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"697\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/9-1024x1020.png 1024w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/9-150x150.png 150w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/9-300x300.png 300w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/9-600x597.png 600w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/9-1080x1075.png 1080w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/9.png 1189w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-3592\" class=\"wp-caption-text\">Figure 9\u00a0: Edwin Chadwick, Sanitary Map of the Town of Leeds, 1842. Source\u00a0: Vaughan (2018) et https:\/\/bit.ly\/2zL3pM8<\/p><\/div>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\"><span class=\"st\"><span lang=\"IT\">Si la cartographie de la ville est aujourd\u2019hui complexe et riche, on notera que les \u00e9conomistes ont mis beaucoup de temps \u00e0 quitter le mod\u00e8le de la \u00ab\u00a0ville lin\u00e9aire\u00a0\u00bb, introduit dans Hotelling (1929), longuement raffin\u00e9 au cours du temps, comme le montre la Figure 10, opposant la partie r\u00e9sidentielle (RD \u2013 <i>residential district<\/i>), au centre des affaires (BD \u2013 <i>business district<\/i>). Mais c\u2019est une autre histoire\u2026<\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_3593\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3593\" class=\"wp-image-3593\" src=\"http:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/10.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"732\" srcset=\"https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/10.png 932w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/10-287x300.png 287w, https:\/\/variances.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/10-600x628.png 600w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-3593\" class=\"wp-caption-text\">Figure 10\u00a0: les diff\u00e9rentes formes de la ville lin\u00e9aire. Source\u00a0: Fujita &amp; Thisse (1997)<\/p><\/div>\n<hr \/>\n<p><em>Booth, Charles (1902). Life and Labour in London. 17 volumes.<\/em><\/p>\n<p><em>Burgess, Ernest (1925). The Growth of the City: An Introduction to a Research Project. <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/bit.ly\/2P15tVK\">https:\/\/bit.ly\/2P15tVK<\/a><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p><em>Choay, Fran\u00e7oise (1980). La r\u00e8gle et le mod\u00e8le, Paris, Seuil.<\/em><\/p>\n<p><em>Fujita, Masahisa et Thisse, Jacques-Francois. (1997), \u00c9conomie g\u00e9ographique, Probl\u00e8mes anciens et nouvelles perspectives. Annales d&rsquo;\u00c9conomie et de Statistique, 45, 37-87.<\/em><\/p>\n<p><em>Fureix, Emmanuel et Jarrige, Fran\u00e7ois. (2015), La modernit\u00e9 d\u00e9senchant\u00e9e : relire l\u2019histoire du XIXe si\u00e8cle fran\u00e7ais, Paris, La D\u00e9couverte.<\/em><\/p>\n<p><em>Hotelling, Harold (1929). Stability in Competition. The Economic Journal, 39, 41-57.<\/em><\/p>\n<p><em>Latour, Bruno (1989). La science en action. Paris, La D\u00e9couverte.<\/em><\/p>\n<p><em>Maier, Jessica (2015). Rome, measured and imagined. The University of Chicago Press.<\/em><\/p>\n<p><em>S\u00f6derstr\u00f6m, Ola (1996). Paper cities: visual thinking in urban planning. Ecumene, 3, 249-281.<\/em><\/p>\n<p><em>Vaughan, Laura (2018). Mapping Society: The Spatial Dimensions of Social Cartography. UCL Press. <span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff; text-decoration: underline;\" href=\"https:\/\/bit.ly\/2RhJlHY\">https:\/\/bit.ly\/2RhJlHY<\/a><\/span><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le num\u00e9ro 53 d\u2019Insee Analyses Ile-de-France propose une analyse sur \u00ab\u00a0une mosa\u00efque sociale propre \u00e0 Paris\u00a0\u00bb, proposant la carte de la Figure 1. Cette carte est a priori famili\u00e8re \u00e0 beaucoup de monde, dans le sens o\u00f9 on reconnait rapidement la ville repr\u00e9sent\u00e9e, on sait y retrouver rapidement diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments, et on sait lire l\u2019information [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":3620,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[168,133],"tags":[],"class_list":["post-3581","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-metropoles","category-themes","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3581","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3581"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3581\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3620"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3581"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3581"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3581"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}