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Un retour sur les dernières décennies

Le 1er janvier 1975, l’ENSAE (division SEA et division CGSA) quittait la rue de Montmorency pour s’installer dans les locaux neufs du bâtiment INSEE à Malakoff.

En 1983, la croissance des effectifs d’élèves, d’enseignants-chercheurs et de personnel administratif et technique ne permettait plus de rester dans les locaux de Malakoff, amenant ainsi la direction de l’ENSAE d’envisager une décohabitation de la division CGSA.

Pendant la dizaine d’années qui a suivi, la direction de l’ENSAE a étudié, sans succès, deux projets d’installation sur un terrain du Ministère des Finances, situé dans la Cité Descartes, zone scientifique de Marne la Vallée et mitoyen de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées.

Après deux ans de réflexion, la décision fut prise de transformer les deux divisions SEA et CGSA en deux écoles autonomes formalisée par un décret publié au Journal Officiel du 29 juin 1994, portant la création et l’organisation du Groupe des Ecoles Nationales d’Economie et Statistique (GENES). Cette nouvelle organisation remplaçait l’entité Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (ENSAE) dans l’organigramme de l’Institut National de la Statistique et de l’Administration Economique (INSEE).

Le GENES est composé, à cette date, de quatre directions :

  • Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (ENSAE ex-division SEA) ;
  • Ecole Nationale de la Statistique et de l’Analyse de l’Information (ENSAI ex-division CGSA) ;
  • Centre d’Etudes des Programmes Economiques (CEPE) ;
  • Centre de Recherche en Economie et Statistique (CREST).

Dans le cadre de sa réunion annuelle du 20 septembre 1994 à Troyes, le comité de décentralisation chargé de proposer une meilleure répartition géographique des activités du secteur public, a proposé l’installation de l’ENSAI à Rennes et l’ENSAE à Marne la Vallée.

D’octobre 1994 au 1er septembre 1996, avec l’aide du conseil général d’Ille et Vilaine, l’opération de construction du bâtiment ENSAI sur le campus de KER LANN (commune de BRUZ – 35) a été réalisée en partenariat financier des collectivités territoriales (Région, Département, District).

Suite à une réflexion engagée par la direction du GENES et de sa tutelle en vue du rapprochement de l’ENSAE et de l’Ecole Polytechnique de Palaiseau, le Directeur Général de l’INSEE a proposé de modifier la décision de Troyes par un transfert de l’école sur le site de Palaiseau.

Dans un courrier du 28 septembre 2004, adressé au Directeur Général de l’INSEE, le comité pour l’implantation territoriale des emplois publics (CITEP) a considéré que l’installation à Palaiseau dans l’environnement de l’Ecole Polytechnique constituait une alternative pertinente à l’opération de transfert initialement prévue, dès que les questions financières auraient trouvé une solution.

Au premier semestre 2006, les instances décisionnelles de l’ENSAE et du CREST ont été interrogées sur les orientations souhaitables pour leurs unités, suite à un rapport sur le fonctionnement et la localisation rédigé par l’Inspection Générale de l’Institut.

A la suite des avis du conseil de perfectionnement de l’ENSAE et du conseil de la recherche du CREST, le comité de direction de l’INSEE a décidé, sur proposition de la direction du GENES, de transférer les unités parisiennes du GENES sur le plateau de Palaiseau, afin d’approfondir les collaborations avec l’Ecole Polytechnique (E.P.) et de développer celles avec l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales (HEC).

D’autre part, sur demande de l’Institut, le Secrétariat Général de l’INSEE et le Secrétariat Général du GENES ont entrepris en parallèle deux démarches, une foncière avec l’Ecole Polytechnique et l’autre, financière avec la Direction du Budget du Ministère des Finances.

Le choix du terrain  de 10000 m², retenu par le GENES et le service du patrimoine de l’Ecole Polytechnique sur son espace foncier (parking sud des élèves), ratifié par le conseil d’administration de l’Ecole et des instances de ses autorités de tutelle, a permis au Directeur Général de l’Ecole Polytechnique de proposer, le 17 mai 2007 au Directeur général de l’INSEE, la mise à disposition du foncier par une simple convention de transfert en gestion cosignée par les ministres des finances et de la défense.

En novembre 2008, les premières propositions gouvernementales apparaissent pour développer un cluster scientifique et technologique de rang mondial sur le plateau de Saclay. En mars 2009, sont publiés, d’une part le décret fixant le périmètre définitif de l’opération d’intérêt national (OIN) couvrant 27 communes du plateau dont celle de Palaiseau et, d’autre part, l’annonce d’une dotation de 850 millions pour l’enseignement et la recherche pour ce campus.

La loi du 3 juin 2010 crée en son titre, l’établissement public Paris-Saclay (EPPS) ayant pour mission l’aménagement du territoire, le développement économique et la conduite des opérations immobilières du cluster Paris-Saclay en particulier les trois zones d’aménagement concerté (ZAC) autour de Polytechnique, Supélec et Versailles-Saclay.

Après divers échanges courant 2010, l’emplacement et les contours du foncier pour le GENES ont fait l’objet d’un accord définitif de l’EPPS à la mi-janvier 2011, sur les propositions mises au point lors des accords avec l’Ecole Polytechnique mis en réserve depuis.

Une décision du premier ministre du 12 juin 2011 autorisait l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) à contractualiser avec le  GENES sur la construction de son bâtiment sur le plateau de Saclay (convention signée le 25 janvier 2012) dans la limite d’une participation des investissements d’avenir à hauteur d’une dotation maximale de 47 400 000 €.

A la mi-2011, le GENES dispose du terrain et de l’argent pour commencer les études pour la réalisation de son bâtiment à la hauteur de ses objectifs de développement de ses unités parisiennes.

Un projet à longue gestation

 

PREAMBULE :

La conception du bâtiment repose sur une mutualisation des différentes institutions présentes ou futures du Plateau de Saclay. Il est entièrement centré sur les activités d’enseignement et de recherche en économie, statistique, finance, assurance et sociologie. Il regroupe donc en son sein, les équipes d’enseignants et de chercheurs de l’ENSAE et du département d’économie de l’Ecole Polytechnique. Il ne comporte aucun « espace » de vie pour les utilisateurs, qu’il s’agisse des équipements de restauration, de sports et de logement.

La direction du GENES compte sur l’aménagement du campus pour bénéficier de tous les services annexes mutualisés pour l’amélioration de la vie professionnelle des occupants du bâtiment.

PROGRAMME :

Le programme, validé par l’INSEE, le GENES et l’Ecole Polytechnique fin 2011 a porté sur la construction d’un ensemble d’environ 11 000 m² de surface utile à comparer aux 4000 m² de surfaces utiles dispersés dans les sites de l’INSEE à Malakoff.

L’évolution des surfaces par nature des locaux entre les deux environnements est : doublement des surfaces de bureaux, des surfaces pédagogiques de formation initiale et continue, de l’espace de la salle de documentation spécialisée, quadruplement de l’espace activités élèves avec salle de musique, création des locaux de détente, d’une salle des professeurs et d’une cafétéria externalisée.

CONSTRUCTION :

ETUDES

Le bâtiment a été construit dans le cadre de la loi MOP après organisation d’un concours de maîtrise d’œuvre sur esquisse après avis d’appel public à la concurrence en vue du recensement préalable des cinq candidats admis à soumettre un projet.

L’instruction des dossiers permettant de sélectionner le lauréat du concours de maîtrise d’œuvre parmi les 180 groupements ayant fait acte de candidatures dont des grands noms français et étrangers de la profession a eu lieu du 16 novembre 2011 au 11 juillet 2012.

La mise au point du marché ayant pour objet l’ensemble des prestations intellectuelles (études et suivi de chantier) nécessaires à l’exercice du rôle de maîtrise d’œuvre pour la réalisation du bâtiment GENES  a été négociée au 4ème trimestre de 2012.

Le pouvoir adjudicateur a signé avec le groupement, le 27 novembre 2012, le marché qui se terminera à la fin du délai de parfait achèvement de la construction, soit un an après la réception des travaux validés le 28 février 2017.

UN BÂTIMENT INNOVANT

PREAMBULE :

Le projet propose un bâtiment en équerre sur deux niveaux (rez-de-chaussée et 1er étage), rappelant l’image d’un cloître sur lequel repose une structure en forme de cube de trois niveaux dont deux côtés sont reliés par une bande centrale Est-Ouest à partir du 2ème étage, créant deux patios inégaux, l’un végétal au rez-de-chaussée, l’autre minéral au niveau 2.

DESCRIPTION :

L’immeuble est conçu en structure poteaux-poutres. Les façades se composent d’une exo-structure métallique, organisée sur une trame de 2,10 m ; elle est constituée de profiles-poutres HEB 240 implantés au-devant des façades en mur rideau et reliés, deux par deux, par des traverses horizontales d’écartement 3,30 m correspondant à la hauteur standard des différents étages. Dans l’espace libre de l’exo-structure, les concepteurs ont intégré des brise-soleils ou ventelles motorisés  (7300 environ), en verres sérigraphiés réglables, pilotés par des capteurs de lumière installés sur la toiture. Ce dispositif permet une optimisation du flux thermique et de l’énergie lumineuse.

A l’intérieur, la structure métallique est laissée apparente, s’accordant avec la sobriété des matériaux utilisés pour le second œuvre, plafond métallique peint, réseaux apparents, revêtement plastique pour le sol et cloisonnement brut en fermacell (mélange de gypse et fibre papier).

ORGANISATION FONCTIONNELLE ET SPATIALE :

Le bâtiment se développe sur un  sous-sol et 5 étages :

  • Au niveau du sous-sol, a été prévu un parc de stationnement pouvant accueillir 150 automobiles dont 4 électriques, une dizaine de places pour les deux roues et les véhicules de livraison avec un accès direct, par un monte-charge, aux étages supérieurs ainsi que l’ensemble des locaux techniques positionnés dans cet espace afin d’éviter leurs installations en toiture. Les véhicules accèdent à cet espace par une rampe contrôlée par un portier à badge.
  • Le rez-de-chaussée s’organise autour d’un hall-exposition en double hauteur et de deux amphithéâtres disposés en miroir autour d’une double cloison acoustique, qui s’adaptent pour des opérations spécifiques en un auditorium unique. Sont également disponibles au rez-de-chaussée, le foyer des élèves associés avec les bureaux des associations étudiantes, une salle de musique et les bureaux gestionnaires des structures administratives et foncières des activités du bâtiment.

A l’angle nord-ouest du bâtiment, les utilisateurs (personnel, étudiants et visiteurs) accèdent aux locaux à partir d’un accueil sécurisé (badge et visuel). Un local de stationnement sécurisé et équipé de douches et vestiaires est mis à la disposition des usagers utilisant le vélo pour leurs déplacements travail-domicile ou pour les pauses détente.

Au même niveau mais indépendant du bâtiment principal, un concessionnaire spécialisé a pris en charge l’aménagement, la décoration intérieure et l’activité journalière d’un local, afin d’assurer un service de cafétéria et restauration rapide à destination du personnel et des étudiants du GENES.

  • Au 1er étage, une mezzanine permet l’accès à la partie supérieure des amphithéâtres, à quatre grandes salles de formation, aux bureaux et aux salles de formation du service ENSAE-ENSAI formation continue (CEPE) chargé de proposer et dispenser des formations professionnelles dans les domaines spécifiques des écoles et aux bureaux du centre d’accès sécurisé aux données (CASD) dont la vocation est de permettre aux chercheurs l’accès à des données confidentielles sur les individus, les ménages et les entreprises dans des conditions de sécurité maximales.
  • Au 2ème étage, prend place le pôle enseignement avec des salles de cours (formation initiale et informatique) et des salles spécifiques (visio-conférence, professeurs, marchés..) disposées de part et d’autre d’un couloir prenant l’image d’une allée centrale.Au même niveau, dans l’espace de la liaison centrale Est-Ouest, sont aménagées la bibliothèque et ses réserves où l’on retrouve l’association de l’acier pour les rayonnages et les piétements et le bois pour les tables de lecture. La situation géographique et l’organisation de l’espace documentaire permettent à l’ensemble des utilisateurs élèves et enseignants-chercheurs, un accès agréable et aisé au fond documentaire.

Les enseignants et les étudiants ont la possibilité, pendant les périodes d’intercours, d’accéder à deux espaces internes de convivialité donnant sur une terrasse aménagée.

  • Les deux derniers niveaux abritent l’ensemble des bureaux et des salles de réunion des administratifs et enseignants-chercheurs de la direction générale du GENES et de la direction de l’ENSAE au niveau 3 et des enseignants-chercheurs de l’unité de recherche UMR-CREST et des consultants en expertise en analyse quantitative de Datastorm au niveau 4.

Les larges circulations de ces deux niveaux ont permis au maître d’œuvre en accord avec la maitrise d’ouvrage d’installer des alvéoles ou « plug » offrant à deux ou trois occupants, des bureaux riverains, des espaces de travail afin de s’isoler de leur environnement professionnel.

Ces deux derniers niveaux sont complétés par quatre grandes loggias en double hauteur qui sont des lieux de convivialité extérieurs pour les occupants du 3ème niveau. Les utilisateurs du 4ème étage disposent également d’une terrasse aménagée sur la bande centrale Est-Ouest. Ces zones extérieures sont complétées, à chaque niveau, de deux espaces internes de convivialité aménagés d’une part, de distributeurs de boissons chaudes ou froides et d’en-cas et, d’autre part, de mobiliers : tables basses, mange-debout, chaises hautes, fauteuils et canapés.

Egalement au 3ème niveau dans la branche centrale Est-Ouest en mezzanine de la salle de lecture de la bibliothèque, sont disponibles sur réservation, 15 salles de travail collaboratif, équipées de mobilier modulaire et léger permettant à 2, 3 ou 4 étudiants ou chercheurs de se réunir en petits de groupes de réflexion.

La direction du GENES a appliqué la disposition légale dite du « 1% artistique » ou parfois « 1% culturel », prévoyant que un pourcent des sommes consacrées par l’Etat pour chaque construction immobilière soit investi dans la réalisation d’une œuvre d’art intégrée au projet architectural.

La proposition de Laurent GRASSO, artiste français, retenue par le jury spécialement désigné pour cette opération, consiste en la réalisation de deux types d’objets en marbre, des bancs et des volumes en formes géométriques à trois dimensions ayant des faces planes polygonales (polyèdre).

Les trois bancs ont été positionnés devant les trois blocs du grand hall. Les vingt-cinq polyèdres décorent, par groupes de cinq ou de trois, les espaces de convivialité internes des étages 2, 3 et 4.

Un nouveau départ 

Après 5 ans d’études et de travaux, le bâtiment de PALAISEAU accueillait le 4 septembre 2017 pour sa sixième localisation depuis sa création, les étudiants de l’ENSAE après que les anciens ENSAE-ALUMNI eurent connu LYON, PARIS (rue de la banque, Quai Branly, rue Montmorency) et MALAKOFF.

Dans ce nouveau bâtiment pleinement intégré dans l’environnement académique et scientifique du campus de Palaiseau, les étudiants et les enseignants-chercheurs du GENES trouveront avec leurs homologues de l’Ecole Polytechnique, HEC, ENSTA, et ENSTELECOM un pôle d’excellence dans les domaines des sciences humaines et des sciences dures.