{"id":3009,"date":"2018-03-21T15:35:47","date_gmt":"2018-03-21T13:35:47","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=3009"},"modified":"2018-03-21T15:35:47","modified_gmt":"2018-03-21T13:35:47","slug":"oser-reves-imaginer-futur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=3009","title":{"rendered":"Oser ses r\u00eaves pour imaginer son futur*"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Avoir conscience de soi, \u00eatre attentif \u00e0 ce qui r\u00e9sonne en nous, avoir l&rsquo;ambition (folle ?) d&rsquo;\u00eatre heureux, exister pleinement plut\u00f4t que se contenter de vivre, autant de r\u00e9flexions ici d\u00e9velopp\u00e9es qui nous ouvrent les voies des soft skills, nouveau Graal de la r\u00e9ussite en entreprise, et bien plus. <\/em><\/strong><\/p>\n<p>A l&rsquo;aube de la vingtaine, le temps des stages et des c\u00e9sures arrive \u00e0 sa fin. Il est l&rsquo;heure d&rsquo;exercer sa libert\u00e9, celle de choisir ce que sera sa premi\u00e8re vraie exp\u00e9rience professionnelle.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes que l&rsquo;on ach\u00e8ve, l&rsquo;\u00e9cole que l&rsquo;on a choisie (ou pas), la fili\u00e8re qui fut la n\u00f4tre nous poussent naturellement vers des fonctions et des entreprises qui nous semblent coh\u00e9rentes avec notre doubl\u00e9 gagnant formation-exp\u00e9riences.<\/p>\n<p>Pourtant une question pourrait nous interroger : veut-on r\u00e9ussir dans la vie ou r\u00e9ussir sa vie ? Autrement dit, quoi faire ? ou qui \u00eatre ? Et si nous choisissions la deuxi\u00e8me option, tellement plus inspirante.<\/p>\n<p>Pour cela il nous faudra sortir de notre zone de confort, de celle qui s&rsquo;est \u00e9crite depuis plusieurs ann\u00e9es sans que l&rsquo;on y r\u00e9fl\u00e9chisse parfois. Cela signifie envisager notre projet professionnel de mani\u00e8re large, en nous interrogeant sur notre <strong>projet de vie<\/strong>.<\/p>\n<p>En cheminant en nous, car pour imaginer ce que l&rsquo;on souhaite faire, il faut avoir <strong>conscience de soi<\/strong>, de qui l&rsquo;on est. Nos envies, notre ambition, notre envol se feront en prenant appui sur nous-m\u00eame. C&rsquo;est cette conscience de soi qui permettra de <strong>r\u00eaver ce que l&rsquo;on voudrait \u00eatre<\/strong>, et donc ce que l&rsquo;on voudrait faire.<\/p>\n<h3><strong>Une \u00ab\u00a0juste\u00a0\u00bb attention \u00e0 soi \u2026?<\/strong><\/h3>\n<p>Avoir conscience de soi, simple \u00e0 dire mais pas toujours facile \u00e0 ressentir. Cela n\u00e9cessite de porter une attention r\u00e9elle \u00e0 ce que l&rsquo;on ressent, cherche, interroge, comprend.<\/p>\n<p>Et, de nos jours, dans notre monde hyper-connect\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la naus\u00e9e parfois, porter attention \u00e0 l&rsquo;autre ou \u00e0 soi n&rsquo;est pas l&rsquo;attitude la plus r\u00e9pandue. Tout va vite, on butine, on acc\u00e9l\u00e8re, on pratique le <em>multitasking <\/em>et le<em> selfie <\/em>tous azimuts. Quand canaliser son attention demande autodiscipline et r\u00e9sistance aux tentations. Vaste et ambitieux programme, pourtant combien n\u00e9cessaire comme le souligne Daniel Goleman, psychologue am\u00e9ricain, dipl\u00f4m\u00e9 de Harvard en psychologie clinique et cr\u00e9ateur du centre pour l&rsquo;apprentissage acad\u00e9mique, social et \u00e9motionnel de l&rsquo;Universit\u00e9 de Chicago.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir publi\u00e9 en 1996 \u00ab\u00a0l&rsquo;Intelligence \u00e9motionnelle\u00a0\u00bb <strong>(1)<\/strong> et d\u00e9velopp\u00e9 le concept de quotient \u00e9motionnel (QE) judicieux compl\u00e9ment du c\u00e9l\u00e8bre QI, Daniel Goleman consacre aujourd&rsquo;hui ses travaux \u00e0 <strong>l&rsquo;attention<\/strong> et \u00e0 son lien direct avec la <strong>capacit\u00e9 \u00e9motionnelle et cognitive<\/strong> du sujet <strong>(2)<\/strong>.<\/p>\n<p>Ainsi, les sciences cognitives dont il est l&rsquo;un des sp\u00e9cialistes mondialement reconnus, nous apprennent-elles que notre attention poss\u00e8de une capacit\u00e9 d&rsquo;efficacit\u00e9 limit\u00e9e contrairement \u00e0 ce que certains pourraient croire.<\/p>\n<p>Celle-ci peut s&rsquo;exercer selon un champ comportemental large allant de :<\/p>\n<ul>\n<li>l&rsquo;attention \u00ab\u00a0ouverte \u00e0 tout\u00a0\u00bb, au monde ext\u00e9rieur, aux autres, \u00e0 soi-m\u00eame. Cette attention large sature cette capacit\u00e9 d&rsquo;efficacit\u00e9 et supprime alors toute possibilit\u00e9 de traitement des informations capt\u00e9es (m\u00e9morisation, utilisation dans un raisonnement, rebonds cr\u00e9atifs \u2026)<\/li>\n<li><em>a contrario<\/em>, l&rsquo;attention peut \u00eatre focalis\u00e9e, concentr\u00e9e, s\u00e9lective. Elle extrait alors le sujet du monde r\u00e9el et l&rsquo;enferme en lui-m\u00eame.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Daniel Goleman souligne la ma\u00eetrise n\u00e9cessaire du sujet qui doit lui permettre d&rsquo;atteindre, entre ces deux postures extr\u00eames, une juste attention, concentr\u00e9e et ouverte sur les informations li\u00e9es \u00e0 la t\u00e2che entreprise tout en se prot\u00e9geant des \u00e9l\u00e9ments parasites.<\/p>\n<p>D\u00e9velopper sa juste attention permettra d&rsquo;une part un bon ajustement \u00e9motionnel, quand <em>a contrario<\/em>, l&rsquo;hyper-concentration ou le butinage seront g\u00e9n\u00e9rateurs de stress, et d&rsquo;autre part de meilleures aptitudes relationnelles \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de l&rsquo;enfermement ou des relations aussi nombreuses que superficielles et vides.<\/p>\n<p>Cet \u00e9quilibre \u00e9motionnel alli\u00e9 \u00e0 une vie relationnelle riche et harmonieuse sera la clef de notre sentiment de <strong>s\u00e9curit\u00e9 existentielle<\/strong> et de notre <strong>facult\u00e9 d&rsquo;adaptation<\/strong>.<\/p>\n<p>Prendre conscience de soi pour mieux entendre ses aspirations, comprendre notre identit\u00e9 profonde n\u00e9cessite de porter une juste attention \u00e0 ce que l&rsquo;on ressent. Faire un arr\u00eat sur image sur soi-m\u00eame et s&rsquo;\u00e9couter, entendre ce qui r\u00e9sonne en nous, ce que nous aimons comme ce que nous d\u00e9testons, se ressentir avec attention et bienveillance, et \u2026 <strong>accueillir ses r\u00eaves<\/strong>.<\/p>\n<h3><strong>Etre heureux.se, folle ambition ?<\/strong><\/h3>\n<p>Quel projet professionnel pour quel projet de vie ? Comment parvenir \u00e0 se sentir bien, \u00e0 \u00eatre heureux dans ses choix de vie ? Comment r\u00e9fl\u00e9chir aujourd&rsquo;hui pour mieux r\u00e9ussir ce challenge ?<\/p>\n<p>Une possibilit\u00e9, gr\u00e2ce aux m\u00e9thodes classiques de coaching fond\u00e9es sur le bilan de comp\u00e9tences, rep\u00e9rer ses points forts, surfer dessus pour choisir sa fili\u00e8re d&rsquo;\u00e9tudes puis son premier poste, savoir se pr\u00e9senter de la mani\u00e8re la plus s\u00e9duisante aux recruteurs-trices que l&rsquo;on rencontre lorsque l&rsquo;on r\u00e9pond aux offres d&#8217;emploi sur lesquelles on tombe par hasard ou presque \u2026 Tout cela est adapt\u00e9 et efficace, c&rsquo;est vrai. Inutile de s&rsquo;inqui\u00e9ter, nos points forts sont nos dipl\u00f4mes, notre cursus de formation synonyme le plus souvent d&rsquo;excellence. Ainsi tout est possible pour nous !<\/p>\n<p>Pourtant, comment expliquer ce qui arrive \u00e0 ces jeunes dipl\u00f4m\u00e9.e.s brillant.e.s, qui apr\u00e8s quelques ann\u00e9es de vie professionnelle \u00ab\u00a0r\u00e9ussie\u00a0\u00bb, \u00e9prouvent une forme de malaise, tout en contemplant leur compte en banque rebondi ou en manageant de main ferme, voire autoritaire une large \u00e9quipe plus ou moins d\u00e9vou\u00e9e. Ils ou elles sont en apparence riches ou puissant.e.s mais un malaise, plus ou moins conscient, les habite.<\/p>\n<p>Comment expliquer le mal-\u00eatre de ces quinquas, ces quadras, ces trentenaires que l&rsquo;on voit souffrir en silence ? ces souffrances physiques qui apparaissent, qui une minerve, qui un lumbago invalidant ? ces sorties de route ? ces burn-out ? ces familles en souffrance, ces divorces ? car, \u00e9videmment, tout est m\u00eal\u00e9.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre ces caboss\u00e9.e.s de la vie professionnelle ont-ils.elles oubli\u00e9 leurs \u00e9motions en donnant une priorit\u00e9 absolue \u00e0 leur p\u00f4le intellectuel ? Combien de fois entend-on \u00ab\u00a0il faut d\u00e9velopper ses comp\u00e9tences intellectuelles et g\u00e9rer-maitriser ses \u00e9motions\u00a0\u00bb? V\u0153u pieu s&rsquo;il en est, car <strong>les \u00e9motions ne se maitrisent pas<\/strong>, elles font ce qu&rsquo;elles veulent ! et violemment si on ne les respecte pas.<\/p>\n<p>Les \u00e9motions sont une part fondamentale de notre enti\u00e8ret\u00e9. <strong>(3)<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est nous, dans cette enti\u00e8ret\u00e9, qui vivons et travaillons, nous, nos \u00e9motions, notre sensibilit\u00e9, nos envies, nos enthousiasmes, nos peurs, nos tristesses, en un mot notre plus ou moins grand \u00e9quilibre affectif et non pas seulement notre cerveau et sa brillante capacit\u00e9 \u00e0 construire des mod\u00e8les performants, inventer de savantes strat\u00e9gies ou r\u00e9ussir une transformation digitale.<\/p>\n<p>Notre intelligence \u00e9motionnelle nous permettra l&#8217;empathie, la perspicacit\u00e9, la capacit\u00e9 de persuasion, de bienveillance\u2026<\/p>\n<p>Porter <strong>une juste attention \u00e0 nos \u00e9motions<\/strong>, savoir les accueillir. Elles sont le pilier de notre conscience identitaire, socle de notre confiance en nous. Et de notre bonheur. Ce bonheur qu&rsquo;il est l\u00e9gitime de rechercher.<\/p>\n<p>En 2002, le doyen de Harvard a demand\u00e9 \u00e0 Tal Ben Shahar, philosophe-psychologue, d&rsquo;initier un cours sur le bonheur destin\u00e9 aux \u00e9tudiant.e.s du c\u00e9l\u00e8bre campus. La premi\u00e8re ann\u00e9e, ce furent 8 \u00e9tudiant.e.s qui suivirent cet enseignement in\u00e9dit ; l&rsquo;ann\u00e9e suivante ils \u00e9taient 380, puis 855 en troisi\u00e8me ann\u00e9e pour, aujourd&rsquo;hui, \u00eatre plusieurs milliers \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de ces cours en direct, en ligne ou \u00e0 l&rsquo;aide des publications de Tal Ben Shahar <strong>(4)<\/strong>. Interrog\u00e9e sur ce qu&rsquo;elle en retirait, une \u00e9tudiante d\u00e9clara simplement : \u00ab\u00a0ce cours am\u00e9liore ma vie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Le bonheur<\/strong>, ce \u00ab\u00a0bien-\u00eatre subjectif\u00a0\u00bb comme le qualifie l&rsquo;OMS est aussi, selon l&rsquo;organisme, une potentielle \u00ab\u00a0bombe \u00e0 retardement \u00e9conomique et sociale\u00a0\u00bb si l&rsquo;on ne le consid\u00e8re pas comme un objectif prioritaire de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Au dernier CES de Las Vegas plusieurs start-up de l&rsquo;\u00e9mergente <strong><em>happytech<\/em><\/strong> pr\u00e9sentaient des solutions favorisant le bien-\u00eatre des salari\u00e9.e.s d&rsquo;entreprises. Leurs clients potentiels sont les nouveaux <em>Chief Happiness Officers <\/em>qui, aujourd&rsquo;hui, jouent un r\u00f4le effectif dans le management de certaines entreprises soucieuses du bien-\u00eatre de leurs collaborateurs, synonyme de meilleure productivit\u00e9.<\/p>\n<h3><strong>Vivre n&rsquo;est pas exister<\/strong><\/h3>\n<p>Si la juste attention \u00e0 nos \u00e9motions est l&rsquo;un des deux piliers du <strong>sentiment d&rsquo;exister<\/strong>, l&rsquo;autre puise sa source dans les relations interpersonnelles qui font de l&rsquo;animal social que nous sommes un membre de la communaut\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>Robert Neuberger, psychiatre fran\u00e7ais rappelle dans son ouvrage \u00ab\u00a0Exister &#8211; le plus intime et fragile des sentiments\u00a0\u00bb <strong>(5)<\/strong> que ce sentiment consiste \u00e0 \u00eatre en accord avec la fa\u00e7on dont se d\u00e9roule notre vie. Car vivre n&rsquo;est pas exister, nous vivons parce que l&rsquo;on nous a donn\u00e9 la vie, &#8211; sans avoir sollicit\u00e9 notre consentement -, quand notre sentiment d&rsquo;exister est une construction qui nous implique et nous revient. Cette construction sera d&rsquo;autant plus difficile que nous sommes des \u00eatres libres, libres de nos choix comme de nos non-choix ; en un mot, responsables de nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>Robert Neuberger d\u00e9clare \u00ab\u00a0l&rsquo;existence de chacun repose sur un double r\u00e9seau constitu\u00e9 d&rsquo;un <strong>r\u00e9seau relationnel<\/strong> sur lequel se superpose un <strong>r\u00e9seau d&rsquo;appartenance<\/strong>. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 l&rsquo;attachement, de l&rsquo;autre l&rsquo;engagement dans une appartenance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ces deux types de relations nous ont construit.e.s et continuent de le faire tout au long de notre vie en influen\u00e7ant ce que nous sommes. Notre conscience de cette influence est plus ou moins grande. Accepter de regarder lucidement cette construction, c&rsquo;est accepter de prendre conscience de ce que l&rsquo;on est, conscience de nous.<\/p>\n<p>Pour Robert Neuberger, les relations interpersonnelles qui nous construisent sont les relations nourrici\u00e8re (m\u00e8re ou p\u00e8re), d&rsquo;autorit\u00e9 (m\u00e8re ou p\u00e8re ou autorit\u00e9 symbolique), fraternelle (fratrie et pairs) et amoureuse (Albert Camus : \u00ab\u00a0A lui faire sentir si souvent qu&rsquo;elle existait pour lui, il la faisait exister r\u00e9ellement\u00a0\u00bb<strong>(6)<\/strong>).<\/p>\n<p>Simultan\u00e9ment les appartenances auxquelles nous sour\u00e7ons notre sentiment d&rsquo;exister sont le groupe familial, les groupes fraternels (fratrie ou pairs), le couple (qui dans sa dimension sexu\u00e9e inscrit l&rsquo;individu dans son identit\u00e9 genr\u00e9e) et les groupes-tribus (de partage de valeurs).<\/p>\n<p>Cette construction influence notre vie et, de fait, notre posture professionnelle : en effet, le monde du travail sera investi par chacun.e d&rsquo;entre nous de mani\u00e8re sp\u00e9cifique, comme un groupe familial, ou comme un groupe fraternel, ou encore un soutien id\u00e9ologique\u2026 selon l&rsquo;histoire qui est la n\u00f4tre.<\/p>\n<p>Il est important d&rsquo;en avoir conscience pour mieux comprendre quel va \u00eatre notre investissement \u00e9motionnel dans la sph\u00e8re professionnelle, investissement qui influencera nos choix et nos comportements, parfois \u00e0 notre insu.<\/p>\n<p>Ainsi chaque jour nous jouons notre existence sur ces huit touches, les quatre relationnelles et les quatre d&rsquo;appartenance, dans <strong>un m\u00e9lange d&rsquo;intime et de norme ext\u00e9rieure<\/strong>.<\/p>\n<p>Cette conscience d&rsquo;exister et la s\u00e9curit\u00e9 psychologique qui va avec vont permettre \u00e0 chacun.e de se projeter dans son futur et de <strong>s&rsquo;imaginer<\/strong> \u00e0 travers les envies qu&rsquo;il.elle s&rsquo;autorisera.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Conscience de vous ?\u00a0 En reprenant les huit relations interpersonnelles et d&rsquo;appartenance, amusez-vous \u00e0 situer chacune d&rsquo;entre elles sur une \u00e9chelle de 1 \u00e0 5 selon que vous la ressentez participant un peu ou beaucoup \u00e0 votre sentiment d&rsquo;exister.<\/em><\/span><\/p>\n<h3><strong>Les <em>soft skills<\/em>, nouvelle fili\u00e8re \u00e0 la mode ou tellement plus ?<\/strong><\/h3>\n<p>La conscience de soi ? Dans le monde anglo-saxon qui privil\u00e9gie depuis les plus petites classes l&rsquo;\u00e9ducation globale \u00e0 l&rsquo;accumulation de savoirs, ch\u00e8re au syst\u00e8me fran\u00e7ais, la conscience de soi se traduit le plus souvent par une conscience de savoir-\u00eatre. Cela renvoie \u00e0 un capital fait de connaissances intellectuelles mais aussi de nombre d&rsquo;acquis comportementaux et attitudinaux par l&rsquo;observation, l&rsquo;imitation et l&rsquo;apprentissage des codes de l&rsquo;environnement.<\/p>\n<p>Est-ce parce que nous vivons au pays de Bourdieu, de l&rsquo;habitus et de la th\u00e9orie du d\u00e9terminisme social auxquels veut s&rsquo;opposer la promotion de la \u00ab\u00a0m\u00e9ritocratie\u00a0\u00bb comme seule garante de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances, que nous r\u00e9sistons \u00e0 consid\u00e9rer que les comp\u00e9tences ne peuvent se limiter \u00e0 l&rsquo;acquis de connaissances apprises dans le cadre de la formation scolaire et universitaire ?<\/p>\n<p>Les d\u00e9bats r\u00e9cents suscit\u00e9s par le projet d&rsquo;oral au baccalaur\u00e9at font \u00e9cho \u00e0 cette question. Comment penser que l&rsquo;\u00e9crit serait plus socio-culturellement \u00e9galitaire que l&rsquo;oral ? Cela revient \u00e0 croire que l&rsquo;\u00e9cole peut nous enseigner les codes de l&rsquo;\u00e9crit (vocabulaire, syntaxe, style) mais pas ceux du savoir-\u00eatre ? Pierre Bourdieu a montr\u00e9 combien ces codes socio-culturels \u00e9taient l\u00e9gu\u00e9s en h\u00e9ritage \u00e0 certains et moins \u00e0 d&rsquo;autres, en revanche il n&rsquo;a jamais pr\u00e9tendu qu&rsquo;ils ne pouvaient \u00eatre enseign\u00e9s au m\u00eame titre que les savoirs intellectuels. Il suffit probablement, libre des diff\u00e9rentes id\u00e9ologies, de r\u00e9fl\u00e9chir et d&rsquo;inventer les m\u00e9thodes p\u00e9dagogiques adapt\u00e9es.<\/p>\n<p>Cette volont\u00e9 m\u00e9ritocratique restreinte au territoire des seules connaissances intellectuelles dans laquelle se fonde depuis de nombreuses d\u00e9cennies le syst\u00e8me scolaire fran\u00e7ais est aujourd&rsquo;hui interpel\u00e9e par l&rsquo;attitude des entreprises qui, de plus en plus, recherchent chez leurs collaborateurs des personnes riches de comp\u00e9tences \u00ab\u00a0savoir-faire\u00a0\u00bb (les <em>hard skills<\/em>) associ\u00e9es aux \u00ab\u00a0<em>social &amp; soft skills<\/em>\u00ab\u00a0, d\u00e9sormais jug\u00e9es indispensables.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9s, les sp\u00e9cialistes du recrutement et des RH en entreprise estiment qu&rsquo;environ 80% des entretiens r\u00e9alis\u00e9s avec les candidats ou les collaborateurs sont consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exploration de leurs <strong><em>soft skills<\/em><\/strong>.<\/p>\n<p>Pourtant certains veulent encore s&rsquo;amuser de ces <em>soft skills<\/em> devenus \u00ab\u00a0\u00e0 la mode\u00a0\u00bb, disent-ils. C&rsquo;est vrai, mais ce n&rsquo;est pas une mode, plut\u00f4t une \u00e9vidence. Pourquoi ?<\/p>\n<p>Au moins pour deux raisons : parce que dans un monde complexe et en perp\u00e9tuel changement, c&rsquo;est l&rsquo;intelligence \u00e9motionnelle du sujet qui le rendra apte \u00e0 s&rsquo;adapter aux \u00e9volutions ; parce qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;heure des transformations technologiques acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es, une comp\u00e9tence technique se p\u00e9rime \u00e0 toute allure et seules, les <em>soft skills<\/em> donneront au sujet la flexibilit\u00e9 n\u00e9cessaire pour se r\u00e9inventer sans cesse ou se d\u00e9multiplier en sortant des cadres \u00e9tablis. Signe r\u00e9v\u00e9lateur, en 2017, 16% des actifs fran\u00e7ais avaient une vie professionnelle plurielle, autrement dit \u00e9taient simultan\u00e9ment investis dans au moins deux activit\u00e9s professionnelles diff\u00e9rentes (par choix ou par obligation). Serions-nous de moins en moins des \u00eatres d&rsquo;un seul faire ?<\/p>\n<p>Mais que sont donc ces <em>skills<\/em> ?<br \/>\nLes <em>hard skills<\/em>, que l&rsquo;on peut qualifier de \u00ab\u00a0savoir-faire\u00a0\u00bb, sont des comp\u00e9tences techniques ou acad\u00e9miques, acquises au cours du parcours de formation ou par exp\u00e9riences professionnelles. Ces comp\u00e9tences sont facilement d\u00e9montrables, concr\u00e8tes. Elles sont souvent les pr\u00e9requis d&rsquo;une fonction.<\/p>\n<p>Ce sera conna\u00eetre un secteur d&rsquo;activit\u00e9, un domaine sp\u00e9cifique, des outils particuliers ; ou encore savoir explorer, analyser, chercher ; organiser, anticiper, coordonner ; produire, r\u00e9aliser ; d\u00e9velopper, conqu\u00e9rir ; g\u00e9rer, rentabiliser, optimiser ; contr\u00f4ler. Toutes ces comp\u00e9tences correspondent \u00e0 des apprentissages de connaissances, de t\u00e2ches et de <em>process<\/em> que chacun.e d&rsquo;entre nous peut acqu\u00e9rir.<\/p>\n<p>Les <strong><em>soft skills<\/em><\/strong>, ou \u00ab\u00a0<strong>savoir-\u00eatre<\/strong>\u00ab\u00a0, sont des qualit\u00e9s humaines et relationnelles, qui font appel \u00e0 <strong>l&rsquo;intelligence \u00e9motionnelle<\/strong> de la personne. Elles ne s&rsquo;apprennent pas avec les m\u00eames m\u00e9thodes que les <em>hard skills<\/em>, mais elles ne peuvent pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es non plus comme exclusivement inn\u00e9es ou h\u00e9rit\u00e9es.<\/p>\n<p>Elles sont aujourd&rsquo;hui particuli\u00e8rement \u00e9tudi\u00e9es dans le monde de l&rsquo;entreprise car elles permettent d&rsquo;anticiper la capacit\u00e9 de la personne \u00e0 s&rsquo;int\u00e9grer dans un environnement professionnel et une culture d&rsquo;entreprise et \u00e0 s&rsquo;\u00e9panouir au sein d&rsquo;une \u00e9quipe comme dans les relations avec l&rsquo;ext\u00e9rieur. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;attention que chacun.e d&rsquo;entre nous doit leur apporter.<\/p>\n<p>Ce sont, rassembl\u00e9es en cinq grandes familles :<\/p>\n<ul>\n<li>la flexibilit\u00e9 et la capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation<\/li>\n<li>la cr\u00e9ativit\u00e9 et la capacit\u00e9 d&rsquo;initiative, la curiosit\u00e9, le go\u00fbt d&rsquo;entreprendre<\/li>\n<li>le sens de l&rsquo;efficacit\u00e9, du r\u00e9sultat<\/li>\n<li>le sens du collectif, l&rsquo;esprit d&rsquo;\u00e9quipe<\/li>\n<li>le sens de la communication, les capacit\u00e9s relationnelles, l&rsquo;\u00e9coute<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces <em>soft skills<\/em> permettront le travail dans des groupes projets multi-m\u00e9tiers, une mobilit\u00e9 d&rsquo;une culture d&rsquo;entreprise \u00e0 une autre, de se r\u00e9inventer positivement face aux ruptures de la vie professionnelle, de s&rsquo;exprimer \u00e0 l&rsquo;oral de mani\u00e8re convaincante, d&rsquo;interagir de mani\u00e8re constructive avec d&rsquo;autres, de s&rsquo;enrichir de nos pairs qui, par leur exemple inspirant, nous aideront \u00e0 <strong>\u00e9largir nos r\u00eaves et imaginer notre futur<\/strong>.<\/p>\n<p>Ces <em>soft skills<\/em> font appel exclusivement \u00e0 nos ressorts \u00e9motionnels. Ce n&rsquo;est pas en apprenant par c\u0153ur que nous progresserons sur les <em>soft skills<\/em> mais en \u00e9coutant, en observant l&rsquo;autre, en nous remettant en question sans craindre d&rsquo;\u00eatre jug\u00e9.e.<\/p>\n<p>Chacune de ces <em>skills<\/em> m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e \u00e0 sa juste valeur et travaill\u00e9e avec au moins autant d&rsquo;acharnement que les savoirs livresques.<\/p>\n<p>Si le syst\u00e8me de formation fran\u00e7ais n&rsquo;a que trop tard\u00e9 \u00e0 en prendre conscience, les entreprises de la mondialisation, elles, ont depuis plusieurs ann\u00e9es fait \u00e9voluer leurs priorit\u00e9s.<br \/>\nIl est urgent que toutes et tous, \u00e9tudiants, actifs et managers fran\u00e7ais agissent en ce sens quand ils.elles r\u00e9fl\u00e9chissent \u00e0 leur identit\u00e9 professionnelle.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Soft skills ? Quelle conscience avez-vous des v\u00f4tres ? D\u00e9couvrez-vous : pour chacune d&rsquo;entre elles, \u00e9valuez-vous sur une \u00e9chelle de 1 \u00e0 5 et, pour \u00eatre concret, associez une mission que vous avez r\u00e9alis\u00e9e, au cours de laquelle vous avez exerc\u00e9 avec succ\u00e8s cette soft skill. <\/em><\/span><\/p>\n<p><strong>Osons \u00eatre nous-m\u00eame.<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;identit\u00e9 professionnelle n&rsquo;est qu&rsquo;une facette de ce que nous sommes.<br \/>\nPrenons conscience de nous, cette conscience est notre bien le plus pr\u00e9cieux, notre souffle de vie. Respectons-la, elle seule nous donnera confiance en nous. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, nous oserons imaginer notre futur, prendre des risques, croire en nos r\u00eaves.<\/p>\n<p>Nous oserons exister.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(*) Cet article est inspir\u00e9 d&rsquo;une conf\u00e9rence donn\u00e9e aux \u00e9tudiant.e.s de 2\u00b0ann\u00e9e de l&rsquo;Ensae dans le cadre d&rsquo;un s\u00e9minaire sur \u00ab\u00a0Projet professionnel, projet de vie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em>(1) : L&rsquo;intelligence \u00e9motionnelle &#8211; Daniel Goleman &#8211; Robert Laffont &#8211; 1997 et 1999<\/em><\/p>\n<p><em>(2) : Focus. Attention et concentration : les clefs de la r\u00e9ussite &#8211; Daniel Goleman &#8211; Robert Laffont &#8211; 2014<\/em><\/p>\n<p><em>(3) : Nous sommes des triathl\u00e8tes qui s&rsquo;ignorent &#8211; Catherine Grandcoing &#8211; http:\/\/variances.eu\/?p=2162<\/em><\/p>\n<p><em>(4) : L&rsquo;apprentissage du bonheur &#8211; Tal Ben Shahar &#8211; Belfond &#8211; 2007<\/em><\/p>\n<p><em>(5) : Exister, le plus intime et fragile des sentiments &#8211; Robert Neuberger &#8211; Payot &amp; Rivages &#8211; 2012<\/em><\/p>\n<p><em>(6) : L&rsquo;exil et le Royaume &#8211; Albert Camus &#8211; Gallimard &#8211; 1957<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avoir conscience de soi, \u00eatre attentif \u00e0 ce qui r\u00e9sonne en nous, avoir l&rsquo;ambition (folle ?) d&rsquo;\u00eatre heureux, exister pleinement plut\u00f4t que se contenter de vivre, autant de r\u00e9flexions ici d\u00e9velopp\u00e9es qui nous ouvrent les voies des soft skills, nouveau Graal de la r\u00e9ussite en entreprise, et bien plus. 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