Auteur : Variances

Les investisseurs institutionnels face au changement climatique

Partagez cette page : Joël Prohin (1988), Responsable du Service Gestion actifs compte propre, Direction des Finances, Caisse des Dépôts   Qui, il y a ne serait-ce que deux ans, aurait pensé à associer « finance » et « climat » ? Le réchauffement climatique était certes un sujet médiatisé, mais souvent cantonné à la sphère écologique, loin des préoccupations des investisseurs, focalisés sur la crise grecque ou l’action des banques centrales. Le prix du carbone en Europe avait atteint un plus bas, à moins de 3 € et les horizons du GIEC1 semblaient bien loin des urgences conjoncturelles.   Fin 2015, le panorama a significativement changé COP21 oblige, certes, mais pas seulement. Cet article vise à brosser un tableau de l’attitude des investisseurs institutionnels face au changement climatique, en partant du point de vue d’un acteur français public, la Caisse des dépôts, engagé depuis longtemps sur ces sujets, mais en cherchant aussi à dégager des lignes d’évolution plus générales.   LE « Pourquoi » : LE Volontaire ET LE Contraint   Le volontaire : une prise de conscience graduelle mais profonde   Un consensus scientifique qui infuse la finance   Interrogés sur les principaux risques qui pèsent sur eux, les investisseurs ne citaient pas spontanément le risque climatique. Les risques de marché ou géopolitiques venaient bien avant. Lentement, mais sûrement, le risque climatique est remonté dans la liste....

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Comment financer la transition énergétique ?

Partagez cette page : Alain Grandjean (1980), associé-fondateur de Carbone 4, membre du comité scientifique de la FNH. La COP21 et tous les travaux qu’elle a entraînés, tant dans sa préparation que dans celle des événements qui l’ont précédée et entourée, vont marquer notre histoire collective. L’accord de Paris1 adopté le 10 décembre 2015 par consensus entre 195 pays – un véritable tour de force diplomatique– en est le point d’orgue. Même s’il est, en tant que tel, insuffisant pour endiguer la dérive climatique, il est indéniablement une base de départ pour une transformation accélérée de nos économies vers un monde bas-carbone.     Cet accord intègre et traite les enjeux clefs de la lutte contre le changement climatique. Il fixe un objectif ambitieux de limitation de l’élévation de la température moyenne de la planète (nettement en dessous de 2° par rapport à la température préindustrielle). Il engage les pays à un plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais, et à opérer des réductions rapidement par la suite.     Il va falloir d’ici 2050 diviser par plus de deux nos émissions de gaz à effet de serre (GES dans la suite, s’élevant à 50 milliards de tonnes (GT) environ aujourd’hui) dont les deux tiers sont issues de notre consommation d’énergie fossile. A ce jour, les engagements des 187 pays ayant rendu...

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L’acceptabilité sociale des politiques environnementales en France

Partagez cette page : Eléonore Trigano (2009), Ancienne économiste à la Direction Générale de l’Energie et du Climat. Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que son auteur et non les institutions auxquelles il appartient ou a appartenu.   La lutte contre le changement climatique a occupé l’espace médiatique de la fin de l’année 2015 avec la tenue de la COP 21, qui a permis d’aboutir à un accord international sur le sujet. Pourtant, alors que l’année 2015 a été celle de tous les records – record de températures depuis la période préindustrielle, record de concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère – et que l’importance d’agir est plus que jamais d’actualité1, l’acceptabilité sociale des politiques environnementales française ne semble pas acquise. En témoigne la grogne provoquée par la taxe carbone, l’écotaxe poids lourds ou encore, dans une moindre mesure, la circulation alternée. On se souvient également des propos tenus par l’ancien président Nicolas Sarkozy en fin de mandat, considérant que « l’écologie ça suffit » ; et malgré une volonté réaffirmée du gouvernement actuel d’aboutir à un accord international sur le climat, on peut s’interroger sur la priorité accordée à la question écologique au niveau national, particulièrement depuis le départ des ministres Europe écologie – Les verts Ces réactions posent la question de la place réellement accordée par la France à la mise en œuvre de la...

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Comment agir sur le changement climatique ?

Partagez cette page : La COP 21 qui s’est tenue à Paris en décembre dernier a généralement été considérée comme un succès, puisqu’elle a pour la première fois abouti à un accord unanime entre 195 pays pour reconnaître l’impact du changement climatique à l’œuvre sur notre planète, et tenter d’en limiter l’ampleur attendue. Variances ne pouvait ignorer ce sujet, même si le dossier que nous vous proposons ne peut évidemment qu’en aborder quelques facettes.   Gaël Giraud (1992) nous présente d’abord les défis de la prise en compte du climat dans les modèles économiques. Remarquant que le débat entre économistes s’est trop souvent focalisé sur le taux d’actualisation à utiliser pour escompter les dépenses futures liées à la transition vers une économie bas-carbone, il regrette plus généralement que l’on ramène toute réalité sociale et physique à des phénomènes monétaires. Il relève par ailleurs que les modèles traditionnels sous-estiment largement l’élasticité du PIB à la demande d’énergie primaire et revient sur leur incapacité à reproduire les situations paradoxales observées depuis la crise.   Eléonore Trigano (2009) souligne de son côté les contradictions d’une société française qui, alors que l’importance d’agir est plus que jamais d’actualité, semble mal accepter les politiques environnementales. Pour les ménages, consommer de manière plus respectueuse de l’environnement passe après les contraintes budgétaires. Pour les industriels, le premier enjeu est celui de la compétitivité – même si...

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Arnaud Laroche (1994) – Associé EY

Partagez cette page : Article initialement publié dans Variances n°54 de mars 2016. Variances s’entretient avec Arnaud Laroche (1994), pour retracer son parcours d’entrepreneur. Arnaud Laroche (1994), associé EY Variances Un parcours professionnel prend parfois racine dans l’enfance. Comment la tienne t’a-t-elle emmené à l’ENSAE ? Arnaud Laroche Si l’ENSAE, ce dont je suis aujourd’hui convaincu, est synonyme d’apprentissage de l’excellence, je dois dire que mon enfance a été marquée par une forte tradition de réussite scolaire. Je suis en effet le fils de deux instituteurs pour lesquels le travail et la réussite scolaire étaient des valeurs essentielles ; des valeurs qu’ils ont su me transmettre et qui m’ont je crois accompagné tout au long de mes études. Après un bac scientifique obtenu dans un lycée français en Allemagne (où j’ai passé mon enfance), j’ai été projeté, de manière assez brutale je dois dire, en classe préparatoire au lycée Louis le Grand. Loin de mes racines, j’ai trouvé à l’internat un nouveau cocon dans lequel je me suis intégré, découvrant avec excitation « le monde » que le milieu très fermé de l’expatriation en Allemagne ne m’avait pas réellement permis de connaître… Tout m’intéressait, une grande bouffée d’oxygène m’a vivifié et j’ai passé deux années formidables, même si j’ai compris qu’il était urgent pour moi d’apprendre à apprendre pour espérer être au niveau de mes congénères. Après de premiers...

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