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La crise de 2008 a agi tel un révélateur en faisant ressortir les défauts originels du projet économique de l’Union Européenne. L’intégration économique avait surpassé le projet politique en se construisant sur des bases qui favorisent les divergences plutôt que la convergence. La question est alors : Peut-on sauver l’euro ?

En mettant en évidence la mauvaise gouvernance de la Banque Centrale Européenne et en expliquant pourquoi l’austérité a condamné l’Europe à la stagnation sans fin, Jospeh E. Stiglitz pose un diagnostic sévère sur la situation actuelle. Il explique pourquoi l’euro était vicié dès sa naissance. Mais il ne se contente évidemment pas de critiquer cette monnaie commune à près de 350 millions d’européens, il propose des scénarios concrets pour sortir de cette impasse :

·        des réformes fondamentales qui tendraient vers plus de solidarité et rendraient possible de garder l’euro dans une logique d’emploi et de croissance;

·        un divorce à l’amiable de l’Union européenne, car il décrit l’euro comme un mauvais mariage entre 19 pays. Quand un couple qui a des problèmes va voir un conseiller matrimonial, les conseillers à l’ancienne essayaient de trouver comment faire fonctionner leur mariage, mais un conseiller «moderne» commence par poser la question : ce mariage doit-il être sauvé ? Les coûts du divorce – tant financiers qu’affectifs – peuvent être très élevés mais rester ensemble peut être encore plus coûteux. Une des premières leçons de la science économique est que le passé est le passé. On doit toujours se demander: au point où nous en sommes, que devons-nous faire ?

·        un nouveau système de monnaie qu’il nomme l’ « euro flexible », un dispositif monétaire par lequel chaque pays continue à commercer en euros mais ou un euro grec ne s’échange pas à parité avec un euro italien ou allemand.

Joseph E. Stiglitz tire la sonnette d’alarme et enjoint ici les européens à reprendre en main les rennes de leur destinée commune en cessant de louvoyer au risque d’aggraver, plus profondément encore, la crise actuelle.

Ouvrage édité aux éditions Les Liens qui Libèrent