{"id":2515,"date":"2017-09-22T13:16:27","date_gmt":"2017-09-22T11:16:27","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=2515"},"modified":"2020-04-29T09:13:26","modified_gmt":"2020-04-29T07:13:26","slug":"imposer-fortune-immobiliere-seule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=2515","title":{"rendered":"Pourquoi imposer la fortune immobili\u00e8re et elle seule ?"},"content":{"rendered":"<p>Dans <em>La R<\/em><em>\u00e9conciliation Fiscale <\/em>(Ed. Odile Jacob, janvier 2016, pages 113 et 124 et suivantes), je lan\u00e7ais l\u2019id\u00e9e que \u00ab <em>l\u2019imp\u00f4t sur la fortune<\/em> \u00bb ne soit \u00ab <em>ni supprim\u00e9, ni maintenu en l\u2019\u00e9tat<\/em> \u00bb, mais \u00ab <em>remplac\u00e9 par une Contribution fonci\u00e8re sur la fortune (CFF), frappant exclusivement les biens immobiliers<\/em>\u00bb. Quelques mois plus tard, Emmanuel Macron en faisait une de ses propositions phares qui, selon toute vraisemblance, se transformera en r\u00e9alit\u00e9 d\u00e8s le 1<sup>er<\/sup> janvier prochain. Mais quelle est l\u2019analyse \u00e9conomique qui a conduit \u00e0 la proposition d\u2019un Imp\u00f4t sur la Fortune Immobili\u00e8re ?<\/p>\n<h3><strong>Toutes les richesses ne se valent pas<\/strong><\/h3>\n<p>Au-del\u00e0 des statistiques qui mesurent des in\u00e9galit\u00e9s purement comptables, il est n\u00e9cessaire\u00a0 d\u2019approfondir l&rsquo;analyse par une approche qualitative de la richesse.<\/p>\n<p><u>La richesse exclusive<\/u><\/p>\n<p>La richesse immobili\u00e8re est une richesse bien particuli\u00e8re. C\u2019est la cons\u00e9quence directe d\u2019une part de sa dimension g\u00e9ographique, qui s\u2019oppose \u00e0 toute \u00e9lasticit\u00e9 de l\u2019offre fonci\u00e8re et,\u00a0d\u2019autre part,\u00a0du caract\u00e8re exclusif du droit de propri\u00e9t\u00e9. Par d\u00e9finition,\u00a0la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e d\u2019un bien immobilier a pour cons\u00e9quence d\u2019en r\u00e9server la jouissance \u00e0 ses seuls propri\u00e9taires. L&rsquo;offre \u00e9tant limit\u00e9e, ceux qui ont acquis les premiers les biens immobiliers les mieux plac\u00e9s sont les titulaires d&rsquo;une richesse exclusive de celle des autres et dont la valeur est croissante\u00a0quand la population augmente.\u00a0 C\u2019est un bel exemple de rente de situation, au sens propre du terme. La d\u00e9pense publique contribue \u00e0 augmenter encore la valeur des actifs immobiliers priv\u00e9s, quand des \u00e9quipements publics sont r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9. Les biens les plus chers b\u00e9n\u00e9ficient souvent des meilleures infrastructures, sans en supporter le co\u00fbt. La richesse croissante des uns\u00a0est ici un obstacle direct \u00e0 l&rsquo;acc\u00e8s des autres \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9. Le march\u00e9 de l&rsquo;immobilier en Ile-de-France en fait la d\u00e9monstration manifeste. Cela pose un probl\u00e8me social et une question d\u2019\u00e9quit\u00e9. Il n\u2019est donc pas illogique d\u2019imposer la richesse immobili\u00e8re, d\u2019autant qu\u2019elle ne peut pas passer de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de nos fronti\u00e8res et qu\u2019elle demeure soumise \u00e0 la souverainet\u00e9 fiscale de l\u2019Etat.<\/p>\n<p><u>La richesse cr<\/u><u>\u00e9atrice<\/u><\/p>\n<p>La richesse cr\u00e9atrice ou productive, autrement dit le capital des entreprises, est une richesse qui a une dimension collective par opposition \u00e0 l\u2019exclusivit\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9 immobili\u00e8re priv\u00e9e. Les fruits des entreprises sont toujours partag\u00e9s, avec les salari\u00e9s, les fournisseurs, \u00a0les clients et, surtout, avec l&rsquo;Etat auquel de nombreux imp\u00f4ts sont pay\u00e9s. Par ailleurs, les actions s&rsquo;analysent en une sorte de\u00a0<em>papier-monnaie, <\/em>que les entrepreneurs ont eux-m\u00eames imprim\u00e9 et dont l\u2019offre n\u2019est pas limit\u00e9e. Cette richesse n&rsquo;a donc \u00e9t\u00e9 prise \u00e0 personne, d&rsquo;autant qu&rsquo;elle demeure en quelque sorte potentielle.\u00a0Si l&rsquo;entreprise dispara\u00eet, les actions perdent toute leur valeur. Naturellement concentr\u00e9e dans les mains des cr\u00e9ateurs d&rsquo;entreprises ou de leurs h\u00e9ritiers, la richesse productive a pourtant \u00e9t\u00e9 lentement chass\u00e9e de France par la fiscalit\u00e9. Elle a en effet pour caract\u00e9ristique d\u2019\u00eatre tr\u00e8s concentr\u00e9e et d\u2019autant plus mobile que les sommes concern\u00e9es sont importantes. C\u2019est une proie convoit\u00e9e par tous les pays qui ont choisi de jouer la carte de la comp\u00e9titivit\u00e9 fiscale. Entre libert\u00e9 de circulation des capitaux et aberrations fiscales, la France a perdu une part\u00a0importante de son capital mobilier, faute d\u2019avoir adapt\u00e9 sa fiscalit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9volution de la mobilit\u00e9 et de l\u2019optimisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e intervenue depuis la fin du XX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p><u>La richesse th\u00e9saurisatrice<\/u><\/p>\n<p>La richesse th\u00e9saurisatrice est dans une certaine mesure un \u00e9l\u00e9ment neutre\u00a0: elle est constitu\u00e9e par l&rsquo;accumulation des moyens de paiement ou des cr\u00e9ances, comme les obligations, les comptes bancaires, l&rsquo;argent liquide ou les livrets d\u2019\u00e9pargne. Cette richesse n&rsquo;est pas accaparatrice, d\u00e8s lors que depuis la rupture avec l&rsquo;\u00e9talon-or, la quantit\u00e9 de monnaie disponible est illimit\u00e9e, comme la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) en fait la d\u00e9monstration. Cette richesse ne pr\u00e9sente donc pas d&rsquo;inconv\u00e9nients en elle-m\u00eame, puisque celle des uns ne fait pas obstacle \u00e0 celle des autres, bien au contraire, cette richesse pouvant \u00e0 tout moment se transformer en d\u00e9penses, qui stimulent la demande ou l\u2019investissement et donc l\u2019activit\u00e9.<\/p>\n<p>A partir de cette analyse de richesse, on est conduit \u00e0 envisager sous un jour diff\u00e9rent la question de l&rsquo;imposition de la fortune, surtout si on ajoute que la fortune mobili\u00e8re est mobile comme son nom l\u2019indique et comme les faits l\u2019ont dramatiquement prouv\u00e9 depuis 35 ans que les capitalistes fran\u00e7ais s\u2019expatrient\u2026<\/p>\n<h3><strong>Un imp<\/strong><strong>\u00e9ratif de comp\u00e9<\/strong><strong>titivit<\/strong><strong>\u00e9, pour rem\u00e9<\/strong><strong>dier <\/strong><strong>\u00e0 un d\u00e9s\u00e9quilibre manifeste<\/strong><\/h3>\n<p>Il suffit d&rsquo;\u00e9couter le march\u00e9. Quand des dizaines de milliers de Fran\u00e7ais choisissent d\u2019aller payer leurs imp\u00f4ts \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, en conservant souvent un, voire deux pieds-\u00e0-terre en France, tandis que des centaines de milliers de personnes, mais aussi des fonds de pension, du monde entier choisissent de devenir propri\u00e9taires de biens immobiliers en France sans y \u00eatre r\u00e9sidents fiscaux, cela signifie que notre syst\u00e8me fiscal est mal r\u00e9gl\u00e9.<\/p>\n<p><u>L&rsquo;imp<\/u><u>\u00f4t prend trop \u00e0 celui qui travaille ou donne du travail en France, et trop peu \u00e0 celui qui ne fait qu&rsquo;y poss\u00e9der des actifs immobiliers<\/u>. Pour mettre un terme \u00e0 l\u2019<em>effet de pair<a name=\"_ftnref1\"><\/a><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup><strong>[1]<\/strong><\/sup><\/a><\/em> qui mesure l\u2019impact sur nos finances publiques du d\u00e9part des grandes fortunes d\u2019origine fran\u00e7aise, il est urgent de cesser d\u2019imposer la composante mobile des fortunes. En revanche, une imposition raisonnable de la fortune immobili\u00e8re est possible. La France a assez d\u2019atouts pour fixer un prix \u00e0 la d\u00e9tention d\u2019une partie de son territoire\u00a0: l\u2019IFI, l\u2019Imp\u00f4t sur la Fortune Immobili\u00e8re.<\/p>\n<h3><strong>Pour que chacun contribue aux frais de la maison commune<\/strong><\/h3>\n<p>Du seul fait de sa qualit\u00e9 de propri\u00e9taire, le d\u00e9tenteur d\u2019un actif immobilier b\u00e9n\u00e9ficie, pour lui ou ses locataires, des multiples b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019action publique, de la d\u00e9fense du territoire aux infrastructures culturelles, sanitaires et de transport. Pourtant notre syst\u00e8me fiscal est ainsi construit, que pour toutes ces prestations un propri\u00e9taire n\u2019acquitte aucune contribution. Il n\u2019est redevable que d\u2019imp\u00f4ts locaux, qui ne couvrent, en France, qu\u2019une infime partie des charges communes. L\u2019explication est historique. Du fait de sa tradition centralisatrice, notre pays met\u00a0la plupart des d\u00e9penses\u00a0\u00e0 la charge de l\u2019Etat. Nos imp\u00f4ts locaux, bien qu\u2019ayant consid\u00e9rablement augment\u00e9\u00a0restent comparativement tr\u00e8s faibles par rapport \u00e0 la plupart des autres pays, surtout pour l\u2019immobilier de luxe. Ainsi \u00e0 New-York, il faut compter 2% par an de la valeur de l\u2019immeuble en taxes. C\u2019est bien plus que notre petit imp\u00f4t sur la fortune\u00a0!<\/p>\n<p>Les d\u00e9tenteurs d\u2019actifs immobiliers ont vu l\u2019avantage comparatif de leur situation augmenter consid\u00e9rablement au cours des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es, le propri\u00e9taire inactif \u00e9tant plac\u00e9 dans une situation financi\u00e8re et fiscale incomparablement pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 celle d\u2019un actif n\u2019\u00e9tant pas propri\u00e9taire. L\u2019expression ultime de ce d\u00e9s\u00e9quilibre est l\u2019absence de toute imposition du propri\u00e9taire qui vend, suffisamment longtemps apr\u00e8s son acquisition, un bien autre que sa r\u00e9sidence principale \u00e0 un salari\u00e9 demeur\u00e9 locataire toute sa vie ! Le premier encaisse, net d\u2019imp\u00f4ts, une somme dont l\u2019origine est pour une large part la cons\u00e9quence d\u2019investissements publics dans des infrastructures\u2026\u00a0financ\u00e9s par les imp\u00f4ts acquitt\u00e9s toute sa vie durant par l\u2019acqu\u00e9reur\u00a0!<\/p>\n<p>Afin que chacun soit impos\u00e9 en France \u00e0 hauteur de sa facult\u00e9 contributive r\u00e9elle, il est l\u00e9gitime que la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un bien immobilier implique l\u2019obligation de s\u2019acquitter d\u2019un imp\u00f4t, en contrepartie des droits que procure cette propri\u00e9t\u00e9. C\u2019est particuli\u00e8rement vrai dans un pays ouvert comme la France et\u00a0<u>d\u2019autant plus n\u00e9cessaire que la dissociation entre pays d\u2019imposition et pays de localisation des actifs immobiliers devient plus fr\u00e9<\/u><u>quente<\/u>. Or un des ph\u00e9nom\u00e8nes les plus marquants \u2013 et les moins document\u00e9s &#8211; qu\u2019a connu la France ces 35 derni\u00e8res ann\u00e9es est l\u2019explosion du nombre de d\u00e9parts \u00e0 l\u2019\u00e9tranger de Fran\u00e7ais poss\u00e9dant des immeubles en France, et la multiplication des acquisitions d\u2019actifs immobiliers situ\u00e9s en France par des personnes\u00a0n\u2019y payant pas l\u2019imp\u00f4t sur le revenu.<\/p>\n<p>C\u2019est la cons\u00e9quence directe de la structure actuelle de notre fiscalit\u00e9. En l\u2019\u00e9tat actuel de la l\u00e9gislation, \u00e0 patrimoine immobilier identique, les r\u00e9sidents sont plus lourdement impos\u00e9s \u00e0 l\u2019ISF que les non-r\u00e9sidents, d\u00e8s lors que le bar\u00e8me est progressif et que le taux d\u2019imposition des uns est d\u00e9termin\u00e9 en prenant en compte la totalit\u00e9 de leur patrimoine, alors que pour les autres, seuls leurs biens immobiliers situ\u00e9s en France sont comptabilis\u00e9s. En outre, les non-r\u00e9sidents utilisent souvent des montages \u00e0 base de soci\u00e9t\u00e9 ou de dette bancaire qui diminuent d\u2019autant leur base d\u2019imposition \u00e0 l&rsquo;ISF. Cons\u00e9quence \u00e9conomique logique de ce d\u00e9s\u00e9quilibre, de plus en plus de Fran\u00e7ais fortun\u00e9s s\u2019expatrient\u2026 tandis que les Fran\u00e7ais expatri\u00e9s repr\u00e9sentent un pourcentage croissant des acqu\u00e9reurs de biens immobiliers haut de gamme en France\u00a0! En effet, pour autant qu\u2019on soit domicili\u00e9 \u00e0 Londres, on peut \u00eatre propri\u00e9taire \u00a0d\u2019une villa en Provence d\u2019une valeur de 1.300.000 euros et d\u00e9tenir \u00e0 travers une SCI un immeuble \u00e0 Paris valant 10 millions, dont l\u2019achat a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9 par de la dette<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>, sans avoir aucun ISF \u00e0 acquitter, en toute l\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<h3><strong>Quels effets attendre de la r\u00e9forme ?<\/strong><\/h3>\n<p><u>L\u2019effet principal : une incitation \u00e0 rentrer au bercail\u00a0<\/u><\/p>\n<p>Le principal objectif du passage de l\u2019ISF \u00e0 l\u2019IFI sera de ne plus inciter au d\u00e9part, mais d\u2019inviter \u00e0 revenir en France les plus gros contribuables. Alors que le poids de l\u2019imp\u00f4t sur le revenu est particuli\u00e8rement concentr\u00e9 sur les m\u00e9nages les plus ais\u00e9s, il est urgent de mettre fin \u00e0 leur exode. C\u2019est un imp\u00e9ratif budg\u00e9taire. L\u2019IFI y contribuera de trois mani\u00e8res, d\u2019abord en cessant d\u2019imposer les composantes du patrimoine qu\u2019il suffit d\u2019emmener avec soi \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour ne plus payer d&rsquo;imp\u00f4t, ensuite en cessant d\u2019appliquer un plus faible taux d\u2019imposition au patrimoine immobilier de ceux qui ne payent pas en France l\u2019imp\u00f4t sur le revenu \u2013 on l\u2019a vu ci-dessus \u2013 , enfin en accordant un avantage \u00e0 ceux qui choisissent de payer leur imp\u00f4t sur le revenu en France. En effet, la r\u00e9forme est pr\u00e9vue toutes choses \u00e9gales par ailleurs en termes de taux (0,5\u00a0\u00e0 1,5%), de seuil d\u2019imposition (1.300.000 euros) et d&rsquo;abattement de 30 % sur la valeur de la r\u00e9sidence principale, avantage r\u00e9serv\u00e9 aux r\u00e9sidents.<\/p>\n<p>Ainsi c\u2019est une inversion totale du sens des incitations qui sera r\u00e9alis\u00e9e.<\/p>\n<p><u>Deux effets secondaires certains : redistribution des cartes et incitation \u00e0 <\/u><u>la diversification<\/u><\/p>\n<p>Le plus\u00a0convaincant est ici de faire une d\u00e9monstration par l&rsquo;exemple. Soit Mr et Mme A, propri\u00e9taires de dix appartements donn\u00e9s en location et Mr et Mme B qui n&rsquo;ont aucun patrimoine immobilier. En raison de la progressivit\u00e9 de l&rsquo;imp\u00f4t sur la fortune immobili\u00e8re, Mr et Mme A auront int\u00e9r\u00eat \u00e0 vendre une grande partie de leurs appartements pour r\u00e9duire leur IFI. Mr et Mme B pourront alors plus facilement devenir propri\u00e9taires. D\u2019une part, le nombre de biens immobiliers offerts \u00e0 la vente augmentera, d\u2019autre part, n\u2019ayant aucun imp\u00f4t sur la fortune immobili\u00e8re \u00e0 payer sur leur premi\u00e8re acquisition, Mr et Mme B seront avantag\u00e9s pour se porter acqu\u00e9reurs. L&rsquo;imp\u00f4t sur la fortune immobili\u00e8re ne fera pas que faciliter l&rsquo;acc\u00e8s des classes moyennes \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 immobili\u00e8re, il incitera aussi les personnes qui disposent de capitaux importants \u00e0 ne pas investir tous leurs fonds dans l&rsquo;immobilier, mais \u00e0 orienter une partie de leur \u00e9pargne vers les entreprises, ce qui pourrait bien leur \u00eatre b\u00e9n\u00e9fique.<\/p>\n<p><u>Un effet prix al\u00e9atoire <\/u><\/p>\n<p>En bonne logique \u00e9conomique, bien qu\u2019il n\u2019y ait pas cr\u00e9ation d\u2019un imp\u00f4t nouveau, l&rsquo;IFI devrait conduire \u00e0 une baisse relative des prix de l\u2019immobilier, d\u00e8s lors qu\u2019il diminuera l\u2019esp\u00e9rance de gains apr\u00e8s imp\u00f4ts de l\u2019investisseur immobilier, par rapport \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance de gains de l\u2019acqu\u00e9reur de valeurs mobili\u00e8res ou d\u2019autres biens. Si tel \u00e9tait le cas, ce ne serait pas une mauvaise chose, socialement, puisque cela faciliterait l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un plus grand nombre de personnes. Toutefois,\u00a0l\u2019attractivit\u00e9 nouvelle de notre pays, qui r\u00e9sultera de l\u2019exon\u00e9ration des fortunes mobili\u00e8res, pourrait bien conduire millionnaires et milliardaires \u00e0 revenir en France et pousser les\u00a0prix \u00e0 la hausse, en renfor\u00e7ant encore la demande, en particulier dans le haut de gamme. Dans cette configuration, les recettes fiscales totales augmenteraient, la forte augmentation du produit de l\u2019IRPP induite par les retours au pays natal faisant plus que compenser la baisse tr\u00e8s limit\u00e9e du rendement de l\u2019ISF. Toutefois, il faudra compter avec le temps n\u00e9cessaire au changement des comportements. La dynamique des d\u00e9parts de Franc \u00e9tait devenue si forte qu\u2019il faudra savoir \u00eatre patient pour la voir s\u2019inverser. C\u2019est pourquoi il est particuli\u00e8rement important que la r\u00e9forme de l\u2019ISF intervienne au plus vite.<\/p>\n<h3><strong>Ne pas confondre actif immobilier et activit\u00e9 de construction<\/strong><\/h3>\n<p>On confond trop souvent bonne tenue du march\u00e9 immobilier et dynamisme du secteur de la construction. Les nombreux soutiens du lobby immobilier s\u2019emploient \u00e0 entretenir cette confusion. Pourtant, une mesure simple permettra \u00e0 l\u2019Imp\u00f4t sur la Fortune Immobili\u00e8re de ne pas peser sur l\u2019activit\u00e9 du b\u00e2timent. Il suffira de pr\u00e9voir l\u2019exon\u00e9ration pendant 10 ans des constructions neuves, comme des travaux d\u2019am\u00e9lioration ou de r\u00e9novation. A la limite, cette exon\u00e9ration pourrait \u00eatre accord\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la mutation suivante. Le m\u00eame imp\u00f4t aurait ainsi pour effet b\u00e9n\u00e9fique d\u2019inciter \u00e0 la vente des terrains constructibles, \u00e0 la r\u00e9alisation de travaux d\u2019am\u00e9lioration et \u00e0 l\u2019investissement dans la construction de b\u00e2timents neufs, qu\u2019ils soient d\u2019agr\u00e9ment ou \u00e0 usage locatif, sans qu\u2019il soit n\u00e9cessaire de sacrifier pour cela une partie des recettes de l\u2019IRPP.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h3><strong>Conclusion <\/strong><\/h3>\n<p>La proposition d\u2019un imp\u00f4t sur la fortune immobili\u00e8re est beaucoup plus novatrice et courageuse qu\u2019il ne para\u00eet au premier abord.\u00a0Novatrice, parce que pour la premi\u00e8re fois, un imp\u00f4t est con\u00e7u pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019imp\u00e9ratif de comp\u00e9titivit\u00e9 fiscale. Courageuse, parce que la France reste une vieille nation de \u00ab\u00a0<em>paysans\u00a0<\/em>\u00bb farouchement attach\u00e9s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 immobili\u00e8re, m\u00eame si un pavillon a souvent pris la place du lopin de terre de jadis. C\u2019est dire l\u2019effort de p\u00e9dagogie qui sera n\u00e9cessaire pour r\u00e9unir un large consensus autour de cette \u00e9volution indispensable.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><em><sup>1<\/sup>\u00a0Voir La r\u00e9conciliation fiscale, pages 72 \u00e0 78.<\/em><\/p>\n<p><em><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Nous pr\u00e9conisons le plafonnement \u00e0 300.000 euros de la d\u00e9ductibilit\u00e9 des emprunts immobiliers de la base imposable \u00e0 l\u2019IFI. Ce serait la cons\u00e9quence logique de la non taxation des actifs autres qu\u2019immobiliers et la fa\u00e7on la plus simple d\u2019\u00e9viter les montages artificiels.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans La R\u00e9conciliation Fiscale (Ed. Odile Jacob, janvier 2016, pages 113 et 124 et suivantes), je lan\u00e7ais l\u2019id\u00e9e que \u00ab l\u2019imp\u00f4t sur la fortune \u00bb ne soit \u00ab ni supprim\u00e9, ni maintenu en l\u2019\u00e9tat \u00bb, mais \u00ab remplac\u00e9 par une Contribution fonci\u00e8re sur la fortune (CFF), frappant exclusivement les biens immobiliers\u00bb. Quelques mois plus tard, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":89,"featured_media":2516,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[140,133],"tags":[],"class_list":["post-2515","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-immobilier","category-themes","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2515","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/89"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2515"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2515\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2516"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2515"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2515"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2515"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}