{"id":3370,"date":"2018-09-07T08:00:27","date_gmt":"2018-09-07T06:00:27","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=3370"},"modified":"2018-09-07T08:06:07","modified_gmt":"2018-09-07T06:06:07","slug":"systeme-chilien-de-retraites-quil-enseigne-possible-reforme-francaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=3370","title":{"rendered":"Le syst\u00e8me chilien de retraites et ce qu\u2019il enseigne sur une possible r\u00e9forme fran\u00e7aise"},"content":{"rendered":"<p>En mati\u00e8re de politique \u00e9conomique, on cherche toujours des exp\u00e9riences pures, celles dont il est relativement facile de tirer des conclusions. C\u2019est le cas du Chili, qui a organis\u00e9 la couverture du risque vieillesse en recourant quasi exclusivement \u00e0 un syst\u00e8me de capitalisation \u00e0 cotisations d\u00e9finies. La plupart des autres pays ont des solutions mixtes, m\u00e9langeant diff\u00e9rents types de couverture. La France organise l\u2019essentiel de son syst\u00e8me autour d\u2019un r\u00e9gime de r\u00e9partition \u00e0 prestations d\u00e9finies, ce qui est le cas polaire du chilien.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me chilien a une origine historique pr\u00e9cise, \u00e0 savoir sa compl\u00e8te d\u00e9sorganisation qui pr\u00e9valait avant sa r\u00e9forme de 1981 sous la dictature militaire, \u00e0 savoir une kyrielle de petites caisses de r\u00e9partition \u00e0 prestations d\u00e9finies. Une premi\u00e8re raison de la d\u00e9faillance est qu\u2019une caisse de r\u00e9partition de taille r\u00e9duite, par exemple celle d\u2019une branche professionnelle particuli\u00e8re, est soumise \u00e0 un fort risque d\u00e9mographique si le hasard de la vie industrielle r\u00e9duit le nombre des salari\u00e9s cotisants. C\u2019est alors l\u2019\u00c9tat qui vient \u00e0 l\u2019aide, puisqu\u2019il est socialement difficile de laisser tomber des futurs retrait\u00e9s. On l\u2019a vu en France pour les secteurs du gaz ou des chemins de fer. \u00c0 l\u2019inverse, en cas de \u00ab vache grasse\u00a0\u00bb, soit par vague d\u00e9mographique favorable, soit par profitabilit\u00e9 extr\u00eame du secteur, soit enfin par pouvoir de n\u00e9gociation fort des salari\u00e9s en place, les g\u00e9rants du syst\u00e8me distribuent les avantages avec largesse, ce qui pr\u00e9pare les difficult\u00e9s du futur. En ce sens, pour une bonne gestion du risque, un syst\u00e8me de r\u00e9partition requiert la base de cotisants la plus large possible. On dit que c\u2019est un monopole naturel. Il doit s\u2019organiser sous la forme d\u2019un \u00ab\u00a0r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb de s\u00e9curit\u00e9 sociale. C\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s le cas de la France, m\u00eame si un effort d\u2019unification est encore n\u00e9cessaire, notamment entre les r\u00e9gimes des secteurs publics et priv\u00e9s.<\/p>\n<p>Il aurait fallu au Chili, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019une capitalisation, mettre en place un tel r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est-\u00e0-dire fusionner les multiples caisses sous la houlette de l\u2019\u00c9tat, ce qui, on en convient, n\u2019\u00e9tait pas dans la t\u00eate des Chicago boys entourant Pinochet. Pour la petite histoire, le gouvernement militaire n\u2019a pr\u00e9serv\u00e9 le r\u00e9gime de r\u00e9partition que pour les personnels de l\u2019arm\u00e9e, qui jouissent aujourd&rsquo;hui de conditions de retraite assez jalous\u00e9es par le reste des salari\u00e9s chiliens, ceci bien s\u00fbr tant que l\u2019arm\u00e9e restera riche.<\/p>\n<p>Le Chili a donc retenu un transfert de ressources \u00e0 travers le temps via l\u2019\u00e9pargne et les march\u00e9s financiers, plut\u00f4t que de fa\u00e7on instantan\u00e9e entre actifs et inactifs du temps pr\u00e9sent. Il y avait l\u00e0 un certain pari, puisque les march\u00e9s financiers \u00e9taient embryonnaires \u00e0 l\u2019\u00e9poque dans le pays. \u00c0 ce titre, le pari a \u00e9t\u00e9 en partie gagn\u00e9, avec l\u2019\u00e9mergence d\u2019une industrie de l\u2019\u00e9pargne la plus forte d\u2019Am\u00e9rique latine.<\/p>\n<p>Le Chili l\u2019a fait en m\u00e9langeant approche dirigiste et approche lib\u00e9rale. Le c\u00f4t\u00e9 dirigiste, c\u2019est une cotisation obligatoire \u00e0 la charge du salari\u00e9, de 10% du salaire brut. Le c\u00f4t\u00e9 lib\u00e9ral, c\u2019est le choix d\u2019un syst\u00e8me purement individualis\u00e9 o\u00f9 le retrait\u00e9 touchera, sous forme de rente, le r\u00e9sultat final de sa seule \u00e9pargne personnelle au titre du 10% (il a le droit de cotiser plus, mais peu de gens le font). Dans le jargon, on dit que le syst\u00e8me est \u00e0 \u00ab\u00a0cotisations d\u00e9finies\u00a0\u00bb, avec le principe \u00ab\u00a0chaque peso cotis\u00e9 donne les m\u00eames droits\u00a0\u00bb. Chacun \u2014telle est l\u2019id\u00e9ologie\u2014 doit \u00eatre responsable de sa retraite. Notons aussi que la cotisation est obligatoire tout en restant, au travers des placements qu\u2019elle permet, au sein du patrimoine du salari\u00e9. De la sorte, on \u00e9chappe \u00e0 la qualification de \u00ab\u00a0pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires\u00a0\u00bb et donc \u00e0 sa comptabilisation en imp\u00f4ts. Cela oblige \u00e0 relativiser les comparaisons entre pays en termes de taux de pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires. Par incidente, puisque la cotisation reste au sein du patrimoine, les institutions de gestion de retraite ne se privent pas au Chili de proposer des cr\u00e9dits personnels aux salari\u00e9s gag\u00e9s sur le capital accumul\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur l\u2019\u00ab\u00a0equity\u00a0\u00bb du salari\u00e9. Et ceci, vu d\u2019Europe, \u00e0 des taux usuraires, proches de 18% l\u2019an.<\/p>\n<p>De la sorte, le syst\u00e8me est pleinement financ\u00e9, sans risque de d\u00e9ficit ou d\u2019exc\u00e9dent technique. Il est mis en \u00ab\u00a0autopilote\u00a0\u00bb. C\u2019est un avantage non n\u00e9gligeable si le pays n\u2019a pas la maturit\u00e9 institutionnelle pour bien savoir g\u00e9rer politiquement le n\u00e9cessaire ajustement des param\u00e8tres qu\u2019occasionne tout syst\u00e8me de retraite, notamment quand il offre des garanties sur la retraite future, ce qu\u2019on appelle un syst\u00e8me \u00e0 \u00ab\u00a0prestations d\u00e9finies\u00a0\u00bb (dans ce dernier cas, le salari\u00e9 dispose en g\u00e9n\u00e9ral d\u2019une garantie en termes de pourcentage des salaires terminaux, souscrite souvent par l\u2019entreprise dans le cas de syst\u00e8mes de capitalisation).<\/p>\n<p>De fait, les organisations internationales, Banque mondiale et FMI en premier lieu, ont f\u00e9licit\u00e9 le Chili pour la solidit\u00e9 de son syst\u00e8me. Les d\u00e9l\u00e9gations de nombreux pays, surtout d\u2019Am\u00e9rique latine, ont fait le p\u00e8lerinage \u00e0 Santiago pour en appliquer la recette chez eux. Les gouvernements chiliens se sont berc\u00e9s de cette douce musique et ainsi n\u2019ont pas cherch\u00e9 \u00e0 modifier le syst\u00e8me mis en place, y compris au retour de la d\u00e9mocratie.<\/p>\n<h3><strong>Quelle gestion des risques\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Premier probl\u00e8me\u00a0: c\u2019est d\u00e9sormais le salari\u00e9 qui assume le risque propre aux march\u00e9s financiers\u00a0: quid si au moment de son d\u00e9part en retraite, les cours boursiers sont \u00e0 la baisse\u00a0? C\u2019est la personne physique qui doit assumer et g\u00e9rer de tels risques alors qu\u2019elle est moins bien plac\u00e9e pour le faire, par rapport \u00e0 un \u00c9tat, \u00e0 des entreprises ou \u00e0 des institutions financi\u00e8res. Tr\u00e8s g\u00eanant aussi, quid si l\u2019\u00e9conomie conna\u00eet une longue p\u00e9riode de taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat tr\u00e8s bas\u00a0? Le rendement de la capitalisation devient tr\u00e8s m\u00e9diocre et les retraites tr\u00e8s basses. C\u2019est bien ce qui affecte tous les syst\u00e8mes par capitalisation depuis plus de 30 ans. Et c\u2019est ce que subit brutalement le Chili depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Endormies par le concert de louanges, les autorit\u00e9s n\u2019ont pas cherch\u00e9 \u00e0 relever le taux de cotisation de 10%. Pourtant, le moindre rendement financier devait obliger \u00e0 des cotisations accrues, sauf \u00e0 affecter le pouvoir d\u2019achat des retraites. Le r\u00e9veil est douloureux pour le citoyen chilien qui partageait l\u2019illusion d\u2019un syst\u00e8me optimal\u00a0: il voit, pr\u00e8s de 40 ans apr\u00e8s la r\u00e9forme et alors qu\u2019il a cotis\u00e9 tout du long, la m\u00e9diocrit\u00e9 des retraites qu\u2019on lui verse (de l\u2019ordre de 250 \u20ac par mois en moyenne dans le pays).<\/p>\n<p>Ensuite, le syst\u00e8me, d\u00e9muni de tout \u00e9l\u00e9ment de solidarit\u00e9 interne, est tr\u00e8s brutal. La personne qui est laiss\u00e9e sans travail, ou gravement malade, ou la femme qui \u00e9l\u00e8ve ses jeunes enfants, souffrent d\u2019une carri\u00e8re p\u00e9nalis\u00e9e. Il serait pourtant possible, en maintenant la m\u00eame s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re, d&rsquo;\u00e9tablir des contributions fictives qui introduiraient des \u00e9l\u00e9ments de redistribution. C&rsquo;est, bien s\u00fbr, une option politique et \u00e9thique qui \u00e9chappe \u00e0 la simple technicit\u00e9 du syst\u00e8me de retraite. Cela fait partie d\u2019un pacte social auquel adh\u00e9rerait une grande majorit\u00e9 de Chiliens si les r\u00e8gles du jeu \u00e9taient clairement mises sur la table.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me pr\u00e9voit bien s\u00fbr un \u00ab\u00a0pilier solidaire\u00a0\u00bb, sous la forme d\u2019une pension de base pour les gens d\u00e9munis, une sorte de voiture balai comme l\u2019est le \u00ab\u00a0minimum vieillesse\u00a0\u00bb en France. Ce pilier est essentiellement financ\u00e9 par imp\u00f4t, sur la base d\u2019une s\u00e9paration en v\u00e9rit\u00e9 tr\u00e8s factice entre ce qui rel\u00e8verait de l\u2019\u00ab\u00a0assurance\u00a0\u00bb (caisse de retraite) et ce qui rel\u00e8verait de la \u00ab\u00a0solidarit\u00e9\u00a0\u00bb (le budget de l\u2019\u00c9tat). Mais une telle solidarit\u00e9 n\u2019est, par d\u00e9finition, orient\u00e9e que sur les personnes d\u00e9munies, soit au Chili sur les d\u00e9ciles 1 \u00e0 3 dans la r\u00e9partition des revenus. Pourquoi les gens de la classe moyenne inf\u00e9rieure, pourquoi les femmes ou les personnes ayant connu le ch\u00f4mage n&rsquo;auraient-elles pas acc\u00e8s \u00e0 une protection contre ces faits de la vie, m\u00eame si leur revenu est dans des d\u00e9ciles sup\u00e9rieures\u00a0? Il est pourtant facile de les inscrire dans le syst\u00e8me m\u00eame de calcul des pensions, ce qui est probablement une des fa\u00e7ons les moins co\u00fbteuses, et les plus acceptables socialement, de fournir de telles assurances. Mais cela suppose de corriger le principe \u00ab\u00a0un peso cotis\u00e9 porte les m\u00eames droits \u00e0 retraite\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ceci permet une incidente sur la r\u00e9forme du r\u00e9gime de retraite pr\u00f4n\u00e9e en France par le pr\u00e9sident Macron. Le r\u00e9gime resterait par r\u00e9partition, mais ne serait plus \u00e0 \u00ab\u00a0prestations d\u00e9finies\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire garantissant un certain taux de remplacement d\u2019une certaine moyenne des salaires pass\u00e9s du salari\u00e9 comme le fait aujourd&rsquo;hui le r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. On passerait, selon les projets encore non pr\u00e9cis\u00e9s du gouvernement, \u00e0 un syst\u00e8me de comptes notionnels, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 \u00ab\u00a0cotisations d\u00e9finies\u00a0\u00bb, pleinement financ\u00e9 parce qu\u2019individualis\u00e9. On touche ce qu\u2019on a cotis\u00e9 (compte tenu de la croissance de l\u2019\u00e9conomie), comme si cette cotisation \u00e9tait une \u00e9pargne financi\u00e8re.<\/p>\n<p>Le cas chilien porte \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. Il est indispensable, si l\u2019on opte pour des comptes notionnels, de mettre en dur dans le syst\u00e8me des clauses de solidarit\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rents titres (enfance, ch\u00f4mage, p\u00e9nibilit\u00e9, etc.). C\u2019est ce que font, non sans difficult\u00e9s, les Su\u00e9dois. C\u2019est ce que r\u00e9clame fortement la CFDT, qui pr\u00f4ne un syst\u00e8me \u00e0 la su\u00e9doise, mais en renfor\u00e7ant encore les clauses de solidarit\u00e9 que contient ce syst\u00e8me. Le syst\u00e8me perd en lisibilit\u00e9 et pr\u00e9dictibilit\u00e9 pour chacun puisque le niveau final de la retraite va d\u00e9pendre des appels de solidarit\u00e9 survenus entre temps, mais il gagne en \u00e9quit\u00e9 sociale.<\/p>\n<h3><strong>La question d\u00e9mographique<\/strong><\/h3>\n<p>Les g\u00e9n\u00e9rations sont moins nombreuses, les gens travaillent moins longtemps, les retrait\u00e9s vivent plus longtemps. Il y a eu au Chili l\u2019illusion qu\u2019une capitalisation individuelle prot\u00e9gerait le retrait\u00e9 de ces facteurs d\u00e9mographiques. Or, quel que soit le mode de financement du risque vieillesse, la r\u00e9alit\u00e9 comptable reste incontournable\u00a0: il y a des bouches \u00e0 nourrir, et un certain nombre de bras pour les nourrir. Les pommes de terre ne capitalisent pas toutes seules\u00a0; il faut des bras pour les planter. En premi\u00e8re approche, les syst\u00e8mes de retraite sont donc tous \u00e9quivalents. Dans un cas, le manque de cotisants affecte dans l\u2019imm\u00e9diat et directement les transferts aux retrait\u00e9s. Dans l\u2019autre, ils affectent par manque de bras la marche de l\u2019\u00e9conomie, et donc la valeur financi\u00e8re des actifs productifs de l\u2019\u00e9conomie. C\u2019est ce que conna\u00eet en ce moment le Japon. C\u2019est ce que conna\u00eet \u00e0 un moindre niveau le Chili, dont la d\u00e9mographie et les modes de vie sont d\u00e9sormais proches de ceux de l\u2019Europe. Et il serait tout autant illusoire de couvrir ce risque d\u00e9mographique en investissant massivement en actifs financiers \u00e9trangers, car, si l\u2019on fait exception de certains pays d\u2019Afrique, le ralentissement d\u00e9mographique est d\u00e9sormais, et heureusement, un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial.<\/p>\n<h3><strong>Quelles sont les pistes de r\u00e9forme envisag\u00e9es au Chili\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Il y a d\u00e9sormais un consensus politique pour un fort accroissement des cotisations, qui passeraient de 10 \u00e0 14 ou 15% du salaire brut. Mais pour quel usage\u00a0? Certains plaident pour le statuquo, c&rsquo;est-\u00e0-dire un placement strictement individualis\u00e9 des sommes recueillies. D\u2019autres pour l\u2019introduction d\u2019une dose de solidarit\u00e9, mais avec une ambigu\u00eft\u00e9 sur ce que recouvre cette \u00ab\u00a0solidarit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une totale continuit\u00e9 du syst\u00e8me actuel, en dehors des questions de justice sociale soulev\u00e9es ci-dessus, semble difficile. En effet, il y a bien au Chili une \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ration perdue\u00a0\u00bb, qui sont ces gens qui vont arriver bient\u00f4t en retraite ou qui y sont depuis peu. Il faut traiter la question des retrait\u00e9s pauvres sans croire qu\u2019ils vont se satisfaire de la fable de la cigale et de la fourmi. Historiquement, c\u2019est bien par arriv\u00e9e d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration perdue (en Europe apr\u00e8s la guerre, ou aux \u00c9tats-Unis apr\u00e8s la Grande D\u00e9pression) que les syst\u00e8mes de r\u00e9partition ont \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s\u00a0: il fallait, par ponction sur les actifs d\u2019aujourd&rsquo;hui, verser d\u00e8s aujourd&rsquo;hui du revenu aux personnes plus \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<p>Mais c\u2019est dans le traitement de cette solidarit\u00e9 que les opinions divergent. Certains voudraient qu\u2019on traite le sujet des retrait\u00e9s pauvres en \u00e9tendant, par des prestations publiques financ\u00e9es par l\u2019imp\u00f4t, le filet de solidarit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 en place. Cette solution, on a vu, ne traite le sujet que pour les plus d\u00e9munis, alors que c\u2019est la totalit\u00e9 des salari\u00e9s qui ont des retraites inf\u00e9rieures \u00e0 leur attente. L\u2019autre solution est la mise en place d\u2019un \u00ab\u00a0r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb de retraite, avec des r\u00e8gles de r\u00e9partition \u00e0 d\u00e9finir, prenant en compte notamment les ann\u00e9es d\u2019activit\u00e9 effectu\u00e9es. C\u2019est le d\u00e9bat ouvert aujourd&rsquo;hui au Chili. Avec Sebasti\u00e1n Pi\u00f1era, la nouvelle pr\u00e9sidence de centre-droit semble pencher pour la premi\u00e8re solution.<\/p>\n<p>Dans une vision d\u2019assurance, la seconde solution semble pourtant la bonne. Si sur la tr\u00e8s longue dur\u00e9e, tous les syst\u00e8mes de retraite ont des propri\u00e9t\u00e9s analogues, ils sont loin, sur la moyenne p\u00e9riode, de r\u00e9agir tous de fa\u00e7on similaire aux diff\u00e9rents chocs, d\u00e9mographique, financiers, politiques, etc. qui affectent l\u2019\u00e9conomie. Il faut donc, mot d\u2019ordre premier de tout assureur, di-ver-si-fier, et donc mettre en place diff\u00e9rents piliers de financement, par r\u00e9partition et capitalisation, par cotisations et prestations d\u00e9finies, avec m\u00e9canismes de solidarit\u00e9 inscrit m\u00e9caniquement dans le syst\u00e8me et m\u00e9canismes proc\u00e9dant de la discr\u00e9tion du budget de l\u2019\u00c9tat, de cotisations reposant sur les seuls salaires et de cotisations reposant sur d\u2019autres types de revenus. Il n\u2019y a pas de syst\u00e8me unique qui vaille. La France p\u00e8che ici, \u00e0 l\u2019\u00e9gal du Chili, par le choix d\u2019un mode de financement trop monolithique.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Ce n\u2019est pas le cas du syst\u00e8me Arrco-Agirc de retraites compl\u00e9mentaires pour les cadres du priv\u00e9.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En mati\u00e8re de politique \u00e9conomique, on cherche toujours des exp\u00e9riences pures, celles dont il est relativement facile de tirer des conclusions. C\u2019est le cas du Chili, qui a organis\u00e9 la couverture du risque vieillesse en recourant quasi exclusivement \u00e0 un syst\u00e8me de capitalisation \u00e0 cotisations d\u00e9finies. La plupart des autres pays ont des solutions mixtes, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":39,"featured_media":3372,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[166,133],"tags":[],"class_list":["post-3370","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-retraites","category-themes","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3370","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/39"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3370"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3370\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3372"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3370"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3370"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3370"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}