{"id":2269,"date":"2017-06-09T10:19:51","date_gmt":"2017-06-09T08:19:51","guid":{"rendered":"http:\/\/variances.eu\/?p=2269"},"modified":"2017-06-09T10:34:19","modified_gmt":"2017-06-09T08:34:19","slug":"seance-de-tirs-but-pire-quune-loterie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/variances.eu\/?p=2269","title":{"rendered":"La s\u00e9ance de tirs au but : pire qu\u2019une loterie"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><span style=\"color: #0000ff;\">Pierre Rondeau est l\u2019auteur de \u00ab\u00a0Pourquoi les Tirs au But devraient \u00eatre tir\u00e9s avant la Prolongation\u00a0\u00bb (Le Bord de l\u2019Eau, 2017)<\/span><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>En 1957, lorsque les tirs au but furent cr\u00e9\u00e9s, en Espagne, lors du tournoi amical de Ramon de Carranza, l\u2019id\u00e9e de d\u00e9part \u00e9tait de favoriser l\u2019esprit sportif et d\u2019\u00e9viter que la victoire (ou l\u2019\u00e9chec) soit d\u00e9termin\u00e9 par le hasard. En effet, jusque-l\u00e0, le r\u00e9sultat de la rencontre sans victoire \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 pile ou face. Les deux capitaines, accompagn\u00e9s de l\u2019arbitre, partaient s\u2019enfermer dans le vestiaire et d\u00e9cidaient du sort du match en lan\u00e7ant une pi\u00e8ce de monnaie. L\u2019\u00e9quiprobabilit\u00e9 \u00e9tait garantie mais le spectacle et l\u2019intensit\u00e9 du sport oubli\u00e9s. Rappelons que l\u2019Olympique Lyonnais, vainqueur de la Coupe de France 1967, n\u2019a d\u00fb sa pr\u00e9sence en finale qu\u2019apr\u00e8s avoir \u00ab\u00a0battu\u00a0\u00bb en demi-finale l\u2019A.S. Angoul\u00eame par tirage au sort apr\u00e8s le troisi\u00e8me match nul entre les deux \u00e9quipes.<\/p>\n<p>L\u2019organe officiel des r\u00e8gles de la FIFA, le Board, d\u00e9cida, en 1970, de g\u00e9n\u00e9raliser la s\u00e9ance de tirs au but, cinq face-\u00e0-face \u00e0 l\u2019issue ind\u00e9cise, afin d\u2019am\u00e9liorer l\u2019incertitude et la dynamique, de \u00ab\u00a0redonner ses lettres de Noblesse au sport\u00a0\u00bb. Depuis, des centaines de milliers de s\u00e9ances furent jou\u00e9es \u00e0 travers le monde et tout le monde s\u2019accorda pour dire que ce changement \u00e9tait une parfaite r\u00e9ussite.<\/p>\n<p>Beaucoup d\u2019observateurs du sport, et du football en particulier, avaient un tr\u00e8s mauvais souvenir du pile ou face. Raymond Domenech, l\u2019ancien s\u00e9lectionneur de l\u2019\u00e9quipe de France, parlait, par exemple, d\u2019un \u00ab\u00a0affreux sentiment d\u2019injustice, d\u2019une impression d\u2019in\u00e9galit\u00e9 et d\u2019une absence totale de reconnaissance de l\u2019esprit sportif\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Oui\u00a0: dans le tirage au sort par pile ou face, il s\u2019agissait auparavant d\u2019un parfait \u00ab\u00a050\/50\u00a0\u00bb en termes de probabilit\u00e9, un parfait jeu \u00e9quiprobable, sans aucune reconnaissance des faits de jeu ant\u00e9rieurs. Tout \u00e9tait remis \u00e0 \u00e9galit\u00e9, tout le monde pouvait battre tout le monde. Mais le jeu ne prenait pas le dessus, seuls comptaient la chance, le destin et le hasard. On pouvait avoir le meilleur gardien du monde, les meilleurs attaquants du moment et perdre un match dans un vestiaire.<\/p>\n<p>Mais n\u2019\u00e9tait-ce pas pourtant la meilleure conclusion\u00a0?<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux milliers de donn\u00e9es disponibles, l\u2019\u00e9conomiste Ignacio Palacios-Huerta, professeur \u00e0 la London School of Economics et consultant pour l\u2019Athletic Bilbao, s\u2019est \u00ab\u00a0amus\u00e9\u00a0\u00bb, dans les ann\u00e9es 2000, \u00e0 v\u00e9rifier si la s\u00e9ance des tirs au but avait conserv\u00e9 le caract\u00e8re \u00e9quiprobable de \u00ab\u00a0l\u2019injuste\u00a0\u00bb moment des piles ou faces.<\/p>\n<p>Sa d\u00e9marche \u00e9tait louable. En tant que passionn\u00e9 de football, il voulait s\u2019assurer de l\u2019\u00e9thique des tirs au but, et \u00eatre certain que, apr\u00e8s avoir chang\u00e9 la r\u00e8gle, on avait conserv\u00e9 une \u00e9galit\u00e9 de traitement entre les deux \u00e9quipes. Les conclusions de son \u00e9tude furent sans appel.<\/p>\n<p>En ayant observ\u00e9 plus de 1000 s\u00e9ances de tirs au but, soit 10 374 penaltys tir\u00e9s, entre 1970 et 2003, pendant toutes les Coupes du Monde, les Coupes d\u2019Europe, les Copa America, les Coupes d\u2019Afrique des Nations, les Ligues des Champions, les Coupes de l\u2019UEFA et les Coupes nationales des 4 grands championnats Europ\u00e9ens (Espagne, Angleterre, Allemagne, Italie), il arriva \u00e0 la conclusion que les deux \u00e9quipes n\u2019avaient pas la m\u00eame probabilit\u00e9 de l\u2019emporter.<\/p>\n<p>Selon ses r\u00e9sultats, l\u2019\u00e9quipe qui commen\u00e7ait la s\u00e9ance de tirs au but avait 60% de chances de l\u2019emporter contre seulement 40% pour la seconde. Un rapport 60\/40 en faveur de la premi\u00e8re \u00e9quipe, d\u00e9termin\u00e9 par un pile ou face (encore\u00a0!) effectu\u00e9 par l\u2019arbitre avant le d\u00e9but de la s\u00e9ance. Autrement dit, pour gagner les tirs au but, il ne fallait pas \u00eatre seulement \u00eatre bon, il \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019avoir remport\u00e9 le pile ou face initial. Cela permettait, en d\u00e9cidant de commencer la s\u00e9ance, de disposer d\u2019un avantage psychologique sur l\u2019adversaire et de lui imposer la pression du r\u00e9sultat. En commen\u00e7ant, on ouvre le score, on montre la voie et on impose son rythme alors qu\u2019en \u00e9tant deuxi\u00e8me, on doit suivre le jeu et rattraper les buts. Le stress et la peur sont, dans ce cas, bien plus pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>Afin d\u2019affiner ses r\u00e9sultats, Palacios-Huerta testa la robustesse de ses r\u00e9sultats avec des outils \u00e9conom\u00e9triques, il v\u00e9rifia dans quelle mesure le 60\/40 ne pouvait pas \u00eatre expliqu\u00e9 par la force de l\u2019\u00e9quipe, par le fait de jouer \u00e0 domicile ou \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur ou encore par le fait d\u2019avoir domin\u00e9 toute la partie. Il d\u00e9gagea plusieurs variables exog\u00e8nes et les bloqua. Conclusion\u00a0? Le fait de commencer la s\u00e9ance octroie 75% de chances suppl\u00e9mentaires de remporter la s\u00e9ance, un r\u00e9sultat statistiquement significatif.<\/p>\n<p>La loterie \u00e9quiprobable du pile ou face a tout simplement \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par une s\u00e9ance des tirs au but in\u00e9quitable. Alors que l\u2019objectif \u00e9tait de r\u00e9tablir l\u2019esprit du jeu et la beaut\u00e9 du sport, on l\u2019avait perverti et amoindri.<\/p>\n<p>Ignacio Palacios-Huerta envoya, d\u00e8s 2006, son rapport d\u00e9taill\u00e9 aux instances dirigeantes du football. Ceux-ci, choqu\u00e9s par le r\u00e9sultat, d\u00e9cid\u00e8rent de commanditer une \u00e9tude alternative, afin de confirmer ou d\u2019infirmer ces conclusions.<\/p>\n<p>Les chercheurs allemands M. G. Kocher, M. V. Lenz et M. Sutter\u00a0s\u2019attel\u00e8rent \u00e0 cette t\u00e2che et analys\u00e8rent un \u00e9chantillon bien plus large de s\u00e9ances de tirs au but. Plut\u00f4t que de se focaliser sur les grandes comp\u00e9titions, comme le fit Palacios-Huerta, les chercheurs augment\u00e8rent leur base de donn\u00e9es et all\u00e8rent piocher dans les coupes nationales de championnats moins prestigieux\u00a0: le Luxembourg, l\u2019Ecosse, la Belgique, les Pays-Bas, etc.<\/p>\n<p>R\u00e9sultat\u00a0? L\u2019\u00e9cart diff\u00e9rentiel \u00e9tait remis en cause. Plus de 60\/40 mais un 53\/47, soit une diff\u00e9rence statistiquement non-significative. Pour eux, il n\u2019y avait pas \u00e0 s\u2019inqui\u00e9ter, l\u2019\u00e9quiprobabilit\u00e9 \u00e9tait quasiment respect\u00e9e dans les tirs au but.<\/p>\n<p>Les \u00e9conomistes Luc Arrondel, Richard Duhautois et Jean-Fran\u00e7ois Laslier, quant \u00e0 eux, analys\u00e8rent sp\u00e9cifiquement le cas fran\u00e7ais, avec la coupe de la ligue et la coupe de France. Ils en arriv\u00e8rent aux m\u00eames conclusions que leurs coll\u00e8gues allemands, pas d\u2019\u00e9cart diff\u00e9rentiel et un d\u00e9s\u00e9quilibre statistiquement peu significatif.<\/p>\n<p>Ils all\u00e8rent m\u00eame plus loin et cit\u00e8rent le championnat argentin 1988\/1989. A cette \u00e9poque, le pays imposa une r\u00e8gle bien particuli\u00e8re\u00a0en bannissant les matchs nuls. A la fin de chaque match se terminant sur un score de parit\u00e9, une s\u00e9ance de tirs au but devait \u00eatre organis\u00e9e. Ces moments augment\u00e8rent consid\u00e9rablement, plus de 133 s\u00e9ances furent jou\u00e9es au cours de toute la saison. Alors qu\u2019un joueur professionnel lambda conna\u00eet une s\u00e9ance de tirs au but tous les 3 ou 4 ans en moyenne, les joueurs argentins en connurent une toutes les 3 semaines environ cette saison-l\u00e0\u00a0!<\/p>\n<p>Pour Arrondel, Duhautois et Laslier, cet \u00e9v\u00e9nement permit d\u2019\u00e9tudier les s\u00e9ances de tir au but pour un groupe de joueurs s\u2019habituant \u00e0 celles-ci. Ils constat\u00e8rent que la r\u00e9partition des victoires entre l\u2019\u00e9quipe tirant en premier et la seconde \u00e9tait de 50\/50 au bout de la saison. \u00ab\u00a0Pas d\u2019inqui\u00e9tude, les tirs au but sont \u00e9quitables\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Oui, mais la science avance lorsque les th\u00e9ories et les conclusions sont remises en cause. Ignacio Palacios-Huerta s\u2019int\u00e9ressa aussi au championnat argentin 88\/89 et observa les r\u00e9sultats journ\u00e9e apr\u00e8s journ\u00e9e. Que constata-t-il\u00a0? Un effet d\u2019apprentissage.<\/p>\n<p>Alors que le rapport \u00e9tait de 60\/40 au d\u00e9but du championnat, entre la premi\u00e8re et la dixi\u00e8me journ\u00e9e, la r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019\u00e9v\u00e9nement permis aux joueurs de s\u2019adapter \u00e0 la peur et de contr\u00f4ler leurs \u00e9motions. A la fin de la saison, le rapport \u00e9tait tomb\u00e9 \u00e0 50\/50.<\/p>\n<p>Pour Palacios-Huerta, l\u2019exemple de cette saison argentine permet de confirmer sa th\u00e9orie. Il y aurait bien un effet \u00e9motionnel. La deuxi\u00e8me \u00e9quipe a moins de chances de remporter la s\u00e9ance parce qu\u2019elle a \u00ab\u00a0peur\u00a0\u00bb. Elle doit combattre le r\u00e9sultat de la premi\u00e8re \u00e9quipe qui, elle, avance dans le vide, n\u2019a pas la pression du r\u00e9sultat. Seulement, \u00e0 force de r\u00e9p\u00e9titions, les \u00e9quipes s\u2019adaptent et ma\u00eetrisent leurs sentiments. Il y aurait une sorte d\u2019apprentissage \u00e9motionnel.<\/p>\n<p>Cette pression, qui pervertit le talent du footballeur, peut aussi expliquer en partie pourquoi l\u2019\u00e9tude des Allemands Kocher, Lenz et Sutter\u00a0pr\u00e9sentait un rapport 53\/47. La pression n\u2019est tout simplement pas la m\u00eame entre une finale de coupe du monde et un quart de finale de coupe du Luxembourg\u00a0! En augmentant la base de donn\u00e9es, nous sommes face \u00e0 ce que les statisticiens appellent \u00ab\u00a0l\u2019erreur dans l\u2019\u00e9chantillonnage de la base de donn\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Empiler les donn\u00e9es sans consid\u00e9rer que certaines sont plus importantes que d\u2019autres pose probl\u00e8me. Mettre sur un m\u00eame pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 une comp\u00e9tition majeure, comme la Coupe du Monde ou la Ligue de Champions, et une comp\u00e9tition \u00ab\u00a0mineure\u00a0\u00bb, comme la Coupe nationale d\u2019\u00c9cosse, pose question. La pression reposant sur les \u00e9paules d\u2019un footballeur professionnel pay\u00e9 plusieurs millions d\u2019euros n\u2019est pas la m\u00eame que celle pesant sur celles d\u2019un footballeur semi-pro, bien moins pay\u00e9 et peu ou pas contraint par les r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>L\u2019aspect \u00e9motionnel et l\u2019importance du stress sont vraisemblablement dilu\u00e9s dans l\u2019\u00e9tude de Kocher, Lenz et Sutter. D\u2019ailleurs, la FIFA, connaissant ce d\u00e9bat, a d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un changement des r\u00e8gles. Elle rejoint sur ce point l\u2019\u00e9tude de Palacios-Huerta.<\/p>\n<p>D\u00e8s 2017, le Board a en effet act\u00e9 le d\u00e9but d\u2019une exp\u00e9rimentation en modifiant les r\u00e8gles de passage, sur le mod\u00e8le du tie-break en tennis. Plut\u00f4t que de suivre un ordre simple entre les tireurs des deux \u00e9quipes A et B, de type ABAB, une s\u00e9ance de tirs au but devrait se jouer sur le mode ABBA. Successivement, la premi\u00e8re \u00e9quipe aurait l\u2019avantage \u00e9motionnel puis cela serait le cas de la deuxi\u00e8me \u00e9quipe\u00a0: la pression et la contrainte dispara\u00eetraient.<\/p>\n<p>Ignacio Palacios-Huerta, encore lui (on vous a dit que c\u2019\u00e9tait un passionn\u00e9), a test\u00e9 cette r\u00e8gle, en reproduisant 200 s\u00e9ances de tirs au but sur l\u2019ordre du tie-break. Conclusion\u00a0? Un avantage de 54\/46 pour la premi\u00e8re \u00e9quipe (contre 61\/39 pour l\u2019ordre ABAB pour le m\u00eame \u00e9chantillon). Pour l\u2019\u00e9conomiste espagnol, c\u2019est \u00e0 la fois un r\u00e9sultat statistiquement significatif par rapport \u00e0 la base de donn\u00e9es et une faiblesse dans l\u2019\u00e9chantillonnage puisque trop peu de s\u00e9ances ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es. Mais c\u2019est une avanc\u00e9e majeure. La FIFA, en actant ce changement pourrait atteindre les 50\/50 et garantir une parfaite \u00e9quiprobabilit\u00e9 du jeu, une respectabilit\u00e9 renforc\u00e9e du \u00ab\u00a0beautiful game\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Pierre Rondeau est l\u2019auteur de \u00ab\u00a0Pourquoi les Tirs au But devraient \u00eatre tir\u00e9s avant la Prolongation\u00a0\u00bb (Le Bord de l\u2019Eau, 2017) En 1957, lorsque les tirs au but furent cr\u00e9\u00e9s, en Espagne, lors du tournoi amical de Ramon de Carranza, l\u2019id\u00e9e de d\u00e9part \u00e9tait de favoriser l\u2019esprit sportif et d\u2019\u00e9viter que la victoire (ou [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":76,"featured_media":2270,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[137,133],"tags":[],"class_list":["post-2269","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-sport","category-themes","et-has-post-format-content","et_post_format-et-post-format-standard"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2269","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/76"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2269"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2269\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2270"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2269"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2269"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/variances.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2269"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}