{"id":2677,"date":"2017-11-17T09:25:04","date_gmt":"2017-11-17T07:25:04","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=2677"},"modified":"2017-11-17T10:35:39","modified_gmt":"2017-11-17T08:35:39","slug":"medias-publicite-audience-2eme-partie-laudience","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=2677","title":{"rendered":"M\u00e9dias, publicit\u00e9 et audience &#8211; 2\u00e8me partie : l\u2019audience"},"content":{"rendered":"<p><em>Les m\u00e9dias existent depuis longtemps. Destin\u00e9s initialement \u00e0 diffuser des contenus d\u2019information &#8211; au sens large du mot -, y compris pour l\u2019affichage, ils ont int\u00e9gr\u00e9 peu \u00e0 peu des contenus de nature publicitaire, sous des formes de plus en plus vari\u00e9es. Cette cohabitation a conduit \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un int\u00e9ressant mod\u00e8le \u00e9conomique mixte.<\/em><\/p>\n<p><em>Vue \u00e0<\/em><em> travers le filtre de l\u2019audience et de sa mesure, la publicit\u00e9 est un genre de contenu comme un autre. Elle poss\u00e8de n\u00e9anmoins des caract\u00e9ristiques qui lui sont propres\u00a0: les indicateurs bas\u00e9s sur la mesure d\u2019audience sont diff\u00e9rents, et en outre la quantification des expositions publicitaires varie de m\u00e9dia en m\u00e9dia, selon les dispositifs de mesure et les conventions qui leur sont associ\u00e9<\/em><em>es.<\/em><\/p>\n<p><em>Cet article est en deux parties\u00a0: la premi\u00e8re aborde <span style=\"color: #0000ff;\"><a href=\"http:\/\/variances.eu\/?p=2637\">les origines de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me des m\u00e9<\/a><\/span><\/em><span style=\"color: #0000ff;\"><em>dias<\/em><\/span><em>\u00a0; la seconde est consacr\u00e9e au paysage actuel.<\/em><\/p>\n<h2><strong>Partie 2\u00a0: l\u2019audience <\/strong><\/h2>\n<h3><strong>Une n\u00e9cessit\u00e9\u00a0pour acc\u00e9der aux m\u00e9dias : l\u2019\u00e9quipement<\/strong><\/h3>\n<p>Depuis 1995, l\u2019apparition d\u2019internet et la convergence num\u00e9rique ont fait consid\u00e9rablement \u00e9voluer les acc\u00e8s aux m\u00e9dias. L\u2019\u00e9quation historique li\u00e9e \u00e0 la diffusion analogique \u2013 un m\u00e9dia = un r\u00e9cepteur (poste de radio, t\u00e9l\u00e9viseur) \u2013 a disparu avec l\u2019apparition d\u2019appareils multi-fonctions. La tablette, ou plus encore le smartphone en sont de parfaits exemples\u00a0: ils permettent ce qui \u00e9tait encore impensable il y a quelques ann\u00e9es, utiliser le m\u00eame objet pour parler, \u00e9crire, \u00e9changer mails, donn\u00e9es, textes, images fixes, videos, \u00e9couter la radio, regarder la t\u00e9l\u00e9vision, etc \u2026L\u2019individu qui \u00e9tait uniquement r\u00e9cepteur devient aussi \u00e9metteur (<em>User Generated Content<\/em>, <em>selfie<\/em>, \u2026).<\/p>\n<p>Bien que r\u00e9cents, puisque le lancement commercial du smartphone date de 2007 et celui de la tablette de 2010, leur taux de possession est en progression constante\u00a0: le taux de foyers \u00e9quip\u00e9s d\u2019au moins une tablette mobile est pass\u00e9 de 14 % au quatri\u00e8me trimestre 2012 \u00e0 47 % au premier trimestre 2017. Entre fin 2009 et d\u00e9but 2017, la proportion de possesseurs d\u2019un smartphone a \u00e9volu\u00e9 de 16 \u00e0 66 %.<\/p>\n<p>Le taux d\u2019\u00e9quipement en ordinateurs est de l\u2019ordre de 85 %, et en 2017 pr\u00e8s de 85 % des personnes vivant en France ont acc\u00e8s \u00e0 Internet depuis leur domicile, quel que soit le mode d\u2019acc\u00e8s (micro-ordinateur, tablette, smartphone).<\/p>\n<p>L\u2019objet culte que continue \u00e0 \u00eatre le t\u00e9l\u00e9viseur est pr\u00e9sent chez pr\u00e8s de 94 % des foyers, et environ 47 % de ces foyers sont multi-\u00e9quip\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette multiplicit\u00e9 technologique est particuli\u00e8rement illustr\u00e9e par l\u2019acc\u00e8s au m\u00e9dia Radio. Le poste de Radio des ann\u00e9es 1930 a bien \u00e9volu\u00e9 : pratiquement 100 % des individus poss\u00e8dent au moins un objet autorisant l\u2019\u00e9coute de la radio (autoradio, cha\u00eene hi-fi, radio-r\u00e9veil, baladeur, PC, tablette, t\u00e9l\u00e9phone, t\u00e9l\u00e9viseur, poste \u00e0 transistor,\u2026). Le \u00ab\u00a0transistor\u00a0\u00bb, apparu commercialement fin des ann\u00e9es 1950, est encore pr\u00e9sent chez pr\u00e8s de 50 % des m\u00e9nages.<\/p>\n<p>En moyenne, un foyer vivant en France dispose de pr\u00e8s de dix supports donnant acc\u00e8s au m\u00e9dia Radio. Et ces supports sont tous utilis\u00e9s\u00a0: au premier trimestre 2017, en moyenne quotidienne, 6,8 millions de personnes \u00e2g\u00e9es de 13 ans ou plus \u00e9coutent la radio sur un support multim\u00e9dia, et ce type de supports repr\u00e9sente environ 12 % du volume d\u2019\u00e9coute de la Radio.<\/p>\n<p>En nous limitant aux objets poss\u00e9dant un \u00e9cran \u2013 t\u00e9l\u00e9viseur, PC, smartphone, tablette \u2013, le nombre moyen d\u2019\u00e9crans par foyer est de l\u2019ordre de 6,5, et plus de 9 pour les familles avec enfant. Nous sommes bien loin du paradigme initial \u00ab\u00a0un \u00e9metteur et un r\u00e9cepteur par m\u00e9dia\u00a0\u00bb. L\u2019acc\u00e8s aux contenus, et par ricochet aux contenus publicitaires, est g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<h3><strong>Une mesure ou des mesures\u00a0<\/strong><strong>?<\/strong><\/h3>\n<p>Un dispositif d\u2019observation est la solution d\u2019une \u00e9quation \u00e0 trois param\u00e8tres\u00a0: la technologie de recueil des donn\u00e9es, l\u2019\u00e9chantillon observ\u00e9, et le cadre conventionnel.<\/p>\n<h5><strong><em>Les dispositifs de mesure<\/em><\/strong><\/h5>\n<p>Points communs \u00e0 l\u2019ensemble des m\u00e9dias\u00a0: chaque m\u00e9dia est mesur\u00e9 et les mesures ont lieu au niveau individuel\u00a0: c\u2019est le comportement de chaque individu qui est suivi. Fini le temps de la mesure des foyers. Cependant chaque march\u00e9 a ses sp\u00e9cificit\u00e9s.<\/p>\n<p>La presse puis la radio ont mis au point des instruments de mesure d\u00e9claratifs, alors que les mesures d\u2019audience de la t\u00e9l\u00e9vision et d\u2019Internet, plus r\u00e9centes, sont maintenant \u00e9lectroniques\u00a0: la TV par audim\u00e8tre et Internet par un logiciel embarqu\u00e9, le tout avec l\u2019accord des pan\u00e9listes. En effet, contrairement \u00e0 ce qui est parfois \u00e9crit, ce ne sont pas des dispositifs \u00ab\u00a0passifs\u00a0\u00bb\u00a0: certes, si les membres de l\u2019\u00e9chantillon ou du panel observ\u00e9 ne d\u00e9clarent pas directement leurs comportements ou leurs audiences, ils participent volontairement et activement au syst\u00e8me d\u2019observation, et non \u00e0 leur insu.<\/p>\n<p>Les tailles d\u2019\u00e9chantillon sont diff\u00e9rentes\u00a0; par exemple, les mesures d\u2019audiences de la t\u00e9l\u00e9vision et de l\u2019Internet reposent sur des \u00e9chantillons dont les tailles respectives sont de 12000 pour la TV et 20\u00a0000 individus pour Internet sur PC. La Presse interroge annuellement 35\u00a0000 personnes, et l\u2019\u00e9chantillon annuel de la Radio est de 126\u00a0000.<\/p>\n<p>Univers \u00e9tudi\u00e9s et rythmes des r\u00e9sultats divergent \u00e9galement\u00a0: la lecture de la Presse porte sur les 15 ans ou plus, la Radio sur les 13 ans ou plus\u00a0; l\u2019\u00e2ge minimal pour la t\u00e9l\u00e9vision est de 4 ans, de 2 ans pour Internet, de 11 ans pour l\u2019Affichage. La Presse publie deux r\u00e9sultats annuels, la Radio quatre, les indicateurs d\u2019audience d\u2019Internet sont mensuels, quotidiens pour la t\u00e9l\u00e9vision et par minute, par \u00e9mission, par cha\u00eene.<\/p>\n<p>Au plan spatial, la radio, la presse et l\u2019internet couvrent tous les lieux, l\u00e0 o\u00f9 la convention de la t\u00e9l\u00e9vision ne concerne que la r\u00e9sidence principale, \u00e0 l\u2019exclusion du \u00ab\u00a0hors domicile\u00a0\u00bb et des espaces collectifs.<\/p>\n<h5><strong><em>Des syst\u00e8mes en \u00e9volution permanente<\/em><\/strong><\/h5>\n<p>Heureusement, un dispositif de mesure n\u2019est jamais fig\u00e9, il doit s\u2019adapter aux nouvelles technologies, aux nouveaux modes de diffusion ou de r\u00e9ception.<\/p>\n<p>Ainsi, en t\u00e9l\u00e9vision ou pour Internet, le qualificatif le plus employ\u00e9 actuellement est\u00a0: <em>global<\/em>. Si historiquement la convention de mesure de la t\u00e9l\u00e9vision a \u00e9t\u00e9 la vision en <em>live<\/em> sur \u00e9cran de t\u00e9l\u00e9viseur, \u00e0 domicile, le dispositif a int\u00e9gr\u00e9 le diff\u00e9r\u00e9 depuis 2011\u00a0; le march\u00e9 fran\u00e7ais a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019y ajouter les offres de Catch Up TV \u2013 t\u00e9l\u00e9visions de rattrapage \u2013 d\u00e8s la fin 2014, et est en marche vers une mesure de la \u00ab\u00a0t\u00e9l\u00e9vision quatre \u00e9crans\u00a0\u00bb, ajoutant le temps pass\u00e9 \u00e0 regarder des contenus TV sur l\u2019\u00e9cran de l\u2019ordinateur, de la tablette ou du smartphone, en lin\u00e9aire ou en d\u00e9lin\u00e9aire. En marche donc vers la \u00ab\u00a0TV 4 \u00e9crans\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De m\u00eame pour Internet\u00a0: les dispositifs distincts de mesure sur l\u2019\u00e9cran du PC, les smartphones et les tablettes sont en train de converger pour donner naissance \u00e0 un \u00ab\u00a0Internet Global\u00a03 \u00e9crans \u00bb, que ce soit par rapprochement math\u00e9matique ou par \u00e9mergence de pan\u00e9listes \u00ab\u00a0single source\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En Presse, AudiPresse \u2013 l\u2019actuelle ACPM \u2013 a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une avanc\u00e9e majeure en 2013, en partenariat avec M\u00e9diam\u00e9trie, en s\u2019int\u00e9ressant aux marques presse m\u00ealant les supports papier et digital, l\u2019entit\u00e9 multi-support \u00e9tant d\u00e9nomm\u00e9e \u00ab\u00a0Brand\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cette approche a permis de montrer, en 2017, qu\u2019en moyenne mensuelle, 76 % des 15 ans et + sont des lecteurs digitaux au sens o\u00f9 ils acc\u00e8dent au moins une fois par mois \u00e0 un contenu presse via un site ou une application mobile. Et en moyenne, pour une marque presse, 44 % de lecteurs sont exclusifs du papier, 34 % ne lisent que sur PC ou sur \u00e9cran mobile (et 22 % dupliquent entre support papier et support num\u00e9rique).<\/p>\n<h5><strong><em>Les cr\u00e9ations publicitaires<\/em><\/strong><\/h5>\n<p>Un facteur d\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9\u00a0est la diversit\u00e9 plus ou moins grande des cr\u00e9ations publicitaires. Si celles-ci sont homog\u00e8nes en presse, en radio ou en t\u00e9l\u00e9vision \u2013 elles peuvent diff\u00e9rer par la taille ou la dur\u00e9e \u2013, l\u2019affichage, maintenant appel\u00e9 la publicit\u00e9 ext\u00e9rieure ou <em>outdoor<\/em>, a int\u00e9gr\u00e9 la dimension num\u00e9rique, et il conna\u00eet une diversification dans ses points de contact\u00a0: aux r\u00e9seaux traditionnels d\u2019affiches, qui peuvent avoir des formats diff\u00e9rents, se sont ajout\u00e9s le mobilier urbain, les transports \u2013 bus, taxis, m\u00e9tro, gares, trains, a\u00e9roports, parkings \u2013, les points de vente \u2013 vitrines, centres commerciaux \u2013, l\u2019\u00e9v\u00e9nementiel \u2013 couvertures de fa\u00e7ades d\u2019immeubles \u2013 et, bien s\u00fbr, l\u2019affichage digital qui dialogue avec les objets num\u00e9riques des passants.<\/p>\n<p>Le monde num\u00e9rique a permis d\u2019innover \u00e9galement dans les contextes publicitaires\u00a0: les t\u00e9l\u00e9visions connect\u00e9es, le OTT (Over the top), les \u00e9crans compagnons que sont les tablettes et les smartphones sont autant d\u2019occasions de diversifier et m\u00eame renforcer le dispositif de contact de la publicit\u00e9.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Internet, c\u2019est une source permanente de renouvellement de la cr\u00e9ation et des modes d\u2019insertion\u00a0: il existe une multitude de formats qui autorisent des modes de contact et d\u2019exposition avec l\u2019internaute fort diff\u00e9rents. Selon l\u2019IAB \u2013 <em>Interactive Advertising Bureau<\/em> \u2013, les deux grands types de formats sont le display et la vid\u00e9o. En leur sein, l\u2019IAB d\u00e9finit plusieurs standards.<\/p>\n<h5><strong><em>Les indicateurs d\u2019audience et publicitaires<\/em><\/strong><\/h5>\n<h6><em>C\u00f4t\u00e9 m\u00e9<\/em><em>dias<\/em><\/h6>\n<p>De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rique, un individu fait partie de l\u2019audience d\u2019un support d\u00e8s lors qu\u2019il a une probabilit\u00e9 non nulle d\u2019\u00eatre en contact avec ce support, l\u2019ensemble \u00e9tant mis en \u0153uvre selon des conventions \u00e9tablies avec le march\u00e9\u00a0; cette probabilit\u00e9 non nulle est ce que les anglo-saxons traduisent par \u00ab\u00a0<em>opportunity to see<\/em>\u00a0\u00bb (OTS) ou \u00ab\u00a0<em>opportunity to hear<\/em>\u00a0\u00bb (OTH).<\/p>\n<p>Ainsi, en presse, un individu est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab\u00a0lecteur\u00a0\u00bb d\u2019un titre de presse s\u2019il d\u00e9clare en avoir lu, consult\u00e9 ou feuillet\u00e9 un num\u00e9ro, m\u00eame ancien.<\/p>\n<p>La presse a donc une vision dichotomique en classant la population en deux cat\u00e9gories \u00ab\u00a0lecteur \/ non lecteur\u00a0\u00bb. Un \u00ab\u00a0lecteur\u00a0\u00bb est quelqu\u2019un qui a une probabilit\u00e9 non nulle de contact, et par extension il est consid\u00e9r\u00e9 avoir eu un contact avec l\u2019ensemble des contenus, y compris les encarts publicitaires. On est donc dans une logique de calcul en \u00ab\u00a0nombres entiers\u00a0\u00bb, par addition de 0 et de 1.<\/p>\n<p>En TV sur t\u00e9l\u00e9viseur, un t\u00e9l\u00e9spectateur est une personne se trouvant dans la m\u00eame pi\u00e8ce qu\u2019un t\u00e9l\u00e9viseur allum\u00e9 sur une cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision. Par contre, ce qui est mesur\u00e9 pour chaque individu, c\u2019est sa dur\u00e9e de vision d\u2019une \u00e9mission E, y compris d\u2019un \u00e9cran publicitaire. La variable de base est ainsi un taux moyen, rapport de la dur\u00e9e vue sur la dur\u00e9e du programme. Le dispositif ne conduit donc pas \u00e0 une variable dichotomique (0, 1) t\u00e9l\u00e9spectateur\/non t\u00e9l\u00e9spectateur, mais \u00e0 une variable continue qui est un degr\u00e9 de vision, une intensit\u00e9 de consommation, prenant ses valeurs sur l\u2019intervalle [0, 1].<\/p>\n<p>Un internaute est une personne se connectant \u00e0 Internet par le biais d\u2019un terminal (ordinateur fixe\/mobile\/tablette, selon le dispositif de mesure retenu) en consultant au moins une page Internet ou une application dans le cas de l\u2019Internet mobile.<\/p>\n<p>Pour terminer avec la radio, un individu est auditeur d\u2019une station de radio pendant un demi-quart d\u2019heure s\u2019il d\u00e9clare avoir \u00e9cout\u00e9, ne serait-ce qu\u2019un instant, cette station au cours de cette tranche horaire\u00a0; mais pour chaque quart d\u2019heure et tranche horaire est calcul\u00e9 l\u2019\u00e9quivalent du taux moyen de la t\u00e9l\u00e9vision, quotient de la dur\u00e9e \u00e9cout\u00e9e et de la dur\u00e9e de la tranche horaire, encore compris entre 0 et 1. A chaque spot publicitaire on associe le \u00ab\u00a0quart d\u2019heure moyen\u00a0\u00bb de la demi-heure qui le contient.<\/p>\n<p>Co-existent donc deux approches, l\u2019une dichotomique, l\u2019autre continue.<\/p>\n<p>En Presse, la dur\u00e9e de lecture n\u2019\u00e9tant pas une donn\u00e9e mesur\u00e9e, les r\u00e9sultats portent sur l\u2019audience totale \u2013 nombre de personnes ayant pris en main un titre au moins une fois au cours des 12 derniers mois \u2013, la Lecture Derni\u00e8re P\u00e9riode (LDP) \u2013 personnes ayant d\u00e9clar\u00e9 \u00ab\u00a0avoir lu, parcouru ou consult\u00e9\u00a0\u00bb un num\u00e9ro m\u00eame ancien d\u2019un titre durant sa derni\u00e8re p\u00e9riode de parution (jour pour les quotidiens, semaine pour les hebdos, mois pour un mensuel), et la Lecture du Num\u00e9ro Moyen (LNM).<\/p>\n<p>Pour la t\u00e9l\u00e9vision et internet, les indicateurs principaux reposent\u00a0 sur la dur\u00e9e de vision, qui est mesur\u00e9e par seconde.<\/p>\n<p>En t\u00e9l\u00e9vision, le taux moyen\u00a0est la r\u00e9f\u00e9rence : proportion moyenne de la population regardant un programme. Pour l\u2019\u00e9mission particuli\u00e8re qu\u2019est un \u00e9cran de publicit\u00e9, la convention de mesure ne distingue pas les spots composant l\u2019\u00e9cran\u00a0; tous les spots d\u2019un m\u00eame \u00e9cran se voient attribuer le taux moyen de leur \u00e9cran.<\/p>\n<p>Existent aussi la dur\u00e9e d\u2019\u00e9coute par individu, la dur\u00e9e d\u2019\u00e9coute par t\u00e9l\u00e9spectateur, la part d\u2019audience \u2013 part de march\u00e9 usuelle, c\u2019est-\u00e0-dire la contribution d\u2019une \u00e9mission au m\u00e9dia t\u00e9l\u00e9vision pendant sa diffusion \u2013, et l\u2019audience cumul\u00e9e, nombre ou pourcentage de personnes ayant eu au moins un contact avec le m\u00e9dia ou une \u00e9mission quelle qu&rsquo;en soit la dur\u00e9e.<\/p>\n<p>La radio dispose d\u2019indicateurs identiques, par tranche horaire.<\/p>\n<p>Dans le cas d\u2019Internet, les indicateurs majeurs sont le nombre de visiteurs uniques, nombre ou pourcentage de personnes ayant eu au moins un contact avec le m\u00e9dia ou un site quelle qu&rsquo;en soit la dur\u00e9e, et le nombre total de pages vues d\u2019un site. Le temps pass\u00e9 par internaute est \u00e9galement calcul\u00e9, ainsi que le nombre de visites.<\/p>\n<h6><em>C\u00f4t\u00e9 publicitaire <\/em><\/h6>\n<p>A partir des m\u00eames donn\u00e9es, le monde publicitaire construit d\u2019autres indicateurs. Pour fixer les id\u00e9es, consid\u00e9rons une campagne de publicit\u00e9 de K insertions. Si p(x), x = 0 \u00e0 K, d\u00e9signe la proportion de personnes ayant eu x contacts avec la campagne, la suite p(0), p(1), \u2026.., p(K) est la distribution des contacts de la campagne.<\/p>\n<p>L\u2019indicateur juge de paix est le GRP (Gross Rating Point), nombre moyen de contacts avec la campagne de publicit\u00e9, exprim\u00e9 en %. Par exemple, dire qu\u2019une campagne a un GRP de 500 sur les femmes signifie qu\u2019en moyenne, une femme a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e 5 fois.<\/p>\n<p>La couverture de la campagne est la proportion de personnes ayant \u00e9t\u00e9 en contact avec cette campagne, quel que soit le nombre de contacts, c\u2019est-\u00e0-dire au moins un.<\/p>\n<h5><strong><em>\u00ab\u00a0Le diable est dans les d\u00e9tails\u00a0\u00bb (Friedrich Nietzsche)<\/em><\/strong><\/h5>\n<p>Un mot cl\u00e9, utilis\u00e9 maintes fois, a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0contact\u00a0\u00bb. Derri\u00e8re ce mot, compris par tous, se cachent des quantifications diverses, comme il l\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 plus haut\u00a0: dichotomique ou continue.<\/p>\n<p>Nous avons vu qu\u2019appartenir \u00e0 l\u2019audience d\u2019un m\u00e9dia, d\u2019un support ou d\u2019un contenu, y compris publicitaire, c\u2019est avoir une probabilit\u00e9 non nulle d\u2019\u00eatre en contact avec celui-ci.<\/p>\n<p>Le contact est dichotomique avec deux attitudes possibles : en presse, lecteur \/ non lecteur. En Radio, un individu est auditeur d\u2019un moment d\u2019une station s\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 avoir \u00e9cout\u00e9, et sa probabilit\u00e9 d\u2019\u00e9couter une tranche horaire est une intensit\u00e9 de contact variant entre 0 et 1 obtenue en divisant la dur\u00e9e \u00e9cout\u00e9e par la dur\u00e9e de la tranche. En t\u00e9l\u00e9vision, le contact avec un \u00e9cran publicitaire est la proportion de vision de l\u2019\u00e9cran e, un indicateur continu entre 0 et 1, et non dichotomique.<\/p>\n<p>Dans le monde Internet, le contact est d\u00e9fini de fa\u00e7on dichotomique par le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 un \u00e9l\u00e9ment publicitaire, quelle qu\u2018ait \u00e9t\u00e9 la dur\u00e9e d\u2019exposition, et quel qu\u2019ait \u00e9t\u00e9 le format publicitaire utilis\u00e9. Il n\u2019existe pas \u00e0 proprement parler de \u00ab\u00a0dur\u00e9e\u00a0\u00bb de la publicit\u00e9. Dans le cas d\u2019un pr\u00e9-roll vid\u00e9o, le contact est construit de la m\u00eame fa\u00e7on, sinon que la publicit\u00e9 a une dur\u00e9e propre.<\/p>\n<p>Le contact avec un format publicitaire Internet a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9 par la pr\u00e9sence de ce format sur une page html que l\u2019utilisateur a t\u00e9l\u00e9charg\u00e9e, m\u00eame si la cr\u00e9ation n\u2019appara\u00eet pas \u00e0 l\u2019\u00e9cran. C\u2019est le principe de l\u2019impression servie.<\/p>\n<p>Les \u00e9volutions r\u00e9centes du contact s\u2019orientent vers la prise en compte \u00e0 la fois de la dur\u00e9e d\u2019exposition et du taux de visibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran du format publicitaire\u00a0: l\u2019orientation est donc vers l\u2019impression vue.<\/p>\n<p>Les approches transversales pluri-m\u00e9dias, et notamment l\u2019\u00e9mergence de certains formats sur Internet comme la vid\u00e9o \u2013 image et son, cousins de la t\u00e9l\u00e9vision \u2013 conduisent \u00e0 une r\u00e9flexion sur la compl\u00e9mentarit\u00e9 des m\u00e9dias Internet et T\u00e9l\u00e9vision, et donc \u00e0 une homog\u00e9n\u00e9isation du concept de contact pour ces deux m\u00e9dias.<\/p>\n<p>Loin d\u2019\u00eatre un syst\u00e8me ferm\u00e9, la mesure d\u2019audience des m\u00e9dias, et de leurs contenus publicitaires, est ainsi en constante \u00e9volution, pour tenir compte des progr\u00e8s techniques de diffusion et de cr\u00e9ation, et des coh\u00e9rences et exigences de plus en plus fortes dans le retour sur les performances des campagnes publicitaires. Travailler sur un syst\u00e8me en r\u00e9volution permanente n\u2019est-il pas la source num\u00e9ro un de motivation\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les m\u00e9dias existent depuis longtemps. Destin\u00e9s initialement \u00e0 diffuser des contenus d\u2019information &#8211; au sens large du mot -, y compris pour l\u2019affichage, ils ont int\u00e9gr\u00e9 peu \u00e0 peu des contenus de nature publicitaire, sous des formes de plus en plus vari\u00e9es. Cette cohabitation a conduit \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un int\u00e9ressant mod\u00e8le \u00e9conomique mixte. 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